Verrerie

Cristallerie de Lyon

vers 1831 — 1882

Aussi connue sous : Cristallerie de la Guillotière · Burdet et Cie · Frizon et Cie · Compagnie de la cristallerie lyonnaise · Ackermann et Cie · Cristallerie de Béchevelin · Cristallerie du Rhône · Billaz, Maumené et Compagnie · Cristallerie de Lyon

Disparue — sans vestiges

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Noms et raisons sociales

Cristallerie de la Guillotière
Nom d'usagevers 1831 — vers 1850
Burdet et Cie
Raison sociale1832 — janvier 1836
Frizon et Cie
Autre1834 — 1836
Compagnie de la cristallerie lyonnaise
Raison socialejanvier 1836 — vers 1838
Ackermann et Cie
Raison socialejanvier 1836 — vers 1838
Cristallerie de Béchevelin
Nom d'usagevers 1836
Cristallerie du Rhône
Nom d'usagevers 1838
Billaz, Maumené et Compagnie
Raison socialevers 1842 — 1882
Cristallerie de Lyon
Nom d'usagevers 1850 — 1882

Histoire

Résumé

La Cristallerie de Lyon est une manufacture de cristal fondée en 1832 à La Guillotière, faubourg industriel de la rive gauche du Rhône. Son histoire débute avec la rencontre entre deux hommes aux profils complémentaires : François Burdet, négociant lyonnais qui apporte le capital, et François-Xavier Frizon, tailleur de cristaux issu d’une lignée de verriers du Creusot, qui apporte le savoir-faire. Ce modèle (l’investisseur et le technicien) se reproduira avec éclat une décennie plus tard entre Billaz et Maumené. En un peu plus d’un demi-siècle, la manufacture traverse plusieurs crises et changements de direction pour s’imposer comme l’un des établissements verriers les plus remarquables de France : elle expose aux côtés de Baccarat et Saint-Louis, reçoit les éloges de Louis-Philippe en 1844 et offre à l’impératrice Eugénie un bénitier monumental lors de l’Exposition de 1867, une pièce aujourd’hui conservée au musée d’Orsay (non exposée).

Son histoire institutionnelle est plus mouvementée que sa réputation ne le laisse paraître : une vente judiciaire forcée (1838), une vente d’outillage (1849), un incendie (1836), plusieurs conflits ouvriers (1844, 1848, 1870), et une succession de raisons sociales qui reflètent des turbulences financières récurrentes. La dissolution finale en 1882, vraisemblablement liée au krach de l’Union Générale, met fin à un demi-siècle d’existence. Ses actifs sont repris en 1885 par Théodore Carré, qui déménage l’entreprise à Oullins. → Voir la future fiche Cristallerie d’Oullins.


Historique

Fondation par Burdet et Frizon (1832–1836)

La Guillotière, au début du XIXe siècle, est un territoire distinct du cœur historique de Lyon, désigné par la politique municipale comme zone d’accueil des industries jugées insalubres : fours à chaux, fabriques chimiques, teintureries. C’est dans ce contexte de contrainte réglementaire et d’opportunité foncière que naît la cristallerie, sur les bords du Rhône en aval du pont de la Guillotière. Le site présente une logique industrielle précise : la proximité de fours à chaux dont la production fournit directement un fondant essentiel dans la composition du verre 1.

L’acte de naissance de la manufacture est plus ancien qu’on ne le croit. François-Xavier Frizon lui-même, dans une annonce commerciale de 1839, se désigne comme « auteur et fondateur des Cristalleries Lyonnaises », précisant que son père avait fabriqué les cristaux « sous les ordres et la protection de Louis XVI, dans le parc même de Saint-Cloud (1784) », soit à la Manufacture des Cristaux de la Reine, ancêtre direct de la grande cristallerie du Creusot. En 1858, il confirmera avoir fondé la cristallerie lyonnaise en 1832 2.

La date n’est pas anodine : c’est l’année même de la fermeture officielle de la Manufacture des Cristaux du Creusot, rachetée et fermée par ses concurrentes Baccarat et Saint-Louis (même si une activité résiduelle est détectée vers 1835). Frizon est né au Creusot en 1803, il est fils de Jean-Pierre Frizon, tailleur de cristaux dans cet établissement, lui-même issu d’une lignée qui remontait à la manufacture de Saint-Cloud de 1784. Plusieurs membres de la famille sont tailleurs de cristaux au Creusot puis à Paris. À la fermeture de 1832, François-Xavier quitte le Creusot pour Lyon et y fonde la cristallerie de La Guillotière, vraisemblablement avec l’appui financier de François Burdet, négociant lyonnais qui n’a aucune formation verrière mais qui dispose du capital nécessaire 2.

