Verrerie
Verrerie de L'Isle-sur-le-Doubs
vers 1713 — 1729
Aussi connue sous : Verrerie de L'Isle-sur-le-Doubs
Disparue — sans vestigesNoms et raisons sociales
Histoire
Résumé
La Verrerie de L’Isle-sur-le-Doubs est une verrerie forestière éphémère établie vers 1713 sur le territoire de la commune de L’Isle-sur-le-Doubs (Doubs), au lieu-dit la Fontaine des Coucous, dans le bois d’Avatoy concédé par la communauté locale. Fondée par un groupe de six maîtres verriers issus du réseau de la verrerie de Lobschez (près de Soubey, dans le Jura suisse) et unis par des alliances matrimoniales (Pierre Fleury, Jean Schmid père et fils, Ursanne Breuler, Melchior Godard et Gaspard Verniory), elle produit des bouteilles, de la verrerie d’assortiment et une gobeleterie émaillée dans le style de la Forêt-Noire.
Son existence est brutalement interrompue par un litige forestier avec la Comtesse de Poitiers (Élisabeth-Philippine de Rye), qui revendique ses droits seigneuriaux sur le bois d’Avatoy. La sentence du 7 janvier 1724 condamne solidairement les habitants et les verriers à 18 000 livres et à l’abandon des bois, outils et bâtiments. Après une transaction amiable en 1727, les verriers quittent définitivement les lieux au début de 1729. Certains fondent une nouvelle verrerie au Cerneux-Péquignot (canton de Neuchâtel) ; les autres se dispersent dans les Vosges comtoises et la vallée du Doubs.
Deux enfants nés dans cette verrerie font le lien avec des fiches Radix Vitri : Claude Heitzmann (6 juin 1715), coupeur de verre et ancêtre direct d’Arnaud Balandras, dont la lignée gagne Wildenstein puis Givors ; et Melchior Godard (27 novembre 1716), fils du fondateur Joseph Godard, ancêtre de la lignée Godard qui conduira à Saint-Léger-des-Vignes et à Cahors. Leur père respectif, Bartholomeus Heitzmann, avait lui-même travaillé dans la verrerie sœur des Essarts-Cuenot / Bief d’Étoz avant de rejoindre L’Isle-sur-le-Doubs, faisant le lien documentaire entre deux fiches Radix Vitri.
Historique
Contexte : L’Isle-sur-le-Doubs au lendemain de la Guerre de Dix Ans
La communauté de L’Isle-sur-le-Doubs portait encore au début du XVIIIe siècle les stigmates de la Guerre de Dix Ans (1634-1644), épisode comtois de la Guerre de Trente Ans. La Franche-Comté avait vu sa population chuter de 400 000 habitants en 1634 à 160 000 en 1657. L’Isle-sur-le-Doubs était réduite au tiers de sa population d’avant-guerre. Ses finances étaient exsangues, grevées par les rançons payées pendant le conflit et par une injonction de l’intendant royal en 1689 imposant le remboursement de 29 102 livres dans un délai de quinze ans ; à quoi s’ajoutait la nécessité de reconstruire l’église paroissiale.
Face à ces impératifs, la communauté se tourna vers sa principale richesse : ses forêts. Le 30 juin 1707, par contrat passé devant le notaire François Briot, elle concéda l’exploitation du bois d’Avatoy, situé au pied de la Tête d’Armont à la limite de la commune de Glainans, à un groupe de maîtres verriers pour une durée de quinze ans, contre 1 800 livres (1 200 livres comptant + 50 livres annuelles pendant douze ans). Ce qui semblait une manne financière salutaire allait au contraire introduire la communauté dans un nouveau désastre juridique.
Les fondateurs et leurs réseaux (1707-1713)
Le groupe qui signe le contrat de 1707 et s’installe vers 1712-1713 est issu d’un réseau dense centré sur la verrerie de Lobschez, établissement proche de Soubey à la frontière franco-suisse, véritable pépinière de dynasties verrières de l’Est. Les fondateurs sont :
Pierre Fleury, maître verrier, intégré au réseau de Lobschez.
