Verrerie

Verrerie de la Roche

v.1807 — v.1915

Aussi connue sous : Verrerie de la Roche (Allimand et Raspillaire) · Ninquerier père et fils · Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône · Verrerie Berger

Disparue — avec vestiges

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Noms et raisons sociales

Verrerie de la Roche (Allimand et Raspillaire)
Nom d'usage v.1807 — 1818
Ninquerier père et fils
Raison sociale 1819 — 1853
Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône
Raison sociale 1853 — 1891
Verrerie Berger
Nom d'usage v.1891 — v.1915

Histoire

Résumé

La verrerie de la Roche est l’un des sites industriels fondés par les frères Allimand dans le quartier du même nom à Rive-de-Gier, probablement entre 1805 et 1809, sur une emprise cadastrale idéalement positionnée entre le Gier, le canal de Givors et l’écluse n°27. Dès son origine, elle est étroitement liée à la famille Raspillaire : Joseph Raspillaire, gendre de Tours Allimand depuis 1784, y est attesté comme « propriétaire verrier » aux côtés de Blaise et Mathieu Allimand dès 1813. Le site est inclus dans les biens de la faillite Allimand frères et Cie en 1818, vendus en bloc puis partagés entre un consortium de maîtres verriers.

Le tiers occidental de la Roche échoit à Juste Sigismond Ninquerier et son fils Juste Modeste Éléosippe, lors le partage du 22 avril 1819. Les Ninquerier ne viennent pas du verre : ils sont fils et petits-fils de recteurs d’école à Mélisey (Haute-Saône), et c’est par la verrerie royale de Givors que Juste Sigismond bascule dans le monde verrier, vers 1784. Homme de confiance des Robichon (curateur d’Émilie Robichon, maire de Givors, puis associé aux verreries), il représente la parfaite figure de l’ascension sociale par le verre : du pupitre de maître d’école au rang de manufacturier en une génération.

C’est son fils Juste Modeste Éléosippe qui dirige effectivement la verrerie de la Roche, attesté comme « propriétaire de verrerie » quartier de la Roche dès 1820 et « négociant manufacturier » dès 1823. Il meurt en 1862 au même quartier comme « ancien maître de verreries », formule qui indique une cessation d’activité dans les derniers mois de sa vie, ou tient compte du fait que la verrerie était propriété de la Compagnie depuis 1853, car le recensement de 1861 le désigne encore simplement comme « maître de verrerie ».

Après le décès de Juste Modeste Éléosippe Ninquerier, la direction est confiée à des directeurs, dont Ferjus Graisely, attesté en 1881 et 1886. La verrerie est revendue par la Compagnie générale vers 1891 à un verrier du Gard, André Berger, qui la dirige jusqu’à son décès en 1896. Son fils Fernand lui succède jusqu’en 1912 au moins. La verrerie est définitivement arrêtée avant 1921, sans doute durant la Première Guerre Mondiale, ou juste après.

Historique

Les Allimand et Raspillaire : fondation et premières années (v.1805 — 1818)

La verrerie de la Roche prend racine dans l’alliance entre la famille Allimand et la famille Raspillaire, nouée à Lyon (verrerie de Serin) dès 1784, lorsque Joseph Raspillaire épouse Claudine Marie Allimand, fille de Tours Allimand. Les deux familles s’installent ensemble à Rive-de-Gier, où Tours Allimand crée avec ses fils les établissements du quartier : la Berthelasse, la Pomme, et la Roche. La date de fondation de cette dernière reste à établir par acte primaire : le plan cadastral de 1811 confirme que la verrerie (parcelle 1004) et ses dépendances (parcelle 1003) étaient déjà bâties à cette date. En 1809, au mariage de Marie Raspiller et Antoine Joseph Duchêne, Joseph Raspillaire est déjà qualifié de « propriétaire de verrerie », avec les quatre frères Allimand comme témoins, sans que l’acte ne précise le lieu. Néanmoins, on peut en déduire que la construction de la verrerie de la Roche est antérieure à 1809.

En 1813, au mariage de Jean Joseph Raspilaire et Antoinette Allimand, les deux pères sont désignés sans ambiguïté : « Joseph Raspillaire, propriétaire verrier demeurant au Lieu de la Roche » et « Blaise Allimand, propriétaire verrier demeurant audit Lieu de la Roche ». Mathieu Allimand, oncle des deux époux et propriétaire verrier lui aussi, figure parmi les témoins. La Roche est donc, à cette date, une copropriété croisée entre deux familles alliées depuis trente ans.

Les biens des Allimand frères et Cie sont adjugés par le tribunal civil de Lyon le 9 mai 1818, puis vendus à un consortium de maîtres verriers le 5 juin 1818 pour 430 000 francs. La Roche est incluse dans le lot, avec les autres verreries de la Berthelasse et de la Pomme. Joseph Raspillaire, âgé de 56 ans, n’est pas mentionné dans les faillis, mais il était un propriétaire minoritaire. Il est ensuite teneur de livres chzz Robichon, puis il meurt le 27 décembre 1830 au « faubourg de la Roche » comme simple « ouvrier verrier », une déchéance sociale remarquable pour un homme qui en était co-propriétaire dix ans plus tôt.

Le partage de 1819 et l’arrivée des Ninquerier

Par l’acte de partage du 22 avril 1819 (étude Ronat & Avril, minute n°190), les biens de la Roche sont scindés entre les deux tiers du consortium. Le tiers oriental des Grands Bâtiments de la Roche, avec « le petit bâtiment, maison du père Allimand, construit en bois et terre », échoit aux Robichon frères, Malgontier et Crozet. Le tiers occidental, comprenant les bâtiments de fabrication des pots, les halles de verrerie, et un magasin alors occupé par Fleurdelix aîné, revient à Juste Sigismond Ninquerier père et fils. La pilerie (parcelle 1008, écluse n°27 sur le canal) est partagée en jours de jouissance mensuels : sept jours aux Ninquerier, treize à Robichon, le reste à Bolot et Neuvesel (qui se sont partagés les biens du quartier de la Pomme).