Ce binôme Burdet-Frizon reproduit exactement le schéma qui fera le succès de la manufacture une décennie plus tard : l’investisseur sans formation technique associé à l’expert de métier. Ce n’est pas une coïncidence : c’est le modèle industriel lyonnais que l’on retrouve tout le long du XIXe siècle, hérité de la Fabrique de soieries.

L’usine s’installe rue de l’Université, dans un vaste tènement délimité par les actuelles rue de Marseille, rue Cavenne, rue Salomon-Reinach et rue de l’Université, dotée de quatre fours ce qui témoigne d’une ambition très élevée. Une demande d’autorisation administrative est déposée en 1834 ; l’autorisation est accordée le 14 novembre 1836 sous le nom « Frizon et Cie », établissement de 1ère classe : la catégorie la plus contraignante, réservée aux industries jugées les plus dangereuses ou insalubres, ce qui explique à la fois l’implantation à La Guillotière et le délai de deux ans entre la demande et l’autorisation 3. Un document des archives municipales de La Guillotière, cité par Félix Rivet, indique que la cristallerie « fondée par les sieurs Frizon et Burdel » occupait dès 1836 plus d’une centaine d’ouvriers, un effectif considérable pour un établissement de quatre ans à peine, et ce malgré les turbulences de la restructuration de janvier 1836 4. Les registres témoignent également de la présence à Lyon, dès 1838-1839, d’autres anciens du Creusot : Georges Röhr, maître verrier originaire de Monthermé, témoin au mariage de Jean-Pierre Frizon en 1792 à Montcenis, puis verrier à la cristallerie de Lyon en 1839 ; et son fils Eugène Röhr, né au Creusot en 1811 (et dont Jean Pierre Frizon était témoin), verrier à La Guillotière de 1838 à 1850. L’exode du Creusot vers Lyon n’est donc pas une trajectoire individuelle, mais un réseau de mobilité attesté de plusieurs familles verrières 2.

Frizon quitte Lyon vers 1838-1839, au moment précis où les difficultés financières s’accumulent et où Ackermann prend la direction. On le retrouve dès novembre 1839 à Nantes, copropriétaire d’une cristallerie établie rue des Hauts-Pavés, n° 99, à l’entrée de la route de Vannes, avec un certain Picherie ; il y choisit lui-même son fournisseur de minium, confirmant un rôle de direction industrielle pleine et entière 5. Il poursuivra ensuite sa carrière à Paris (attesté en 1864). La manufacture se place rapidement à un haut niveau de qualité. Dès 1844, lors de l’Exposition publique des produits de l’industrie française à Paris, le rapporteur Gustave Halphen salue ses « gobelets simples, communs, non dégrossis, et tels qu’ils sortent du moule, d’une limpidité, d’un éclat incomparables » 6.

Paul Jacques Ackermann, directeur technique (1836–vers 1838)

En janvier 1836, le Journal du commerce de la ville de Lyon annonce que « MM. Burdet et Cie viennent d’enrichir notre cité d’une fabrique de cristaux », avant qu’une lettre rectificative parue le 31 janvier ne vienne compliquer le tableau : la société « Burdet et Cie n’existe plus » : elle a été rachetée par acte devant Me Henry, notaire place de la Préfecture, par « une société nouvelle » qui signe « Ackermann et Cie ». Le 3 février, le journal précise toutefois que Burdet est « encore le plus fort actionnaire » et l’un des administrateurs de la nouvelle entité 7.

Il s’agit de Paul Jacques Ackermann (Altkirch, Haut-Rhin, 15 février 1808 — Paris, 13 avril 1864). Fils d’un receveur municipal alsacien mort jeune, petit-fils d’un maître de forges montbéliardais protestant, il est chimiste formé à la Manufacture des Cristaux de la Reine du Creusot et, selon Pierre Pelletier, en est même un ancien directeur. Marié le 10 décembre 1833 au Creusot à Marie Josephe Julliotte (alors qualifié de « chimiste demeurant au Creusot ») il apporte à Lyon son expertise en purification des matières premières et composition du cristal. Après la cristallerie lyonnaise, il dirige la Cristallerie de Givors (François Mignot et Cie, vers 1837-1845), avant de retourner au Creusot dans les années 1853-1858 et de mourir à Paris en 1864. Son frère Paul Ackermann (1812-1846) est linguiste et homme de lettres. Ce chimiste itinérant illustre la circulation des experts techniques dans les cristalleries françaises de la monarchie de Juillet, à l’image de ce que les souffleurs nomades sont au soufflage 7.

L’entreprise est secouée en décembre 1836 par un incendie partiel dans le hangar de la « cristallerie de Béchevelin », estimé à 5 000 francs de dégâts, puis en juin 1838 par une vente judiciaire forcée portant sur « les marchandises, outils et ustensiles composant la fabrique de verre et cristaux, dite Cristallerie du Rhône ». Ces turbulences révèlent des difficultés financières sérieuses sous la direction Ackermann 8.

