Verrerie

Verreries Richarme

vers 1826–1828 — 1958

Aussi connue sous : Richarme frères · Verreries de la Loire et de la Drôme — Richarme Frères · P. Richarme et Cie · Société Anonyme des Verreries Richarme · Verrerie Souchon-Neuvesel (Verreries Souchon-Neuvesel, Richarme et Evian Réunies) · Verrerie Souchon-Neuvesel de Rive-de-Gier

Disparue — sans vestiges

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Noms et raisons sociales

Richarme frères
Raison sociale vers 1826–1828 — 7 avril 1891
Verreries de la Loire et de la Drôme — Richarme Frères
Nom d'usage vers 1862 — 1891
P. Richarme et Cie
Raison sociale 7 avril 1891 — 27 mars 1893
Société Anonyme des Verreries Richarme
Raison sociale 27 mars 1893 — 30 décembre 1929
Verrerie Souchon-Neuvesel (Verreries Souchon-Neuvesel, Richarme et Evian Réunies)
Raison sociale 30 décembre 1929 — 1958
Verrerie Souchon-Neuvesel de Rive-de-Gier
Nom d'usage 1930 — 1958

Histoire

Résumé

Les Verreries Richarme de Rive-de-Gier constituent l’un des plus importants établissements verriers du Sud-Est de la France au XIXe siècle, et le principal concurrent des Nouvelles Verreries de Givors pendant un demi-siècle. Fondées vers 1826–1828 dans le quartier d’Égarande par Michel Richarme et ses frères Pierre et Benoît — fils d’un menuisier ripagérien, convertis à l’industrie du verre dans un des bassins houillers les plus actifs de France —, elles deviennent sous la direction de Pétrus Richarme (1833–1892) un véritable empire verrier structuré autour de trois sites : Égarande (Rive-de-Gier), Assailly-Lorette et Bourg-lès-Valence. Ce groupe, désigné collectivement sous la dénomination « Verreries de la Loire et de la Drôme », est en avance technique sur ses concurrents : les fours à gaz Siemens sont installés à Égarande en 1877, un an avant les Nouvelles Verreries de Givors.

La mort de Pétrus en 1892, célibataire sans descendance, ouvre une succession complexe gérée par son neveu Auguste Dériard, qui transforme l’entreprise en société anonyme. La grande grève de 1894 — la plus longue et la plus violente de l’histoire verrière ripagérienne — fragilise durablement l’établissement et conduit, en parallèle, à la création d’une verrerie coopérative sur le site de la Berthelasse. La mort au combat de Louis Charles Dériard, fils unique d’Auguste, le 11 octobre 1916 à Maurepas, précipite la fin de l’indépendance dynastique : Auguste Dériard cède ses actions à Amédée Frachon et Eugène Souchon dans les mois suivants. L’absorption formelle dans Souchon-Neuvesel intervient le 30 décembre 1929. Le site d’Égarande continue à fonctionner au sein du groupe BSN jusqu’à sa fermeture définitive en 1958, suivie de la démolition en 1964.


Historique

Origines et fondation (vers 1826–1828)

La famille Richarme était profondément ancrée dans la région de Rive-de-Gier avant de se lancer dans l’industrie du verre. Jacques Richarme (1757–1838), menuisier, avait eu trois fils : Michel (1783–1856), Pierre (1793–1864) et Benoît (1802–1850). C’est cette fratrie qui fonde la première verrerie dans le quartier d’Égarande, en bordure du ruisseau du même nom, à une date que les sources disponibles situent entre 1826 et 1828 sans permettre de trancher avec certitude 1. Michel Richarme est identifié comme propriétaire d’une verrerie dès 1828 dans les sources secondaires ; l’acte de fondation n’a pas encore été retrouvé dans les archives primaires.

Le choix du site d’Égarande n’est pas fortuit. La vallée du Gier offre à cette époque une convergence exceptionnelle d’avantages industriels : des mines de charbon abondantes à proximité immédiate pour alimenter les fours, le ruisseau de l’Égarande et le Gier pour l’eau et la force motrice, et le canal de Givors (achevé en 1780) pour le transport des matières premières et l’expédition des produits finis vers Lyon et la vallée du Rhône. La spécialisation dans la bouteillerie répond à une demande massive : la proximité de la vallée du Rhône, l’une des grandes régions viticoles de France, assure un débouché naturel et croissant.