Jean Schmid (père) et Jean Schmid (fils), maîtres verriers. La famille Schmid est l’une des dynasties les plus répandues des verreries comtoises et rhénanes. Un maître verrier Schmid baptisé à Lobschez en 1676 est attesté. La présence d’un père et de son fils dans l’entreprise illustre la transmission intergénérationnelle du métier.
Ursanne Breuler, maître verrier. Son gendre Thomas Grésely (né vers 1669, décédé en 1759), maître verrier et peintre, époux de Verene Breuler née à Chatey (Pont-de-Roide) en 1688, joue un rôle dans l’aventure de L’Isle-sur-le-Doubs avant de partir en 1727 pour Le Cerneux-Péquignot, puis de poursuivre aux Martelottes, aux Roussottes et au Bief d’Étoz — autre verrerie du corpus Radix Vitri. Ses parents sont Laurent Antoine Grésely et Marguerite Sonnet, mariés à Plancher-les-Mines le 16 juin 1665 ; le patronyme Sonnet est attesté dans l’orbite de Miellin. Thomas ne s’inscrit pas dans la lignée directe de Jean-Baptiste Graisely (fondateur du Bief d’Étoz en 1701) ; le patronyme commun reflète la densité de la famille Grésely/Graisely dans les réseaux verriers comtois, sans que le lien de parenté précis soit documenté.
Melchior Godard, maître verrier. Un Henry Godard est attesté à Lobschez, marié à une Anna Grésely. La famille Godard est bien implantée dans les réseaux verriers comtois et jurassiens.
Gaspard Verniory (né vers 1683 à Pont-de-Roide), fils de Melchior Verniory et de Madeleine Godard. Il épouse en 1713 Anne Marguerite Schmid, fille de Georges « dit Faivre » Schmid et de Marie Madeleine Raspiller — croisant ainsi deux autres grandes dynasties verrières. Il décède prématurément vers 1719 à Ronchamp.
Ces fondateurs ne sont pas une simple association commerciale : ils forment un réseau de parenté et de compagnonnage où les alliances matrimoniales scellent les partenariats professionnels et garantissent la transmission des savoirs.
L’établissement et la production (1713-1724)
Les verriers s’établissent à partir de 1712-1713 sur le « pré des Bourgeois », au-dessus des Combes de Remorsans, au lieu-dit la Fontaine des Coucous. La carte de Cassini localise cet établissement au sud de la commune, loin du bourg, sur une ligne allant de Saint-Georges-Armont à Lanthenans, au nord/nord-est de Glainans.
La production est diversifiée :
- Bouteilles : production majeure, typique des verreries forestières disposant d’un combustible abondant
- Verrerie d’assortiment : articles utilitaires courants
- Gobeleterie émaillée dans le style de la Forêt-Noire : production plus fine, à valeur ajoutée artistique, avec décors floraux, animaliers ou figuratifs. Cette spécialisation est vraisemblablement liée au talent de Thomas Grésely, maître verrier et peintre, gendre d’Ursanne Breuler
- Verre à vitre : production possible, non confirmée
Deux enfants naissent dans la verrerie pendant cette période active :
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Claude Heitzmann, 6 juin 1715 : fils de Bartholomeus Heitzmann, verrier. Ancêtre direct d’Arnaud Balandras. Son patronyme sera systématiquement déformé : Hassmann, Astman, Esmann. Parrain à Wildenstein dès 1737, donc arrivé vers 1735-1736. Épouse Élisabeth Hug en 1739. Son fils François naît à Wildenstein le 18 janvier 1748, puis la lignée descend vers Givors. Un descendant Melchior Haitzmann apparaît dans la fiche de la verrerie de Vienne.
