Ancêtre direct · Verrier

Abraham Haour

31 janvier 1832 — 22 février 1907

Ouvrier verrier puis magasinier, actif à Givors et dans la région de Rive-de-Gier pendant plus d'un demi-siècle

Ancêtre direct

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Biographie

Abraham Haour naît le 31 janvier 1832 à Givors, dans le Rhône, cinquième enfant du verrier 100% givordin Jean Claude Haour (1808-1873) et de Célestine Haour (1810-1885) son épouse, originaire de la verrerie de Pierre-Bénite et descendante des lignées germano-francs-comtoises Haour, Hug, Brischoux et surtout Sigwart. Né sous Louis-Philippe, il mourra sous la présidence d’Armand Fallières, un autre monde. Contrairement à son futur gendre Jean Baptiste, dont l’existence sera une suite ininterrompue de déplacements, Abraham incarne d’abord l’image inverse : un demi-siècle passé sur le même site givordain, avant de connaître à son tour, mais tardivement, l’itinérance qui caractérise tant de verriers de sa génération.

Cinquante ans à Givors (1832-1880)

Abraham voit le jour et grandit dans l’enceinte même de la verrerie de M. Dugas, que les recensements désignent aussi, selon les années, comme les « Verreries de MM. Robichon & Cie ». Le recensement de 1836 le montre encore enfant, âgé de 4 ans, aux côtés de ses parents et de ses frères et sœurs Mariette, Joseph et Annette. En 1846, le site est un véritable village Haour : dix ménages de ce nom y résident, auxquels s’ajoute une domestique Haour employée chez Mme Clotilde Robichon, veuve Malgontier. Abraham a alors 14 ans, l’âge auquel, très certainement, commence sa formation de souffleur. Le recensement de 1851 le confirme : « Abraham, verrier, 19 ans. »

Le 9 octobre 1852, il épouse à Givors Pierrette Héraud, tailleuse pour hommes, le jour de son vingtième anniversaire (elle est née le 9 octobre 1832) fille de Pierre Marie Héraud, teinturier, et d’Antoinette Cointet. Le couple s’installe au Canal, où naissent tous leurs enfants connus : Pierre en 1856, Jean Claude et Célestine (ces deux derniers ancêtres directs d’Arnaud) vers 1852-1853, puis Pétrus, Elisa, Claudine, Marie en 1867, Annette en 1870 et François Nicolas en 1874. Les actes désignent systématiquement le domicile comme « lieu du Canal » ou « Verrerie du Canal », et les recensements successifs (1861, 1866, 1872, 1876) suivent le ménage au Quai du Canal puis au Quai du Bassin, sous l’appellation « Verrerie du Canal » d’abord, puis « Verreries de la Compagnie Générale » à partir des années 1870 : le même établissement a changé de raison sociale sans qu’Abraham ait eu à déménager d’un mètre.

Le 9 août 1873, Abraham et son frère Joseph, tous deux verriers domiciliés à Givors, déclarent le décès de leur père Jean Claude, mort impasse Fournier, à quelques pas du bassin du Canal, preuve d’une proximité résidentielle qui n’a jamais cessé 1. L’année suivante naît François Nicolas, toujours « lieu du Canal ». C’est aussi en 1874, à Givors, que naît Antoine, l’enfant né hors mariage de sa fille Célestine et de son futur gendre Jean Baptiste Haour. Le recensement de 1876 montre d’ailleurs ce petit-fils vivant déjà chez ses grands-parents.

Rive-de-Gier, le veuvage et le remariage (1880-1883)

En 1880, après près d’un demi-siècle passé au même endroit, Abraham quitte Givors pour Rive-de-Gier. Le 15 avril, son fils François Nicolas, âgé de six ans seulement, meurt au domicile familial du quartier de la Pomme. L’établissement où travaille alors Abraham n’est pas nommé dans l’acte, mais tout désigne la Verrerie de la Berthelasse, la plus proche du quartier, et de loin la plus imposante : trois fours à fusion continue, un « monstre » industriel qui a dû impressionner un homme habitué depuis cinquante ans aux installations plus modestes du Canal givordain 2.

Deux ans plus tard, le 9 juin 1882, Pierrette Héraud meurt à son tour, au domicile du couple, rue d’Égarande, c’est-à-dire dans un logement ouvrier de la Verrerie Richarme elle-même, la même rue (aujourd’hui rue Pétrus Richarme) où logeait alors son gendre Jean Baptiste. L’acte de décès désigne encore Abraham comme « verrier », mais cette mention semble déjà obsolète : au remariage, seize mois plus tard, le 3 octobre 1883, il est explicitement dit « magasinier ». Entre ces deux dates, à l’âge de 50 ans, Abraham a donc quitté le soufflage pour l’emploi de magasinier, un glissement de carrière que l’on retrouvera, de façon presque symétrique, chez son gendre Jean Baptiste vers la même étape de sa vie.