C’est vraisemblablement dans les années 1840-1842 que Billaz et Maumené entrent en scène et redressent progressivement l’établissement. Les indicateurs de commerce lyonnais les mentionnent dès fin 1842 sous la raison sociale « Billaz, Maumené et Cie, marchands fabricants de cristaux, cours du Midi, Guillotière », ce qui établit leur présence conjointe au plus tard à cette date, et peut-être dès 1839 ou 1840.

L’ère Billaz et Maumené : l’âge d’or (vers 1842–1876)

François-Frédéric Billaz (Tencin, Isère, 28 décembre 1798 — Lyon 5e, 18 novembre 1867) est un négociant lyonnais dont le parcours reflète celui de Burdet : marchand de chapeaux lors de son mariage en 1829, il est devenu industriel et gérant de cristallerie par investissement, non par origine artisanale. Son frère Séraphin Billaz, caissier puis agent comptable de la cristallerie, y fait carrière également. François-Frédéric est de plus « négociant, 5 quai Monsieur » à Lyon, demeurant à la Guillotière, en 1855 9.

Son associé Edme-Jules Maumené (Paris, 1818 — Paris, 1898) apporte ce que Billaz n’a pas : la science. Docteur ès-sciences et professeur de chimie, d’abord à la chaire municipale de Reims, puis à la Faculté des sciences de Lyon (toute proche de la cristallerie), il est l’un des meilleurs chimistes français de sa génération, spécialiste des fermentations et des compositions aqueuses. Sa formation champenoise lui a donné une connaissance fine des interactions entre le verre et les solutions acides, directement applicable à la maîtrise du cristal au plomb. Sa connaissance des interactions entre alcalis, silice et fondants (indispensable pour maîtriser la composition du cristal au plomb) est exactement ce dont une cristallerie ambitieuse a besoin. Les sources contemporaines le désignent explicitement comme l’un des directeurs de l’établissement 10.

En novembre 1844, lors de l’Exposition industrielle de Lyon, Louis-Philippe Ier s’arrête longuement devant leurs produits, admire « la blancheur et la limpidité » des cristaux taillés et moulés, félicite « M. Billaz de l’excellence de ses produits » et choisit deux vases représentant les monuments de Lyon ; la Reine retient le lendemain des vases gothiques à créneaux 6. Le même mois, les ouvriers quittent massivement l’établissement à la suite d’un conflit salarial, malgré la prospérité de l’entreprise : « jamais la cristallerie de la Guillotière n’a été plus florissante ». Cinq d’entre eux sont arrêtés pour « délit de coalition » 11.

En janvier 1849, une vente portant sur les marchandises et l’outillage de la fabrique rue Henri IV est adjugée, incident financier passager, très probablement lié aux effets de la Révolution de 1848 et des conflits ouvriers sur une industrie de luxe. Il ne s’agit pas d’une liquidation de l’établissement : Billaz et Maumené, puis leurs successeurs, continuent de le diriger pendant plus de trente ans encore 8. En mars 1848, ils avaient d’ailleurs consenti à l’amiable une réduction de la journée de 12 à 10 heures, « le plus parfait accord règne entre les chefs de la cristallerie lyonnaise et les ouvriers ». En avril 1870, une nouvelle grève éclate néanmoins rue de Marseille à la cristallerie 11.

La stratégie commerciale repose sur les grandes expositions universelles :

  • 1844, Exposition industrielle de Paris : rapport Halphen élogieux.
  • 1851, Exposition universelle de Londres : « magnifique début » et « véritable coup de maître » 6.
  • 1853, Exposition universelle de New York : participation attestée par Pelletier (1887) 6.
  • 1855, Exposition universelle de Paris : aux côtés de Baccarat et Saint-Louis.
  • 1867, Exposition universelle de Paris : apogée : un bénitier monumental de 271 cm et 450 kg, 53 pièces de cristal moulé et taillé, offert à l’impératrice Eugénie. Médaille d’argent du jury international 6.

La manufacture forme également une génération de verriers de haut niveau qui essaiment dans l’industrie nationale. En 1859, E. Monot, « ancien ouvrier de la cristallerie de Lyon », reprend la Cristallerie de Pantin, qu’il hisse au troisième rang national, derrière Baccarat et Clichy 1. En 1847, la cristallerie avait par ailleurs été choisie pour accueillir l’une des premières installations d’une machine à vapeur à éther sur la rive gauche du Rhône, signe de son rang dans l’industrie régionale 4.