La présence de Juste Sigismond Ninquerier dans ce consortium n’est pas le fruit du hasard. Arrivé à Givors vers 1784 comme commis à la verrerie royale, il y a gravi tous les échelons : teneur de livres (1788), caissier, associé (attesté en 1814 par l’acte de décès de sa femme dans lequel il est désigné : « associé aux verreries de Givors »), et maire de Givors. Sa participation au « Yalta du verre » est celle d’un homme du sérail givordino-franc-comtois, allié de longue date des Robichon. En 1800, il préside en qualité de maire la célébration du mariage d’Émilie Robichon avec Henri Bolot, et c’est lui qui sert de curateur à l’épouse. En 1817, il est déjà dit « ancien négociant » : c’est son fils qui dirigera la fabrique de la Roche.

L’exploitation Ninquerier : père et fils (1819 — 1853)

La gestion effective de la verrerie de la Roche revient d’emblée à Juste Modeste Éléosippe Ninquerier (1790-1862). Né à Givors, il présente en 1815 une double domiciliation entre Marseille (rue Grignan, 40) et Saint-Andéol-le-Château, activité commerciale probablement liée au négoce du verre. Sa fille aînée naît à Rive-de-Gier en octobre 1820 : la famille est déjà installée quartier de la Roche. En 1823, il se qualifie de « négociant manufacturier ». En 1839, il est adjoint à la mairie de Rive-de-Gier.

Les almanachs de commerce attestent la raison sociale « Ninquerier père et fils » de 1823 à 1838, une longue continuité, dans la catégorie verreries à bouteilles. Après 1838, la société disparaît des répertoires commerciaux pendant plus d’une décennie, sans qu’on puisse déterminer si l’activité s’est effectivement interrompue ou si, plus probable, la production était simplement écoulée par d’autres circuits (les réseaux givordins, comme cela avait été le cas pour Bolot). En 1851, une dernière entrée la signale : « Ninquerier, fabric. de bouteilles », sans le « père et fils » d’avant, Juste Sigismond étant décédé en 1842. Après 1851, plus aucune mention dans les almanachs.

Le 4 février 1842, Juste Sigismond père procède à une donation de la verrerie à son fils par acte devant Me Guillot et son collègue, notaires à Rive-de-Gier, un mois seulement avant son décès le 7 mars. Juste Modeste est dès lors le seul et unique propriétaire de la Roche, à double titre : par donation et comme seul héritier de son père. C’est dans cette situation clarifiée qu’il contribue la verrerie, pour 1 four, à la Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône lors de sa constitution en août 1853 (Pelletier, p. 203).

La verrerie sous la Compagnie Générale (1853 — après 1887)

Contrairement à ce qu’on pourrait supposer, la cession à la Compagnie ne marque pas la retraite de Juste Modeste Éléosippe. Pelletier (p. 212) l’identifie explicitement comme chef d’usine de la verrerie de la Roche pour le compte de la Compagnie après 1853. Le recensement de 1861 le retrouve quartier de la Roche, qualifié de « maître de verrerie » (donc actif) à l’âge de 70 ans. Il meurt le 22 juin 1862 comme « ancien maître de verreries » ; la nuance entre les deux formules s’explique soit par une cessation très récente de son activité dans les derniers mois de sa vie, soit par le fait que les déclarants tenaient compte du transfert de propriété à la Compagnie survenu neuf ans plus tôt. A noter : dans ce même recensement de 1861, Juste Modeste Éléosippe Ninquerier partage le titre de « maître de verrerie » avec Charles Raabe, qui sera plus tard administrateur de la Compagnie générale.

La verrerie continue de fonctionner bien après la mort de Juste Modeste. En janvier 1883, le Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire mentionne incidemment « la verrerie de la Roche » comme point de repère local, prouvant son activité continue. Pelletier, dont le livre paraît en 1887, la cite encore comme opérationnelle trente ans après la cession à la Compagnie. En 1881 puis en 1886, le recensement place Ferjus Graisely à la même adresse que la famille Berger dans le quartier de la Roche. Fils de François Charles Graisely (directeur pour la Compagnie à Rive-de-Gier), Ferjus, « employé aux verreries de Rive-de-Gier », a vraisemblablement dirigé le site pour le compte de la Compagnie après la mort de Ninquerier, dans la tradition de gestion déléguée que la Compagnie pratiquait sur tous ses sites.

La verrerie Berger (v.1891 — v.1915)

La Compagnie Générale entre en liquidation à partir de 1887. Lors de la cession de ses actifs, le four de la Roche (de petite taille, un seul four) est acquis par André Berger, qui était présent dans le quartier depuis au moins 1881 comme simple verrier, puis « potier aux verreries » (1884). La transition intervient vraisemblablement entre 1887 et 1891. André Berger (17 octobre 1831, Alès, Gard — 12 septembre 1896, Rive-de-Gier) est alors « maître de verreries », titre que son acte de décès lui confère explicitement. Il est aussi conseiller municipal 1. Né dans le Gard dans une famille de verriers (père Jean Baptiste Berger, mère Henriette Renard), il avait été formé dans la verrerie Crine à Givors (attesté par le recensement de 1861, rue de Rive-de-Gier à Givors, voisin de Jean Pierre Crine, maître verrier de cet établissement).

Il épouse Virginie Philomène Rouvière (17 novembre 1838, Montaren-et-Saint-Médiers) le 21 septembre 1857. Tous ses fils sont verriers : Albert (28 janvier 1859, Alès — 23 avril 1903, Rive-de-Gier), Clovis et Sylla. Le fils cadet, Fernand (né vers 1868), lui succède à la tête de la verrerie. Le Mémorial de la Loire du 28 avril 1901 le désigne comme « maître de verrerie, quartier de la Roche ». Le recensement de 1906 le qualifie d’« employé », statut difficile à interpréter : cession temporaire à un tiers, gestion déléguée, ou erreur du recenseur. Mais le recensement de 1911 le retrouve sans ambiguïté « maître de verrerie » au n°12 du quartier de la Roche, avec sa femme Clotilde et leur fille Jeanne (13 ans), ainsi que 58 verriers recensés dans le Grand Bâtiment de la Roche. La verrerie est donc en pleine activité en 1911.

