Verrerie

Verrerie de la Berthelasse

vers 1803 — 1896 (puis Verrerie aux Verriers, Hémain, Duralex)

Aussi connue sous : Verrerie de la Berthelasse (Allimand) · Robichon frères, Malgontier et Crozet frères · Robichon frères et Cie · Jackson · Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône · Verreries Réunies de la Loire et du Rhône · Verrerie aux Verriers de Rive-de-Gier

Disparue — sans vestiges

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Noms et raisons sociales

Verrerie de la Berthelasse (Allimand)
Nom d'usage 1803 — 1818
Robichon frères, Malgontier et Crozet frères
Raison sociale 1819 — vers 1840
Robichon frères et Cie
Raison sociale vers 1840 — 1852
Jackson
Nom d'usage 1852 — 1853
Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône
Raison sociale 1853 — 1891
Verreries Réunies de la Loire et du Rhône
Raison sociale 1891 — 1894
Verrerie aux Verriers de Rive-de-Gier
Raison sociale 1894 — 1896

Histoire

Résumé

La verrerie de la Berthelasse est l’une des plus anciennes et des plus durables de Rive-de-Gier. Son histoire commence bien avant sa fondation effective : un gentilhomme de Provence, M. Berthelats, entreprend la construction d’une verrerie sur les bords du Gier, mais faute de capitaux, ne peut l’achever. Ce sont les frères Allimand qui terminent le bâtiment en 1803 et lui donnent son premier souffle industriel, et au passage, son nom, légèrement transformé.

Après la faillite des Allimand, dont les biens sont vendus en 1818 et partagés en 1819, la Berthelasse passe aux mains de la société Robichon frères et compagnie, qui en fait l’un des établissements phares de leur empire verrier ripagérien. Sous leur direction, l’usine se spécialise d’abord dans les vitres puis dans les bouteilles, avant d’être absorbée par la Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône en 1853 — via un intermédiaire possible, M. Jackson, dont le rôle est attesté par Pelletier mais contredit par l’acte notarié de 1854.

La Compagnie modernise le site, y installe des fours à fusion continue, et c’est cet outil rénové qui ressort en 1891 lors de la liquidation : racheté par Jacquet, Julliard et Micol, puis cédé aux ouvriers grévistes en 1894 pour former la Verrerie aux Verriers de Rive-de-Gier, coopérative éphémère arrêtée le 11 octobre 1896.

Pierre Pelletier, l’historien des verreries lyonnaises, est né à la Berthelasse en 1843 (son père Mathias en était le directeur). Ses pages sur cet établissement sont à la fois la source la plus précise et la plus contradictoire dont on dispose.


Historique

Les origines : Berthelats, puis les Allimand (avant 1803 — 1818)

L’histoire de la Berthelasse commence par un échec. Un « gentilhomme de Provence », un certain M. Berthelats (dont le nom donnera son toponyme au quartier et à l’usine) entreprend la construction d’une verrerie sur les bords du Gier. Faute de capitaux, il ne peut achever son projet.

Les frères Allimand, qui avaient accumulé des bénéfices considérables en travaillant d’abord pour M. Claudius à Chantegraine puis en exploitant le four de la Barrière de M. Brochier, rachètent et terminent la Berthelasse en 1803 (selon Pelletier). Ils y joignent la fabrication des bouteilles et de la gobeleterie, et prospèrent pendant une décennie. Mais leur situation financière finit par les emporter : la faillite des Allimand frères et Cie est consommée en 1818. Contrairement à ce qu’écrit Pelletier, qui place cet épisode dès 1813, les actes notariés établissent que l’adjudication des biens de la faillite est prononcée par le tribunal civil de Lyon le 9 mai 1818, puis que ces biens (dont les Verreries Barthelaz) sont vendus le 5 juin 1818 à un consortium de maîtres verriers (étude Ronat, minute n°251). La date de 1813 doit donc être corrigée en 1818 pour la fin de l’exploitation Allimand.