Seul Michel a eu des enfants : son fils Pétrus (né le 27 décembre 1833 à Rive-de-Gier) et quatre filles — Adeline, Catherine, Marguerite-Pulchérie et Philomène. Pétrus sera le seul héritier mâle de la génération fondatrice, et le véritable architecte de l’expansion du groupe.

L’expansion sous Pétrus Richarme (1860–1891)

Pétrus Richarme incarne la seconde phase de l’entreprise. Industriel visionnaire, homme politique influent : maire de Rive-de-Gier de 1870 à 1874, conseiller général, député de la Loire de 1876 à 1881, l’un des 363 députés qui s’opposèrent au gouvernement monarchiste lors de la crise du 16 mai 1877, il est également un patriarche autoritaire dont le style de gestion autocratique marque durablement les relations sociales dans l’usine 2.

Sur le plan technique, il modernise résolument l’outil industriel. En 1877, il fait reconstruire l’usine d’Égarande et y installe des fours à gaz Siemens, permettant une fusion en continu — un an avant les Nouvelles Verreries de Givors qui adoptent la même technologie en 1878 3. Son sens commercial est tout aussi redoutable. Face à la tentative de Badoit de construire sa propre verrerie avec l’aide des frères Laurent, Pétrus n’hésite pas à acquérir une source concurrente à Saint-Galmier pour exercer une pression décisive, manœuvre qui aboutit à un accord de fourniture exclusive très favorable à Richarme — et qui fait des Verreries Richarme le fournisseur attitré de Badoit 4.

Sur le plan de l’organisation, Pétrus structure un réseau multi-sites cohérent. La restructuration du 9 avril 1864 (acte de Me Frécon, notaire à Rive-de-Gier) officialise la composition du groupe : Pierre Richarme oncle se retire, et la nouvelle « Richarme frères » liste explicitement les établissements exploités : « Rive-de-Gier, Assailly, Lorette et Bourg-lès-Valences ». Pétrus obtient la signature sociale unique 5. En 1877, le groupe compte au total dix fours, dont un seul produisant du verre à vitres (Bourg-lès-Valence), les autres consacrés à la bouteillerie.

La dénomination commerciale « Verreries de la Loire et de la Drôme » reflète cette ambition géographique. Des dépôts commerciaux sont établis à Paris, Nantes, Marseille, Toulouse et Romans, constituant un réseau de distribution national que peu de verreries françaises de l’époque peuvent égaler. Dès 1863, les en-têtes de factures arborent fièrement cette raison sociale collective.

La vie personnelle de Pétrus tranche avec ses succès industriels et politiques. Célibataire sans descendance, il entretient une relation durable avec la comédienne Marie Colombier, à qui il lègue une part importante de sa fortune au grand dam de ses sœurs et beaux-frères, qui contestent le testament. Cette absence d’héritier direct pèsera lourd sur l’avenir de la dynastie.

Les restructurations juridiques (1891–1895)

La dissolution de « Richarme frères » intervient le 7 avril 1891, Pétrus constituant simultanément la société « P. Richarme et Cie », commandite par actions dont il est seul gérant responsable. L’acte de Me Thomasset (Lyon, 10 avril 1891) décrit en détail l’établissement d’Égarande : l’usine principale avec ses fours, ses halles, ses forges, ses logements ouvriers, et l’ensemble des sites satellites 6.

Pétrus s’éteint le 7 juin 1892 dans son domicile du 77 avenue Niel, Paris XVIIe. Son légataire universel en nue-propriété est Auguste Dériard, fils de son beau-frère Barthélémy Dériard et de sa sœur Catherine Richarme, donc son neveu par alliance, formé dans l’orbite du groupe depuis son enfance. Auguste transforme l’entreprise en société anonyme le 27 mars 1893, puis lui donne sa dénomination définitive le 7 juin 1895 : « Société Anonyme des Verreries Richarme à Rive-de-Gier ». Des dépôts sont alors faits aux greffes de Paris, Marseille, Nantes, Toulouse, Romans et Valence 7. Cette évolution du capitalisme personnel vers la société de capitaux répond à une double nécessité : gérer la succession de Pétrus et limiter la responsabilité financière des actionnaires dans un contexte social explosif.