Le plan de Rive-de-Gier figurant dans l’ouvrage de Claudius Chomienne (Histoire de la ville de Rive-de-Gier, 1912) nomme le site « Verrerie Berger ». Le recensement de 1921 montre que la verrerie est fermée : Sylla Berger (fils d’André, frère de Fernand, 51 ans) y réside encore mais travaille comme potier chez Richarme, et les rares verriers encore dans le quartier exercent à l’Abeille ou chez Aubry (quartier de Couzon). La fermeture est donc intervenue entre 1911 et 1921, sans doute au début de la Première Guerre Mondiale.

Situation géographique

Localisation

La verrerie occupait le quartier de la Roche, à Rive-de-Gier, le long du canal de Givors et du Gier. Le site était délimité par la route de Saint-Étienne à Lyon à l’ouest, le canal à l’est, et se trouvait immédiatement en aval de l’écluse n°27, d’où le surnom d’« écluse Ninquerier » que lui sera donnée après 1820.

Sources cadastrales

Le plan cadastral napoléonien de 1811 et l’état de section de 1826 (AD Loire, cote 1678VT8_28) constituent les sources les plus précises pour localiser le site. En 1826, les parcelles de Ninquerier père et fils sont :

  • 1003 : dépendances de verrerie (déjà construite en 1811)
  • 1004 : verrerie à bouteilles (déjà construite en 1811)
  • 1005 : aisance
  • 1006 : four à chaux (déjà construit en 1811)
  • 1007 : magasin (absent en 1811, construit entre 1811 et 1826)
  • 1002 : grand bâtiment en copropriété, Ninquerier 330 m², Robichon Michel 660 m² (construit en 1811)

La parcelle 1008, en bordure du canal et jouxtant la parcelle 1007, est la pilerie appartenant à la Compagnie du canal : partagée en jours de jouissance entre les co-acquéreurs de 1819. L’écluse n°27 est nettement visible sur le plan de 1811, en face de la parcelle 1004.

Détail remarquable : entre le plan cadastral de 1811 et le plan de Chomienne en 1912, la parcelle occupée par la verrerie est restée identique, même surface et même position.

Les voisins immédiats de 1826 en bordure de route : Chambeyron Martin (parcelle 1001), Gelas Michel (1000), Binachon Antoine aîné (999).

État actuel

La verrerie elle-même a disparu, à son emplacement se trouve un petit parc. Mais le grand bâtiment de la parcelle 1002 (logement des verriers, en copropriété Ninquerier-Robichon) est toujours debout au 22 rue Émile Zola à Rive-de-Gier. Rénové et converti en habitation, il est reconnaissable sur les cartes postales de 1900. Dix-huit velux de chaque côté du toit trahissent aujourd’hui encore sa structure en 18 logements par étage, déjà établie en 1819.

Le grand bâtiment de la Roche vers 1905, qui servait de logement aux verriers dès sa construction au début du XIXe siècle. © Collection privée Arnaud Balandras.
Le grand bâtiment de la Roche vers 1905, qui servait de logement aux verriers dès sa construction au début du XIXe siècle. © Collection privée Arnaud Balandras.

Personnages liés

Joseph Raspillaire (1762-1830) : le co-fondateur oublié

Né à Plancher-les-Mines (Haute-Saône) le 1er novembre 1762, Joseph Raspillaire épouse Claudine Marie Allimand à Lyon (verrerie de Serin) le 16 novembre 1784 — alliance qui le rattache à Tours Allimand, l’un des fondateurs des verreries ripagériennes. Il s’installe avec son beau-père à Rive-de-Gier dès 1785. En 1809 et en 1813, des actes d’état civil le désignent comme « propriétaire verrier demeurant au Lieu de la Roche » aux côtés des frères Allimand, dont son beau-frère Blaise. Il appartient donc à la génération fondatrice du site — co-propriétaire ou bénéficiaire d’une quote-part successorale après la mort de Claudine Marie, à préciser. Absent du consortium de 1818, il finit sa vie comme simple « ouvrier verrier » faubourg de la Roche, décédant le 27 décembre 1830. Ses descendants poursuivent dans le monde verrier ripagérien (voir verrerie Jalabert).

Juste Sigismond Ninquerier (1757-1842) : l’ascension par le verre

Né à Mélisey (Haute-Saône) le 27 mars 1757, fils de Georges Ninquerier (recteur d’école) et petit-fils de Jean François (recteur d’école) — deux générations d’instituteurs franc-comtois avant le basculement. Il arrive à la verrerie royale de Givors vers 1784 comme commis, y gravit tous les échelons jusqu’à devenir associé et maire de Givors. Sa qualité d’associé est explicitement attestée par l’acte de décès de son épouse Marguerite Bœuf (11 janvier 1814) : « Juste Sigismond Ninquerier associé aux verreries de Givors ». C’est cette position dans le réseau givordino-franc-comtois — au carrefour des Robichon, des Bolot et des Neuvesel — qui lui ouvre les portes du consortium de 1818. Il meurt le 7 mars 1842 à Rive-de-Gier, quartier de la Roche, à 85 ans, chez son fils alors « manufacturier », un mois après avoir donné la verrerie à ce dernier par acte notarié.

Son frère Charles Modeste Ninquerier (28 avril 1770, Mélisey — 14 avril 1828, Saint-Andéol-le-Château), caissier puis commis de la verrerie de Givors, est également venu de Mélisey. Il est plusieurs fois confondu avec son prénom « Éléosippe » dans les sources (notamment l’acte de baptême de son neveu Éléosippe Adolphe en 1788, où le curé lui attribue ce prénom). Les deux frères Ninquerier représentent la même trajectoire : de l’école primaire de Mélisey aux registres commerciaux de la verrerie givordine.