L’ère Robichon : ascension et domination (1819 — 1852)

La société Robichon frères et compagnie (incluant Malgontier et Camille Crozet et son frère), qui venait d’abandonner son établissement de Pierre-Bénite pour s’installer à Rive-de-Gier, obtient la Berthelasse au terme d’un processus en deux temps que les actes notariés permettent désormais de reconstituer précisément. Le 5 juin 1818, les biens de la faillite Allimand sont vendus par les frères Laporte (subrogés à l’adjudicataire Chatain) à un consortium de maîtres verriers réuni en trois tiers indivis : un tiers aux Robichon (Joseph Michel, Victor), Malgontier et Crozet ; un tiers aux Ninquerier père et fils ; un tiers à Bolot et Neuvesel fils. Puis, le 22 avril 1819, ce consortium se partage l’indivision (étude Ronat & Avril, minute n°190) : c’est par ce partage que les Verreries Barthelaz — la Berthelasse — échoient comme neuvième lot aux Robichon frères, Malgontier et Crozet frères, avec un pré servant de chantier de bateaux et les deux tiers orientaux des Grands Bâtiments de la Roche. Robichon obtient donc la Berthelasse par partage en 1819 suite à un achat en commun faisait lui-même suite à une adjudication, et non par un achat direct en 1813 comme l’affirme Pelletier. La société agrandit ensuite l’usine à trois fours. Elle est aussi la première société à fabriquer du verre à vitres à Rive-de-Gier, à partir de 1814 (après l’usine de Chantegraine), une spécialité qui lui vaudra des bénéfices considérables pendant des années.

Les verreries Robichon se développent en deux groupes distincts. Le premier groupe, qui inclut la Berthelasse, comprend un four à vitres, un four à bouteilles et un four à couleurs. Il est placé sous la direction de Mathias Pelletier, père de l’historien Pierre Pelletier, qui naîtra à la Berthelasse en 1843. Le second groupe, dit « usine Robichon » et localisé rue de Lyon, comprend deux fours de verre de couleurs, un four de topetterie et bouteilles, deux fours de gobeleterie fine, avec un atelier de taille de cent tours et un atelier de moules (source : Pierre Pelletier).

En 1824, un contentieux oppose Robichon frères et d’autres manufacturiers à la Compagnie du Canal de Givors sur les tarifs pratiqués depuis 1821. La requête des manufacturiers est rejetée par le Conseil d’État : la dépendance au canal et ses coûts est une contrainte permanente pour ces usines.

La cession à la Compagnie Générale : l’énigme Jackson (1852-1853)

En 1852, selon Pelletier, le premier groupe Robichon (la Berthelasse) serait cédé à William Jackson, maître de forges à Rive-de-Gier, qui le revendrait dès 1853 à la Compagnie. Mais cette narration est contredite par deux sources primaires. Les matrices de propriétaires ne montrent aucune mutation en faveur de Jackson pour aucune des parcelles Robichon : la mutation directe Robichon → Compagnie est enregistrée en 1855. De plus, l’acte notarié du 11 septembre 1854 (AD Loire, 80 pages), qui compile l’historique de chaque lot cédé à la Compagnie, fait apparaître le nom de Jackson rayé et remplacé par celui de M. Penet, fondé de pouvoir de Robichon, alors retiré dans la Drôme. Jackson était vraisemblablement un intermédiaire administratif de Michel Robichon, ou un gestionnaire temporaire, ce que Pelletier (dont le père travaillait pour Robichon) a interprété comme une cession formelle de propriété.

Cet acte du 11 septembre 1854 est une source exceptionnelle. Il précise que Robichon cède à la Compagnie : la Berthelasse, ses 2/3 du Grand Bâtiment de la Roche, la maison dite du père Allimand, et ses établissements de Plaisance — deux fours, l’un à vitres héritier de la première verrerie royale de Rive-de-Gier (Claudius, transmise par acte notarié à un sieur Mazuyer en 1803 à Lyon, qui y ajouta le four à vitres), l’autre à bouteilles. Les parcelles dites de Chantegraine et du Grand Chemin (643, 653, 656, 767) sont mutées à la Compagnie en 1855, correspondant aux quatre fours que Pelletier désigne sous le nom de « Gobie et Plaisance » sans en expliquer les noms.