Déclin et dissolution (1876–1882)

En juillet 1876, l’assemblée générale des actionnaires se tient pour des résultats « peu satisfaisants » : ralentissement général des affaires et, surtout, panne prolongée d’un four à minium, l’oxyde de plomb qui entre « dans une proportion importante dans la fabrication des cristaux ». Ce four spécialisé, arrêté accidentellement, révèle la dépendance technique de la manufacture à une chaîne de production intégrée fragile 12.

La dissolution définitive de la société anonyme intervient en 1882, vraisemblablement emportée par le krach de l’Union Générale, une banque fondée à Lyon, effondrée en janvier 1882, dont la faillite déclenche une vague de liquidations dans tout le tissu industriel lyonnais. Une manufacture spécialisée dans les biens de luxe, dont la clientèle est la première à contracter ses achats en période de crise, est par nature extrêmement vulnérable à un tel choc 12.

Suite à Oullins (1885–vers 1914)

En 1885, Théodore Carré rachète les actifs essentiels (nom, réputation, moules, personnel qualifié) et reconstitue l’entreprise sous la raison sociale « Th. Carré & Cie » à Oullins, commune industrielle au sud de Lyon offrant des terrains disponibles et un accès direct à la voie ferrée PLM. En 1908, une nouvelle société anonyme reprend le nom « Cristallerie de Lyon », spécialisée dans les services de table gravés et taillés. Les dernières traces documentées datent de 1911. → Voir la fiche Cristallerie d’Oullins.


Situation géographique

Localisation

La manufacture occupait un vaste tènement dans l’ancien mandement de Béchevelin, délimité par les actuelles rue de Marseille, rue Cavenne, rue Salomon-Reinach et rue de l’Université (7e arrondissement de Lyon). La rue Henri IV, qui longeait le site et est citée dans la vente de 1849, a été renommée rue du Béarn lors du rattachement de La Guillotière à Lyon en 1852, puis rue Pasteur. Un plan et une photographie de fin XIXe siècle, conservés au Service régional de l’Inventaire (réf. IA69001334 et IVR82_20126900855NUCAB), permettent de reconstituer l’emprise du site.

État actuel

Le site a été entièrement rasé entre 1896 et 1898. La société Mangini rachète les terrains pour y édifier le groupe de logements sociaux « Trois-Pierres ». Il ne subsiste aucun vestige bâti.


Personnages liés

  • François Burdet : fondateur et principal apporteur de capital, négociant lyonnais (soierie, chapellerie). Reste actionnaire après 1836.
  • François-Xavier Frizon (Le Creusot, 1803 — Paris, après 1864) : co-fondateur et directeur technique, issu d’une lignée de verriers du Creusot remontant à la manufacture de Saint-Cloud (1784). Quitte Lyon vers 1838-1839 pour la Cristallerie Nantaise, puis Paris. → Voir fiche individu à créer.
  • Georges Röhr : maître verrier originaire de Monthermé, témoin au mariage de Jean-Pierre Frizon à Montcenis en 1792, verrier à la cristallerie de Lyon en 1839. Lien direct entre les dynasties du Creusot et de La Guillotière.
  • Eugène Röhr : fils de Georges, né au Creusot en 1811, verrier à La Guillotière de 1838 à 1850.
  • Paul Jacques Ackermann (Altkirch, 15 février 1808 — Paris, 13 avril 1864) : directeur technique de 1836 à env. 1838, chimiste formé à la Manufacture des Cristaux du Creusot.
  • François-Frédéric Billaz (1798-1867) : gérant, négociant lyonnais. Son frère Séraphin Billaz est caissier et agent comptable.
  • Edme-Jules Maumené (1818-1898) : co-directeur et directeur technique, chimiste, professeur à Lyon.
  • E. Monot : ancien ouvrier, reprend la Cristallerie de Pantin en 1859 et la hisse au troisième rang national.

Éléments techniques

Spécialisation dans le cristal au plomb, composition : silice, potasse, oxyde de plomb (minium, ≥ 24 %). Propriétés : haute brillance, haute densité, aptitude à la taille profonde. La gamme comprend des gobelets, des services de table, des pièces taillées et gravées, des vases monumentaux. La fabrication en parallèle de verres à vitres est attestée par Pelletier (1887, Exposition de New York 1853). La présence d’un four à minium intégré (attesté en 1876) indique une chaîne de production verticalement intégrée, ce qui était un avantage compétitif mais aussi une source de fragilité. Quatre fours à l’origine et des fours à chaux sur le site même de la manufacture, au bord du Rhône. En 1847, installation d’une machine à vapeur à éther — l’un des premiers équipements de ce type sur la rive gauche du Rhône 4.