Juste Modeste Éléosippe Ninquerier (1790-1862) : le directeur effectif

Né à Givors le 12 avril 1790, il épouse Bonne Alexandrine Donnet à Saint-Andéol-le-Château le 1er février 1815. Un acte de naissance de 1815 le montre alternativement domicilié à Marseille (rue Grignan, quartier des marchands de verre) et à Saint-Andéol, activité commerciale à lier au négoce du verre lyonnais-marseillais. Sa fille Marguerite Caroline naît à Rive-de-Gier en octobre 1820 : la famille est désormais définitivement établie quartier de la Roche. Adjoint à la mairie de Rive-de-Gier en 1839, il préside à ce titre plusieurs actes d’état civil. Après la cession à la Compagnie Générale en 1853, il continue à diriger le site comme chef d’usine (Pelletier, p. 212). Le recensement de 1861 le retrouve quartier de la Roche, encore qualifié de « maître de verrerie » à 70 ans. Il décède le 22 juin 1862, « ancien maître de verreries ». Son fils Juste Sigismond Laurent est devenu notaire à Saint-Étienne : la branche ne se perpétue pas dans le verre. Mais le fils reviendra finir ses jours dans le quartier.

Le mariage de sa fille Marguerite Caroline (9 janvier 1844) offre un instantané saisissant du milieu verrier ripagérien : quatre témoins, tous des figures majeures : Joseph Michel Robichon (maire, chevalier de la Légion d’honneur, 66 ans), Mathieu Allimand (manufacturier, 57 ans), Fleury Donzel (manufacturier, 66 ans), et Jean Baptiste Plattard (ingénieur directeur de mines). La verrerie de la Roche était au cœur du réseau industriel de la commune.

André et Fernand Berger (1831-1896) : les derniers maîtres

Né le 17 octobre 1831 à Alès (Gard), fils de Jean Baptiste Berger et Henriette Renard, André Berger s’est formé dans la verrerie Crine à Givors (recensement de 1861, voisin de Jean Pierre Crine, maître verrier). Il s’installe à Rive-de-Gier, quartier de la Roche, où le recensement de 1881 le trouve comme simple verrier (n°25), voisin de Ferjus Graisely, employé de la Compagnie. En 1884, lors du mariage de son fils Albert, il est encore « potier aux verreries » : spécialiste de la fabrication des creusets de verrerie. Il devient « maître de verreries » lors de l’acquisition du site pendant la liquidation de la Compagnie (vers 1887-1891). Il meurt au quartier de la Roche le 12 septembre 1896. Son fils Fernand lui succède comme maître de verrerie (attesté en 1901 et en 1911 ; statut d’« employé » en 1906, difficile à interpréter).

Éléments techniques

La verrerie produisait dès l’origine des bouteilles, confirmé par le partage de 1819 et par les almanachs de commerce (catégorie verreries à bouteilles de 1823 à 1851). Le plan de 1811 montre un établissement compact : verrerie (1004), dépendances (1003) et four à chaux (1006), complété entre 1811 et 1826 par un magasin (1007). La pilerie partagée (parcelle 1008) était un atelier de broyage des matières premières louée à la Compagnie du canal, accessoire indispensable à la production verrière. Pelletier (p. 203) mentionne 1 four lors de l’apport à la Compagnie Générale en 1853.

Contexte social

Le réseau de Mélisey

La verrerie de la Roche s’inscrit dans un réseau d’hommes originaires de la même région de Haute-Saône, recrutés ou liés aux Ninquerier. François Ferdinand Modeste Jacquot (né à Mélisey le 8 janvier 1804), commis puis teneur de livres à Rive-de-Gier entre 1834 et 1845, est le fils de Marie Mathilde Ninquerier, sœur de Juste Sigismond et tante de Juste Modeste. Il est donc cousin germain de son employeur. En 1839, il épouse Marie Marguerite Raspilaire, fille de Jean Raspilaire (souffleur à la verrerie de Pierre-Bénite en 1810, décédé à Rive-de-Gier en 1832 rue de Lyon) : le réseau Ninquerier et le réseau Raspillaire se nouent ainsi à nouveau, une génération après l’alliance fondatrice des Allimand-Raspillaire.

François Coron, de la Roche à Vernaison

François Coron, attesté comme teneur de livres au décès de Juste Sigismond (1842) et comme commis au décès de Marie Anne Ninquerier (1845), est l’employé le plus remarquable qu’ait formé la verrerie de la Roche. Pelletier le désigne lui-même « ancien employé de M. Ninquerier » avant de narrer sa fondation de la verrerie de Vernaison en 1859. Le passage de Coron de la Roche à Vernaison illustre comment le milieu verrier ripagérien formait et redistribuait ses cadres : une école autant qu’une industrie.

Le quartier de la Roche dans les années 1880 : un microcosme verrier

Le recensement de 1881 donne un instantané exceptionnel de la vie du quartier sous la Compagnie. À l’adresse n°11 vivent des dizaines de ménages de verriers : Henri Mouton, Gabriel Paradis, Thomas Billon, Joseph Pitiot, Nicolas Koenig et ses fils, Jean Deversy et ses quatre fils, logés dans le grand bâtiment de la parcelle 1002. Au n°17, Mathilde Donnet, rentière de 87 ans, cohabite avec son fils Just Ninquerier (notaire, 64 ans, célibataire) : le fils de Juste Modeste, devenu notaire à Saint-Étienne, est revenu finir ses jours dans le quartier natal. Au n°21, Pierre Criner (verrier, 60 ans). Au n°25, André Berger (verrier, 49 ans) et la famille Graisely. Au n°33, Paul Boichot (maître de verrerie, 43 ans), non pas comme propriétaire de la Roche, mais comme résident du quartier, la fabrique Boichot étant centrée sur l’ex-église Saint-Jean entre la Pomme et la Roche. Jean-Claude Chavas (ex-verrier, 76 ans, l’un des fondateurs de la seconde verrerie de Combeplaine en 1855) vit lui aussi dans le quartier chez sa fille et son gendre.