Les frères William et Charles Jackson sont par ailleurs des figures majeures du capitalisme industriel ripagérien : actionnaires dans les mines et les forges, associés avec Petin-Gaudet. Si une cession formelle a eu lieu, elle n’a pas laissé de trace dans les actes disponibles.

La longue période de la Compagnie Générale (1853 — 1891)

Pendant près de quarante ans, la Berthelasse est l’un des sites de production majeurs de la Compagnie Générale. La Compagnie, qui regroupe en 1853 pas moins de 37 fours entre Rive-de-Gier, Givors, Vienne et Saint-Étienne, mène une politique de concentration et de modernisation progressive. Elle se retire partiellement du verre à vitre vers 1870 pour se spécialiser dans le verre creux, et installe des fours à fusion continue de type Boetius sur ses sites les plus rentables. Les usines sont spécialisées sur un type de production, les fours peu rentables sont démantelés.

La Berthelasse est l’une de celles-là. En 1891, lors de la liquidation de la Compagnie, elle dispose de trois fours à fusion continue et d’un four à fonderie intermittente (l’ancien petit four Bolot de la parcelle 1026, à la valeur fiscale dérisoire de 200 F). La Compagnie entre en liquidation dès 1887, revendant ses actifs un par un jusqu’en 1891.

Les Verreries Réunies et la Verrerie aux Verriers (1891 — 1896)

En 1891, la Berthelasse est rachetée avec l’usine Jalabert voisine (qui possède un four à creuset), par MM. Gustave Jacquet, Louis Julliard et François Micol, trois négociants de la région étrangers au monde du verre, d’abord associés à Pierre Revol, puis qui s’adjoignent dès 1892 François-Louis Mille, maître de verrerie à Vernaison, qui opère en tant que directeur technique. Les deux usines forment le noyau des Verreries Réunies de la Loire et du Rhône.

Après une première grève en février 1892, une nouvelle grève le 16 mars 1894 marque un tournant. Jacquet, Julliard et Micol, incapables de vendre leurs parts dont ils cherchent à se défaire, proposent aux ouvriers grévistes de leur céder l’usine. Les ouvriers acceptent. La Verrerie aux Verriers de Rive-de-Gier naît de cette transaction inédite, une coopérative mixte avec deux administrateurs bourgeois (Julliard et Micol) et deux administrateurs ouvriers élus (Vinay et Bonnet). Mille, opposé à cette transaction comme MM. Berne et Poisson, en garde nénmoins la direction technique, avant de démissionner en juillet 1895.

L’expérience tourne court. La verrerie est arrêtée le 11 octobre 1896, sans incident cette fois. Le passif est estimé à 300 000 francs, dont la moitié due aux ouvriers. L’usine est vendue aux enchères le 29 mars 1897 pour 80 500 francs. Le four n°2 est démoli en 1898 (matrice). L’un des fours restants devient ensuite la Verrerie du Lion (four à vitres) ; le devenir des deux fours à bouteilles sous Chipier puis leurs successeurs reste à documenter.


Situation géographique

Localisation

L’usine était située dans le quartier de la Berthelasse ou de la Pomme, Rive-de-Gier, en bordure du Gier. Le toponyme « Berthelasse » dérive du nom de M. Berthelats, le gentilhomme provençal qui entreprit la construction initiale et qui n’en vit pas l’aboutissement.

L’usine Jalabert lui était voisine immédiate, séparée seulement par la rue du Pont-Barrot, selon les statuts des Verreries Réunies de 1892.

Le partage du 22 avril 1819 apporte un détail topographique éclairant sur la continuité du site : le lot attribué aux Robichon comprenait non seulement les Verreries Barthelaz, mais aussi, à la Roche voisine, « le petit bâtiment, maison du père Allimand », décrit comme construit en bois et terre, vestige du fondateur dépossédé, conservé au milieu des bâtiments de ses successeurs. La Berthelasse et les Grands Bâtiments de la Roche formaient ainsi, à l’origine, un vaste ensemble foncier cohérent réparti entre les co-acquéreurs de 1818.

