Verrier
Jean Baptiste Schmid
17 janvier 1764 — 24 avril 1845
Souffleur de verre à vitres de la lignée Schmid de Soleure et de Grünwald (Forêt-Noire)
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Biographie
Résumé
Jean Baptiste Schmid est un souffleur de verre à vitres dont la trajectoire, reconstituée à partir des actes d’état civil, traverse trois pays et plusieurs des grands foyers verriers de la fin du XVIIIe siècle. Né le 17 janvier 1764 à Illingen, dans la Sarre, il appartient à la grande lignée des Schmid verriers de Soleure et de Grünwald (Forêt-Noire). Il épouse le 20 juin 1786 à Champagney (Haute-Saône) Marie Thérèse Marguerite Lamboley, et meurt dans cette même commune le 24 avril 1845, à quatre-vingt-un ans.
Son importance pour l’histoire des verreries du Rhône tient à un acte unique : c’est lui le « Jean Schemite, souffleur à vitre » qui déclare, le 11 floréal an II (30 avril 1794), le décès de son fils Jean Pierre à Vienne, en se disant logé « chez le citoyen Melchior Enard propriétaire de la verrerie de cette commune ». Mais sa valeur dépasse de loin ce seul jalon. Ses années à la verrerie royale de Pierre-Bénite (vers 1786-1791), lues à travers les baptêmes de ses enfants, le placent au cœur d’une communauté verrière germanique très soudée, aux côtés des Sigwart, Brischoux, Raspiller, Spicher, Crine et Kaltenbach, soit plusieurs des lignées que documente Radix Vitri. Son propre père, Jean Jérôme Schmid, avait déjà travaillé aux côtés de Georg Anton Sigwart à Illingen entre 1748 et 1756 : les Schmid et les Sigwart se côtoient ainsi sur deux générations, d’Illingen à Pierre-Bénite.
Jean Baptiste Schmid n’est pas un ancêtre d’Arnaud, mais il est étroitement lié à plusieurs de ses ascendants, au premier rang desquels Georg Anton Sigwart et son épouse Catherine Brischoux, marraine de l’un de ses fils.
Origines et ascendance
Jean Baptiste Schmid naît le 17 janvier 1764 à Illingen, dans la Sarre, alors terre d’Empire et région verrière active. Son ascendance le rattache fermement à la grande lignée des Schmid souffleurs de Grünwald, dans le sud de la Forêt-Noire, et de la région de Soleure :
- Samuel Schmid (1615-1668), époux d’Anna Weber, est la tige connue de cette lignée.
- Son fils Mickael Schmid naît à Grünwald le 8 septembre 1665.
- Vient ensuite Joannes Kaspar Schmid (Grünwald, 27 mars 1693 — Herrenwies, 10 juin 1759), souffleur de verre qui exerce surtout autour de Sankt-Blasien avant d’achever sa carrière dans le Palatinat — exactement comme le feront, à la même époque, une partie des Sigwart de Sankt-Blasien.
- Son fils Jean Jérôme Schmid (ou Joannes Hieronymus, vers 1725 — Illingen, 3 décembre 1801), père de Jean Baptiste, est attesté verrier à la Glashütte d’Illingen. Il épouse le 13 juillet 1750 à Bühl (Bade, en Forêt-Noire) Marie Catherine Hoffmann, dont on ne sait par ailleurs rien. Tous leurs enfants naissent à Illingen entre 1751 et 1768. Fait notable pour le réseau d’Arnaud : Jean Jérôme a travaillé aux côtés de Georg Anton Sigwart à Illingen entre 1748 et 1756.
Parcours verrier
L’itinéraire de la famille, lu à travers les actes de baptême, de naissance et de décès des enfants, dessine la trajectoire d’un souffleur de vitres itinérant, attaché aux établissements des Esnard avant un retour franc-comtois (après un détour espagnol) :
- Champagney (Haute-Saône) : mariage le 20 juin 1786 avec Marie Thérèse Marguerite Lamboley, dans la commune d’origine de l’épouse.
- Pierre-Bénite / Oullins (Rhône) : dès la fin de 1786 et jusqu’en 1791 au moins, à la verrerie royale de Joseph Esnard. Quatre enfants y naissent (voir Descendance), et les actes désignent constamment Jean Baptiste comme « souffleur en verre à vitre » (une fois « maître souffleur ») à la verrerie royale de Pierre-Bénite.
