Verrerie
Verrerie de la Grosse Mouche
1855 — vers 1893
Aussi connue sous : Pély et Félizat · Verrerie Félizat-Pély · Pély et Vallin · Vallin (F.) puis Vallin et Soulard · Curtillet et Dupuis · J. Dupuis · Compagnie générale des Verreries du Lyonnais
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Noms et raisons sociales
Histoire
Résumé
La Verrerie de la Grosse Mouche tire son nom du bras secondaire du Rhône (la Grosse Mouche) qui traversait le quartier de la Guillotière du nord au sud avant d’être asséché lors des grands travaux d’endiguement du XIXe siècle. Implantée au chemin de la Scaronne (actuelle rue Victor Lagrange), elle est fondée en 1855 par Simon Pély et un associé nommé Félizat, puis exploitée successivement par Pély et Vallin, par Vallin seul, par Curtillet et Dupuis, et enfin par Dupuis.
Son histoire est celle d’une verrerie secondaire, toujours dans l’ombre de la Verrerie des Culattes voisine, mais dont la longévité et les successions de propriétaires témoignent d’une activité réelle et durable. Jean-François-Marie Dupuis, ancien comptable chez Mesmer selon la tradition ouvrière, en prend le contrôle en 1874 et la dirige jusqu’à la faillite de 1892-1893. Elle est brièvement intégrée dans la Compagnie générale des Verreries du Lyonnais (janvier-novembre 1891) avant d’être vendue par expropriation forcée en mai 1893.
Historique
La fondation par Pély et Félizat (1855)
La fondation de la verrerie est désormais datée et attribuée. C’est Simon Pély, commis négociant puis copropriétaire de la verrerie de la Ferratière (verrerie Lacombe), dont la société sombre en 1854, qui crée, avec un associé nommé Félizat, une verrerie neuve chemin de la Scaronne, courant 1855. L’autorisation administrative est accordée en juillet 1855 par le Conseil d’hygiène du Rhône, rendue possible par une innovation technique : l’évacuation de la fumée par une cheminée haute (et non par des arches latérales), qui atténuait les nuisances malgré le voisinage du fort de la Vitriolerie, dont les militaires ont toujours été opposés à toute installation industrielle. Le recensement de 1856 montre Pély « maître verrier » chemin de la Scaronne n°4, entouré de ses anciens ouvriers de chez Lacombe ; un brevet « Pély et Félizat » est déposé en 1857. Cet établissement est donc la création de Simon Pély : c’est la verrerie de la Grosse Mouche 1.
Origines et premières raisons sociales (1855 — 1867)
L’histoire de la Verrerie de la Grosse Mouche est difficile à démêler en raison de la confusion entretenue par Pelletier (1887) entre plusieurs établissements voisins et plusieurs raisons sociales successives. Il faut d’emblée corriger une erreur topographique importante : le chemin de la Scaronne n’est pas devenu la rue de Gerland, mais la rue Victor Lagrange, rue qui longe la voie ferrée au sud, de l’actuelle rue Jean Jaurès jusqu’au Rhône 2.
Pelletier décrit une chaîne de propriétaires depuis l’établissement originel « de la Grosse-Mouche » : Lacombe et Labatie (vers 1830) → Lacombe, Labatie et Pély → Pély et Félizat, qui « transportèrent [la verrerie] chemin de la Scaronne ». Cette migration du site initial vers le chemin de la Scaronne est confirmée par le premier document primaire disponible : le Salut Public du 8 octobre 1858 mentionne un ouvrier « à la verrerie Félizat-Pély, chemin de Scarolles [sic], Grosse-Mouche ». Le même Simon Pély apparait en 1841 comme « directeur de la verrerie » au chemin des Culattes : il a donc migré d’un site à l’autre dans l’intervalle 2.
La suite de la chaîne Pelletier (Pély et Vallin → Vallin et Soulard → Curtillet et Dupuis) est cohérente avec la séquence documentée. Elle est même confirmée en grande partie : les annuaires Firmin Didot-Bottin attestent « Pély et Vallin » en 1860, 1861 et 1864, puis « Vallin (F.) » seul en 1865 et 1866, confirmant le retrait progressif de Pély au profit de F. Vallin entre 1858 et 1860, avant la reprise par Vallin et Soulard (le seul Soulard restant non confirmé hors Pelletier) puis par Curtillet et Dupuis en 1867. À noter : les Bottin de 1860-1861 placent fautivement la Grosse-Mouche « chemin des Culattes » (l’adresse de Mesmer) ; l’édition de 1864 rétablit « chemin de la Scaronne » 3.