La grande grève de 1894

Le point culminant des tensions sociales est la grande grève qui éclate à Égarande en 1894. La cause immédiate n’est ni les salaires ni les horaires : c’est le refus d’un seul ouvrier, Darçon, arrangeur de bouteilles, d’adhérer au syndicat. La direction maintient Darçon à son poste malgré les pressions de ses “camarades”. Le 16 mars 1894, entre 1 100 et 1 500 ouvriers (les sources de l’époque divergent déjà sur l’effectif exact) quittent le travail. Auguste Dériard riposte immédiatement : paiement des salaires dus au 21 mars, remise des livrets, expulsion des logements appartenant à l’usine. La lecture politique de l’événement divise aussitôt la presse nationale selon ses appartenances : “intolérance de syndicat” pour La Croix, “renégat” pour Le Parti ouvrier : le même homme, le même acte, deux visions du monde irréconciliables.

La revendication centrale des ouvriers, menés par le syndicaliste Pierre Vinay, est la reconnaissance de leur syndicat par la direction, ce qu’Auguste Dériard, comme son oncle en 1891, refuse catégoriquement 8. Le conflit, d’une violence inouïe, est marqué par des expulsions des logements ouvriers appartenant à l’usine et par l’arrestation et la condamnation des leaders syndicaux. Malgré une forte solidarité nationale et l’intervention de figures socialistes dont Jean Jaurès, les grévistes, épuisés, doivent s’avouer vaincus en janvier 1895 8.

Elle s’inscrit dans une vague de conflits qui touche simultanément les Verreries Réunies de la Loire et du Rhône à Rive-de-Gier, dont la grève parallèle, également déclenchée le 16 mars 1894, aboutit à une issue radicalement différente : la transformation en Verrerie aux Verriers de Rive-de-Gier, une coopérative ouvrière mixte.

Le bilan, dressé par L’Économiste français en juin 1895, est sans appel. La grève a duré 317 jours. Elle a coûté 411 000 francs aux caisses syndicales, épuisant entièrement leurs réserves. À son terme, 160 ouvriers avaient définitivement quitté Rive-de-Gier ; 600 s’étaient dispersés dans les verreries de la région. La stratégie de Dériard (recruter des remplaçants étrangers en leur cachant la situation, les piéger avec des avances sur salaire et des engagements signés) avait fonctionné, au prix de poursuites judiciaires contre trois ouvriers allemands qui s’étaient malgré tout solidarisés avec les grévistes. La revue libérale résume l’affaire d’une formule cinglante : la grève n’avait eu pour origine ni une question de salaire ni d’horaires, mais une question d’amour-propre perfidement envenimée par des gens sans intérêt direct dans l’affaire, condamnation qui vise autant les meneurs syndicaux que les politiciens socialistes qui avaient fait de Rive-de-Gier leur tribune.

La prise de participation Souchon-Neuvesel (1916–1917)

Le tournant décisif pour la verrerie Richarme est tragique dans sa cause. Auguste Dériard n’a qu’un fils : Louis Charles Pierre Marie Dériard, né à Rive-de-Gier le 18 juin 1896. Ce jeune homme est tué au combat à Maurepas et inhumé le 11 octobre 1916. Auguste Dériard se retrouve sans descendant pour reprendre l’affaire.

C’est la mort de ce fils unique qui provoque la désintégration dynastique. Dans les mois suivants, Auguste Dériard cède ses actions à Amédée Frachon, beau-frère d’Eugène Souchon, et à Eugène Souchon lui-même, directeur des Nouvelles Verreries de Givors. Ensemble, ils deviennent actionnaires majoritaires et prennent la direction de l’entreprise, vraisemblablement par acte de 1917, la finalisation légale suivant la décision de principe. La relation entre les deux sociétés était déjà établie sur le plan commercial, comme en témoigne une facture du 9 décembre 1914 adressée par Souchon-Neuvesel aux Verreries Richarme 9.

L’absorption et le déclin (1929–1958)

L’absorption formelle intervient le 30 décembre 1929, par convention ramenée au 1er janvier 1929, dans le cadre de la grande fusion qui crée la Verrerie Souchon-Neuvesel (Verreries Souchon-Neuvesel, Richarme et Evian Réunies), dont les statuts sont publiés le 29 janvier 1930. Le site d’Égarande continue à fonctionner comme unité de production au sein du groupe, dont la dénomination évolue successivement vers BSN (1966) et BSN-VMC (1985).

