Verrerie

Grande Verrerie Lyonnaise

1882 — vers 1936

Aussi connue sous : Béroud et Sadler — Grande Verrerie Lyonnaise · J. Béroud, successeur de Béroud et Sadler · Verrerie Béroud (Vve Béroud) · J. et L. Béroud

Disparue — sans vestiges

Noms et raisons sociales

Béroud et Sadler — Grande Verrerie Lyonnaise
Raison sociale 1882 — 1889
J. Béroud, successeur de Béroud et Sadler
Raison sociale 1889 — 1905
Verrerie Béroud (Vve Béroud)
Raison sociale 1905 — 1919
J. et L. Béroud
Raison sociale 1919 — vers 1936

Histoire

Résumé

La Grande Verrerie Lyonnaise est fondée le 26 décembre 1882 par Jean-Charles Béroud, propriétaire de l’Ain sans formation verrière, et Joseph Eugène Sadler, ancien soldat devenu technicien du verre chez Dupuis. C’est la plus récente des quatre grandes verreries du sud de Lyon, et la plus moderne dans sa conception : construite d’un seul tenant en 1882, dotée d’une halle immense et d’un atelier mécanique de bouchage à l’émeri, une innovation dont elle fait sa marque de fabrique.

Implantée à l’angle du 51 route de Vienne et du chemin de Vénissieux (actuelle rue Pierre Delore), elle jouit d’une situation logistique exceptionnelle : mur mitoyen avec la ligne de chemin de fer Lyon-Genève, tramway à vapeur avec station devant l’usine, à cinq minutes de la gare de marchandises de La Guillotière. Ses produits (flacons pour la pharmacie, la parfumerie, les conserves, bouteilles de fantaisie pour liquoristes) sont distribués jusqu’à Paris, Marseille et Barcelone, et récompensés par des médailles au Havre et à Hanoï en 1887.

La Grande Verrerie Lyonnaise joue un rôle singulier dans les conflits sociaux du quartier : ses tarifs salariaux, jugés acceptables par la corporation, servent de référence pour mettre fin à la grève de 1886. Mais elle résiste seule face aux syndicats lors de la grève de 1887, refusant de renvoyer ses ouvriers non syndiqués quand Mesmer et Jayet cèdent. Après le décès de Sadler en 1889, Béroud dirige seul jusqu’en 1905. Ses fils Joseph et Louis reprennent en 1919. La fermeture intervient vers 1930-1936. Le site, devenu un cimetière, est définitivement effacé par un bombardement en 1944.


Historique

Deux hommes, deux destins croisés (1847 — 1882)

La Grande Verrerie Lyonnaise est le fruit d’une rencontre improbable entre un entrepreneur bourgeois et un ancien soldat reconverti.

Jean-Charles Béroud naît le 16 octobre 1833 à Saint-Étienne-sur-Chalaronne (Ain), dans une famille de propriétaires. Il n’est pas issu du monde du verre : en 1869, à son mariage, il est qualifié de “propriétaire”. C’est lui qui apporte le capital principal de 50 000 francs. Il habitera une belle demeure au 15 route de Vienne, à six cents mètres de son usine, et sera également maire de Chassieu 1.

Joseph Eugène Sadler naît le 11 juin 1847 à Verdun (Meuse), de parents originaires de Puttelange (Moselle). À l’incorporation en 1867, il est cuisinier, résidant à Cambrai. Sa carrière militaire est tumultueuse : il monte jusqu’au grade de sergent-major de 1re classe (6 mai 1872), avant d’être rétrogradé soldat de 2e classe par décision martiale le 17 mai 1873. Les circonstances de cette sanction ne sont pas documentées. Il a participé à la campagne franco-prussienne (1870-1871), connu deux captivités, et (un fait qui ne devait pas se raconter dans le milieu ouvrier lyonnais) il a combattu dans l’armée de Versailles lors de la répression de la Commune (18 mai — 7 juin 1871), notammen pendant la Semaine Sanglante 2.