Carte du site

À venir — localisation sur plan cadastral.


Éléments techniques

La verrerie a produit successivement de la gobeleterie et des bouteilles sous les Allimand, puis du verre à vitres, des verres de couleur et des bouteilles sous les Robichon, avant de se spécialiser exclusivement dans les bouteilles, dames-jeannes et bombonnes sous la Compagnie Générale.

Les fours installés par la Compagnie Générale sont des fours à fusion continue de type Boetius, technologie plus moderne que les fours Siemens, et bien plus performante que les anciens fours à creusets en termes de productivité et de régularité de production.

Après l’épisode de la Verrerie aux Verriers, en 1895, l’un des trois fours à fusion (le four n°4 dit aussi « four de la Berthelasse ») est loué à MM. Boichot fils qui le transforment pour la fabrication du verre à vitre en four à bassin à quatre places doublées (Chomienne, p. 279). C’est ce four qui sera ensuite intégrée, en 1899, dans la Société Anonyme des Verreries à vitres du Lion.


Contexte social

La Berthelasse est le lieu de naissance de Pierre Pelletier en 1843, dont le père Mathias dirigeait l’usine pour le compte des Robichon, puis de la Compagnie Générale. Cette circonstance biographique donne à ses pages sur cet établissement une couleur particulière, mais aussi un biais mémoriel à prendre en compte.

La Verrerie aux Verriers, qui lui succède en 1894, est l’une des premières coopératives ouvrières du secteur verrier en France. Elle précède de deux ans la Verrerie Ouvrière d’Albi, née des grandes grèves de Carmaux, mais elle est précédée par la Verrerie Stéphanoise (fondée en août 1891), qui devint la Verrerie Ouvrière de vénissieux en 1897. Sa courte existence illustre les difficultés structurelles du modèle coopératif face aux exigences capitalistiques de l’industrie du verre à la fin du XIXe siècle.


Erreurs et incertitudes

Ce que dit la littérature, et ce qu’il faut corriger

Pelletier date de 1813 la reprise de la Berthelasse par les Robichon. Les deux actes notariés retrouvés établissent une autre chronologie : la faillite des Allimand frères et Cie est liquidée en 1818 (adjudication au tribunal civil de Lyon le 9 mai 1818, vente au consortium le 5 juin 1818, étude Ronat, n°251), et c’est par le partage du 22 avril 1819 (étude Ronat & Avril, n°190) que la Berthelasse échoit aux Robichon. L’écart de cinq à six ans s’explique sans doute par le biais mémoriel de Pelletier : né à la Berthelasse en 1843, il reconstitue de mémoire des événements antérieurs à sa naissance. Sur le fond, il a raison (Robichon finit propriétaire) ; sur la date et le mécanisme (achat direct en 1813), il se trompe.

La « société Eynard et Robichon » est une dénomination fantôme. Pelletier nomme ainsi la société qui reprend la Berthelasse, mais aucun « Eynard » ne figure dans les actes notariés de 1818 et 1819. Ceux-ci ne connaissent que Robichon frères et consorts : Joseph Michel et Victor Robichon, leur allié Claude Augustin Malgontier, et les frères Crozet (Camille et Joseph Marie Victor), ces derniers négociants entrés dans l’affaire par alliance matrimoniale — d’où leur quote-part réduite (un huitième chacun). La raison sociale réelle est donc « Robichon frères, Malgontier et Crozet frères », et la forme « Eynard et Robichon » doit être abandonnée.

L’épisode Jackson est infirmé par l’acte de 1854. L’acte notarié du 11 septembre 1854 montre Robichon cédant directement à la Compagnie, et le nom de Jackson y est rayé. Les matrices confirment l’absence de mutation intermédiaire. Si Jackson a joué un rôle, c’était en tant que directeur ou administrateur, non comme propriétaire.