L’épuisement progressif des mines de charbon de la vallée du Gier, la modernisation incomplète de l’outil par rapport aux sites givordins, et la rationalisation industrielle du groupe conduisent à la fermeture définitive du site en 1958. Les bâtiments sont entièrement démolis en 1964, effaçant du paysage de Rive-de-Gier le principal témoin matériel de plus d’un siècle d’histoire industrielle.


Situation géographique

Localisation

L’usine principale est implantée dans le quartier d’Égarande, à Rive-de-Gier (Loire), en bordure du ruisseau de l’Égarande et à proximité immédiate du chemin de fer. Ce quartier, qui donne son nom à l’établissement dans toute la littérature verrière, constitue le cœur historique et permanent du groupe Richarme de sa fondation jusqu’à sa démolition.

Les sites satellites — Assailly-Lorette (commune de Lorette, Loire) et Bourg-lès-Valence (Drôme) — font l’objet de fiches dédiées. Voir Verreries de Grand-Croix et Lorette et Verrerie de Bourg-lès-Valence.

État actuel

Le site est entièrement rasé et réaménagé. Un supermarché Lidl occupe aujourd’hui le 63 rue Pétrus Richarme, dont le tracé suit l’emplacement de l’ancienne usine. La rue Pétrus Richarme constitue l’unique trace toponymique de cet établissement dans le paysage urbain contemporain de Rive-de-Gier.


Personnages liés

Michel Richarme (1783–1856) : fils de Jacques Richarme, menuisier. Cofondateur avec ses frères Pierre et Benoît. Seul des trois frères à avoir eu des enfants : Pétrus et quatre filles. Sa veuve Jeanne Lyotard demeure associée après sa mort dans la restructuration de 1864.

Pierre Richarme (1793–1864) : frère de Michel, cofondateur. Se retire de la société lors de la restructuration du 9 avril 1864.

Benoît Richarme (1802–1850) : frère de Michel, cofondateur. Décédé avant la restructuration.

Pétrus Richarme (27 décembre 1833, Rive-de-Gier — 1892) : fils unique de Michel, figure centrale de la dynastie. Modernisateur technique (fours Siemens 1877), stratège commercial (accord Badoit), homme politique (maire de Rive-de-Gier 1870–1874, député 1876–1881, l’un des 363 du 16 mai 1877). Célibataire sans descendance, il lègue une part de sa fortune à la comédienne Marie Colombier. Son héritier désigné est son neveu Auguste Dériard.

Louis-Barthélémy-Claude Dériard (1825–1891) : époux d’Adeline Richarme, directeur de la verrerie de Bourg-lès-Valence jusqu’en 1880 environ. Voir fiche Bourg-lès-Valence.

Auguste Dériard (fl. 1892–après 1916) : fils de Barthélémy Dériard et Catherine Richarme, neveu de Pétrus. Légataire universel en nue-propriété à la mort de Pétrus (1892). Dirige la SA des Verreries Richarme jusqu’à la prise de participation Souchon-Neuvesel. Son fils unique Louis Charles est tué à Maurepas le 11 octobre 1916 — événement qui précipite la cession du contrôle.

Pierre Vinay : syndicaliste, meneur de la grande grève de 1894. Arrêté et condamné. Sa biographie est documentée dans le Maitron.


Éléments techniques

Les fours d’Égarande

L’établissement démarre avec un outil modeste, hérité de la tradition artisanale verrière de la vallée du Gier. La capacité exacte des premiers fours reste à documenter. En 1877, Pétrus Richarme fait reconstruire l’usine et installe les premiers fours à gaz Siemens à fusion continue, technologie alors de pointe, permettant une production en continu 24h/24 sans interruption pour le refroidissement des pots. Richarme est en cela en avance d’un an sur les Nouvelles Verreries de Givors, qui adoptent la même technologie en 1878 3.

En 1877, le groupe compte au total neuf fours répartis sur ses trois sites : Égarande (la majorité, l’usine compte au moins quatre fours à fusion continue en janvier 1895 selon la presse contemporaine 8), Assailly-Lorette (deux fours à bouteilles) et Bourg-lès-Valence (deux fours à bouteilles et un four à vitres). Seul ce dernier site produit du verre à vitres ; Égarande est entièrement dédié à la bouteillerie.