Contexte social

La manufacture emploie des verriers soumis à des journées de douze heures ou plus dans la chaleur des fours. Trois conflits sociaux documentés : novembre 1844 (sortie collective malgré la prospérité, cinq arrestations), mars 1848 (réduction à dix heures, accord amiable), avril 1870 (grève rue de Marseille). La cristallerie fonctionnait comme un pôle de formation d’élite, dont le rayonnement est illustré par le parcours d’E. Monot à Pantin.


Erreurs et incertitudes

Ce que dit la littérature, et ce qu’il faut corriger

Le nom du fondateur est orthographié « Bourdel » ou « Burdel » dans les sources secondaires, mais les sources primaires (presse lyonnaise de 1836) donnent systématiquement Burdet : c’est cette orthographe qui doit faire référence. La variante « Burdel » apparaît dans le registre municipal de La Guillotière cité par Rivet, et « Bourdel » dans d’autres sources secondaires : les deux résultent vraisemblablement de la même confusion paléographique ou typographique, le « t » final mal formé ou mal imprimé étant lu comme un « l ». Pelletier (1887) cite la cristallerie à New York sous la forme « Maumencé et Billaz », orthographe erronée et ordre inversé.

La date de fondation 1831 ou 1834 souvent retenue dans les sources secondaires ne correspond pas à ce que Frizon lui-même revendique. Sa date de 1832 (l’année de la fermeture du Creusot) est la plus crédible pour la constitution effective de la société, même si l’autorisation administrative n’a été déposée qu’en 1834 et la mise à feu des fours a sans doute eut lieu un ou deux ans après.

Points non résolus

  • Jean-Pierre Frizon : le père, tailleur de cristaux à Choisy-le-Roi en 1829 puis au Creusot, sa carrière complète entre Saint-Cloud (1784) et le Creusot mérite d’être reconstituée.
  • Relation Frizon–Ackermann antérieure à Lyon : la chronologie suggère que les deux hommes se connaissaient depuis Le Creusot. Frizon y est formé dès l’enfance (naissance 1803, père tailleur de cristaux sur place) ; Ackermann y réside encore en décembre 1833 (acte de mariage). Ils cohabitent donc nécessairement dans le même établissement au début des années 1830. Que Frizon soit bien le fondateur initiateur (et non Ackermann) est confirmé par l’autorisation administrative de 1836, accordée sous le nom « Frizon et Cie » : c’est lui qui a déposé le dossier et qui est reconnu comme exploitant par l’administration. L’appel d’Ackermann à Lyon en janvier 1836 (au moment précis où la société Burdet et Cie est restructurée) s’expliquerait par une relation de confiance préexistante, le praticien faisant venir le chimiste qu’il connaît. Hypothèse non confirmée par une source explicite ; à vérifier dans les registres du personnel de la Manufacture des Cristaux du Creusot si ils sont conservés (Archives nationales ou AD71).
  • Le registre « Établissements dangereux et insalubres » de La Guillotière, cité par Rivet comme source primaire, est potentiellement consultable aux Archives municipales de Lyon (versement lors de l’annexion de 1852). Il pourrait fournir la description administrative de l’établissement, les noms des fondateurs dans leur orthographe officielle, et d’autres données sur le personnel et les équipements.
  • La période 1838–1842 reste mal documentée : comment Billaz et Maumené entrent-ils exactement dans la manufacture après la vente forcée de 1838 ? Les registres du Tribunal de commerce de Lyon (fonds 6U) pourraient l’éclairer.
  • E. Monot : son patronyme complet et sa trajectoire depuis Lyon jusqu’à Pantin restent à documenter. Fiche individu à créer.
  • Les archives du Tribunal de commerce de Lyon (fonds 6U, 1882) permettraient de confirmer ou d’infirmer le lien avec le krach de l’Union Générale.
  • Le site d’Oullins : adresse précise et date de fermeture définitive encore inconnues. → Fiche Cristallerie d’Oullins à rédiger.

Notes

Footnotes

  1. Pour la localisation, le contexte de La Guillotière, le rôle de pépinière de talents (Monot) et la nature de la fondation : fiche patrimoine régional — https://patrimoine.auvergnerhonealpes.fr/dossier/IA69001334. 2

  2. Pour François-Xavier Frizon, son rôle fondateur, sa lignée et les Röhr : L’Hermine, 22 novembre 1839 — https://www.retronews.fr/journal/lhermine/22-novembre-1839/4/0e39613c-6d56-4544-ae13-1c9030d5ae44 ; La Voix de la vérité, 12 avril 1858 — https://www.retronews.fr/journal/la-voix-de-la-verite/12-avril-1858/3/3a38fb53-fee1-4e6c-865c-d5717a108fa8 ; acte de naissance Frizon, Le Creusot, 18 germinal an XI (8 avril 1803) — AD Saône-et-Loire, cote 5 E 153/3, acte n°26, vue 11/121, permalien : https://www.archives71.fr/ark:60535/s0051399862d82d0/52873e45493e8.fiche=arko_fiche_6231974bd806d.moteur=arko_default_61b1ccdceb9a7 ; acte de mariage Frizon–Guibert, Crest, 8 décembre 1838 — AD Drôme, cote 5 Mi 200/R30, acte n°61, vue 173/537, permalien : https://archives.ladrome.fr/ark:/24626/knw5bxh4vm1l/0dd3dc1d-b6e9-4feb-a08d-37a7004ca5e1. 2 3

