Verrerie
Verrerie de Combeplaine (Chavas-Delay)
1855 — après 1865
Aussi connue sous : Chavas frères et Desvignes · Chavas frères · Jean Pierre Delay et Cie · Sébastien Delay fils
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Noms et raisons sociales
Histoire
Résumé
La verrerie de Combeplaine dite Chavas-Delay est un second établissement verrier du quartier de Combeplaine à Rive-de-Gier, distinct de la verrerie Allimand mitoyenne (parcelles 983-984). Localisée aux sections 981-982 du cadastre napoléonien, elle est fondée en avril 1855 par les frères Chavas, qui n’ont pu réinvestir le site Allimand adjacent, celui-ci venant d’être absorbé par la Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône en septembre 1854. Le choix de la production de bouteilles (par opposition aux vitres fabriquées chez Allimand) confirme qu’il s’agit d’un projet indépendant, installé dans des bâtiments préexistants (maison et magasin aux parcelles 981-982, attestés dès 1826).
L’établissement ne connaît que des malheurs : une faillite Chavas en 1858, une tentative Delay à partir de 1860, un incendie en 1863, une nouvelle faillite, et des ventes aux enchères répétées à partir de 1865. En dix ans d’existence, il n’aura pas trouvé d’exploitant viable.
Historique
Origine : pourquoi un second site à Combeplaine ?
La verrerie Chavas-Delay est fille de la chronologie. En septembre 1854, Mathieu Allimand apporte son établissement (parcelles 983-984) à la Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône — le site est désormais indisponible. Six mois plus tard, le 1er avril 1855, les frères Chavas et Pierre Desvignes constituent leur société pour une verrerie à bouteilles « à Combe-Plaine ». Ne pouvant réinvestir le site Allimand acquis par la Compagnie, ils s’installent sur les sections cadastrales 981-982 mitoyennes, légèrement plus au nord en direction de Lyon, au confluent du Gier et du ruisseau le Firgerin. La différence de spécialité (bouteilles contre vitres) s’explique naturellement par la différence d’exploitants : les Chavas n’ont pas le savoir-faire des vitriers Allimand.
La société Chavas : constitution, exclusion Desvignes, faillite (1855 — 1858)
La société Chavas frères et Desvignes est formée le 1er avril 1855. L’Annuaire-Almanach de 1857 la signale sous la forme erronée « Charvas frères et Cie » — unique apparition dans les répertoires commerciaux. Avant même la fin de sa deuxième année d’activité, la participation de Pierre Desvignes est rétroactivement annulée par sentence du 12 novembre 1856 : il est considéré comme n’ayant jamais été sociétaire. L’affaire, sans doute une querelle d’associés sur l’apport de capitaux ou de compétences, laisse la société continuer sous la seule raison « Chavas frères » — probablement diminuée. La faillite est prononcée le 6 juillet 1858 par le Tribunal de commerce de Saint-Étienne, annoncée le 26 août dans le Mémorial de la Loire. Trois ans d’existence, deux noms de société, une faillite : un échec rapide.
La parenthèse Delay (1860 — 1865)
La liquidation judiciaire de la faillite Chavas prend fin aux alentours d’octobre 1859 : le 15 de ce mois, les créanciers sont convoqués pour la reddition du compte du syndic et le vote sur l’excusabilité des faillis, étape terminale de la procédure. Le site a donc été inactif pendant les quinze mois qui séparent la faillite (juillet 1858) de cette clôture. Six mois plus tard, le 7 avril 1860, la société Jean Pierre Delay et Cie est constituée. Les associés sont Jean Pierre Delay (rentier, ancien maire de Rive-de-Gier), son fils Sébastien Delay (maître de verreries) et François Joseph Allimand (ingénieur civil). La présence de ce dernier — vraisemblablement fils ou neveu de Mathieu Allimand — dans une société exploitant le site voisin du domaine paternel est notable : peut-être cherchait-il à maintenir une présence familiale dans le quartier.
