Ancêtre direct · Verrier
Antoine Haour
28 janvier 1784 — 23 juin 1822
Souffleur de verre, premier de la lignée Haour attesté à Rive-de-Gier
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Biographie
Résumé
Antoine Haour (verrerie royale de Givors, 28 janvier 1784 — Rive-de-Gier, 23 juin 1822) est le premier de la lignée Haour attesté à Rive-de-Gier, et l’un des ancêtres verriers du concepteur de Radix Vitri. Fils de Nicolas Haour, tamiseur à la verrerie royale de Givors, il naît dans cet établissement, s’établit jeune à la verrerie de Pierre-Bénite, puis descend à Rive-de-Gier au lendemain de la fermeture de Pierre-Bénite (1812). Verrier (très probablement en verre à vitre), il meurt à Rive-de-Gier à trente-huit ans.
Son importance pour la généalogie du site tient à deux faits. D’abord, son mariage en 1804 avec Marie Barbe Sigwart, fille de Georg Anton Sigwart, qui noue les deux branches verrières de la lignée : les Haour et les Sigwart, l’une venue de Wildenstein (Forêt-Noire alsacienne), l’autre des verreries de Forêt-Noire badoise. Ensuite, sa position de pionnier ripagérien : avec lui, la famille passe de Givors et Pierre-Bénite au bassin du Gier, où elle s’enracinera durablement.
Le lieu exact de son travail à Rive-de-Gier n’est pas nommé par les actes, lacune fréquente dans cette ville à forte densité verrière, mais un faisceau d’indices le rattache très vraisemblablement aux frères Robichon, dans le sillage desquels il a quitté Pierre-Bénite.
Une naissance à la verrerie royale de Givors (1784)
Antoine naît le 28 janvier 1784 à la verrerie royale de Givors, fondée en 1749 par Michel Robichon et Joseph Enard, et il est baptisé le lendemain. Son père, Nicolas Haour, y est alors « tamiseur » ; sa mère est Anne Marie Hug, des familles verrières de Wildenstein. L’acte de baptême est un beau portrait de groupe de la communauté verrière de Givors : le parrain est Antoine Riedly (Rerly), maître souffleur à Pierre-Bénite ; la marraine, Marie Haour, fille de Joseph Haour, composeur à Givors (le grand-oncle d’Antoine) ; et l’on trouve parmi les présents Thomas Schmid, Jean Pierre Haour et Jacques Abba, des verriers venus de Miellin, de Saint-Quirin et d’ailleurs, arrivés presque tous en même temps à Givors, et que ces parrainages croisés relient. Antoine grandit donc au cœur du réseau verrier comtois et germanique reconstitué à Givors.
L’alliance Sigwart (1804) : deux branches verrières nouées
Le 3 février 1804 (13 pluviôse an XII), à Oullins, c’est-à-dire dans l’orbite de la verrerie de Pierre-Bénite, Antoine épouse Marie Barbe Sigwart, née à Oullins en 1787. Elle est la fille de Georg Anton Sigwart, né à Saint-Quirin et fils de Georg Anton Sigwart, souffleur en verre à vitre passé par Saint-Quirin et Pierre-Bénite, descendant d’une illustre lignée de souffleurs de Forêt-Noire. Ce mariage est l’un des actes fondateurs de la généalogie verrière du concepteur de Radix Vitri : il noue les Haour aux Sigwart, une grande branche de souffleurs germaniques, dont la descendance commune se prolongera jusqu’au XIXe siècle (un petit-fils, Maurice Sigwart, sera témoin au décès de Samuel Haour à Couëron en 1864).
À cette date, Antoine travaille à la verrerie de Pierre-Bénite, l’un des plus beaux établissements de France, fondé par Joseph Enard et spécialisé dans le verre à vitre (tout en produisant aussi des bouteilles). Il y est attesté en tant que souffleur de 1804 à 1811. Aucun acte ne précise sa spécialité, mais tout invite à le tenir pour un souffleur en verre à vitre, comme son beau-père et son beau-frère Sigwart, et conformément à la spécialité dominante de Pierre-Bénite.
Où travaillait Antoine à Rive-de-Gier ? Un faisceau vers Robichon
C’est ici que se pose la question la plus délicate de cette biographie et la plus révélatrice des limites de l’archive ripagérienne. Antoine est attesté à Rive-de-Gier dès 1813, l’année qui suit la fermeture de Pierre-Bénite (1812). Mais aucun des actes le concernant (naissances de 1813, 1816, 1818 ; décès de 1820 et 1822) ne nomme jamais sa verrerie : il est invariablement « verrier domicilié en cette ville ». Dans le Rive-de-Gier de ces années, qui compte déjà cinq à huit établissements verriers, et où le domicile « rue de Lyon » ne localise rien (la route de Lyon est très longue et borde plusieurs verreries), un tel silence interdit en principe d’identifier le lieu de travail d’un simple ouvrier.