  3. Rapports et délibérations du Conseil général du Rhône, janvier 1837, vue 25/115 — https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5808508f/f24.item. État des établissements dangereux, insalubres ou incommodes autorisés dans le Rhône, ligne 20 : « Frizon et Cie », décision du 14 novembre 1836, La Guillotière, cristallerie, 1ère classe.

  4. Rivet, Félix. La navigation à vapeur sur la Saône et le Rhône, 1783-1863, p. 546. Source secondaire citant une source primaire : A.M. La Guillotière, « Établissements dangereux et insalubres ». La note de Rivet indique que la cristallerie, « fondée par les sieurs Frizon et Burdel », occupait dès 1836 plus d’une centaine d’ouvriers, et qu’une machine à vapeur à éther y fut installée en 1847. 2 3

  5. Le Moniteur industriel, 10 novembre 1839, p. 3 — https://www.retronews.fr/journal/le-moniteur-industriel/10-novembre-1839/3/54b69e3c-e9c6-4b1b-aabb-0ca0ecb6158f. Cristallerie de Frizon et Picherie, rue des Hauts-Pavés n° 99, Nantes. Frizon y choisit le minium de M. Jamet et Cie — geste d’industriel, non d’artisan.

  6. Pour les expositions (1844 éloges royaux, 1851, 1853, 1867 bénitier) : L’Indicateur, 27 juin 1844 — https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t527191222 ; rapport Halphen — https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6209895q.texteBrut ; L’Exposition, 1851 — https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5713636k.texte.hl.r ; Pelletier 1887 ; notice musée d’Orsay — https://www.musee-orsay.fr/en/artworks/benitier-154148. 2 3 4 5

  7. Journal du commerce de la ville de Lyon, 27 janvier, 31 janvier et 3 février 1836. Pour Paul Jacques Ackermann : acte de mariage au Creusot (10 décembre 1833) — AD Saône-et-Loire, cote 5 E 153/10, acte n°26, acte de naissance à Altkirch (15 février 1808), acte de décès à Paris (13 avril 1864), recensement Givors 1841. Le Creusot, histoire de la cristallerie : http://www.lecreusot.com/site/decouvrir/histoire/cristallerie/cristallerie.php. 2

  8. Pour l’incendie de 1836 et les ventes forcées de 1838 et 1849 : Journal du commerce de la ville de Lyon, 28 décembre 1836 ; Le Constitutionnel, 5 juin 1838 ; Gazette de Lyon, 26 janvier 1849 (liens dans les sources). L’identification de la rue Henri IV avec la future rue Pasteur repose sur la continuité toponymique lors du rattachement de 1852. 2

  9. Pour le profil de Billaz : Mémorial de la Loire, 4 février 1855 ; Mémorial bordelais, 22 août 1850 ; Archives municipales de Lyon, registre des décès Lyon 5e, 1867, cote 2E1182 (décès de François-Frédéric Billaz).

  10. Pour le profil de Maumené : Wikipédia Edme-Jules Maumenéhttps://fr.wikipedia.org/wiki/Edme-Jules_Maumen%C3%A9 ; BnF Data — https://data.bnf.fr/fr/12559981/edme-jules_maumene/.

  11. Pour les conflits sociaux (1844, 1848, 1870) : Journal des débats, 16 novembre 1844 ; La République française, 16 mars 1848 ; Le Centre gauche, 9 avril 1870 (liens dans les sources). 2

  12. Pour les difficultés de 1876 : Le Messager de Paris, 11 août 1876 — lien dans les sources. Pour la dissolution de 1882 et le lien hypothétique avec le krach de l’Union Générale : hypothèse de travail non encore confirmée par les archives du Tribunal de commerce de Lyon (fonds 6U, 1882) — à vérifier. 2

Personnages associés

Personnalités

Voir toutes les personnes liées →

Sources

articleJournal du commerce de la ville de Lyon, 27 janvier 1836https://www.retronews.fr/journal/journal-du-commerce-de-la-ville-de-lyon-et-du-departement-du-rhone/27-janvier-1836/2/64342192-751b-4417-838a-dd98099c2b1e

Annonce de la fondation par « MM. Burdet et Cie ». Première mention de la cristallerie dans la presse lyonnaise.