Le recensement de 1886 confirme la persistance de l’activité verrière (50 verriers au grand bâtiment), mais la famille Berger n’y est pas recensée : André Berger réside peut-être dans une partie non couverte par cet extrait. Ferjus Graisely figure toujours au n°44 comme simple « employé », sans titre de direction. En 1891, le nombre de verriers dans le quartier est tombé à 18, signe d’un site en fin de gestion par la Compagnie. Albert Berger (verrier, 31 ans) y est recensé au n°52 avec sa jeune famille. En 1911, le nombre de verriers est maximal : 58 sont logés dans le Grand Bâtiment. Mais en 1921, le quartier n’est plus verrier : le grand bâtiment loge des métallurgistes et des migrants, Sylla Berger travaille chez Richarme, et les rares verriers partent à l’Abeille ou chez Aubry.

En juillet 1908, « le nommé Sébastien Coste, ancien verrier, a été trouvé expirant dans les caves de la verrerie Berger, à la Roche où il habitait. […] Coste vivait misérablement, il est mort d’inanition. » 2. Il s’agissait de Sébastien Coste né en 1854, verrier à Saint-Just-sur-Loire vers 1898, dont la grand-mère paternelle était une Graisely et le grand-père, un verrier de Thorens-Glières. La réussite industrielle de la Belle Époque avait aussi sa face sombre et ses laissés-pour-compte.

Erreurs et incertitudes

Ce que dit la littérature, et ce qu’il faut corriger

La Roche dans les apports à la Compagnie Générale (1853). Pelletier (p. 203) mentionne bien 1 four Ninquerier parmi les apports à la Compagnie lors de sa constitution en août 1853. Juste Modeste Éléosippe cède son site mais continue d’en assurer la direction technique comme chef d’usine (Pelletier, p. 212). Il n’abandonne pas la verrerie en 1853, il en reste le gestionnaire pour le compte de la Compagnie jusqu’à une date non précisée avant son décès en 1862. Pelletier ne détaille pas la suite de la gestion de l’établissement après la mort de Ninquerier en 1862.

Points non résolus

  • La date de fondation. Le cadastre de 1811 confirme l’existence de la verrerie, mais ne la date pas. Un acte notarial de fondation ou de société entre Tours Allimand et ses fils (études Bidault ou Barrier, AD Loire, avant 1813) permettrait de préciser.
  • La quote-part de Joseph Raspillaire. Était-il co-fondateur à part entière, ou propriétaire par succession de sa femme ?
  • La disparition des almanachs (1839-1850). L’absence de Ninquerier des répertoires commerciaux pendant onze ans est-elle due à une interruption de production, à une distribution givordine invisible localement, ou à un simple oubli du répertoire ?
  • La date de cession de la Roche par la Compagnie. La verrerie est active en 1883 et mentionnée par Pelletier (1887). La liquidation démarre en 1887. André Berger acquiert le site probablement entre 1887 et 1891, mais l’acte de cession n’a pas encore été identifié.
  • La confusion avec la verrerie Boichot. Le recensement de 1891 place Paul Boichot, maître de verreries, dans le quartier de la Roche, et une mention de 1907 (Le Progrès) signale un ouvrier ayant « récemment travaillé à la verrerie de la Roche ». Ces références peuvent désigner la verrerie Boichot — établie sur la route de Lyon entre les quartiers de la Pomme et de la Roche — plutôt que l’usine Ninquerier. La proximité des deux toponymes génère une ambiguïté qui ne sera levée que par les plans cadastraux de la fin du XIXe siècle. Note : Paul Boichot résidait dans le quartier dès 1881 par habitude familiale (son père Jean-Baptiste Florian avait été associé à Combeplaine en 1849), non comme propriétaire de la Roche.
  • La date de fermeture définitive. Fernand Berger est encore « maître de verrerie » en 1911 (recensement) et le site est actif avec 58 verriers dans le Grand Bâtiment de la Roche, dont beaucoup de jeunes italiens entre 13 et 25 ans. La verrerie est nommée « Verrerie Berger » sur le plan Chomienne de 1912. La fermeture définitive reste à dater précisément.

Footnotes

  1. Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 12 sept. 1896, p. 2/4 : « On annonce la mort de M. Berger, conseiller municipal, ancien maître de verrerie ». Lien : https://www.retronews.fr/journal/memorial-de-la-loire-et-de-la-haute-loire/12-septembre-1896/2/fdcfe766-901d-4f3b-a3a8-cb78e279ce5a

  2. Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 7 juil. 1908, p. 3/4, lien : https://www.retronews.fr/journal/memorial-de-la-loire-et-de-la-haute-loire/07-juillet-1908/3/0f74e3d0-816d-4db2-845c-078dbae93157

Personnages associés

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Sources

etat civil Naissance de Juste Sigismond Ninquerier (AD Haute-Saône, Mélisey, BMS 1753-1762, cote EC 3 E 339 3, vue 87/195) https://archives.haute-saone.fr/ark:/77977/vtaccd5b5d7adb3598b/daogrp/0/87

27 mars 1757. Père Georges Ninquerier, recteur d'école.

etat civil Décès de Georges Ninquerier (AD Haute-Saône, Mélisey, BMS 1773-1782, cote EC 3 E 339 5, vue 160/202) https://archives.haute-saone.fr/ark:/77977/vta2b12be39c73b603c/daogrp/0/160

25 janvier 1781. 'Recteur d'école de Melisey', 54 ans.

etat civil Mariage de Juste Sigismond Ninquerier et Marguerite Bœuf (AD Rhône, Givors, BMS 4788, cote 4 E 1396, vue 9/34) https://archives.rhone.fr/ark:/28729/q26j9tgbzrxf/07427458-b309-4b2d-acc8-34dfa083ad1d