La société est dissoute le 9 février 1861, moins d’un an après sa constitution, laissant Sébastien Delay seul propriétaire du fonds et de l’immeuble. Un incendie frappe la verrerie le 20 janvier 1863. La faillite de Delay est prononcée avant le 20 juin 1865 ; la vente par expropriation forcée est fixée au 26 juillet 1865 (mise à prix : 6 000 francs), reportée au 29 novembre, puis remise au 27 décembre après une surenchère d’Antoine Boiron fils (7 030 francs). Le sort définitif de l’établissement après cette dernière adjudication reste inconnu.
Situation géographique
Localisation
L’établissement occupait les sections cadastrales 981 et 982 du cadastre napoléonien de Rive-de-Gier, environ 200 mètres au nord du confluent du Gier et du ruisseau le Firgerin, dans le quartier de Combeplaine, en direction de Lyon. Il était mitoyen de la verrerie Allimand (parcelles 983-984, à son sud immédiat), entre la route nationale de Lyon à Toulouse et le canal de Givors.
Sources cadastrales
Les états de section de 1826 (AD Loire, cote 1678VT8_28, Section A) indiquent que les deux parcelles étaient déjà bâties : 981 comportait une maison (existant avant 1826) ; 982 une maison et un magasin (construits entre 1811 et 1826). Les frères Chavas ont donc repris des structures préexistantes en 1855 pour les adapter à la production de bouteilles.
État actuel
Aucun vestige identifié. Le quartier de Combeplaine est aujourd’hui entièrement recouvert par les infrastructures routières (A47) et l’urbanisation.
Personnages liés
Claude Chavas fils : maître de verreries à bouteilles, fils de Claude Chavas, tiseur de verrerie. Domicilié à Combe-Plaine, Rive-de-Gier. Co-fondateur de la société avec son frère. Les deux frères sont des praticiens du verre à bouteilles de formation, issus d’une famille attachée à la verrerie depuis la génération précédente.
Jean-Claude Chavas fils : maître de verreries à bouteilles, frère du précédent. Même domicile et même formation. L’un des deux frères était probablement le directeur technique de l’établissement.
Pierre Desvignes : gouverneur aux mines (responsable de l’exploitation d’une mine), domicilié à Rive-de-Gier, quartier de Combe-Plaine. Apporteur de capitaux extérieur au monde du verre, ce qui explique vraisemblablement sa sortie rétroactive : sans compétence technique ni rôle opérationnel, il était probablement en désaccord avec les frères Chavas sur la gestion ou la rentabilité.
Jean Pierre Delay : rentier, ancien maire de Rive-de-Gier. Associé dans la société de 1860, aux côtés de son fils Sébastien. Sa qualité d’ancien maire suggère un homme de réseau et de capitaux plutôt qu’un praticien du verre.
Sébastien Delay : maître de verreries, fils de Jean Pierre. Le seul des associés à avoir une compétence technique identifiée. Reprend seul l’exploitation en février 1861. Victime de l’incendie de 1863 et de la faillite avant 1865.
François Joseph Allimand : ingénieur civil, associé dans Jean Pierre Delay et Cie (1860-1861). Vraisemblablement fils ou neveu de Mathieu Allimand, le fondateur de la verrerie adjacente. Sa reconversion en ingénierie civile après les déboires de la verrerie familiale est un cas courant dans ces familles industrielles du milieu du XIXe siècle.
Antoine Boiron fils : surenchérisseur lors de la vente aux enchères du 27 décembre 1865. Acquiert le site pour 7 030 francs. Sort inconnu.
Éléments techniques
La verrerie produisait des bouteilles, spécialité distincte des vitres fabriquées sur le site Allimand adjacent. Les frères Chavas ont repris en 1855 des bâtiments préexistants (maison et magasin aux sections 981-982, attestés dès 1826) pour les adapter à la production de bouteilles. Le nombre de fours n’est pas précisé dans les sources disponibles.