articleJournal du commerce de la ville de Lyon, 31 janvier 1836https://www.retronews.fr/journal/journal-du-commerce-de-la-ville-de-lyon-et-du-departement-du-rhone/31-janvier-1836/2/64ea62a0-04e0-4163-b1de-202fbb901167

Lettre rectificative signée « Ackermann et Cie ». Annonce le rachat de l'usine par une « société nouvelle » tout en précisant que Burdet reste actionnaire majoritaire et administrateur.

articleJournal du commerce de la ville de Lyon, 3 février 1836https://www.retronews.fr/journal/journal-du-commerce-de-la-ville-de-lyon-et-du-departement-du-rhone/03-fevrier-1836/2/9ab68c95-fc9b-4078-9bb8-c18c5d2fde22

Mise au point : Burdet est « encore le plus fort actionnaire » et l'un des administrateurs de la nouvelle société.

articleJournal du commerce de la ville de Lyon, 28 décembre 1836https://www.retronews.fr/journal/journal-du-commerce-de-la-ville-de-lyon-et-du-departement-du-rhone/28-decembre-1836/1/0dbc0135-5dbf-44e8-9120-d04e7284bcfa

Compte rendu de l'incendie partiel du 25 décembre 1836 dans le hangar de la « cristallerie de Béchevelin ».

articleLe Constitutionnel, 5 juin 1838https://www.retronews.fr/journal/le-constitutionnel/05-juin-1838/6/69c5763a-b6a2-4d86-a26b-9204da39790b

Annonce de vente forcée de la « Cristallerie du Rhône » à la Guillotière, adjudication prévue le 12 juin 1838.

articleL'Indicateur, 27 juin 1844https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t527191222

Visite de Louis-Philippe à l'exposition : il félicite 'M. Billaz de l'excellence de ses produits'. La Reine retient plusieurs vases gothiques. Première mention de « MM. Billaz, Maumené et Cie ».

articleJournal des débats politiques et littéraires, 16 novembre 1844https://www.retronews.fr/journal/journal-des-debats-politiques-et-litteraires/16-novembre-1844/2/0ee03ce3-b7b4-48b9-9a4c-ef15d54b9428

Grève de novembre 1844 : sortie collective des ouvriers malgré la prospérité de l'entreprise ; cinq arrestations pour « coalition ».

articleGazette de Lyon, 26 janvier 1849https://www.retronews.fr/journal/gazette-de-lyon/26-janvier-1849/4/feec0d47-bd3d-443f-ad79-29c09e955124

Vente forcée en bloc de la fabrique, rue Henri IV (= future rue Pasteur), adjudication le 9 février 1849. Même site.

articleLe Mémorial bordelais, 22 août 1850https://www.retronews.fr/journal/le-memorial-bordelais/22-aout-1850/3/a5143fb5-0b13-4f8e-8a1e-6b72c56b5e50

Première mention explicite de la raison sociale « Billaz et Maumenée » : une délégation d'ouvriers offre un presse-papier au président de la République.

articleRapport sur l'Exposition publique des produits de l'industrie française de 1844 — Gustave Halphenhttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6209895q.texteBrut

Éloge de la qualité des gobelets : « limpidité, éclat incomparables ».

articleL'Exposition : journal de l'industrie et des arts utiles, 1851https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5713636k.texte.hl.r

« Magnifique début », « véritable coup de maître » — compte rendu de la participation à l'Exposition de 1851.

autreBénitier — Société de la cristallerie de Lyon — Musée d'Orsayhttps://www.musee-orsay.fr/en/artworks/benitier-154148

Notice du bénitier monumental de 1867 (271 cm, 450 kg, 53 pièces), offert à l'impératrice Eugénie, conservé au musée d'Orsay.

articleLe Messager de Paris, 11 août 1876https://www.retronews.fr/journal/le-messager-de-paris/11-aout-1876/3/4c1b5dae-b295-4b13-aee9-121dc7c62f55

Assemblée générale du 20 juillet 1876 : résultats médiocres, panne d'un four à minium.

articleL'Hermine, 22 novembre 1839https://www.retronews.fr/journal/lhermine/22-novembre-1839/4/0e39613c-6d56-4544-ae13-1c9030d5ae44

Annonce de la Cristallerie Nantaise de Frizon et Picherie. Frizon se désigne comme « manufacturier de Cristaux de père en fils » et « auteur et fondateur des Cristalleries Lyonnaises ». Mentionne l'origine familiale à la manufacture de Saint-Cloud (1784).

articleLa Voix de la vérité, 12 avril 1858https://www.retronews.fr/journal/la-voix-de-la-verite/12-avril-1858/3/3a38fb53-fee1-4e6c-865c-d5717a108fa8

