Ancêtre direct · Verrier

Jean Baptiste Haour

1er octobre 1723 — 18 mars 1765

Souffleur, premier de la lignée Haour attesté à Miellin

Ancêtre direct

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Biographie

Portrait

Jean Baptiste Haour (verrerie de Wildenstein, Oderen, 1er octobre 1723 — verrerie de Miellin, 18 mars 1765) est le premier souffleur de la lignée Haour attesté à Miellin, et, à ce titre, l’un des ancêtres fondateurs de la branche verrière du concepteur de Radix Vitri. Né au berceau alsacien de Wildenstein, il quitte le cocon familial pour la Franche-Comté avant 1747, et s’établit à la verrerie de Miellin fondée quinze ans auparavant, où il se marie, fonde une nombreuse descendance, et meurt « ouvrier verrier » à 46 ans. Il est le pivot par lequel la famille Haour passe de la verrerie forestière des Vosges alsaciennes à celle des Vosges comtoises, première étape de la descente vers le Rhône.

Son importance pour la généalogie du site est capitale : trois de ses petits-enfants sont des ancêtres directs, par son fils Claude. C’est de lui que rayonne toute la branche comtoise puis givordine des Haour.

Wildenstein : le berceau alsacien (1723)

Jean Baptiste naît le 1er octobre 1723 à la verrerie de Wildenstein, baptisé à Oderen sous le prénom de « Joannes », ses parents étant désignés « ex vitriaria », « de la Verrerie », l’ancien nom du hameau de Wildenstein (en allemand Glashütte). Il est le fils de Jean Haour (lui-même troisième fils attesté du patriarche Jean Haour, Joannes Auwer, charbonnier et forgeur venu s’établir à Wildenstein dès l’origine de la verrerie) et d’Anna Merian.

L’acte de baptême tisse déjà les fils de la famille : le parrain est Werner Haour, et la marraine Barbe Marbach, c’est-à-dire la tante de l’enfant, épouse du parrain Jean Werner Haour, et tous deux parents de Nicolas Haour, le cousin qui suivra plus tard le même chemin vers Miellin puis Givors. À Wildenstein, dans cette communauté verrière soudée venue de Forêt-Noire et du canton de Soleure, Jean Baptiste se forme au métier du verre.

L’établissement à Miellin et le mariage Moller (1747)

À une date inconnue, mais avant 1747, Jean Baptiste quitte Wildenstein pour la Franche-Comté et la verrerie de Miellin. C’est là que, le 8 janvier 1747, « à la verrière », il épouse Anne Barbe Moller, alors âgée d’une vingtaine d’années, fille de Jean François Moller, verrier, et d’Anne Marie Greiner. Le mariage se fait en présence de Claude Joseph Cunot et de Michel Robichon, le directeur de Miellin et fondateur de Givors lui-même, signe de l’intégration immédiate de Jean Baptiste dans la communauté.

Cette union a une portée généalogique considérable : par Anne Barbe Moller, Jean Baptiste fait entrer dans la famille les vieilles lignées verrières germaniques. Les Moller sont des verriers alliés aux Hug ; le grand-père d’Anne Barbe, Joseph Moller, fut maître verrier à Ligsdorf puis à Saint-Nicolas. Les Greiner, eux, forment une très ancienne lignée de souffleurs passés par les verreries de Neulautern, Finsterrot et Lembach, qu’ils créèrent pou la plupart, alliés aux Stenger et plus tard aux Grésely. En épousant une Moller, Jean Baptiste raccorde la jeune branche Haour à tout l’arbre verrier de la Forêt-Noire et du Jura.

Une nombreuse descendance verrière

De ce mariage naît une lignée nombreuse, profondément enracinée dans le monde du verre. Parmi les enfants connus de Jean Baptiste et Anne Barbe :

  • Anne Éve Haour (1749-1825), emballeuse à Roye, épouse du souffleur Joseph Abraham Griner.
  • Claude Joseph Haour (1754-1821), verrier et chamoiseur (à ne pas confondre avec son frère Claude, ci-dessous).
  • Anne Françoise Haour (1756-1833), épouse de Jean Baptiste Raspiller (cousin de Joseph Neuvesel) ; elle meurt rue de Lyon à Rive-de-Gier.
  • Anne Marie Haour (1758-1785), épouse d’Ours Schmid (souffleur, cousin de Catherine Schmid).
  • Claude Haour (1760-1831), tamiseur et composeur à la verrerie royale de Givors ; l’ancêtre direct, par qui passe la suite de la lignée.
  • Mathias Haour (1764-1846), souffleur en verre à vitre à Givors puis à Rive-de-Gier.

Un autre membre de la fratrie élargie mérite mention : Joseph Haour (1725-1801), frère de Jean Baptiste, composeur en verre à vitre, premier Haour attesté à la verrerie royale de Givors dès la création du four à vitres (1755), sans doute recruté par Michel Robichon, alors maître de la verrerie de Miellin. Il finira sa vie à la verrerie de Pierre-Bénite. Ainsi, dès la génération de Jean Baptiste, la famille Haour amorce le double mouvement qui la définit : l’enracinement à Miellin et l’essaimage vers le Rhône.