Erreurs et incertitudes
Ce que dit la littérature, et ce qu’il faut corriger
Pelletier et la confusion avec la verrerie de la Roche. Pelletier (1887) désigne la verrerie des frères Chavas (qu’il fait remonter à 1850) comme la verrerie de la Roche, qui est non seulement inexact (ce n’est pas le même quartier) mais surtout trompeur avec la verrerie Ninquerier.
Points non résolus
- L’identité des frères Chavas : aucune source ne donne leurs prénoms ni leur origine. Les actes d’état civil de Rive-de-Gier et les annuaires personnels permettraient de les identifier.
- La période 1858-1860 : la reddition du compte du syndic et le vote sur l’excusabilité des faillis ont lieu le 15 octobre 1859 (Mémorial de la Loire, 9 octobre 1859) — quinze mois après la faillite. La liquidation judiciaire était donc encore en cours à cette date, ce qui explique l’immobilisme du site. La société Delay et Cie est constituée six mois plus tard (7 avril 1860), au terme probable de la procédure. L’excusabilité ou non des frères Chavas, qui aurait déterminé leur droit à reprendre du commerce, reste à vérifier dans les archives du Tribunal de commerce.
- L’acquéreur final : Antoine Boiron fils remporte la vente du 27 décembre 1865 pour 7 030 francs. A-t-il exploité ou démoli le bâtiment ?
- François Joseph Allimand : son lien exact avec Mathieu Allimand (fils ? neveu ?) reste à établir par les actes d’état civil.
Personnages associés
Aucune personne liée n'a été trouvée pour cette verrerie.
Voir toutes les personnes liées →Sources
Mentionne « Charvas frères et Cie » (graphie erronée) dans la liste des verriers de Rive-de-Gier, verrerie à bouteilles. Unique mention dans les almanachs.
12 novembre 1856 : dissolution rétroactive de la participation de Pierre Desvignes dans la société Chavas frères et Desvignes (formée le 1er avril 1855). Il est considéré comme n'ayant jamais été sociétaire. La société continue sous la seule raison « Chavas frères ».
26 août 1858 : annonce de la faillite de « Chavas frères et Desvignes, ex-exploitants d'une verrerie située à Combeplaine à Rive-de-Gier ». Faillite prononcée le 6 juillet 1858 par le Tribunal de commerce de Saint-Étienne.
9 octobre 1859 : convocation des créanciers de la faillite Chavas frères et Desvignes au Tribunal de commerce de Saint-Étienne (place Mi-Carème, 3) pour le samedi 15 octobre 1859, à l'effet d'assister à la reddition du compte de gestion du syndic et de donner leur avis sur l'excusabilité des faillis. Cette procédure, intervenant quinze mois après la faillite du 6 juillet 1858, marque la phase terminale de la liquidation judiciaire. Elle précède de six mois la constitution de Jean Pierre Delay et Cie (7 avril 1860), suggérant que le site était sous séquestre ou à l'arrêt jusqu'à la clôture des opérations.
16 février 1861 : dissolution le 9 février 1861 de la société Jean Pierre Delay et Cie (formée le 7 avril 1860). Associés : Jean Pierre Delay (rentier, ancien maire de Rive-de-Gier), François Joseph Allimand (ingénieur civil) et Sébastien Delay (maître de verreries). Sébastien Delay devient seul propriétaire.
20 juin 1865 : annonce de vente aux enchères par expropriation forcée de la verrerie à bouteilles de Sébastien Delay, quartier de Combe-Plaine (mise à prix 6 000 francs, audience du 26 juillet 1865). 12 novembre 1865 : report au 29 novembre 1865. 27 décembre 1865 : remise en vente (7 030 francs) après surenchère d'Antoine Boiron fils. Sort définitif inconnu.
Section A, cote 1678VT8_28. Parcelle 981 : maison (déjà construite avant 1826). Parcelle 982 : maison et magasin (construite après 1811 mais avant 1826). Les bâtiments préexistaient donc à l'arrivée des Chavas en 1855 : ils n'ont pas construit de zéro mais repris des structures existantes pour les adapter à la production de bouteilles.