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Jean Baptiste Heitzmann, 5 mai 1718 : frère cadet de Claude. Il épouse Marie Anne Kohler le 24 novembre 1738 à Plancher-Bas, où il est alors coupeur de verre à la Vieille Hutte — verrerie des Vosges comtoises. Il décède en 1788 à la verrerie de Boucard (Cher) et est inhumé à Bourges, à quelques kilomètres du lieu où s’éteint la même année Melchior Joseph Grésely (†9 août 1788 à Le Noyer, Cher) : deux enfants du réseau verrier comtois qui finissent leur vie dans le même département, au même moment.
Le père de Claude et Jean Baptiste, Bartholomeus Heitzmann, avait auparavant travaillé aux Essarts-Cuenot / Bief d’Étoz — où était née leur sœur aînée Anne Marie le 27 juillet 1705. Bartholomeus est donc documenté dans deux verreries du corpus Radix Vitri, faisant le lien direct entre les fiches du Bief d’Étoz et de L’Isle-sur-le-Doubs.
- Melchior Godard, 27 novembre 1716 : fils de Joseph Godard, l’un des fondateurs. Ancêtre de la lignée Godard qui mène à la verrerie de La Charbonnière à Saint-Léger-des-Vignes (Nièvre) et, par Eumène Godard, à la verrerie de Cahors.
Le litige forestier et la fermeture (1724-1729)
La concession du bois d’Avatoy est contestée par la Comtesse de Poitiers, très probablement Élisabeth-Philippine de Rye (née en décembre 1715), fille de Ferdinand-Léonor de Poitiers, baron de Vadans, et héritière de droits seigneuriaux importants en Franche-Comté. Mineure au moment des faits, ce sont ses tuteurs qui intentent le procès.
La sentence tombe le 7 janvier 1724 : elle est sans appel pour les verriers. Les habitants de L’Isle-sur-le-Doubs et les maîtres verriers sont condamnés solidairement à verser 18 000 livres à la Comtesse, et contraints d’abandonner les bois encore sur pied ou déjà coupés ainsi que l’ensemble des outils et des bâtiments : soit la spoliation totale de l’outil de production.
Les condamnés interjetèrent appel, mais la perspective d’un long procès contre une grande famille nobiliaire décourage la communauté. Une transaction amiable est conclue en 1727. Pour les verriers, c’est la fin : privés de leur combustible et de leurs installations, ils ne peuvent poursuivre l’activité.
Dès 1727, avant même la transaction finale, un premier groupe anticipe la fermeture et part fonder une nouvelle verrerie au Cerneux-Péquignot (canton de Neuchâtel, Suisse) : Thomas Grésely, Joseph Godard et Antoine Lanschlig. Les autres verriers se dispersent dans les verreries des Vosges comtoises et de la vallée du Doubs. Joseph Verniory, fils du fondateur Gaspard Verniory décédé vers 1719, choisit de rester : il épouse une fille du pays, s’installe à Anteuil et devient laboureur, rompant avec la tradition familiale.
Les verriers quittent définitivement L’Isle-sur-le-Doubs au début de 1729.
Situation géographique
Localisation
L’Isle-sur-le-Doubs (Doubs, 25250), commune de la vallée du Doubs, dans le Pays de Montbéliard. La verrerie était établie au lieu-dit la Fontaine des Coucous, sur le « pré des Bourgeois », au-dessus des Combes de Remorsans, au sud de la commune, à la limite avec Glainans. La carte de Cassini du XVIIIe siècle en indique clairement l’emplacement.
État actuel
Aucun vestige industriel signalé. Le toponyme « la Fontaine des Coucous » subsiste, de même qu’un « Chemin de la Verrière » qui témoigne de la mémoire locale de l’activité. Un groupe de bâtiments agricoles occupe aujourd’hui le secteur identifié. Une prospection archéologique ciblée (tessons, scories, pierres rubéfiées) pourrait confirmer l’emplacement exact.