1er avril 1788. « Demeurant dans la Verrerie Royale de Givors depuis plusieurs années. » Témoins : Mme Latache épouse de Noble Robichon (Marc), Pélisson de Valencize, Charles Modeste Ninquerier (frère), André Allimand (cousin de l'épouse).

etat civil Mariage de Nicolas Joseph Henri Bolot et Émilie Robichon (AD Rhône, Givors, Mariages 1799-1800, cote 4 E 1404, vue 6-7/16) https://archives.rhone.fr/ark:/28729/0btf4w715hrg/9a33f665-1259-40ae-92d9-9fafbe68ae28

20 pluviôse an VIII (9 février 1800). Juste Sigismond Ninquerier préside la cérémonie comme maire de Givors ET est curateur de l'épouse. Présents : Éléosippe Ninquerier (caissier, oncle paternel), Melchior Neuvesel, Pélisson Valancize.

etat civil Décès de Marguerite Bœuf, épouse de Juste Sigismond Ninquerier (AD Rhône, Givors, Décès 1814, cote 4 E 5628, vue 3/18) https://archives.rhone.fr/ark:/28729/9fhql31xzpwb/0672e26c-05d9-49a0-90a3-5192b85a873a

11 janvier 1814. L'acte qualifie son époux de « Juste Sigismond Ninquerier associé aux verreries de Givors » — premier acte confirmant son statut d'associé, non de simple employé.

archive notariale Donation de Juste Sigismond Ninquerier à son fils — Mes Guillot et collègue, notaires à Rive-de-Gier (Étude Guillot, Rive-de-Gier, 4 février 1842)

Donation de la verrerie de la Roche par le père à son fils Juste Modeste Éléosippe, un mois avant le décès du père (7 mars 1842). Acte connu par sa mention dans l'acte de cession à la Compagnie Générale (1853) : 'acte de donation par M. Ninquerier père à son fils, pardevant Me Guillot et son collègue, notaires à Rive-de-Gier, le quatre février mil huit cent quarante-deux, duquel père, aujourd'hui décédé, son fils est en outre son seul héritier.'

etat civil Mariage de Jean Joseph Raspilaire et Antoinette Allimand (AD Loire, Rive-de-Gier, NMD 1813, cote 3 E 187 9, vue 91/165) https://archives.loire.fr/ark:/51302/vta03ed7031f5eb2f50/img:AD04212_3E187_009_0531

17 février 1813. Le père Joseph Raspillaire est dit « propriétaire verrier demeurant au Lieu de la Roche », de même que son beau-frère Blaise Allimand. Première mention explicite de la verrerie de la Roche dans les actes d'état civil.

etat civil Mariage de Marie Raspiller et Antoine Joseph Duchêne (AD Loire, Rive-de-Gier, NMD 1809, cote 3 E 187 8, vue 189-190/272) https://archives.loire.fr/ark:/51302/vtac6c2857c563bfe8b/img:AD04212_3E187_008_0190

20 novembre 1809. Joseph Raspiller (père de l'épouse) est dit « propriétaire de verrerie ». Témoins : les quatre frères Allimand (Blaise, Pierre, Mathieu, Maurice). Premier acte plaçant Raspillaire comme propriétaire verrier à Rive-de-Gier.

etat civil Décès de Joseph Raspillaire (AD Loire, Rive-de-Gier, NMD 1830, cote 3 E 187 14, acte n°847, vue 215/216) https://archives.loire.fr/ark:/51302/vtafbbd12492e403710/img:AD04212_3E187_014_0691

27 décembre 1830. « Ouvrier verrier, natif de Plancher-les-Mines, demeurant à Rive-de-Gier susdit faubourg de la Roche. » Déclarant : Thomas Grésely. Acte signé par Ronat, officier d'état civil.

etat civil Naissance de Marguerite Caroline Ninquerier (AD Loire, Rive-de-Gier, NMD 1820, cote 3 E 187 11, vue 49/124) https://archives.loire.fr/ark:/51302/vtaf5f4fdd2fb382a2d/img:AD04212_3E187_011_0329

16 octobre 1820. Père déclarant : « Juste Modeste Éléosippe Ninquerier propriétaire de verrerie ». Première attestation de la famille Ninquerier à Rive-de-Gier après l'acquisition de 1819.

etat civil Mariage de François Ferdinand Modeste Jacquot et Marie Marguerite Raspilaire (AD Loire, Rive-de-Gier, NMD 1839, cote 3 E 187 18, acte n°78, vue 190/308) https://archives.loire.fr/ark:/51302/vta0062b2c86d50206b/img:AD04212_3E187_018_0504

19 août 1839. Témoin : Juste Modeste Éléosippe Ninquerier, adjoint à la mairie, 'cousin germain à l'époux'. Éclaire les liens Ninquerier-Jacquot (réseau de Mélisey) et Ninquerier-Raspilaire.

etat civil Décès de Juste Sigismond Ninquerier père (AD Loire, Rive-de-Gier, Mariages-décès 1842, cote 3 E 187 20, vue 91/173) https://archives.loire.fr/ark:/51302/vta9117b7fe602d4492/img:AD04212_3E187_020_0218

7 mars 1842. Décède chez son fils « manufacturier quartier de la Roche », à 85 ans. Témoin : François Coron, teneur de livres. Un mois après la donation de la verrerie à son fils (4 février 1842).

etat civil Mariage de Marguerite Caroline Ninquerier et Jean Louis Nicolon (AD Loire, Rive-de-Gier, MD 1844, cote 3 E 187 21, vue 4/153) https://archives.loire.fr/ark:/51302/vta69362a706ed7a699/img:AD04212_3E187_021_0135

9 janvier 1844. Témoins : Joseph Michel Robichon (maire, chevalier de la Légion d'honneur), Mathieu Allimand, Jean Baptiste Plattard (ingénieur), Fleury Donzel. Instantané des maîtres verriers ripagériens en 1844.