Le remariage de 1883 unit Abraham à Marie Anne Diage, née le 15 septembre 1833 à Champis (Ardèche), veuve en premières noces de François Richard. La cérémonie rassemble une bonne partie de la parentèle verrière : Jean Baptiste Haour, 28 ans, verrier (désigné « cousin » dans l’acte, mais en réalité son gendre, futur époux de Célestine) ; Pierre Haour, 27 ans, verrier, fils d’Abraham ; Barthélémy Richard, 31 ans, verrier, neveu de la mariée ; Jean Berthaud, 24 ans, verrier, gendre d’Abraham par son mariage avec Claudine.

Les années d’itinérance tardive (1884-1907)

Passé 50 ans, Abraham entame à son tour une période de mobilité qui rappelle celle de son gendre. En 1884-1885, il se trouve à Carmaux, dans le Tarn, un fait qui ne nous est connu que par une seule source, l’acte de mariage de sa fille Marie à Lyon le 14 février 1885, qui le dit « demeurant à Carmaux (Tarn) ». Aucun établissement verrier autre que la Verrerie Sainte-Clotilde de M. Rességuier n’existait alors dans cette ville. Le rapprochement avec Jean Baptiste, attesté à Carmaux exactement à la même période par son livret militaire, est frappant : les deux hommes semblent s’être suivis, sinon avoir voyagé ensemble.

En septembre 1889, sa fille Claudine se remarie à Reims avec un ouvrier verrier lui aussi mobile, Jean Marius Veyrier. L’acte précise qu’Abraham demeure alors « à Givors, montée de Montrond », l’adresse des Nouvelles Verreries de Givors (Souchon et Neuvesel) mais qu’il est absent de la cérémonie, où sa fille procède avec son seul consentement notarié. Abraham n’a donc jamais résidé à Reims lui-même ; c’est Claudine et son futur époux qui s’y trouvent, dans l’usine de la route de Cormontreuil.

Le recensement de 1891 confirme sa présence rue de Montrond à Givors : il y vit avec son gendre Jean Baptiste (que le recenseur qualifie par erreur de « fils »), sa fille Célestine (qualifiée par erreur de « belle-fille »), et leurs enfants Antoine, Abraham, Maria et Joseph. La fonction d’Abraham, difficilement lisible sur le document, reste compatible avec celle de magasinier qu’il occupe depuis 1883.

C’est à partir de cette date que le sort d’Abraham semble définitivement lié à celui de sa fille Célestine et de son gendre Jean Baptiste, dont on peut reconstituer les déplacements ultérieurs : Rive-de-Gier en 1893, Marseille en 1894, puis Montluçon de 1897 à 1907. Abraham les y suit ; lui qui n’avait pas quitté Givors avant ses 48 ans change ensuite de ville presque tous les trois ans.

Abraham Haour meurt le 22 février 1907 à Montluçon, à quatre heures du soir, au domicile de son gendre, 25 rue des Nicauds. Il a 75 ans. L’acte le désigne « ancien verrier ». Les déclarants sont Jean Baptiste Haour, son gendre, et Antoine Haour, son petit-fils : l’enfant né hors mariage à Givors en 1874, devenu à son tour verrier, âgé de 32 ans.

Footnotes

  1. L’acte de décès de Jean Claude Haour (9 août 1873) ne précise pas où résident ses fils déclarants, mais l’impasse Fournier, aujourd’hui disparue, se trouvait immédiatement voisine du bassin du Canal, ce qui confirme qu’Abraham était encore logé et employé à la verrerie du Canal à cette date. Archives du Rhône, Givors, Décès 1873, cote 4 E 1411, acte n°221, vue 38/70.

  2. L’attribution à la Berthelasse reste une hypothèse : l’acte de décès de François Nicolas Haour (15/16 avril 1880) mentionne seulement le « Quartier de la Pomme », sans nommer l’établissement. Deux candidats existent à proximité immédiate : la Verrerie de la Berthelasse et l’ancienne verrerie Jalabert, toutes deux des verreries appartenant à la Compagnie Générale. La taille et le besoin de main d’oeuvre de la Berthelasse (trois fours à fusion continue) en font l’hypothèse la plus probable, mais d’autres candidats existent : la verrerie Boichot ou même la verrerie de la Roche, plus modeste. Le point reste à trancher si une source plus précise apparaît.