La production

Spécialisés dès l’origine dans la bouteillerie, les fours d’Égarande produisent des bouteilles de toutes formes et de toutes teintes pour le marché viticole rhodanien. La conquête du marché des eaux minérales constitue la diversification stratégique majeure : l’accord avec Badoit (Saint-Galmier) fait de Richarme le fournisseur exclusif de l’une des eaux minérales les plus réputées de France. Des dépôts commerciaux à Paris, Nantes, Marseille, Toulouse et Romans permettent une distribution nationale.


Contexte social

La verrerie d’Égarande est l’un des foyers du syndicalisme verrier français à la fin du XIXe siècle. La montée en puissance du mouvement ouvrier dans la vallée du Gier, combinée au style de direction autoritaire de Pétrus Richarme puis d’Auguste Dériard, crée une tension sociale chronique qui explose en 1894.

La grande grève de 1894 est le conflit social le plus intense de l’histoire de l’établissement. La revendication centrale (la reconnaissance du syndicat) se heurte au refus catégorique de la direction. Auguste Dériard recrute des verriers allemands pour remplacer les grévistes, geste vécu comme une trahison par la communauté ouvrière. Jean Jaurès intervient personnellement en soutien aux grévistes. Le mouvement s’achève cependant sur une défaite ouvrière le 25 janvier 1895 : le comité de grève lève l’interdit pesant sur la maison Richarme, la Fédération nationale du verre retire simultanément la mise à l’index de toutes les verreries de Rive-de-Gier. La grève aura duré exactement dix mois et neuf jours (du 16 mars 1894 au 25 janvier 1895). Augusta Dériard avait entre-temps complété son personnel avec des remplaçants, permettant la remise en marche progressive des quatre fours 8. La conséquence directe de la grève est la création d’une verrerie coopérative par les grévistes, témoignage de la radicalisation du mouvement ouvrier verrier ripagérien.


Erreurs et incertitudes

Ce que dit la littérature, et ce qu’il faut corriger

Il y a une assez large divergence entre les sources sur la date exacte de fondation de la verrerie Richarme, qui évoquent 1826 à 1832. La date la plus probable semble être 1828.

Points non résolus

  • La date exacte de fondation est le principal manque documentaire. L’acte de société originel permettrait de la fixer.
  • L’acte de cession des actions Richarme à Frachon et Souchon (vraisemblablement 1917) n’a pas été retrouvé. Les AD69 ou AD42 (fonds judiciaires et notariaux) constituent la piste principale.
  • Le nombre et la capacité des fours d’Égarande entre 1828 et 1877 restent à documenter. Les annuaires industriels (Didot-Bottin) et la presse locale constituent les sources les plus accessibles.
  • Marie Colombier et le testament de Pétrus : le conflit familial autour de son legs est mentionné dans les sources secondaires mais non documenté par des actes primaires.

Notes

Footnotes

  1. La date de 1826 est avancée par plusieurs sources secondaires dont Wikipedia (article « Verreries de Rive-de-Gier »). La date de 1828 est celle à laquelle Michel Richarme est identifié comme propriétaire d’une verrerie dans les sources locales. L’acte de fondation n’a pas encore été consulté aux Archives départementales de la Loire (AD42).

  2. Assemblée nationale, base Sycomore, fiche Pétrus Richarme. URL : https://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche/(num_dept)/8393

  3. Fiches Radix Vitri Nouvelles Verreries de Givors et Verreries de Grand-Croix et Lorette. En 1877, parmi les dix fours du groupe, seul Bourg-lès-Valence produit du verre à vitres : Égarande et Assailly sont voués à la bouteillerie. 2

  4. Sources secondaires (Pelletier, sources municipales Saint-Galmier). À confirmer par acte primaire.

  5. Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 21 avril 1864, acte de Me Frécon du 9 avril 1864. URL : https://www.retronews.fr/journal/memorial-de-la-loire-et-de-la-haute-loire/21-avril-1864/4/07de5740-9a4b-4ce9-aa9a-c13b2e26f370

  6. La Dépêche, 12 mai 1891, reproduisant l’acte de Me Thomasset du 10 avril 1891. URL : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4112855n/f4.item

  7. Le Petit Marseillais, 20 juin 1895. URL : https://www.retronews.fr/journal/le-petit-marseillais/20-juin-1895/4/492e2a03-a891-4751-8052-ad23a3c89641

  8. Le Temps, 26 janvier 1895, p. 2/4. URL : https://www.retronews.fr/journal/le-temps/26-janvier-1895/2/43ade6c0-8e85-4d69-b661-acc55cbc4e0b — Maitron, notice Pierre Vinay. URL : https://maitron.fr/vinay-pierre/ 2 3 4

  9. Facture Souchon-Neuvesel & Cie aux Verreries Richarme, 9 décembre 1914. Collection privée Arnaud Balandras. Voir aussi fiche Nouvelles Verreries de Givors.