Avertissement sur la fiabilité de Pelletier. Le cas de la Berthelasse illustre un constat plus général : Les verriers dans le Lyonnais et le Forez (1887) est un point de départ commode mais une source de faible fiabilité, qui doit être systématiquement recoupée. Même pour cet établissement où Pelletier est né, plusieurs de ses affirmations se révèlent inexactes ou invérifiables. Reposent à ce jour sur son seul témoignage : l’attribution de la fondation initiale à un « gentilhomme de Provence » nommé Berthelats ; l’achèvement du bâtiment par les Allimand en 1803 ; la primauté de Robichon dans le verre à vitres dès 1814 (à Chantegraine, non à la Berthelasse) ; la composition en fours des deux groupes Robichon ; et la direction de Mathias Pelletier jusqu’en 1864. Aucune de ces données n’est nécessairement fausse — mais aucune n’est encore adossée à une source primaire.

Pelletier se contredit sur le nombre de fours de la Berthelasse : 3 dans son tableau des apports à la Compagnie, 4 dans son texte narratif. En 1892, le site dispose bien de 3 fours à fusion continue + 1 four à fonderie intermittente (le petit four Bolot de la parcelle 1026, 200 F). Cette variation reflète deux réalités superposées : le nombre de fours effectivement actifs à un moment donné, et la transition progressive des fours à creuset vers les fours à bassin (fusion continue). Le « quatrième four » de Pelletier est probablement ce four à fonderie intermittente qui n’avait pas encore été démoli en 1892.

Louis de Seilhac (Les associations ouvrières) écrit que la Berthelasse appartenait en 1885 à « la Société des Verreries de la Loire et du Rhône », une raison sociale inexistante. Il confond avec les Verreries Réunies de la Loire et du Rhône.

Points non résolus

  • Le rôle exact de William Jackson. Les matrices et l’acte de 1854 ne confirment pas sa qualité de propriétaire. Un éventuel acte de cession Robichon→Jackson aux AD Loire ou AD Rhône (Jackson était lié aux forges de Rive-de-Gier, études locales) permettrait de trancher définitivement.
  • Les établissements de Plaisance, Gobie, Chantegraine et Grand Chemin. L’acte de 1854 confirme deux fours à Plaisance (vitres et bouteilles, héritiers de Claudius/Mazuyer). Les quatre parcelles (643, 653, 656, 767) correspondent aux fours que Pelletier désigne « Gobie et Plaisance » ; la dénomination « Gobie » n’est pas un lieu-dit cadastral identifié. Son origine (patronyme ancien, usage local ?) reste à établir.
  • La chaîne Claudius → Mazuyer → Robichon → Compagnie. L’acte de 1854 confirme que la verrerie de Plaisance à vitres est issue de Claudius, transmise par acte notarié à un sieur Mazuyer à Lyon en 1803. Le notaire et les références précises de cet acte sont connus ; la consultation des AD Rhône permettra d’établir cette chaîne depuis la première verrerie royale de Rive-de-Gier.
  • L’hypothèse de fusion avec la verrerie Neuvesel. La verrerie Neuvesel-Juillet-Maras est localisée par Pelletier à la Berthelasse en 1853. La Compagnie a sans doute fusionné les deux sites. Cette hypothèse reste plausible mais demande confirmation.
  • Le destin du second groupe Robichon (rue de Lyon, 4 fours). Cédé aussi à la Compagnie en 1853, il disparaît ensuite des sources. A-t-il été fermé, reconverti, ou absorbé dans un autre site ?
  • Le devenir post-1897. Le four n°2 est démoli en 1898. L’un des fours restants devient la Verrerie du Lion (four à vitres). Le sort des deux fours à bouteilles (sous Chipier ?) reste à documenter.

Personnages associés

Aucun personnage notable n'est renseigné. Voici les premières personnes liées au lieu.