Libéré en juin 1873, il s’installe à Lyon rue de la Scaronne. Son livret militaire le mentionne travaillant “à la verrerie de la Grosse Mouche”. C’est donc chez Dupuis qu’il apprend le métier verrier, comme “employé de commerce” (comptable ou commercial) à partir de 1873-1875. Même trajectoire que Dupuis chez Mesmer : l’homme de terrain qui apprend dans une verrerie existante avant de fonder la sienne 2.

Il épouse Marie Louise Pellet le 17 juin 1875 à Lyon. En 1886, il habite au 65 chemin des Quatre-Maisons (actuelle rue Audibert-et- Lavirotte), qui longe le cimetière de la Guillotière, à quelques centaines de mètres de l’usine qu’il a contribué à bâtir 2.

Fondation et premières années (1882 — 1886)

Par acte du 26 décembre 1882, Béroud et Sadler forment une société en nom collectif dite “Grande Verrerie Lyonnaise”, route de Vienne 51, capital 50 000 francs, durée 15 ans. Les autorisations comme établissement insalubre sont accordées le 12 novembre 1882 et le 26 août 1884 3.

L’usine est construite “de toutes pièces en 1882” et commence à fonctionner en 1883. Sa conception est résolument moderne : une halle immense abritant deux fours en briques réfractaires, des fours accessoires (arches, queue d’arche, chambre d’arche), des ateliers de menuiserie, de fabrication de meules, de creusets en terre réfractaire, et un atelier de bouchage à l’émeri doté de 60 tours mécaniques à vapeur. Les transmissions mécaniques sont enfouies sous le sol pour éviter les accidents, les eaux évacuées par des canaux souterrains. Le sable utilisé provient exclusivement des carrières de Fontainebleau 4.

La situation est stratégique : mur mitoyen avec la ligne de chemin de fer Lyon-Genève, tramway à vapeur avec station devant l’usine, à cinq minutes de la gare de marchandises de La Guillotière. Des succursales sont ouvertes à Paris (rue des Blancs-Manteaux, 40), Marseille (rue des Convalescents, 2) et Barcelone 4.

L’arbitre des grèves : un statut ambigu (1886 — 1887)

En 1886, la grève générale des verriers lyonnais offre à la Grande Verrerie Lyonnaise un rôle inattendu. L’usine n’est pas en grève, signe que ses tarifs sont jugés satisfaisants par la corporation. Après des semaines de discussions stériles, les patrons proposent d’adopter “en bloc le tarif affiché dans l’usine Sadler et Bérou [sic], du Grand-Trou”. Les délégués ouvriers acceptent immédiatement. Ce sont donc Béroud et Sadler qui permettent de sortir du conflit 5.

Mais l’image du “bon patron” se fissure dès novembre 1887. Une grève éclate pour le renvoi d’un ouvrier qui a quitté le syndicat. Mesmer et Jayet cèdent à la pression. Béroud et Sadler refusent. Le boycott s’étend : la chambre syndicale des verriers se solidarise avec les manœuvres, et la grève se poursuit contre la seule maison Béroud. Selon l’Écho de l’Allier, les syndicats reprochent aux patrons de maintenir des “renégats” dans leurs rangs, ce que la presse conservatrice montluçonnaise juge comme une atteinte à la liberté du travail 6.

Médailles et rayonnement international (1887)

En cette même année 1887, la Grande Verrerie Lyonnaise obtient deux médailles : l’une au Havre, l’autre (et c’est la plus remarquable) à Hanoï, lors de la première grande exposition organisée par la France au Tonkin, sous l’impulsion du gouverneur Paul Bert. Le Journal Officiel du 3 juillet 1887 confirme une médaille d’argent. En participant à cette exposition coloniale, la verrerie lyonnaise s’affiche parmi les entreprises françaises les plus dynamiques et tourne son regard vers les marchés lointains 7.