Personnages liés
Pierre Fleury, maître verrier, co-fondateur.
Jean Schmid (père) et Jean Schmid (fils), maîtres verriers, issus de Lobschez. La famille Schmid est documentée dans de nombreuses verreries comtoises — lien avec les Schmid de Miellin, de la Glashütte Äule et d’Épinac à confirmer.
Ursanne Breuler, maître verrier, co-fondateur. Beau-père de Thomas Grésely.
Thomas Grésely (vers 1669-1759), maître verrier et peintre, époux de Verene Breuler (Chatey, 1688). Actif à L’Isle-sur-le-Doubs de 1707 à 1727, puis au Cerneux-Péquignot, aux Martelottes, aux Roussottes et au Bief d’Étoz — verrerie documentée dans Radix Vitri. Fils de Laurent Antoine Grésely et Marguerite Sonnet (mariés à Plancher-les-Mines le 16 juin 1665).
Melchior Godard, maître verrier, co-fondateur. Lié au réseau de Lobschez.
Joseph Godard, maître verrier, co-fondateur. Part en 1727 au Cerneux-Péquignot. Père de Melchior Godard (né le 27 novembre 1716 à L’Isle-sur-le-Doubs), ancêtre de la lignée Godard documentée dans la fiche de la Verrerie de La Charbonnière à Saint-Léger-des-Vignes.
Gaspard Verniory (Pont-de-Roide, vers 1683 — Ronchamp, vers 1719), fils de Melchior Verniory et Madeleine Godard. Épouse en 1713 Anne Marguerite Schmid (fille de Georges Schmid dit Faivre et de Marie Madeleine Raspiller). Décède prématurément vers 1719.
Joseph Verniory, fils de Gaspard, reste à L’Isle-sur-le-Doubs après la fermeture, devient laboureur à Anteuil.
Antoine Lanschlig, maître verrier, part au Cerneux-Péquignot en 1727.
[Bartholomeus Heitzmann] (ou Hautzmann), verrier, père de Claude. Son itinéraire reconstitué à travers deux fiches Radix Vitri : travaille aux Essarts-Cuenot / Bief d’Étoz (où naît sa fille Anne Marie le 27 juillet 1705), puis à L’Isle-sur-le-Doubs (où naissent Claude le 6 juin 1715 et Jean Baptiste le 5 mai 1718). Date et lieu de décès inconnus.
Anne Marie Heitzmann (ou Hautzmann), née le 27 juillet 1705 aux Essarts-Cuenot (Bief d’Étoz) — fille aînée de Bartholomeus, née dans l’autre verrerie comtoise documentée dans Radix Vitri.
[Claude Heitzmann], coupeur de verre, né le 6 juin 1715 à L’Isle-sur-le-Doubs. Ancêtre direct d’Arnaud Balandras. Patronyme systématiquement déformé : Hassmann, Hautzmann, Astman, Esmann selon les actes. Est déjà parrain à Wildenstein en 1737, ce qui place son arrivée dans cette verrerie vers 1735-1736, six ans après la fermeture de L’Isle-sur-le-Doubs. Son itinéraire entre 1729 et 1737 reste inconnu.
Le 19 janvier 1739, il épouse à Wildenstein Élisabeth Hug (« pudica virgina Elisabetha Hugin filia legitima Josephii Hug »), fille de Joseph Hug — vraisemblablement dans la descendance de Jean Hug, fondateur de la verrerie de Wildenstein. L’acte le qualifie de « honestus juvennis Claudius Hassmann vitriarius ab Wildenstein ». Tous leurs enfants naissent entre 1740 et 1760 à Wildenstein/Oderen.