Verriers

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Sources

archive notariale Vente par les frères Laporte au consortium des immeubles de la faillite Allimand — Me Noël Louis Ronat, notaire à Rive-de-Gier

AD Loire, étude Ronat, minute n°251, 5 juin 1818 (enr. Rive-de-Gier 10 juin 1818). Vente des immeubles de la faillite Allimand (dont les Verreries Barthelaz) pour 430 000 francs, en trois tiers indivis. Établit que la liquidation Allimand date de 1818, non de 1813.

archive notariale Transaction et partage des verreries de la faillite Allimand entre les co-acquéreurs — Mes Noël Louis Ronat (Rive-de-Gier) et Georges Avril (Saint-Genis-Terrenoire)

AD Loire, étude Ronat, minute n°190, 22 avril 1819 (enr. Rive-de-Gier 1er mai 1819). Le « Yalta du verre » : la Berthelasse (Verreries Barthelaz, 9e lot) échoit aux Robichon frères, Malgontier et Crozet frères. Établit que Robichon obtient la Berthelasse par partage de 1819 suite à un achat en commun en 1818, non par achat direct en 1813.

archive notariale Acte de transfert des immeubles à la Compagnie Générale — 11 septembre 1854 (AD Loire, 11 septembre 1854)

Acte de 80 pages, 12 groupes de signataires. Donne l'historique précis de chaque lot cédé. Pour le lot Robichon : Berthelasse (3 fours), 2/3 du Grand Bâtiment de la Roche, maison père Allimand, établissements de Plaisance (deux fours : un à vitres issu de la verrerie Claudius via acte Mazuyer 1803 à Lyon, un à bouteilles). Le nom de Jackson y apparaît rayé et remplacé par M. Penet, fondé de pouvoir de Robichon, alors retiré dans la Drôme. Aucune section ne mentionne une cession préalable à Jackson. Source primaire qui contredit la narration de Pelletier sur l'épisode Jackson.

livre Les verriers dans le Lyonnais et le Forez — Pelletier, Pierre

1887 — description détaillée des verreries Robichon, pages 200-210. Pelletier est né à la Berthelasse en 1843, son père Mathias en était le directeur. Source principale mais avec contradictions internes : 3 fours dans le tableau des apports à la Compagnie Générale, 4 fours dans le texte narratif. Date de reprise Robichon erronée (1813 au lieu de 1818-1819). Épisode Jackson infirmé par l'acte de 1854.

article Le Salut Public

28 avril 1853 — vente d'une propriété des héritiers Farge, mentionnant Laurence Farge épouse de Mathias Pelletier, 'employé chez MM. Robichon'. 28 juin 1858 — purge d'hypothèques sur biens des héritiers Robichon.

article Le Salut Public

5 septembre 1880 — bien à vendre rue de Lyon, limité à l'est par 'l'usine Robichon'. Confirme la localisation du second groupe Robichon rue de Lyon (actuelle rue Jean Jaurès).

article Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire — statuts des Verreries Réunies https://www.retronews.fr/journal/memorial-de-la-loire-et-de-la-haute-loire/25-septembre-1892/4/c382f840-0efc-441f-986f-a65ef0331523

25 septembre 1892 — statuts complets. Trois fours à fusion continue, superficie et description des bâtiments.

article La Lanterne — Verrerie aux Verriers

19 septembre 1895 — Henri Buisson retrace l'historique de la Verrerie aux Verriers, issue de la Berthelasse après la grève de 1894.

livre Les associations ouvrières — de Seilhac, Louis

Pages 130 et suivantes — fonctionnement de la Verrerie aux Verriers : deux administrateurs bourgeois (Julliard et Micol), deux administrateurs ouvriers (Vinay et Bonnet).

cadastre Matrices des propriétaires — parcelles Robichon/Compagnie (AD Loire, matrice des propriétaires, cotes 3P1327 et suivantes)

Confirme la mutation directe Robichon → Compagnie en 1855 pour l'ensemble des parcelles (643, 653, 656, 767, 1028, 1029, 1032) sans passage par Jackson. Le four n°2 (parcelle 1029 ou 1031) est démoli en 1898. Renumérotation en 1893 : folio 1471 pour la Société Anonyme des Verreries Réunies. Note méthodologique : les matrices sont un outil fiscal construit sur la propriété juridique ; les mutations rapides ou les intermédiaires de très courte durée peuvent ne pas y être enregistrés.