- Vienne (Isère) : la famille y est présente de 1793 à 1797 au moins. C’est là que se situe l’acte capital : le 11 floréal an II (30 avril 1794), Jean Schmid déclare le décès de son fils Jean Pierre, se déclarant logé chez Melchior-Gaspard Enard (fils de Joseph), propriétaire de la verrerie de Vienne. Le passage de Jean Baptiste de l’établissement du père (Pierre-Bénite) à celui du fils (Vienne) illustre concrètement la continuité de la maison Enard. Un autre de ses fils, Pierre, meurt à Vienne le 18 juin 1797.
- Vacarisses (Catalogne, Espagne) : le 26 novembre 1799 y naît sa fille Marie Rose Thérèse. Cet épisode espagnol, jusqu’ici inédit, témoigne d’un engagement dans un établissement verrier catalan non identifié, entre le départ de Vienne et le retour en France.
- Retour à Champagney : dès le 18 janvier 1801 (naissance de Joseph Antoine), la famille est de retour en Haute-Saône, où naissent encore plusieurs enfants jusqu’en 1807 et où Jean Baptiste finira ses jours en 1845.
Descendance
Le couple Schmid-Lamboley a eu de nombreux enfants, dont les naissances et décès jalonnent les déplacements du père :
- Pierre (6 décembre 1786, Oullins — 18 juin 1797, Vienne). Parrain : Pierre Kaltenbach, étendeur à la verrerie ; marraine : Catherine Brischoux, femme de Georg Anton Sigwart père, tous deux ancêtres d’Arnaud Balandras.
- Philippe Antoine (25 décembre 1788, Oullins — 17 novembre 1789, Oullins). Parrain : Philippe Lamboley, oncle maternel. À son décès, les témoins sont Pierre Louis Crine et Georg Spicher, verriers.
- Marie Josèphe (8 avril 1790, Oullins — 8 juillet 1850, Champagney). Parrain : Claude Joseph Raspiller, souffleur en verre à vitre ; marraine : Jacquesme Sigwart, fille de Georg Anton père, épouse de Sébastien Sigwart. Témoin : Jean-Baptiste Hilaire Spicher, époux de Catherine Sigwart (autre fille de Georg Anton père).
- Madeleine (8 août 1791, Oullins — ?). Parrain : Joseph Lamboley, de Champagney ; marraine : Magdelaine Fogle (ou Vogel), épouse de George Laurent Fogt (ou Vögt), souffleur né à Saint-Quirin (3 avril 1766).
- Jean Pierre (25 août 1793, Vienne — 29 avril 1794, Vienne). L’enfant dont l’acte de décès atteste la verrerie d’Enard.
- Marie Rose Thérèse (26 novembre 1799, Vacarisses, Catalogne — ?).
- Joseph Antoine (18 janvier 1801, Champagney — ?).
- Pétronille (19 novembre 1802, Champagney — ?).
- Joseph Éléonor (3 octobre 1804, Champagney — ?).
- Un enfant mort-né (26 avril 1807, Champagney).
Un nœud du réseau verrier germanique
La valeur documentaire de Jean Baptiste Schmid tient surtout aux liens qu’il révèle. Les parrains, marraines et témoins de ses enfants, à Pierre-Bénite, dessinent la carte d’une communauté verrière germanophone très cohésive, où l’on retrouve plusieurs des familles centrales pour Radix Vitri : Sigwart, Brischoux, Raspiller, Spicher, Crine, Kaltenbach, Fogt, Lamboley.
Le lien avec les Sigwart — lignée d’Arnaud — est particulièrement dense et ancien. Il se noue d’abord à Illingen, où le père de Jean Baptiste, Jean Jérôme Schmid, travaille aux côtés de Georg Anton Sigwart entre 1748 et 1756. Il se prolonge à Pierre-Bénite une génération plus tard : Georg Anton Sigwart père y est souffleur en verre à vitre dans la même verrerie que Jean Baptiste, son épouse Catherine Brischoux (ancêtre d’Arnaud) est marraine du petit Pierre Schmid en 1786, et deux de leurs filles (Jacquesme et Catherine Sigwart) apparaissent comme marraine ou par leur époux aux baptêmes suivants. Les Schmid et les Sigwart se côtoient ainsi sur deux générations et de part et d’autre du Rhin.
S’y ajoutent les Raspiller (Claude Joseph Raspiller, parrain en 1790), les Spicher (Georg Spicher en 1789 ; Jean-Baptiste Hilaire Spicher en 1790) et les Crine (Pierre Louis Crine en 1789) — autant de lignées que Radix Vitri documente par ailleurs. Jean Baptiste Schmid constitue de la sorte un point de jonction précieux entre ces familles, à un moment (1786-1791) et en un lieu (la verrerie royale de Pierre-Bénite) où elles se trouvent rassemblées.