Le cartel de 1891 et la grande grève

En 1891, Béroud (Sadler étant mort depuis deux ans) s’associe aux autres grands patrons verriers pour former la Compagnie générale des Verreries du Lyonnais (28 janvier 1891). Son apport est de 45 000 francs. Des incidents éclatent devant son usine : pierres lancées, concierge blessée à la tête. La société est dissoute dès le 20 novembre 1891 8.

De Béroud à ses fils (1889 — 1936)

Joseph Sadler décède le 22 mai 1889 à son domicile, Route de Vienne 64 (à deux cents mètres de l’usine) à 41 ans seulement. Jean-Charles Béroud devient “J. Béroud, successeur de Béroud & Sadler” et continue de diriger seul jusqu’à son propre décès le 5 octobre 1905.

La succession opérationnelle est en réalité assurée bien avant le décès de Béroud. Eugène Jouannaux (Pierre Eugène Jouannaux, né le 8 novembre 1860 à Saint-Silvain-Montaigut, Creuse) est entré dans l’orbite verrière par la voie classique du quartier : employé de commerce au 15 chemin de la Scaronne en 1885 au momen de son mariage (l’adresse de la verrerie Dupuis) il rejoint ensuite la Grande Verrerie Lyonnaise, dont il dirige la succursale marseillaise dès 1890. À la mort de Béroud en octobre 1905, le faire-part publié dans Le Petit Marseillais le désigne explicitement comme “directeur-gérant” aux côtés des fils Joseph et Louis, preuve que Béroud avait préparé sa succession avec soin, confiant l’opérationnel à un homme d’expérience pendant que ses fils en détenaient la propriété.

Jouannaux dirige l’établissement au moins jusqu’en 1916, date à laquelle il s’installe définitivement à Marseille (peut-être suite à la perte de son fils Maxime au combat). Il y fondera ses propres Verreries Jouannaux, perpétuant ainsi la chaîne de transmission du savoir-faire qui caractérise tout ce milieu : Dupuis avait appris chez Mesmer, Sadler avait appris chez Dupuis, Jouannaux avait appris chez Dupuis avant de passer chez Béroud. Il décède à Marseille le 30 avril 1938, à 78 ans 9.

La veuve Béroud, Marie Caroline Michaud, décède le 19 janvier 1918. Le 15 janvier 1919, leurs fils Joseph et Louis Béroud forment la société “J. et L. Béroud”, capital 150 000 francs, durée 15 ans 10.

La fermeture définitive intervient vers 1935-1936 11. Le terrain est ensuite intégré au Nouveau Cimetière de la Guillotière. Le 26 mai 1944, un bombardement américain anéantit ce qui reste des anciens bâtiments.


Situation géographique

Localisation précise

L’entrée de la verrerie se situait exactement à l’embranchement de la Route Nationale N°7 de Paris à Antibes (devenue route de Vienne) et du Chemin d’intérêt commun N°7 de La Guillotière à Marennes (devenu rue Pierre Delore). Adresse : 51 route de Vienne (plus tard renuméroté 54). Coordonnées du centre de l’établissement : 45.7388515, 4.8527025 1.

Le plan parcellaire de 1885-1886 (sections 314 et 298) montre l’usine le long de la voie ferrée, confinant à l’est au “Cimetière des Hospices Civils” (devenu Nouveau Cimetière de la Guillotière). Le sol appartient aux héritiers Pouzet, successeurs du domaine de Combe-Blanche ; Béroud et Sadler sont propriétaires des constructions seulement 1.

Il s’agit de la même adresse sous deux numéros (51 et 1 chemin de Vénissieux) : le 1 chemin de Vénissieux correspond à l’angle avec la route de Vienne, deux désignations du même emplacement.

État actuel

Le site est entièrement occupé par le Nouveau Cimetière de la Guillotière. Sur le plan actuel, la parcelle correspondant à l’ancienne verrerie reste topographiquement distincte du reste du cimetière, organisé en cercles concentriques ; elle a été acquise bien après l’aménagement initial. Le bombardement du 26 mai 1944 a effacé les derniers vestiges bâtis.


