Ancêtre direct · Verrier
Jean Baptiste Brischoux
23 janvier 1744 — 22 mars 1789
Maitre souffleur de verre à vitre
Ancêtre directBiographie
Jean Baptiste Brischoux naît le 23 janvier 1744 dans la verrerie de la Côte-Verrerie aux Essarts-Cuénot, en Franche-Comté. Il est le fils de Jean-Jacques Brischoux, marchand verrier actif au Bief-d’Étoz et à Servance, et de Marie Barbe Enard, née à Soubey en 1700 — fille de Jean-Baptiste Enard, le marchand qui avait racheté les bâtiments de la verrerie de Lobschez en 1696 à sa fermeture. Sa mère est aussi la tante de Joseph Enard, futur cofondateur de la Verrerie Royale de Givors avec les Robichon. Les parents s’étaient mariés en 1729 à Charmauvillers : Marie Barbe Enard était alors veuve de Jean Germain Raspiller. Jean Baptiste naît donc dans un nœud généalogique extraordinaire, au carrefour des Enard, des Raspiller et des Brischoux — trois dynasties verrières majeures de la Franche-Comté.
La formation à Miellin (vers 1758 — 1769)
Le 7 août 1758, à Servance, Jean Baptiste Brischoux est parrain d’un enfant dont le père est Michel Rappe et la mère Marguerite Raspiller. Il a 14 ans et signe déjà “jean baptiste briscoux” : il sait lire et écrire. La marraine est “demoyselle Elizabeth Aliment Robichon”, épouse de Michel Robichon fils, cofondateur de la future Verrerie Royale de Givors, elle-même fille d’Anne Marie Raspiller et descendante de Germain Raspiller de Grünwald. Dans un seul acte de baptême de campagne se trouvent réunis les fils généalogiques qui courent de la Forêt-Noire du XVIIe siècle jusqu’à Givors au XIXe.
À 14 ans, Jean Baptiste est vraisemblablement “grand garçon” à la verrerie de Miellin — le grade d’apprenti qui assiste le souffleur. Un garçon doué pouvait devenir souffleur vers 16 ans. Le 14 juillet 1767, il est témoin à l’inhumation de Michel Rapp à Plancher-les-Mines, “ouvrier verrier de la verrerie Saint-Antoine”, établissement voisin de Miellin. Le 8 juin 1766, il se marie à Servance avec Marguerite Sonnet, fille de Nicolas Sonnet, exploitant de bois à la verrerie, et de Marguerite Dubret. Marguerite est née à Plancher-les-Mines en 1743. Sa sœur Anne Barbe Sonnet épousera dix ans plus tard Jean Georges Sigwart à Oullins — et Jean Baptiste sera témoin à ce mariage, veuf depuis moins d’un an.
Pierre-Bénite : l’installation lyonnaise (1770 — 1778)
Le 19 novembre 1770, Jean Baptiste baptise deux jumelles à Oullins, il est désormais à la verrerie de Pierre-Bénite. Cet établissement, l’un des plus beaux de France, a été fondée deux ans avant par son cousin Joseph Enard, marchand verrier. Il y restera huit ans, comme “ouvrier en verre à vitre”. Le 4 juin 1775, sa femme Marguerite Sonnet décède à Pierre-Bénite. Jean Baptiste est veuf à 31 ans, avec plusieurs enfants en bas âge. Le 23 janvier 1776 (moins d’un an après le deuil) il est témoin au remariage de Jean Georges Sigwart avec Anne Barbe Sonnet, sœur de sa femme défunte. Ce remariage, dans le même réseau, dit beaucoup sur la solidarité et la logique matrimoniale de ces communautés verrières. Le 29 novembre 1776, Brischoux lui-même se remarie à Oullins. Témoin : “un certain George Sigwart verrier à vitre, sûrement Jean George”.