Personnages associés

Personnalités

Voir toutes les personnes liées →

Sources

livre Les verriers dans le Lyonnais et le Forez — Pelletier, Pierre

Paris, 1887. Source de référence pour la période 1826–1887, à utiliser avec prudence et à recouper avec des sources primaires.

livre Histoire de Rive-de-Gier — Chomienne, Claudius

Pages 277–278. Description de la verrerie Richarme et de son rôle dans l'économie ripagérienne.

archive notariale Restructuration Richarme frères — acte de Me Frécon, 9 avril 1864 https://www.retronews.fr/journal/memorial-de-la-loire-et-de-la-haute-loire/21-avril-1864/4/07de5740-9a4b-4ce9-aa9a-c13b2e26f370

Publié au Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 21 avril 1864. Retrait de Pierre Richarme oncle. Constitution de la nouvelle société entre Jeanne Lyotard (veuve Michel), Pétrus, Adeline, Catherine, Marguerite-Pulchérie et Philomène Richarme. Signature sociale unique à Pétrus. Sites explicitement nommés : Rive-de-Gier, Assailly, Lorette et Bourg-lès-Valence. Source de référence pour la généalogie Richarme complète.

article Richarme, maître de verreries à Rive-de-Gier et Valence https://www.retronews.fr/journal/le-temps/10-octobre-1862/2/34ff0045-9f4e-4ea1-9ebe-79d20a2f38eb

Le Temps, 10 octobre 1862. Première attestation publique du nom Richarme associé à plusieurs sites.

article Dissolution de Richarme frères — création de P. Richarme et Cie https://www.retronews.fr/journal/memorial-de-la-loire-et-de-la-haute-loire/03-mai-1891/4/f806ad89-f438-41ea-9904-53508f743751

Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 3 mai 1891. Dissolution du 7 avril 1891, création simultanée de P. Richarme et Cie. Liste des établissements apportés.

article Fin de la grève des établissements P. Richarme et Cie https://www.retronews.fr/journal/le-temps/26-janvier-1895/2/43ade6c0-8e85-4d69-b661-acc55cbc4e0b

Le Temps, 26 janvier 1895, p. 2/4. La grève, déclenchée le 16 mars 1894, est levée le 25 janvier 1895 : durée exacte de dix mois et neuf jours. Le comité de grève lève simultanément l'interdit pesant sur la maison Richarme, et la Fédération nationale du verre retire la mise à l'index de toutes les verreries de Rive-de-Gier. Au moment de la levée, trois fours sont déjà en exploitation avec du personnel de remplacement ; le quatrième four est allumé le 25 janvier au soir.

article Acte constitutif de P. Richarme et Cie https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4112855n/f4.item

La Dépêche, 12 mai 1891. Reproduit l'acte de Me Thomasset, notaire à Lyon, 10 avril 1891. Description détaillée de l'établissement d'Égarande et des sites satellites.

article La grève Richarme de mars 1894 — quatre lectures politiques

Quatre articles contemporains couvrant le déclenchement de la grève (16-22 mars 1894) depuis des angles politiques opposés. L'Univers, 21 mars 1894 (catholique) : 1 100 ouvriers en grève, cause = maintien de Darçon non-syndiqué, expulsion des logements annoncée pour le 21 mars, arrivée du député Charpentier. URL : https://www.retronews.fr/journal/lunivers/21-mars-1894/3/be927c77-44a3-40ae-b445-828acfa88f35 — L'Union libérale, 22 mars 1894 (républicain modéré) : même événement, ton factuel, mentionne la décision des ouvriers de restreindre la grève à Richarme. URL : https://www.retronews.fr/journal/lunion-liberale/22-mars-1894/2/84f53c2c-9c6e-4118-876b-397b778fb9a8 — La Croix, 22 mars 1894 (catholique conservateur) : qualifie le conflit d'« intolérance de syndicat », présente Darçon comme victime et Auguste Dériard (confondu avec 'le directeur Richarme') comme ayant agi 'avec beaucoup de raison'. URL : https://www.retronews.fr/journal/la-croix/22-mars-1894/4/2fd9bf6f-5c00-4779-b375-44d5655795c8 — Le Parti ouvrier, 21 mars 1894 (socialiste) : Darçon qualifié de 'renégat' et de 'foæt' (arrangeur de bouteilles, terme argotique méprisant), 1 500 personnes en grève selon cette source. URL : https://www.retronews.fr/journal/le-parti-ouvrier/21-mars-1894/3/aee03e6f-583e-41e6-9a1a-4adc03da8607

article La grève Richarme de 1894 — chronique et bilan (sources multiples)