Personnages liés

Jean-Charles Béroud (16 octobre 1833, Saint-Étienne-sur-Chalaronne — 5 octobre 1905, Lyon) — fondateur et bailleur de fonds. Propriétaire de l’Ain sans formation verrière, il apporte le capital et la vision entrepreneuriale. Maire de Chassieu. Habite au 15 route de Vienne. Voir fiche individu.

Joseph Eugène Sadler (11 juin 1847, Verdun — 22 mai 1889, Lyon) — cofondateur et associé technique. Cuisinier devenu sergent-major, rétrogradé, vétéran de la guerre franco-prussienne et de la répression de la Commune, reconverti dans la verrerie chez Dupuis. Apporte le savoir-faire. Voir fiche individu.

Marie Caroline Michaud (29 avril 1849, Saint-Rambert — 19 janvier 1918, Lyon, 1er arrondissement) — épouse de Béroud, assure la continuité de l’établissement entre le décès de son mari (1905) et la reprise par leurs fils (1919).

Joseph et Louis Béroud — fils de Jean-Charles, fondent la société “J. et L. Béroud” le 15 janvier 1919 pour poursuivre l’exploitation jusqu’à la fermeture.


Éléments techniques

L’usine comprend deux fours en briques réfractaires dans une halle immense, flanqués de fours accessoires (arches, queue d’arche, chambre d’arche pour la recuisson). L’atelier de bouchage à l’émeri (innovation centrale et brevetée de l’établissement) dispose de 60 tours mécaniques à vapeur, remplaçant le travail manuel pratiqué ailleurs, notamment à Paris où il est confié à des ouvriers en chambre.

Le bouchage à l’émeri consiste à roder, par polissage avec une pâte abrasive à base d’émeri (corindon), les surfaces en contact du bouchon et du goulot d’un flacon, garantissant une étanchéité parfaite. La mécanisation de ce procédé par 60 tours à vapeur produit un résultat plus régulier et plus économique que le rodage manuel. C’est la marque de fabrique de l’établissement, fièrement affichée dans toutes ses réclames.

Matière première : sables exclusivement issus des carrières de Fontainebleau, reconnus pour leur pureté.

Production : flacons pour pharmaciens et parfumeurs, flacons de fantaisie sur dessins fournis par les clients, bouteilles pour liqueurs, flacons pour conserves alimentaires, tubes et baguettes pour laboratoires, verres d’éclairage au pétrole, schiste, huile et gaz, baguettes massives et tubes pour chaudières.


Contexte social

La Grande Verrerie Lyonnaise se distingue du modèle paternaliste Mesmer : aucun logement ouvrier n’est prévu sur le site, les travailleurs se logent ailleurs dans le quartier et viennent à l’usine grâce au tramway à vapeur qui s’arrête devant l’entrée. Béroud ne cherche pas à contrôler la vie de ses ouvriers hors des heures de travail 2.

Cette distance n’empêche pas les conflits. La grève de 1887 révèle les limites de la réputation de “bon patron” : dès que les syndicats poussent leurs exigences au-delà des tarifs (renvoi des non-syndiqués), Béroud et Sadler résistent là où Mesmer et Jayet cèdent. La ligne de conduite est différente, mais le résultat (intégration au cartel de 1891) est le même 6.


Erreurs et incertitudes

Ce que dit la littérature, et ce qu’il faut corriger

La Revue Rive Gauche (1965) attribue à Béroud le prénom “Joseph” : erreur corrigée par l’acte de mariage de 1869 et l’acte de décès de 1905, qui établissent clairement le prénom “Jean” (dit Jean-Charles) 1.

Points non résolus

  • Les circonstances de la rétrogradation militaire de Sadler (mai 1873) restent inconnues. La “décision martiale” évoquée dans son livret militaire pourrait couvrir de multiples situations : manquement disciplinaire, incident lié à la Commune, ou autre.
  • La date exacte de dissolution de la première société Béroud et Sadler n’a pas été retrouvée dans les annonces légales, seul le décès de Sadler (22 mai 1889) en marque la fin probable.
  • Le devenir de la famille Sadler après 1889 n’est pas documenté.
  • La date précise de fermeture : l’activité cesse entre 1930 et 1936 selon les sources, sans acte de dissolution retrouvé.