Sa fille Marie Catherine, qui ne peut le suivre à Prodhun, est placée “au service de Maître [illisible] conservateur des hypothèques […] place du petit collège paroisse de Sainte-Croix” à Lyon — une situation honorable pour une fille de souffleur. Le 20 mai 1778, il inhume à Oullins sa fille Jeanne Sylvie, âgée de 3 ans. La dernière trace lyonnaise connue.
Prodhun et la rencontre avec de Muller (1781 — 1785)
Le 24 juin 1781, Jean Baptiste baptise sa fille Marie à Saint-Sernin-du-Bois — il est désormais “verrier en Prodhun” (bailliage d’Autun). Guy-Jean Michel le mentionne en 1782. Le 8 septembre 1784, il est à nouveau parrain à Saint-Firmin, pour le fils de Michel Rapp “aussi verrier à Prodhun” et son “oncle” — un Rapp, comme celui de Servance en 1758 : le réseau se perpétue sur trente ans.
C’est à Prodhun qu’il croise Georges de Muller, qui y est parrain en 1785. Ce contact sera décisif : c’est de Muller qui lui ouvre la voie vers Varades.
Le 4 septembre 1785, l’acte de mariage de sa fille Marie Catherine à Oullins le désigne comme “verrier à vitres demeurant à la verrerie de Prodhun baillage d’Autun en Bourgogne”. Il n’est pas présent — sa fille, employée à Lyon, se marie dans l’orbite des Sigwart qu’il connaît depuis Pierre-Bénite. Cette union entre Marie Catherine Brischoux et Georg Anton Sigwart fils est le lien généalogique qui unira les Sigwart et, à terme, les Haour.
Le Creusot et Varades : les dernières étapes (1787 — 1789)
Entre 1785 et fin 1787, Jean Baptiste rejoint la Manufacture des Cristaux de la Reine au Creusot, sans doute peu après le transfert officiel de Sèvres le 18 février 1787. Le 17 janvier 1788, son fils Philippe est baptisé à Montcenis. Il désigné en tant que “verrier à vitres à La Verrerie”. Le parrain, Philippe Lintre, est aussi verrier à vitre. Dans une manufacture célèbre pour son cristal de luxe, deux souffleurs de verre commun témoignent que la double production était bien réelle.
Puis vient Varades. Recruté par Georges de Muller pour sa nouvelle verrerie de la Loire-Atlantique, Jean Baptiste Brischoux y meurt à peine arrivé le 22 mars 1789, à 45 ans. C’est son acte de décès qui constitue la seule trace de ce dernier engagement, le dernier d’une trajectoire de trente ans qui l’a mené de la Haute-Saône à la Loire en passant par Lyon, la Bourgogne et la Saône-et-Loire.
La famille et le réseau
Sa fille Marie Odile Brischoux épouse Jean Marie Melchior Enard le 27 avril 1791 à Lyon. Il s’agit du fils aîné de Joseph Enard, successeur de son père à la tête de la verrerie de Pierre-Bénite. Le mariage nécessite une dispense du troisième degré de consanguinité, mais les deux familles sont en réalité plus proches encore : Jean Baptiste Brischoux et Joseph Enard étaient cousins doubles, côté père et côté mère. Les Brischoux et les Enard, déjà liés à Soubey et au Bief-d’Étoz au XVIIe siècle, se retrouvent à Pierre-Bénite et à Lyon à la génération suivante. Le couple n’aura jamais d’enfants et la Verrerie de Pierre-Bénite passe aux Robichon à la mort de Jean Marie Melchior, qui s’empressent de la fermer pour favoriser leurs propres établissements.
Sa fille Marie Catherine épouse Georg Anton Sigwart fils à Oullins en 1785. Leur petit-fils Maurice, dont la mère est une Haour, sera, soixante-quinze ans plus tard, témoin au décès de Samuel Haour à Couëron. Le fil généalogique tenu par Jean Baptiste Brischoux relie Lobschez (1696) à Couëron (1864) en passant par Miellin, Pierre-Bénite, Prodhun, le Creusot et Varades.