etat civil Recensement de 1861, Rive-de-Gier (AD Loire, cote 6M557, feuille 187, vue 204) https://archives.loire.fr/ark:/51302/vta3feac2d09e94ee22/img:FRAD042_35_6M557_187_0204

Juste Ninquerier, maître de verrerie, 70 ans, et son épouse, domiciliés quartier de la Roche. Confirme son maintien au quartier et son activité en tant que « maître de verrerie » — non « ancien » — au moment du recensement, soit un an avant son décès.

etat civil Décès de Juste Modeste Éléosippe Ninquerier (AD Loire, Rive-de-Gier, Décès 1862, cote 3 E 187 30, vue 46/115) https://archives.loire.fr/ark:/51302/vta1db37c04c0befb21/img:AD04212_3E187_030_0423

22 juin 1862. « Ancien maître de verreries, quartier de la Roche. » Témoin : Mallassagny (notaire). L'adjectif « ancien » contraste avec la mention « maître de verrerie » dans le recensement de 1861 — il indique une cessation d'activité dans les derniers mois de sa vie, ou tient compte du fait que la verrerie était propriété de la Compagnie depuis 1853.

cadastre États de section 1826, Section A (AD Loire, cote 1678VT8_28) https://archives.loire.fr/ark:/51302/vtaae210ffc8b0cde7a/img:AD042_06_1678VT08_0028

Parcelles 1003 (dépendances de verrerie), 1004 (verrerie à bouteilles), 1005 (aisance), 1006 (four à chaux), 1007 (magasin) — Ninquerier père et fils. Parcelle 1002 (logement verriers) : Ninquerier 330 m², Robichon Michel 660 m².

archive notariale Acte de vente des immeubles de la faillite Allimand — Me Noël Louis Ronat, notaire à Rive-de-Gier (AD Loire, étude Ronat, minute n°251, 5 juin 1818)

Vente au consortium pour 430 000 francs, dont les « Verreries de la Roche ».

archive notariale Transaction et partage entre les co-acquéreurs — Mes Noël Louis Ronat et Georges Avril (AD Loire, étude Ronat, minute n°190, 22 avril 1819)

Attribution à Ninquerier père et fils : tiers occidental des Grands Bâtiments de la Roche, bâtiments de fabrication des pots, magasin occupé par Fleurdelix aîné.

livre Les verriers dans le Lyonnais et le Forez — Pelletier, Pierre

1887. P. 203 : 1 four Ninquerier parmi les apports à la Compagnie Générale en 1853. P. 212 : Ninquerier fils désigné comme chef d'usine pour la Compagnie après la cession. Mentionne l'usine Ninquerier comme active au moment de la rédaction. Désigne François Coron comme « ancien employé de M. Ninquerier » (p. 181). P. 186-187 : portrait de la dynastie Graisely, directeurs pour la Compagnie à Rive-de-Gier et Givors.

article Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire — corps dans le canal https://www.retronews.fr/journal/memorial-de-la-loire-et-de-la-haute-loire/30-decembre-1855/231/1759267/2

30 décembre 1855. Un corps est retiré de l'eau du canal à la hauteur de l'écluse Ninquerier, le 26 décembre 1855 — mention incidente qui confirme le nom usuel de l'écluse et la persistance du site.

article Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire — assassinat à la Roche https://www.retronews.fr/journal/memorial-de-la-loire-et-de-la-haute-loire/16-janvier-1883/2/71bf9e27-293d-4c64-9c98-1b0fd9c734d8

16 janvier 1883. Un assassinat suite à une rixe entre Piémontais a lieu dans une taverne « située non loin de la verrerie de la Roche ». Mention incidente prouvant que la verrerie est toujours en activité en 1883.

article Le Progrès — décès d'un ouvrier verrier https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t52667468m/f3

27 octobre 1907. Un ouvrier verrier de 52 ans décède, ayant « travaillé récemment à la verrerie de la Roche à Rive-de-Gier ». Mention ambiguë : la verrerie désignée pourrait être la verrerie Boichot, établie dans le même quartier, et non le site Ninquerier d'origine.

article Almanachs de commerce

Éditions 1823-1856. « Ninquerier père et fils » présent en 1823-1838. Absent 1839-1850 (malgré une activité probable). « Ninquerier, fabric. de bouteilles » en 1851. Dernière apparition.

etat civil Recensement de 1881, Rive-de-Gier — quartier de la Roche (AD Loire, cote 6M562, vue 137 et suiv.) https://archives.loire.fr/ark:/51302/vta9afe2c0c8038feae/img:FRAD042_35_6M562_187_0137

Quartier de la Roche, n°25 : André Berger, verrier, 49 ans, sa femme Philomène Rouvière et leurs enfants Albert (verrier, 23 ans), Clovis (verrier, 20 ans), Ferdinand (écolier, 13 ans). Même adresse : Ferjus Graisely (employé aux verreries, 39 ans), fils de François Charles Graisely (directeur pour la Compagnie à Rive-de-Gier). N°33 : Paul Boichot, maître de verrerie, 43 ans — résidant dans le quartier mais dont l'industrie est centrée sur la Pomme (ex-église Saint-Jean, futur emplacement place Chipier).

etat civil Mariage de Albert Berger et Claudine Chaverot (AD Loire, Rive-de-Gier, Mariages 1884, cote 3 E 187 42, acte n°48, vue 49/158) https://archives.loire.fr/ark:/51302/vta48509c129dd1f4cd/img:AD04212_3E187_042_0177

4 avril 1884. Père André Berger qualifié de « potier aux verreries demeurant à Rive-de-Gier quartier de la Roche ». Confirme qu'en 1884, André Berger n'est pas encore « maître » mais spécialiste de la fabrication des pots.

etat civil Décès de André Berger (AD Loire, Rive-de-Gier, Décès 1896, cote 3 E 187 69, acte n°212, vue 54/84) https://archives.loire.fr/ark:/51302/vta894946c4edd7cf92/img:AD04212_3E187_069_0159