L’association Curtillet et Dupuis (1867 — 1874)
Le 8 juillet 1867, le Salut Public annonce la formation d’une société en nom collectif entre Étienne Curtillet, négociant, et Jean-François-Marie Dupuis, employé de commerce, « ayant pour objet le commerce et la fabrication de la verrerie », au lieu de la Grosse-Mouche, chemin de la Scaronne, La Guillotière 4.
Dupuis n’est pas un inconnu du milieu verrier lyonnais. Selon le témoignage ouvrier publié dans L’Égalité en 1891, il aurait été « simple comptable chez Mesmer » avant de fonder sa propre verrerie, faisant de lui l’une des « créatures Mesmer », au même titre que Jayet ou Saumont. La Verrerie de la Grosse Mouche et la Verrerie des Culattes sont d’ailleurs si proches l’une de l’autre qu’un fait divers du Salut Public du 1er mai 1879 situe un drame « chemin de la Scaronne, lieu désert, situé entre la verrerie de M. Mesmer et celle de M. Dupuis », deux établissements séparés par quelques centaines de mètres à peine 5.
Une facture émise par la société le 4 octobre 1873 (voir figure ci-dessus) donne un aperçu de la production à cette époque : gobeletterie — flaconnerie — articles pour parfumeurs — articles de chimie — éclairage — bouteilles de différentes couleurs — bonbonnes — dames-jeannes — verre à vitre.
L’association Curtillet-Dupuis cesse le 3 août 1874. Dupuis reprend seul l’exploitation 4.
Dupuis seul (1874 — 1891)
Sous la direction de J. Dupuis puis de Dupuis père et fils (Jean-François-Marie et son fils Jean-Marie Félix), l’établissement figure dans les annuaires commerciaux successifs. Pelletier (1887) note qu’en 1867 la verrerie ne comptait que deux fours et en avait cinq à la date de son ouvrage, une croissance notable sur vingt ans. La production comprend « tous les articles de gobeleterie, moulure, verres à pied, éclairage, spécialités pour pharmaciens, parfumeurs, fabricants de conserves alimentaires, confiseurs, droguistes et liquoristes ». Dupuis fils obtient deux médailles d’or à l’Exposition de Paris en 1882 6.
La verrerie Dupuis est directement mêlée aux grèves de 1886 qui secouent la Guillotière. Le Salut Public du 2 juillet 1886 mentionne qu’un gréviste escalade la grille de l’usine Dupuis pour en ouvrir les portes aux manifestants — parallèlement à l’envahissement de l’usine Mesmer. Dupuis fait partie des signataires de l’accord du 12 juillet 1886 alignant les tarifs sur ceux de l’usine Sadler et Béroud 7.
La Compagnie générale des Verreries du Lyonnais (1891)
Le 28 janvier 1891, en pleine grande grève, Dupuis père et fils s’associent à Mesmer, Béroud et Jayet pour former la Compagnie générale des Verreries du Lyonnais. Leur apport est de 53 000 francs — soit le troisième apport en importance après Mesmer (61 000 francs) et avant Jayet (41 000 francs) 8.
Ce document est exceptionnel à un autre titre : il permet de dresser la liste complète des verreries actives au sud de Lyon à cette date, avec leurs adresses précises : Mesmer chemin des Culattes 31 à 37, Dupuis chemin de la Scaronne 9, Béroud route de Vienne 51 et chemin de Vénissieux 1, Jayet chemin de Gerland 41 et 43. N’y manquent que la verrerie ouvrière de Vénissieux et les établissements plus au sud (Oullins, La Mulatière) 8.
La société est dissoute le 20 novembre 1891, moins d’un an après sa création. L’épisode est à la fois révélateur et absurde : ces quatre industriels, qui venaient de passer huit mois à lutter contre leurs ouvriers grévistes en front commun, se séparent aussitôt la grève terminée.
Faillite et fermeture (1892 — 1893)
La situation de Dupuis se dégrade rapidement après la grève. Entre avril et décembre 1892, il subit plusieurs actions judiciaires, culminant avec un procès-verbal de saisie le 26 avril 1892. Le 17 avril 1893, le Salut Public annonce la vente par expropriation forcée de la « Verrerie de la Grosse Mouche », chemin de la Scaronne, 9 : bâtiments d’habitation de maître, maison d’ouvriers, hangars, fours, terrain et dépendances, sur 2 343 m² (cadastre section G, n°511 P.), plus un immeuble rue des Verriers. Mise à prix : 40 000 francs. Adjudication fixée au 20 mai 1893 9.