En 1774, Claude réalise plusieurs transactions foncières à Wildenstein, attestant son enracinement comme propriétaire : vente de prés à Samuel Walch (maître d’école) et à Joseph Burey (maître verrier — patronyme attesté à Lobschez) ; acquisition de six fauchées de pré des Rössmatten pour 1 069 livres. Son épouse hérite d’un pré de « Frantz Hug le vieux », confirmant l’appartenance des Hug aux propriétaires de la verrerie. (Sources : CDHF/CRHF.)
Son fils François Heitzmann, verrier à bouteilles noires, naît le 18 janvier 1748 à Wildenstein. La lignée descend ensuite vers Givors. Un descendant Melchior Haitzmann apparaît dans la fiche de la verrerie de Vienne (Champ-de-Mars), établissant un lien documenté entre les Heitzmann comtois et le réseau rhôdanien.
Jean Baptiste Heitzmann (ou Hautzmann), né le 5 mai 1718 à L’Isle-sur-le-Doubs — frère cadet de Claude. Il épouse Marie Anne Kohler le 24 novembre 1738 à Plancher-Bas, où il est alors coupeur de verre à la Vieille Hutte. Il décède en 1788 à la verrerie de Boucard (Cher) et est inhumé à Bourges. La même année, Melchior Joseph Grésely s’éteint à Le Noyer (Cher, †9 août 1788) : deux verriers nés dans le réseau comtois du Doubs qui finissent leur vie dans le même département, au même moment, sans qu’un lien entre eux soit documenté.
Éléments techniques
- Combustible : bois (verrerie forestière), issu du bois d’Avatoy concédé par la communauté
- Production : bouteilles, verrerie d’assortiment, gobeleterie émaillée « à la manière de la Forêt-Noire » (décors émaillés floraux/animaliers/figuratifs), verre à vitre possible
- Particularité : la spécialisation en gobeleterie émaillée dans le style de la Forêt-Noire est documentée et attribuée au savoir-faire de Thomas Grésely, peintre verrier. Elle connecte cet établissement aux traditions décoratives germaniques et suisses, d’où étaient issus plusieurs fondateurs.
Connexions Radix Vitri
Trois liens documentés avec des fiches existantes ou à créer :
Bartholomeus Heitzmann → Bief d’Étoz → L’Isle-sur-le-Doubs : le père de Claude Heitzmann travaille successivement dans deux verreries du corpus. Sa fille Anne Marie naît aux Essarts-Cuenot en 1705, Claude naît à L’Isle-sur-le-Doubs en 1715. Ce parcours relie documentairement les deux fiches.
Thomas Grésely → Bief d’Étoz : après L’Isle-sur-le-Doubs (1707-1727), le Cerneux-Péquignot, les Martelottes et les Roussottes, Grésely finit sa carrière au Bief d’Étoz — deuxième lien entre les deux fiches.
Joseph Godard (fondateur) → Melchior Godard (1716) → Lignée Godard → Saint-Léger-des-Vignes → Cahors : la fiche de la Verrerie de La Charbonnière (Saint-Léger-des-Vignes) documente la saga de la famille Godard héritière de Gourdel de Loche. Melchior Godard né en 1716 à L’Isle-sur-le-Doubs est l’ancêtre qui fait le lien entre les Godard comtois de Lobschez et les Godard nivernais de Saint-Léger.
Claude Heitzmann (1715) → François Heitzmann (Wildenstein, 1748) → Givors : lien direct avec la lignée des ancêtres verriers d’Arnaud Balandras, par Wildenstein (verrerie fondée par Jean Hug, déjà documentée) et Givors. Le mariage de Claude avec Élisabeth Hug en 1739 noue une alliance avec la famille fondatrice de Wildenstein.
Jean Baptiste Heitzmann (1718) → Plancher-Bas/Vieille Hutte → Verrerie de Boucard : trajectoire parallèle à celle de son frère Claude, vers les Vosges comtoises puis le Berry. La verrerie de Boucard (Cher) est à documenter dans le corpus.
Erreurs et incertitudes
Points non résolus
- L’acte de concession de 1707 (notaire François Briot) : à retrouver dans les minutes notariales des AD25 pour confirmer les termes exacts et les signataires.