Frizon est présenté comme « fondateur des cristalleries lyonnaises, en 1832 ». La date de fondation qu'il revendique confirme le lien avec la fermeture de la cristallerie du Creusot la même année.

etat civilActe de naissance de François-Xavier Frizon, 18 germinal an XI (8 avril 1803) (AD Saône-et-Loire, Le Creusot, Naissances 1802-1807, cote 5 E 153/3, acte n°26, vue 11/121)https://www.archives71.fr/ark:60535/s0051399862d82d0/52873e45493e8.fiche=arko_fiche_6231974bd806d.moteur=arko_default_61b1ccdceb9a7

Le Creusot (Saône-et-Loire). Père Jean-Pierre Frizon, désigné comme « tailleur de cristaux » demeurant à la verrerie du Creusot. Témoin François-Xavier Argenblot, tailleur de cristaux résidant à la verrerie du Creusot.

etat civilActe de mariage de François-Xavier Frizon et Suzanne Claire Guibert, 8 décembre 1838 (AD Drôme, Crest, Naissances-mariages-décès 1837-1840, cote 5 Mi 200/R30, acte n°61, vue 173/537)https://archives.ladrome.fr/ark:/24626/knw5bxh4vm1l/0dd3dc1d-b6e9-4feb-a08d-37a7004ca5e1

Crest (Drôme). Frizon est dit « fabricant de cristaux », résidant à Lyon, place de la Préfecture, une adresse bourgeoise, distincte de celle d'un artisan, et la même que celle du notaire Me Henry qui instrumente la constitution d'Ackermann et Cie en janvier 1836. Son père Jean-Pierre Frizon, désigné comme « tailleur de cristaux » dans l'acte de naissance de 1803, est ici également dit « fabricant de cristaux » et réside à Paris. La désignation « fabricant » (entrepreneur, directeur) se distingue de « tailleur » (artisan exécutant) dans la langue administrative de l'époque : elle confirme le statut de directeur technique fondateur de François-Xavier, non celui d'artisan.

etat civilActe de mariage de Paul Jacques Ackermann et Marie Josephe Julliotte (AD Saône-et-Loire, Le Creusot, Mariages & publications de mariages 1833, cote 5 E 153/10, acte n°26, vue 17/37)https://www.archives71.fr/ark:60535/s0051399841092ba/5139d56f79369.fiche=arko_fiche_623161f485585.moteur=arko_default_61b1ccdceb9a7

10 décembre 1833, Le Creusot. Ackermann est dit chimiste demeurant au Creusot, né à Altkirch le 15 février 1808. Établit son identité complète.

archiveRapports et délibérations du Conseil général du Rhône, janvier 1837, vue 25/115https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5808508f/f24.item

État des établissements dangereux, insalubres ou incommodes autorisés dans le Rhône. Ligne 20 : « Frizon et Cie », décision du 14 novembre 1836, La Guillotière, cristallerie, 1ère classe. Confirme le nom de Frizon comme exploitant officiel, la date d'autorisation, et le classement en 1ère classe.

articleLe Moniteur industriel, 10 novembre 1839, p. 3https://www.retronews.fr/journal/le-moniteur-industriel/10-novembre-1839/3/54b69e3c-e9c6-4b1b-aabb-0ca0ecb6158f

Présente la cristallerie nantaise de « MM. Xavier Frizon et Picherie », établie rue des Hauts-Pavés n° 99 à l'entrée de la route de Vannes. Indique que Frizon a choisi le minium de M. Jamet et Cie pour sa fabrication — acte d'approvisionnement industriel qui confirme son statut d'industriel, non d'artisan.

livreRivet, Félix — La navigation à vapeur sur la Saône et le Rhône, 1783-1863, p. 546

Source secondaire citant une source primaire : A.M. La Guillotière, « Établissements dangereux et insalubres ». Indique que la cristallerie « fondée par les sieurs Frizon et Burdel » occupait dès 1836 plus d'une centaine d'ouvriers, et qu'une machine à vapeur à éther y fut installée en 1847. La forme « Burdel » (pour Burdet) résulte vraisemblablement de la même confusion paléographique que « Bourdel » : le « t » final mal formé lu comme un « l ». Les archives municipales de La Guillotière ont été versées aux Archives municipales de Lyon lors de l'annexion de 1852 ; le registre « Établissements dangereux et insalubres » est potentiellement consultable à l'AML.

articleAncienne cristallerie de la Guillotière — patrimoine.auvergnerhonealpes.frhttps://patrimoine.auvergnerhonealpes.fr/dossier/IA69001334

Fiche du patrimoine régional. Localisation précise du site.

livreLes verriers dans le Lyonnais et le Forez

Cite la cristallerie à la 2e Exposition universelle de New York (1853) sous la forme « Maumencé et Billaz » — orthographe erronée mais attestation utile.