En 1900, le Salut Public confirme que les locaux de “l’ancienne verrerie Dupuis, chemin de la Scaronne, 9” abritent désormais des ateliers de corderie. L’aventure verrière est terminée 9.
Situation géographique
Localisation et topographie
La verrerie était implantée au chemin de la Scaronne, numéros 9 et 11 (actuelle rue Victor Lagrange), dans le quartier de La Guillotière, 3e arrondissement de Lyon. Cette rue longeait la voie ferrée au sud, de l’actuelle rue Jean Jaurès jusqu’au Rhône, où se trouvait jadis, plus au sud, la Vitriolerie. Le quai se nommait d’ailleurs Quai de la Vitriolerie en 1885 2.
La localisation précise peut être reconstituée grâce à l’annonce de vente de 1893 : le site est confiné “au midi par le chemin de la Scaronne, au nord par terrain à l’État et terrain au chemin de fer et propriété à Triffaz, et à l’ouest par terrain à Félizat”. Il se situe à la jonction de la rue Victor Lagrange et de la rue des Verriers (quart sud-ouest), à environ 300 mètres à l’est du chemin des Culattes dont il était parallèle 2.
Le nom : la Grosse Mouche
Le nom de la verrerie (et du quartier) provient du bras secondaire du Rhône appelé « Grosse Mouche » qui traversait ce secteur du nord au sud. Une « Petite Mouche » en constituait le pendant. Ces lônes et bras morts structuraient le territoire avant les grands travaux d’endiguement du XIXe siècle, qui les ont progressivement asséchés. Le nom du quartier (et de l‘“usine de la Grosse-Mouche” que décrit Pelletier) est donc un toponyme hydrographique, héritage de la géographie fluviale antérieure aux transformations urbaines.
État actuel
Aucun vestige industriel n’a été identifié. La rue des Verriers, où se trouvait le bâtiment de logement des ouvriers, existe toujours entre la rue Victor Lagrange et la rue Lortet.
Personnages liés
Simon Pély : commis négociant chez Lacombe (1834), directeur (1841) puis copropriétaire de la verrerie de la Ferratière (1851-1854), enfin fondateur de la Verrerie de la Grosse Mouche en 1855 (avec Félizat). Il s’en retire dès 1858-1860. Personnage pivot du milieu verrier de La Guillotière, dont la trajectoire relie deux sites majeurs du quartier.
Félizat : cofondateur de la verrerie avec Pély en 1855 (raison sociale « Pély et Félizat » ; un « terrain à Félizat » borde encore le site en 1893). Biographie à instruire.
F. Vallin : associé de Pély (« Pély et Vallin », attesté dans les Bottin de 1860 à 1864), puis seul exploitant (« Vallin (F.) », 1865-1866). NB : un F. Vallin est aussi attesté à la verrerie du Mont-Bellevue en 1854, associé aux frères Crine — possiblement le même homme, à vérifier. Un éventuel « Soulard » lui aurait succédé (Pelletier, non confirmé).
Étienne Curtillet : négociant, cofondateur de la société Curtillet et Dupuis en 1867. Rôle et trajectoire ultérieure inconnus.
Jean-François-Marie Dupuis : employé de commerce devenu maître verrier, selon la tradition ouvrier ancien comptable chez Mesmer. Corepreneur en 1867, seul exploitant à partir de 1874. Associé dans l’éphémère Compagnie générale des Verreries du Lyonnais (1891). Voit son établissement saisi par expropriation forcée en 1893.
Jean-Marie Félix Dupuis : fils de Jean-François-Marie, associé sous la raison sociale « Dupuis père et fils ». Obtient deux médailles d’or à l’Exposition de Paris en 1882.
Éléments techniques
En 1867, la verrerie compte deux fours. En 1887, Pelletier mentionne cinq fours, une croissance très significative sur vingt ans. La production comprend gobeleterie, verres à pied, articles d’éclairage, et spécialités pour pharmaciens, parfumeurs, confiseurs et liquoristes 6.