12 septembre 1896. 'André Berger, âgé de soixante-six ans, maître de verreries, natif d'Alais (Gard) domicilié en cette ville, quartier de la Roche, 2.' Déclarants : Albert Berger (verrier, fils) et Fernand Berger (employé, fils). Dernière attestation d'un Berger comme « maître de verreries » à la Roche.

etat civil Décès de Albert Berger (AD Loire, Rive-de-Gier, Décès 1903, cote 3 E 187 70, acte n°110, vue 29/89) https://archives.loire.fr/ark:/51302/vtae591f291d54ecbfe/img:AD04212_3E187_070_0235

23 avril 1903. 'Albert Berger, âgé de quarante-quatre ans, verrier, natif d'Alès (Gard) domicilié en cette ville, quartier de la Roche, 3, veuf de Claudine Chaverot.' Fils aîné d'André Berger.

article Mémorial de la Loire — Fernand Berger maître de verrerie (1901) (Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 28 avril 1901, p. 4/6) https://www.retronews.fr/journal/memorial-de-la-loire-et-de-la-haute-loire/28-avril-1901/4/2fe69970-6e6b-43f6-a3c2-a68ea897901f

Acte de saisie immobilière : « Mme Clotilde Morel, épouse de Fernand Berger, maître de verrerie et de ce dernier agissant tant en son nom personnel si besoin est que pour assister et autoriser son épouse demeurant ensemble à Rive-de-Gier, quartier de la Roche. » Fernand Berger est donc maître de verrerie en 1901, successeur de son père André.

etat civil Recensement de 1906, Rive-de-Gier — quartier de la Roche (AD Loire, cote 6M569, vue 217/262) https://archives.loire.fr/ark:/51302/vtae6c67768ee7849ce/img:FRAD042_35_6M569_187_0217

Fernand Berger, 38 ans, « employé », avec sa femme Clotilde et leur fille Jeanne (8 ans). Voisins : Joseph Boichot (verrier, 32 ans), Denis Criner (verrier, 54 ans) et son fils Pierre. Ce statut d'employé — et non de maître — est difficile à interpréter : cession temporaire à un tiers, gestion déléguée, ou erreur du recenseur. Le recensement de 1911 le retrouve « maître de verrerie ».

livre Histoire de la ville de Rive-de-Gier — plan de 1912 — Chomienne, Claudius

Plan de Rive-de-Gier (1912), reproduit dans l'ouvrage. L'ancien site Ninquerier y est clairement dénommé « Verrerie Berger », confirmant la succession et le nom de la dernière exploitation connue du site.

etat civil Recensement de 1886, Rive-de-Gier — quartiers de la Roche et de la Pomme (AD Loire, cote 6M564, vues 218-228 et 177) https://archives.loire.fr/ark:/51302/vtaf490c200293daa88/img:FRAD042_35_6M564_187_0218

Quartier de la Roche : grand bâtiment (n°1), 58 ménages et 50 verriers. N°18 : François Criner (cafetier, 64 ans) avec ses fils François et Louis (verriers). N°44 : Ferjus Graisely, 44 ans, « employé ». La famille Berger n'apparaît pas dans cette section. — Quartier de la Pomme (vue 177) : confirme que les Boichot (Louis, Paul et Joseph — tous « maîtres de verreries ») et Claude Chipier résident et exercent dans le quartier de la Pomme, non de la Roche. Paul Boichot est donc bien un simple résident du quartier de la Roche (1881, 1891), sans lien industriel avec la verrerie Ninquerier.

etat civil Recensement de 1891, Rive-de-Gier — quartier de la Roche (AD Loire, cote 6M565, vues 180 et suiv.) https://archives.loire.fr/ark:/51302/vtab591117f69e72472/img:FRAD042_35_6M565_187_0180

N°13 : Paul Boichot, maître de verreries, 51 ans. N°52 : Albert Berger, verrier, 31 ans, sa femme Claudine Chaverot, 31 ans, et leurs enfants Pierre, Yvonne et Fernand (4, 2 ans et 7 mois). Seulement 18 verriers dans tout le quartier — réduction notable par rapport à 1881 et 1886. Ni André Berger père ni Philomène Rouvière n'apparaissent dans cette section (ils résident peut-être dans une autre partie du quartier, au n°2 selon l'acte de décès de 1896).

etat civil Recensement de 1911, Rive-de-Gier — quartier de la Roche (AD Loire, cote 6M571, vues 222 et suiv.) https://archives.loire.fr

N°3 : Philomène Berger (née Rouvière), avec ses filles Sylla (41 ans) et Julie Berger (31 ans). N°8 : 54 ménages, majorité de verriers et manœuvres italiens ; 58 verriers comptés, dont une majorité d'enfants de moins de 20 ans. N°12 : Fernand Berger, 43 ans, maître de verrerie, sa femme Clotilde Berger, 37 ans, et leur fille Jeanne, 13 ans. La verrerie est donc en pleine activité en 1911, dirigée par Fernand Berger — contredisant l'interprétation d'un arrêt d'activité après 1906.

etat civil Recensement de 1921, Rive-de-Gier — quartier de la Roche (AD Loire, cote 6M573, vues 197 et suiv.) https://archives.loire.fr/ark:/51302/vta507abf8017a24b94/img:FRAD042_35_6M573_187_0197

La verrerie de la Roche n'est plus active. N°3 : Sylla Berger, 51 ans, « potier chez Richarme » — fils d'André Berger, frère de Fernand. Le grand bâtiment loge des ménages espagnols, italiens ou ripagériens. Les quatre verriers encore présents travaillent à l'Abeille (Couzon, ex-Hutter) ou chez Aubry (Société Anonyme des Verreries de Rive-de-Gier, direction M. Aubry per Chomienne p. 278). Borne supérieure de fermeture de la verrerie de la Roche : avant 1921.