Frise chronologique

Enfance et formation, puis ouvrier verrier

Né et élevé dans l'enceinte de la verrerie de M. Dugas à Givors (également désignée Verreries de MM. Robichon & Cie selon les recensements), où son père Jean Claude est verrier. Les recensements de 18…

1832 — 1852
31 janvier 1832
Naissance
Lieu inconnu

Né à cinq heures du matin au domicile de son père Jean Claude Haour, verrier à Givors âgé de 24 ans, et de Célestine Haour son épouse. Déclarants et témoins ne savent pas signer.

Recensement
Lieu inconnu

Ménage n°420, verrerie de M. Dugas : Jean Claude Haour, 28 ans, verrier ; Célestine, 26 ans ; enfants Mariette (7 ans), Joseph (5 ans), Abraham (4 ans), Annette (2 ans).

1836
1841
Recensement
Lieu inconnu

Ménage n°467, verrerie de M. Dugas.

Recensement
Lieu inconnu

Verreries de MM. Robichon & Cie, ménage n°16. Abraham a 14 ans ; dix ménages Haour recensés sur le même site, plus une domestique Haour chez Mme Robichon veuve Malgontier.

1846
1851
Recensement
Lieu inconnu

Verrerie de M. Dugas, ménage n°30. Abraham, 19 ans, verrier. Onze ménages Haour sur quarante-deux au total recensés sur le site.

Ouvrier verrier

Présence continue attestée par une longue série d'actes et de recensements : naissance de son fils Pierre en 1856 ('lieu du Canal'), naissances de Marie (1867) et Annette (1870) à la 'Verrerie du Cana…

1852 — 1880
9 octobre 1852
Mariage
Lieu inconnu

Mariage avec Pierrette Héraud. Abraham est alors ouvrier verrier, mineur, consentement de son père présent à l'acte.

Recensement
Lieu inconnu

Quai du Canal, ménage n°37. Abraham, 30 ans, ouvrier verrier ; ses enfants Jean Claude (9 ans, ancêtre d'Arnaud), Pétrus (5 ans), Célestine (8 ans, ancêtre d'Arnaud) et Elisa (2 ans).

1861
1866
Recensement
Lieu inconnu

Quai du Bassin, secteur Verrerie du Canal, ménage n°156.

Recensement
Lieu inconnu

Quai du Bassin, Verreries de la Cie Générale, ménage n°14.

1872
9 août 1873
Décès

Décès de son père Jean Claude Haour. Abraham et son frère Joseph, tous deux verriers à Givors, sont déclarants.

Recensement
Lieu inconnu

Quai de la Verrerie, Cie Générale des Verreries, ménage n°39. Vit avec son petit-fils Antoine, né hors mariage de sa fille Célestine et de Jean Baptiste Haour.

1876
1880
Ouvrier verrier

Après un demi-siècle à Givors, Abraham quitte la Verrerie du Canal pour Rive-de-Gier, où il est domicilié 'Quartier de la Pomme' au décès de son fils François Nicolas, le 15 avril 1880. Attribution à …

Décès

Décès de son fils François Nicolas, 6 ans, au domicile de ses parents.

15 avril 1880
1882 — 1883
Magasinier

Domicilié rue d'Égarande (aujourd'hui rue Pétrus Richarme), au cœur du logement ouvrier de la Verrerie Richarme, où logeait alors son gendre Jean Baptiste Haour. L'acte de décès de Pierrette Héraud (9…

Décès

Décès de sa première épouse Pierrette Héraud, au domicile du couple, dans le logement ouvrier de la Verrerie Richarme.

9 juin 1882
3 octobre 1883
Mariage
Lieu inconnu

Remariage avec Marie Anne Diage, veuve Richard.

Verrier (probable, non spécifié)

Seule mention connue de ce séjour : l'acte de mariage de sa fille Marie à Lyon le 14 février 1885, qui le dit 'demeurant à Carmaux (Tarn)'. Aucun établissement verrier autre que Sainte-Clotilde n'exis…

1884 — 1885
1891
Magasinier

Recensement de 1891 : ménage au 2 rue de Montrond, adresse des Nouvelles Verreries de Givors (Souchon et Neuvesel), qui hébergeait des dizaines de ménages ouvriers. Abraham y vit avec son gendre Jean …

Recensement
Lieu inconnu

Rue de Montrond, ménage n°1814, aux Nouvelles Verreries de Givors, avec son gendre Jean Baptiste Haour et sa fille Célestine.

1891
22 février 1907
Décès

Décès au domicile de son gendre Jean Baptiste Haour, âgé de 75 ans, désigné 'ancien verrier'. Déclarants : Jean Baptiste Haour (gendre) et Antoine Haour (petit-fils, verrier).

Parcours géographique

6 verreries

Sources