Un faisceau d’indices indirects permet néanmoins une hypothèse solide, qui passe par le beau-frère d’Antoine, Joseph Sigwart. Au mariage de ce dernier, le 3 novembre 1813, figure comme témoin Camille Crozet, « propriétaire de verrerie ». Or Crozet n’est pas un témoin quelconque : petit-fils de Joseph Enard (le fondateur de Pierre-Bénite) par sa mère Charlotte Enard, époux d’une autre petite-fille Enard, il est héritier d’une part de la verrerie de Pierre-Bénite ; et il est passé dans l’orbite des Robichon à Rive-de-Gier dès 1812, au point qu’à sa mort, en 1825, ce seront Victor Robichon et le teneur de livres Jean Laurent qui déclareront son décès. Crozet dirige donc, selon toute vraisemblance, l’une des verreries Robichon de Rive-de-Gier, probablement la verrerie à vitres, héritière directe de celle de Pierre-Bénite.
Le raisonnement se déroule alors par parallélisme : Joseph Sigwart, verrier à vitre venu de Pierre-Bénite, se marie en 1813 sous le patronage de Crozet : il travaille donc chez Robichon/Crozet. Or Antoine Haour est, sur tous les plans, le double de Joseph Sigwart : même métier (le verre à vitre), même provenance (Pierre-Bénite), même famille (ils sont beaux-frères), même arrivée à Rive-de-Gier en 1812-1813. Il est donc très probable qu’Antoine ait suivi le même chemin, et qu’il ait été, comme son beau-frère, employé chez les frères Robichon, sans qu’on puisse, faute d’acte le nommant, désigner le four précis (la verrerie à vitres nouvellement construite, ou l’un des fours hérités de Claudius). Si, par hypothèse, Antoine avait été souffleur en bouteilles plutôt qu’en verre à vitre, la conclusion ne changerait guère : il aurait de toute façon suivi les Robichon, dont le complexe de Chantegraine comprenait aussi des fours à bouteilles.
On retiendra donc, prudemment : Antoine Haour travaillait vraisemblablement chez les frères Robichon à Rive-de-Gier, dans le sillage de la migration qui transféra à Rive-de-Gier, après 1812, les hommes et le savoir-faire de Pierre-Bénite. L’hypothèse, quoique non prouvée par un acte direct, est forte ; elle ferait d’Antoine l’un des tout premiers ouvriers de la verrerie ripagérienne des Robichon.
La famille et la fin (1813-1822)
À Rive-de-Gier, Antoine et Marie Barbe Sigwart ont plusieurs enfants, dont Jean Baptiste Abraham Haour (né en 1813, ancêtre direct), Henry (1816) et Marguerite (1818, morte à 20 mois en 1820). Les témoins de ces actes sont tous des verriers et tiseurs de la ville, Bajard, Peyronnet, Peillon, Perrichon, Berlier, et l’on note la présence, au décès de la petite Marguerite (1820), d’Abraham Griner, encore un nom du réseau familial comtois (les Griner, alliés des Haour depuis Miellin).
Antoine meurt jeune, le 23 juin 1822, à trente-huit ans (l’acte le dit âgé de « trente six ans »). Son acte de décès confirme une dernière fois l’imbrication des deux branches : il est déclaré par son beau-frère Joseph Sigward, ouvrier verrier, qui sera lui-même un maillon de la lignée. Sa veuve, Marie Barbe Sigwart, retournera à Givors, où elle meurt en 1832.
Points non résolus
- La verrerie exacte d’Antoine à Rive-de-Gier n’est pas nommée par les actes. L’hypothèse d’un emploi chez les frères Robichon (via le faisceau Crozet-Enard-Robichon et le parallèle avec Joseph Sigwart) est forte mais non prouvée ; le four précis (verrerie à vitres ou fours à bouteilles du complexe Robichon) reste indéterminé. Un acte nommant sa verrerie, ou un contrat d’embauche, trancherait.
- La spécialité d’Antoine (verre à vitre ou bouteilles) n’est attestée par aucun acte ; le verre à vitre est très probable (Pierre-Bénite, belle-famille Sigwart) mais non certain.
- La date précise de l’arrivée à Rive-de-Gier (1812 ou 1813) et le détail de ses premières années ripagériennes restent à préciser.
- L’acte de baptême d’Antoine à Givors est connu ; en revanche, le détail de sa carrière à Pierre-Bénite (1804-1811) mériterait d’être documenté acte par acte.
Frise chronologique
Baptisé le 29. Parrain Antoine Riedly (Rerly), maître souffleur à Pierre-Bénite ; marraine Marie Haour, fille de Joseph Haour, composeur à Givors. Présents Thomas Schmid, Jean Pierre Haour, Jacques Ab…
Antoine est attesté à Pierre-Bénite entre 1804 (mariage) et 1811 inclus, comme son beau-père Georg Anton Sigwart et son beau-frère Joseph Sigwart. Aucun acte ne donne sa spécialité, mais elle est très…
Épouse Marie Barbe Sigwart, fille de Georg Anton Sigwart. Union des branches Haour et Sigwart.