Notes

Footnotes

  1. Document personnel sur la Grande Verrerie Lyonnaise (Arnaud Balandras). Revue Rive Gauche, n°14, octobre 1965, p. 21. Plan parcellaire, sections 314 et 298, vers 1885-1886. Acte de décès de Jean-Charles Béroud — AM Lyon, 3e arrondissement, cote 2E2008, vue 69/137, acte n°1895, 5 octobre 1905. 2 3 4

  2. Livret militaire de Joseph Sadler — Geneanet, [R837] Verdun (Meuse, France), Listes du contingent, 1867. Acte de mariage Sadler-Pellet, 17 juin 1875 — AM Lyon, 2e arrondissement, cote 2E756, vue 162/344, acte n°323. Recensement de Lyon 1886, chemin des Quatre-Maisons, n°65. 2 3 4

  3. Archives Commerciales de la France, 18 janvier 1883, p. 78. Établissements insalubres de l’arrondissement de Lyon, p. 627.

  4. Le Panthéon de l’industrie, 13 mai 1888, p. 131. Annuaire de la marine de commerce française, 1886, p. 1151. Annuaire-almanach du commerce 1891, p. 2205. 2

  5. Le Français, 13 juillet 1886, p. 3/4.

  6. Journal des débats politiques et littéraires, 6 novembre 1887, p. 3/4. Gazette nationale ou le Moniteur universel, 8 novembre 1887, p. 2/4. L’Écho de l’Allier, 13 novembre 1887, p. 3/4. 2

  7. Journal Officiel de la République Française, 3 juillet 1887, p. 3051. Annuaire-almanach du commerce 1891, p. 2205 (réclame avec médailles).

  8. Salut Public, 13 février 1891 (formation du cartel). La Lanterne, 22 février 1891, p. 2/4 (incident devant l’usine). Salut Public, 29 novembre 1891 (dissolution du cartel).

  9. Le Petit Marseillais, 7 octobre 1905 (faire-part Béroud, mention de Jouannaux directeur-gérant). Le Petit Marseillais, 20 mars 1916 (Jouannaux directeur des Grandes Verreries lyonnaises J. Béroud, domicilié à Marseille). Le Petit Marseillais, 3 mai 1938 et L’Écho d’Alger, 23 mai 1938 (décès d’Eugène Jouannaux, Verreries Jouannaux, Marseille). Acte de mariage Jouannaux-Destrée, Lyon, 3 octobre 1885 (domicile : 15 chemin de la Scaronne). Indicateur marseillais 1890, p. 380 (gérant de la succursale Béroud et Sadler à Marseille).

  10. Acte de décès de Joseph Sadler — AM Lyon, 3e arrondissement, cote 2E982, vue 127/326, acte n°755, 23 mai 1889. Salut Public, 27 avril 1919 (formation J. et L. Béroud).

  11. dans un entrefilet de La Liberté, 12 novembre 1937, on présente la liste d’une douzaine de verreries qui ont récemment fermées “depuis juin 1936”, parmi elles on trouve : les “Grandes Verreries Lyonnaises (L. Béroud), à Lyon”. Il est donc possible de situer la fermeture définitive de l’établissement en 1936-1937.

Personnages associés

Personnalités

Voir toutes les personnes liées →

Galerie

Sources

archive Archives Commerciales de la France, 18 janvier 1883, p. 78

Annonce de formation de la société en nom collectif Béroud et Sadler, dite Grande Verrerie Lyonnaise, route de Vienne 51. Durée : 15 ans. Capital : 50 000 francs. Acte du 26 décembre 1882. Document fondateur de l'établissement.

archive Plan parcellaire, sections 314 et 298 (vers 1885-1886)