Ensemble de sources primaires couvrant les différentes phases du conflit. L'Économiste français, 15 juin 1895, pp. 772-773 : bilan chiffré complet — 782 verriers et 279 aides au départ de la grève ; durée de 317 jours ; coût de 411 000 francs en indemnités ; 160 ouvriers quittent définitivement Rive-de-Gier à l'issue ; la grève qualifiée de 'question d'amour-propre perfidement envenimée par des gens qui n'ont aucun intérêt direct dans l'affaire'. — La Cocarde, 11 oct. 1894 : surveillance des logements des ouvriers étrangers par la gendarmerie ; le député Charpentier empêché de les contacter. URL : https://www.retronews.fr/journal/la-cocarde/11-octobre-1894/3/c3444cf5-8a31-4600-8ba2-d7b9ad03e7f8 — Le Figaro, 13 oct. 1894 : lettre de Schultz, contremaître ayant recruté les verriers de Bulach (Suisse) sous de fausses représentations ; engagement signé de non-cessation du travail en échange d'avances ; poursuites pour escroquerie de Dériard contre trois ouvriers allemands. URL : https://www.retronews.fr/journal/le-figaro/13-octobre-1894/3/55acc3b5-3089-49eb-ab15-9cd5f4135291 — La Nation, 28 oct. 1894 : d'autres ouvriers allemands, refusant de briser la grève, demandent à être rapatriés par le gouvernement. URL : https://www.retronews.fr/journal/la-nation/28-octobre-1894/3/7e20cd33-e4dc-448f-ac3f-5164da40e56b — Le Courrier du soir, 21 oct. 1894 : tensions internes à la Verrerie aux Verriers entre ouvriers en place (8 heures) et comité de grève voulant passer à 6 heures pour absorber les grévistes Richarme. URL : https://www.retronews.fr/journal/le-courrier-du-soir/21-octobre-1894/1/4feb2297-e5fa-4a3f-b26f-ca179800febc

article Société Anonyme des Verreries Richarme — transformation et dénomination https://www.retronews.fr/journal/le-petit-marseillais/20-juin-1895/4/492e2a03-a891-4751-8052-ad23a3c89641

Le Petit Marseillais, 20 juin 1895. Approbation de la transformation en SA le 7 juin 1895. Dépôts aux greffes de Paris, Marseille, Nantes, Toulouse, Romans et Valence.

etat civil Acte de décès de Louis Charles Pierre Marie Dériard

Maurepas, 11 octobre 1916. Fils unique d'Auguste Dériard, administrateur de la SA des Verreries Richarme. Né à Rive-de-Gier le 18 juin 1896. Sa mort sans descendance est la cause directe de la décision d'Auguste Dériard de céder les actions Richarme à Amédée Frachon et Eugène Souchon dans les mois suivants.

livre Le Feu de l'action — Capelle, Martine et Labasse, Pierre

Publié par BSN, vers 1985. Contient des informations sur l'absorption de Richarme par Souchon-Neuvesel. Ouvrage de commande sans notes archivistiques — à recouper.

livre Les Dynasties Lyonnaises — Angleraud, Bernadette et Pelissier, Catherine

Perrin, 2003. Notices sur les familles Dériard et Souchon, utiles pour les dates et filiations précises.

autre Pétrus Richarme — Assemblée nationale, base Sycomore https://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche/(num_dept)/8393

Fiche biographique officielle. Maire de Rive-de-Gier 1870–1874, conseiller général, député de la Loire 1876–1881, l'un des 363 opposants au gouvernement lors de la crise du 16 mai 1877.

autre VINAY Pierre — Maitron https://maitron.fr/vinay-pierre/

Biographie du syndicaliste Pierre Vinay, meneur de la grève de 1894 aux Verreries Richarme.