Erreurs et incertitudes
Ascendance : ce qui est acquis, ce qui reste à vérifier
L’ascendance de Jean Baptiste Schmid jusqu’à Samuel Schmid (1615-1668) et au foyer de Grünwald est documentée, et le rattache clairement à la grande lignée des Schmid verriers de Soleure et de Forêt-Noire. Cette branche (Samuel 1615 → Mickael → Joannes Kaspar → Jean Jérôme → Jean Baptiste) rejoint la sous-branche Schmid de Gänsbrünnen → Glashütte Grünwald documentée par ailleurs dans le réseau franc-comtois (Peter Schmid de Gänsbrünnen → Samuel, le même → Melchior → Joseph Schmid, fondateurs de Blancheroche). Il reste à détailler le lien avec la branche de Wildenstein, ancêtre d’Arnaud Balandras.
Points à confirmer ou à creuser
- L’épisode espagnol (Vacarisses, 1799) : l’établissement verrier catalan où travaillait Jean Baptiste, ainsi que les circonstances et la durée de ce séjour, restent entièrement à documenter.
- Fonction à Champagney : le rôle exact de Jean Baptiste sur le site de Champagney après 1801 (souffleur, ou autre métier verrier) n’est pas établi par les actes consultés. La fiche de la verrerie de Champagney, à rédiger, devrait préciser ce point.
- Devenir des enfants : à l’exception de Pierre, Philippe Antoine et Marie Josèphe, les dates et lieux de décès des enfants ne sont pas connus.
- Mère et grand-mère : on ne sait rien de Marie Catherine Hoffmann, épouse de Jean Jérôme Schmid.
- Orthographe du patronyme : déformé en « Schemite », « Chemite », « Schmitte », « Chemit »… au gré des actes : une illustration des écorchures fréquentes des noms germaniques dans les registres français de la période.
- Cotes manquantes : les actes d’Illingen (naissance 1764, ascendance), de Bühl (mariage des parents 1750) et de Champagney (mariage 1786, naissances 1801-1807, décès 1841 et 1845) restent à référencer précisément.
Sources consultées
Actes de baptême, naissance et décès des enfants :
- AD69, Oullins, BMS 1786, 149 GG 8, vue 18/20 (baptême de Pierre) — lien
- AD69, Oullins, BMS 1788, 149 GG 8, vue 22/23 (baptême de Philippe Antoine) — lien
- AD69, Oullins, BMS 1789, 149 GG 8, vue 16/18 (décès de Philippe Antoine) — lien
- AD69, Oullins, BMS 1790, 149 GG 8, vue 6/18 (baptême de Marie Josèphe) — lien
- AD69, Oullins, BMS 1791, 149 GG 8, vue 13/24 (baptême de Madeleine) — lien
- AD38, Vienne, Naissances an II, 9NUM/AC544/55, vue 96/210 (naissance de Jean Pierre, 25 août 1793)
- AD38, Vienne, Décès an II, 9NUM/5E547/20, vue 162/232 (décès de Jean Pierre, 11 floréal an II)
Actes de Champagney (mariage 1786 ; naissances 1801, 1802, 1804 ; enfant mort-né 1807 ; décès de l’épouse 1841 et de Jean Baptiste 1845), de Vacarisses (naissance 1799), d’Illingen (naissance 1764 ; ascendance Schmid) et de Bühl (mariage des parents 1750) : cotes à compléter.
Frise chronologique
Verrerie royale de Joseph Esnard, paroisse d'Oullins. Quatre enfants y naissent entre décembre 1786 et août 1791. Y côtoie l'ancêtre d'Arnaud Georg Anton Sigwart père (souffleur en verre à vitre), ain…
Verrerie de Melchior-Gaspard Esnard (fils de Joseph). Attesté « souffleur à vitre demeurant chez le citoyen Melchior Enard propriétaire de la vererie de cette commune » par l'acte de décès de son fils…
Décès de son fils Pierre (né le 6 décembre 1786 à Oullins). Atteste la présence de la famille à Vienne, et le fonctionnement de la verrerie Esnard, jusqu'à cette date.
Présence en Catalogne (Vacarisses, près de Terrassa) attestée par la naissance d'une fille le 26 novembre 1799. Établissement verrier non identifié. Épisode espagnol à documenter.
Naissance de sa fille Marie Rose Thérèse, seul indice de l'épisode espagnol de la famille.