Localisation précise de l'usine. Parcelle n°8 : 'Fours de la verrerie, pierre et mâchefer' (Héritiers Pouzet pour le sol, Béroud et Sadler pour les constructions). Parcelle n°9 : 'Cour et bâtiments de verrerie'. L'établissement est à l'angle de la Route Nationale N°7 (route de Paris à Antibes, devenue route de Vienne) et du Chemin d'intérêt commun N°7 de La Guillotière à Marennes (devenu rue Pierre Delore). Coordonnées exactes du centre : [45.7388515, 4.8527025].

article Le Panthéon de l'industrie, 13 mai 1888, p. 131

Article exceptionnel décrivant la visite de l'usine. Confirme la construction 'de toutes pièces en 1882' et le début d'activité en 1883. Description détaillée : deux fours en briques réfractaires sous une halle immense, fours accessoires (arches, queue d'arche, chambre d'arche), ateliers de menuiserie, fabrication de meules et creusets, atelier de bouchage à l'émeri avec 60 tours mécaniques à vapeur. Sables exclusivement des carrières de Fontainebleau. Succursales à Paris, Marseille et Barcelone.

article Annuaire de la marine de commerce française, 1886, p. 1151

Béroud et Sadler, Grande Verrerie Lyonnaise — flacons pour pharmacie, parfumerie, conserves et spécialités, bouchage à l'émeri, bouteilles de fantaisie pour liquoristes.

article Annuaire-almanach du commerce, de l'industrie, de la magistrature et de l'administration, 1891, p. 2205

Réclame de 'J. Béroud, successeur de Béroud & Sadler, Grande Verrerie Lyonnaise, route de Vienne, 51'. Deux médailles 1887 (Havre et Hanoï). Atelier modèle pour le bouchage à l'émeri à la vapeur. Agent général pour l'exportation : L. Doffigny, Paris, rue des Blancs-Manteaux, 40.

article Journal Officiel de la République Française, 3 juillet 1887, p. 3051

Médaille d'argent obtenue par Béroud et Sadler à l'Exposition de Hanoï (1887), première grande exposition organisée par la France au Tonkin sous l'impulsion du gouverneur Paul Bert.

article Le Français, 13 juillet 1886, p. 3/4

Annonce de la fin de la grève des verriers de 1886. Les patrons proposent d'adopter 'en bloc le tarif affiché dans l'usine Sadler et Bérou [sic], du Grand-Trou'. Immédiatement accepté par les délégués ouvriers. Béroud et Sadler arbitres involontaires du conflit social.

article Journal des débats politiques et littéraires, 6 novembre 1887, p. 3/4

Grève des manœuvres des usines Béroud et Sadler, Jayet et Mesmer, pour le renvoi d'ouvriers non syndiqués. Béroud et Sadler refusent de céder, contrairement à Mesmer et Jayet.

article La Lanterne, 22 février 1891, p. 2/4

Bagarre à la sortie de l'usine Béroud, route de Vienne. Des pierres lancées contre l'usine, la concierge atteinte à la tête. Blessure sans gravité. Gardiens de la paix dispersent le rassemblement.

article Salut Public, 27 avril 1919

Formation de la société J. et L. Béroud, verrerie, 51 route de Vienne, capital 150 000 francs, durée 15 ans, à compter du 15 janvier 1919.

article La Liberté, 12 novembre 1937 https://www.retronews.fr/journal/la-liberte/12-novembre-1937/4/667a153f-7211-462f-928f-1445e36e0cc4

Un entrefilet liste une douzaine de verreries qui ont récemment fermées "depuis juin 1936", parmi elles on trouve : les "Grandes Verreries Lyonnaises (L. Béroud), à Lyon". Il est donc possible de situer la fermeture définitive de l'établissement en 1936-1937.

article Revue Rive Gauche, n°14, octobre 1965, p. 21

Description de l'emplacement de la Verrerie Béroud 'à l'angle du chemin de Vénissieux et de la route de Vienne (ancien numéro 51 puis 54), le long de la voie ferrée de Perrache aux Brotteaux'. Disparition vers 1930-1936. Bombardement du 26 mai 1944. Note : la revue attribue à Béroud le prénom 'Joseph' — erreur, son prénom est Jean-Charles.