La mort à Miellin (1765)

Jean Baptiste Haour meurt le 18 mars 1765, sans doute à la verrerie même de Miellin, et il est inhumé le lendemain au cimetière de Servance. L’acte le dit « ouvrier verrier de profession », âgé d’environ quarante-six ans, muni des sacrements de l’Église. Parmi les présents figure Joseph Grodemonge (Grosdemouge), membre d’une dynastie de verriers née à Miellin (d’anciens laboureurs devenus souffleurs) que l’on retrouvera tout au long des XVIIIe et XIXe siècles dans le Lyonnais et le Forez. Jean Baptiste laisse une veuve, Anne Barbe Moller (qui lui survivra trente ans, jusqu’en 1795), et de jeunes enfants : Claude n’a que cinq ans à la mort de son père.

Portée : la racine de la branche

Jean Baptiste Haour est le point d’origine comtois de la lignée. Avant lui, les Haour sont alsaciens, fixés à Wildenstein ; après lui, par ses fils Claude et Mathias, ils deviennent francs-comtois puis rapidement givordins, et descendront jusqu’à Rive-de-Gier, Couëron, Marseille et au-delà. Son mariage avec une Moller raccorde la famille aux plus anciennes dynasties verrières germaniques ; sa mort à Miellin clôt la première transplantation. Il est, au sens propre, la racine de la branche que documente Radix Vitri.

Points non résolus

  • La date et les circonstances exactes du départ de Wildenstein vers Miellin (avant 1747) restent inconnues : Jean Baptiste est-il parti seul, ou avec d’autres membres de la famille (son frère Joseph, attesté à Miellin dès 1752) ?
  • La spécialité verrière précise de Jean Baptiste (souffleur en verre à vitre ou en bouteilles) n’est pas documentée ; l’acte de décès se contente d’« ouvrier verrier ».
  • L’identité d’Anne Merian, sa mère, reste à éclaircir (aucune donnée connue).

Frise chronologique

Verrier (origine familiale)

Né et formé à la verrerie de Wildenstein, berceau de la lignée Haour. Il quitte le cocon familial avant 1747 (date inconnue) pour la Franche-Comté.

1723 — avant 1747
1er octobre 1723
Naissance

Baptisé « Joannes », parents « ex vitriaria ». Parrain Werner Haour, marraine Barbe Marbach (tante de l'enfant, épouse de Jean Werner Haour, parents de Nicolas Haour).

Souffleur de verre

Établi à la verrerie de Miellin, où il se marie (1747), où naissent ses enfants et où il meurt « ouvrier verrier » en 1765. Premier de la lignée Haour fixé à Miellin.

vers 1747 — 1765
8 janvier 1747
Mariage

Épouse Barbe Moller, « à la verrière ». Présents : Claude Joseph Cunot et Michel Robichon.

Décès

« Ouvrier verrier de profession », ~46 ans, inhumé à Servance le 19 mars.

18 mars 1765

Parcours géographique

2 verreries

Sources

  • etat civil Baptême de Jean Baptiste (Joannes) Haour — Paroisse d'Oderen (AD Haut-Rhin, Oderen, BMS 1723-1753, vue 6/181) https://archives.haut-rhin.fr/ark:/naan/a0116075256286ZQnzO/66b8b37c34

    1er octobre 1723. « Joannes leg. Joannes HAUER et Anna MERIAN ex vitriaria. Patrinus Vernerus HAUER ex vitriaria. Matrina Barbara MARBACHin filia Stephani MARBACH ex Zimmersheim. » Barbe Marbach est la tante de l'enfant (épouse du parrain Jean Werner Haour) et la mère de Nicolas Haour.

  • etat civil Mariage de Jean Baptiste Haour et Anne Barbe Moller — Paroisse de Servance (AD Haute-Saône, Servance, BMS 1746-1753, 3 E 489 2, vue 28/203) https://archives.haute-saone.fr/ark:/77977/vta3468510716b877f7/daogrp/0/28

    8 janvier 1747, « La verriere ». « Jean Haours âgé d'environ vingt quatre ans fils de Jean Haours et d'Anne Merian […] et Barbe Moler âgée d'environ vingt et un ans fille de Jean Moler et de Anne […]. » Présents : Claude Joseph Cunot, Michel Robichon.

  • etat civil Inhumation de Jean Baptiste Haour — Paroisse de Servance (AD Haute-Saône, Servance, BMS 1761-1765, 3 E 489 4, vue 179/209) https://archives.haute-saone.fr/ark:/77977/vtad325673b000fb597/daogrp/0/179

    18 mars 1765, inhumé le 19 au cimetière de Servance. « Jean Baptiste Aourt [sic] ouvrier verrier de profession […] âgé d'environ quarante six ans muni des sacremens de l'église. » Présent : Joseph Grodemonge (Grosdemouge).