Frise chronologique
Présence de Jean Baptiste Brischoux attestée dès 1758 : il est parrain à 14 ans à Servance (acte de baptême de Jean Baptiste Rappe, 7 août 1758). À cet âge il était vraisemblablement 'grand garçon' en…
Première apparition connue de Jean Baptiste Brischoux à Oullins le 19 novembre 1770, avec le baptême de deux jumelles. Plusieurs autres mentions dans des actes paroissiaux, souvent en tant qu'"ouvrier…
1782 : mentionné dans : G.-J. Michel, Verriers et verreries en Franche-Comté au XVIIIe siècle, tome 2, page 515. Présence confirmée le 24 juin 1781 par la naissance et baptême de sa fille Marie à Sain…
La présence de Jean Baptiste Brischoux dans cet établissement est attestée par l'acte de baptême de son fils Philippe le 17 janvier 1788 à Montcenis, paroisse dont dépend la Manufacture. Il est désign…
Présence confirmée uniquement par son acte de décès le 22 mars 1789. Recruté vraisemblablement par Georges de Muller lui-même, qu'il a croisé à Prodhun.
Parcours géographique
5 verreries · 2 lieux biographiques
Sources
- etat civil Acte de baptême de Jean Baptiste Rappe, Servance, 7 août 1758 https://archives.haute-saone.fr/ark:/77977/vtade122f89819f3046/daogrp/0/22
AD70, Servance, BMS 1758, vue 22/39. Jean-Baptiste Brischoux, 14 ans, est parrain. Il signe 'jean baptiste briscoux'. La marraine est 'demoyselle Elizabeth Aliment Robichon' (épouse de Michel Robichon fils, cofondateur de la Verrerie Royale de Givors).
- etat civil Acte de mariage de Jean Baptiste Brischoux et Marguerite Sonnet, Servance, 8 juin 1766
Brischoux mentionné comme 'ouvrier verrier à la verrerie de Miellin'. Son père Jean-Jacques Brischoux est présent. Marguerite Sonnet, fille de Nicolas Sonnet exploitant de bois et de Marguerite Dubret.
- etat civil Acte d'inhumation de Michel Rapp, Plancher-les-Mines, 14 juillet 1767
Brischoux témoin à l'inhumation de Michel Rapp, 'ouvrier verrier de la verrerie Saint-Antoine'.
- etat civil Acte de mariage de Jean Georges Sigwart et Anne Barbe Sonnet, Oullins, 23 janvier 1776
Brischoux est témoin au mariage de Jean Georges Sigwart avec Anne Barbe Sonnet, belle-sœur de sa femme défunte Marguerite Sonnet. Brischoux est veuf depuis moins d'un an.
- etat civil Acte de baptême de Marie Brischoux, Saint-Sernin-du-Bois, 24 juin 1781
Brischoux désigné comme 'verrier en Prodhun'. Parrain : Philippe Vieillard, 'aussi verrier à Prodhun'.
- etat civil Acte de mariage de Marie Catherine Brischoux et Georg Anton Sigwart, Oullins, 4 septembre 1785
Brischoux mentionné comme 'verrier à vitres demeurant à la verrerie de Prodhun baillage d'Autun en Bourgogne'.
- etat civil Acte de baptême de Philippe Brischoux, Montcenis, 17 janvier 1788
AD71, Montcenis, BMS 1787-1788, vue 61/134. Brischoux désigné comme 'verrier à vitres à La Verrerie' (Manufacture des Cristaux de la Reine). Parrain : Philippe Lintre, aussi verrier à vitre.
- etat civil Acte de décès de Jean Baptiste Brischoux, Varades, 22 mars 1789
Seule trace de son séjour à la verrerie de Varades.
- livre Verriers et verreries en Franche-Comté au XVIIIe siècle — Michel, Guy-Jean
Tome 2, page 515 — mention de Brischoux à Prodhun en 1782.