etat civil Acte de mariage de Jean Béroud et Marie Caroline Michaud, 29 décembre 1869 (Archives municipales de Lyon, registre des mariages de 1869, 2E721, vue 339/342)

Jean Béroud, né à Saint-Étienne-sur-Chalaronne (Ain) le 16 octobre 1833, propriétaire, demeurant rue Grenette, 3. Fils de défunt Jean Béroud et vivante Marie Guillard. Marie Caroline Michaud née à Saint-Rambert (Ain) le 29 avril 1849. Jean Béroud n'est pas issu du monde du verre.

etat civil Acte de décès de Jean-Charles Béroud, 5 octobre 1905 (Archives municipales de Lyon, 3e arrondissement, registre des décès 1905, cote 2E2008, vue 69/137, acte n°1895)

'Béroud Jean, maître de verrerie, Route de Vienne 15, né à Saint-Étienne-sur-Chalaronne, Ain, le 16 octobre 1833, fils de feus Jean et Marie Guillard, époux de Marie Caroline Michaud, décédé dans son domicile ce matin à cinq heures.'

etat civil Acte de mariage de Joseph Sadler et Marie Louise Pellet, 17 juin 1875 (Archives municipales de Lyon, 2e arrondissement, registre des mariages 1875, cote 2E756, vue 162/344, acte n°323)

Joseph Eugène Sadler, né à Verdun (Meuse) le 11 juin 1847, 'employé de commerce', demeurant rue de la Charité, 68. Parents originaires de Puttelange (Moselle), décédés. Épouse Marie Louise Pellet, 36 ans.

etat civil Acte de décès de Joseph Sadler, 23 mai 1889 (Archives municipales de Lyon, 3e arrondissement, registre des décès 1889, acte n°755, cote 2E982, vue 127/326)

'Sadler Joseph Eugène, industriel, Route de Vienne 64, né à Verdun (Meuse) le onze juin mille huit cent quarante sept, fils de feu Félix et de feue Jeanne Alexandre, époux de Marie Louise Pellet, est décédé en son domicile hier soir à trois heures.' Il demeurait donc à 200 mètres de son usine.

archive Livret militaire de Joseph Sadler (Geneanet, [R837] Verdun (Meuse, France) - Listes du contingent, 1867)

Source exceptionnelle. À l'incorporation (1867) : cuisinier, résidant à Cambrai. Carrière : soldat 2e classe (19 octobre 1868) → sergent-major 1re classe (6 mai 1872) → remis soldat 2e classe (17 mai 1873, décision martiale du 9). Campagne contre l'Allemagne (18 juillet 1870 — 6 mars 1871), deux captivités (2-9 septembre 1870 et 7-12 novembre 1870). Campagne dans l'armée de Versailles (18 mai — 7 juin 1871) — participation à la répression de la Commune. Libéré du service actif le 30 juin 1873. 'S'est retiré à Lyon, rue de l'Escaronne n°6.' Travaille 'à la verrerie de la Grosse Mouche' (orthographe du rédacteur pour 'Scaronne'). Décès noté : 22 mai 1889, Lyon, 3e arrondissement.

archive Recensement de Lyon 1886

Ménage Béroud, n°15 route de Vienne : Jean-Charles Béroud, 51 ans, fabricant de verreries ; Marie Caroline Michaud, 36 ans ; enfants Claude Joseph (13 ans), Jeanne Marie (12 ans), Louis Antoine (10 ans), Léon Marie (7 ans). Aucun ouvrier verrier résidant dans cette rue — contrairement au modèle paternaliste Mesmer, les ouvriers se logent ailleurs et viennent à l'usine par tramway à vapeur. Ménage Sadler, n°65 chemin des Quatre-Maisons (actuelle rue Audibert-et-Lavirotte) : Joseph Sadler, 39 ans, verrier ; Marie Louise Pellet, 36 ans ; enfants Joanny Félix (10 ans) et Jeanne Marie (8 ans et demi).