- Les registres paroissiaux de L’Isle-sur-le-Doubs pour la période 1713-1729 : à dépouiller pour reconstituer la communauté de verriers installés sur le site (actes de baptême, mariage, sépulture), en particulier pour les Heitzmann et les Godard.
- La variante du nom Heitzmann : Astman, Esmann — d’autres formes peuvent exister dans les archives. Une recherche par phonétique dans les registres de Wildenstein (où François est né en 1748) et de Givors permettrait de retracer la lignée complète.
- Joseph Verniory laboureur à Anteuil : identification à confirmer par recoupement dans les registres paroissiaux d’Anteuil (AD25).
- La verrerie du Cerneux-Péquignot (1727, Grésely, Joseph Godard, Lanschlig) : son histoire est à documenter, notamment pour suivre la trajectoire de Joseph Godard après L’Isle-sur-le-Doubs.
- La verrerie de Boucard (Cher) : Jean Baptiste Heitzmann y décède en 1788. Cet établissement est à documenter dans le corpus.
- L’itinéraire de Bartholomeus Heitzmann entre le Bief d’Étoz et L’Isle-sur-le-Doubs : son départ des Essarts-Cuenot est documenté (sa fille Anne Marie y naît en 1705, Claude naît à L’Isle en 1715), mais la date exacte de transition et les verreries éventuellement fréquentées entre les deux restent inconnues.
Sources consultées
- Michel (Guy-Jean), Verriers et verreries en Franche-Comté au XVIIIe siècle, tome I. Source principale pour l’histoire de la verrerie : fondateurs, concession, production, litige, dispersion.
- Données généalogiques d’Arnaud Balandras : actes de naissance de Claude Heitzmann (6 juin 1715, L’Isle-sur-le-Doubs) et de François Heitzmann (18 janvier 1748, Wildenstein) ; naissance de Melchior Godard (27 novembre 1716, L’Isle-sur-le-Doubs) ; mariage de Jean Baptiste Heitzmann à Plancher-Bas le 24 novembre 1738 avec Marie Anne Kohler ; décès de Jean Baptiste Heitzmann en 1788 à la verrerie de Boucard, inhumé à Bourges.
- Geneanet — généalogie Gaspard Verniory (fguibout) : données sur Gaspard Verniory et ses liens matrimoniaux avec les Schmid et les Godard.
- Carte de Cassini : localisation de la verrerie au sud de L’Isle-sur-le-Doubs.
Personnages associés
Aucun personnage notable n'est renseigné. Voici les premières personnes liées au lieu.
Verriers
Sources
Ouvrage de référence principal pour l'histoire de cette verrerie. Décrit les fondateurs (Fleury, Schmid père et fils, Breuler, Godard, Verniory), leur origine commune à Lobschez, les types de production, le litige forestier avec la Comtesse de Poitiers, la sentence de 1724, la transaction de 1727 et la dispersion des verriers en 1729.
Acte fondateur de la concession forestière qui permit l'établissement de la verrerie. Durée : quinze ans. Prix : 1800 livres (1200 comptant + 50 livres par an pendant douze ans). À rechercher dans les minutes notariales du secteur de L'Isle-sur-le-Doubs (AD25).
6 juin 1715, L'Isle-sur-le-Doubs. Fils de verrier, ancêtre direct d'Arnaud Balandras. Le patronyme sera systématiquement écorché dans les actes ultérieurs : Astman, Esmann, etc. Source : à localiser dans les registres paroissiaux de L'Isle-sur-le-Doubs ou de Glainans (AD25).
27 novembre 1716, L'Isle-sur-le-Doubs. Fils de Joseph Godard, l'un des fondateurs de la verrerie. Ancêtre de la lignée Godard qui conduira à la verrerie de Saint-Léger-des-Vignes (Nièvre) et à la verrerie de Cahors.