Retour à Champagney (commune d'origine de l'épouse) dès janvier 1801. Plusieurs enfants y naissent entre 1801 et 1807 ; Jean Baptiste y meurt en 1845. Fonction exacte sur le site à confirmer. Fiche de…
Parcours géographique
2 verreries
Sources
- etat civil Acte de baptême de Pierre Schmid, fils, à Oullins (AD69, Oullins, BMS 1786, 149 GG 8, vue 18/20) https://archives.rhone.fr/ark:/28729/0bhrjdt5xvqk/cf97fe83-3412-496a-8f35-b79323b47d7d
6 décembre 1786. « Jean Schmitte verrier à vitre à la verrerie de Pierre Bénite ». Parrain : Pierre Kaltenbach, étendeur à la verrerie. Marraine : Catherine Brischoux (ancêtre d'Arnaud), femme de Georg Anton Sigwart père, souffleur en verre à vitre de la même verrerie. Signatures « en écriture allemande ». Présence de Claude François Grosdemouge.
- etat civil Acte de baptême de Philippe Antoine Schmid, fils, à Oullins (AD69, Oullins, BMS 1788, 149 GG 8, vue 22/23) https://archives.rhone.fr/ark:/28729/z9317v8qf5c/e8d170b1-1416-4636-9167-a7492505ccaa
25 décembre 1788. « Jean Chemite souffleur en verre en vitre à la verrerie royale de Pierre Bénite ». Parrain : Philippe Lamboley, oncle maternel.
- etat civil Acte de décès de Philippe Antoine Schmid, fils, à Oullins (AD69, Oullins, BMS 1789, 149 GG 8, vue 16/18) https://archives.rhone.fr/ark:/28729/798l02vzstfj/1d67fe25-d2d2-4707-b0c2-7e720f7982b6
17 novembre 1789, âgé d'environ un an. « Jean Chemit… maître souffleur à la verrerie royale de Pierre Bénite ». Témoins : Pierre Louis Crine (Criner/Griner) et Georg Spicher (Joannes Georgiss Spicher), verriers, signant en écriture allemande.
- etat civil Acte de baptême de Marie Josèphe Schmid, fille, à Oullins (AD69, Oullins, BMS 1790, 149 GG 8, vue 6/18) https://archives.rhone.fr/ark:/28729/6mrfz1927nx8/8c0b1fa1-c675-4625-b124-037a6ce42dfb
8 avril 1790. « Jean Baptiste Schmitte souffleur en verrerie à vitre à la verrerie royale de Pierre Bénite ». Parrain : Claude Joseph Raspiller, souffleur en verre à vitre. Marraine : Jacquesme Sigwart (fille de Georg Anton père), épouse de Sébastien Sigwart. Témoin : Jean-Baptiste Hilaire Spicher (époux de Catherine Sigwart, autre fille de Georg Anton père).
- etat civil Acte de baptême de Madeleine Schmid, fille, à Oullins (AD69, Oullins, BMS 1791, 149 GG 8, vue 13/24) https://archives.rhone.fr/ark:/28729/2vfsnwbqtl3m/1c782f4f-4b84-4ebe-a2a8-0e296dc42ece
8 août 1791. « Jean Schemitte souffleur en verre à vitres à la verrerie royale de Pierre Bénite ». Parrain : Joseph Lamboley, fils d'Antoine Lamboley de Champagney. Marraine : Magdelaine Fogt, épouse de George Laurent Fogt (Vögt), souffleur en verre à vitre, né à Saint-Quirin le 3 avril 1766.
- etat civil Acte de naissance de Jean Pierre Schmid, fils, à Vienne (AD38, Vienne, Naissances an II, 9NUM/AC544/55, vue 96/210)
25 août 1793. « Jean Baptiste Schemite… ouvrier à vitre », demeurant paroisse Saint-George (sud de Vienne). Figure dans la section sud du registre, ce qui confirme la localisation de la verrerie. Témoins : Germain Dusseaux (paroisse Saint-George, env. 36 ans) et Jacques Morel, drapier (paroisse Saint-Martin).
- etat civil Acte de décès de Jean Pierre Schmid, fils, à Vienne (AD38, Vienne, Décès an II, 9NUM/5E547/20, vue 162/232)
11 floréal an II (30 avril 1794). « Jean Schemite souflleur à vitre demeurant chai le citoyen Melguiord [Melchior] Enard propriétaire de la vererie de cette commune ». Témoins logés chez Esnard : François May (souffleur à bouteille, 20 ans) et Germain Dusseaux (37 ans, patronyme illisible sur l'acte).
- autre Synthèse généalogique sur Jean Baptiste Schmid et son ascendance Schmid de Grünwald/Soleure (Arnaud Balandras)
Reconstitution de l'ascendance (Samuel Schmid 1615-1668 → Mickael → Joannes Kaspar → Jean Jérôme → Jean Baptiste) et de la descendance, à partir des actes de Bühl, Illingen, Oullins, Vienne, Vacarisses et Champagney. Cotes des actes de Champagney et d'Illingen à compléter.