Premier de la lignée Haour attesté à Rive-de-Gier, dès 1813 (naissance de son fils Jean Baptiste Abraham). Aucun acte ne nomme sa verrerie. Le faisceau d'indices (provenance de Pierre-Bénite fermée en…
« Antoine Haour verrier, natif de Givors, époux de Barbe Sigward », mort à dix heures du matin. Déclaré par son beau-frère Joseph Sigward et Jean Peillon, ouvriers verriers.
Parcours géographique
1 verrerie
Sources
- etat civil Baptême d'Antoine Haour — Paroisse de Givors (AD Rhône, Givors, BMS 1784, 4 E 1395, vue 3/30) https://archives.rhone.fr/ark:/28729/69vhkxzm4cbq/2016237c-616e-4ab6-947c-698d16129df1
29 janvier 1784. « Antoine fils légitime de Nicolas Ahourd tamiseur à la verrerie royale de Givors et de Marie Houc. » Parrain Antoine Riedly, maître souffleur à Pierre-Bénite ; marraine Marie Ahourd, fille de Joseph Ahourd, composeur à Givors. Présents : Thomas Schmid, Jean Pierre Ahourd, Jacques Abba.
- etat civil Naissance de Jean Baptiste Abraham Haour (Antoine « verrier » à Rive-de-Gier) — Mairie de Rive-de-Gier (AD Loire, Rive-de-Gier, NMD 1813, 3 E 187 9, vue 37/165) https://archives.loire.fr/ark:/51302/vta03ed7031f5eb2f50/img:AD04212_3E187_009_0477
15 juin 1813. Antoine Haour « verrier domicilié en cette ville ». Premier acte attestant la présence d'Antoine à Rive-de-Gier. Témoins : Annet Bajard et Fleury Peyronnet, tiseurs de verrerie. Acte signé « Fleurdelix maire ».
- etat civil Naissance d'Henry Haour — Mairie de Rive-de-Gier (AD Loire, Rive-de-Gier, NMD 1816, 3 E 187 10, vue 3/116) https://archives.loire.fr/ark:/51302/vta2f8d5d89f46128b0/img:AD04212_3E187_010_0250
2 janvier 1816. Antoine Haour « verrier ». Témoins : Cézard Perrichon et Michel Berlier, tiseurs de verrerie (Berlier était « tiseur chez MM. Allimand frères » en 1810).
- etat civil Naissance de Marguerite Haour — Mairie de Rive-de-Gier (AD Loire, Rive-de-Gier, NMD 1818, 3 E 187 11, vue 56/144) https://archives.loire.fr/ark:/51302/vtac4419e6a27b1babc/img:AD04212_3E187_011_0057
23 décembre 1818. Antoine Haour « verrier ». Témoins : Jean Peillon et Fleury Peyronnet, verriers.
- etat civil Décès de Marguerite Haour — Mairie de Rive-de-Gier (AD Loire, Rive-de-Gier, NMD 1820, 3 E 187 11, vue 107/124) https://archives.loire.fr/ark:/51302/vtaf5f4fdd2fb382a2d/img:AD04212_3E187_011_0387
8 juillet 1820. Décès de la fille Marguerite, 20 mois. Déclarants : Antoine Haour et Abraham Griner (Jean Baptiste Abraham Griner), verriers.
- etat civil Décès d'Antoine Haour — Mairie de Rive-de-Gier (AD Loire, Rive-de-Gier, NMD 1822, 3 E 187 2, vue 142/164) https://archives.loire.fr/ark:/51302/vtaed9e22461eb8f6a8/img:AD04212_3E187_012_0143
23 juin 1822. « Antoine Haour verrier, natif de Givors, époux de Barbe Sigward et beau frère audit Joseph Sigward. » Déclarants : Joseph Sigward et Jean Peillon, ouvriers verriers.
- etat civil Mariage de Joseph Sigwart et Marie Anne Gertrude Haour (faisceau Crozet/Robichon) — Mairie de Rive-de-Gier (AD Loire, Rive-de-Gier, NMD 1813, 3 E 187 9, vue 125/165) https://archives.loire.fr/ark:/51302/vta03ed7031f5eb2f50/img:AD04212_3E187_009_0565
3 novembre 1813. Mariage du beau-frère d'Antoine, Joseph Sigwart (verrier à vitre, ex- Pierre-Bénite), avec une fille de Mathias Haour. Témoin : Camille Crozet, propriétaire de verrerie, héritier d'une part de Pierre-Bénite (petit-fils de Joseph Enard) et allié des Robichon à Rive-de-Gier dès 1812. Pièce maîtresse du faisceau localisant la famille chez Robichon.