L’autorisation de l’usine, en 1855, fut obtenue grâce à une innovation : l’évacuation de la fumée par une cheminée haute, et non, comme dans les verreries ordinaires de l’époque, par des arches latérales, qui devait répandre la fumée dans l’atmosphère à une hauteur suffisante pour qu’elle ne fût plus une nuisance permanente pour le voisinage. C’est cette amélioration qui permettra l’acceptation administrative 1.
Le site mesure environ 2 343 m² (section G du cadastre, n°511 P.), d’un seul ténement entièrement clos, avec un bâtiment d’habitation de maître, une maison d’ouvriers, des hangars et les fours. Un second ténement, rue des Verriers, comprend une maison d’habitation pour les ouvriers et un terrain.
Erreurs et incertitudes
Ce que dit la littérature, et ce qu’il faut corriger
Pelletier (1887) confond plusieurs établissements distincts dans sa description de “l’Usine de la Grosse-Mouche”. Il présente une chaîne linéaire (Lacombe-Labatie → Pély et Félizat → Curtillet et Dupuis → J. Dupuis) qui mélange des adresses différentes et des périodes mal datées. La principale erreur topographique est de laisser entendre que la verrerie Jayet (chemin de Gerland) serait la même que la verrerie de la Grosse Mouche (chemin de la Scaronne). Le chemin de la Scaronne est devenu la rue Victor Lagrange, non la rue de Gerland. Ce sont deux rues distinctes, certes dans la continuité l’une de l’autre, mais la première part du Rhône jusqu’à l’actuelle Avenue Jean Jaurés, la seconde part de cette avenue et descend vers le Sud jusqu’à l’Avenue Tony Garnier. Les établissements verriers, eux, sont séparés par l’Avenue Jean Jaurès et sont à plusieurs centaines de mètres de distance l’un de l’autre.
À cette confusion s’ajoute une erreur des annuaires Bottin de 1860 et 1861, qui placent « Pély et Vallin, verrerie de la Grosse-Mouche, chemin des Culattes » : c’est l’adresse de Mesmer, recopiée par erreur. La Grosse-Mouche est bien chemin de la Scaronne, comme le confirment les éditions de 1864 à 1866.
Points non résolus
- La chaîne Lacombe-Labatie (vers 1830, à la Grosse-Mouche initiale, avant le transport chemin de la Scaronne) décrite par Pelletier n’est pas confirmée par des sources primaires. Elle reste plausible mais non vérifiée (et se rapporte à l’origine du nom plutôt qu’au site de la Scaronne).
- L’identité de F. Vallin (et celle d’un éventuel associé Soulard) reste à établir. Piste : un F. Vallin associé aux frères Crine à la verrerie du Mont-Bellevue en 1854 pourrait être le même personnage.
- La biographie de Félizat est à instruire.
- Le devenir de Dupuis après 1893 est inconnu. La faillite semble totale, mais aucune source ne précise ses circonstances exactes ni le devenir personnel de l’industriel. (Biographie des Dupuis père et fils à constituer.)
Notes
Footnotes
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Compte-rendu des travaux du Conseil d’hygiène publique et de salubrité du Rhône (1851-1859), 1860, p. 339 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6492506g/f383.image (autorisation Pély et Félizat, juillet 1855 ; cheminée haute). Brevet de 15 ans déposé en 1857, « Pély et Félizat, négociants, au lieu dit la Mouche » (Gallica bpt6k6365354q). Recensement de Lyon 1856, chemin de la Scaronne n°4 (cote 6 M 150). ↩ ↩2
-
Recherches personnelles sur la Verrerie de la Grosse Mouche (Arnaud Balandras). Ruesdelyon.net, notice rue Victor Lagrange : https://www.ruesdelyon.net/rue/1421-rue-victor-lagrange.html ↩ ↩2 ↩3 ↩4
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Annuaires Firmin Didot-Bottin : 1860 (p. 2038), 1861 (p. 2089), 1864 (p. 2354) « Pély et Vallin » ; 1865 (p. 2524), 1866 (p. 2863) « Vallin (F.) ». Les éditions 1860-1861 portent l’adresse fautive « chemin des Culattes ». ↩
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Salut Public, 8 juillet 1867 (formation Curtillet et Dupuis) : https://www.lectura.plus/Presse/show/?id=69SALUTPUBLI-18670708P-003.pdf; Salut Public, 1er septembre 1874 (dissolution). ↩ ↩2
-
Salut Public, 1er mai 1879 : https://www.lectura.plus/Presse/show/?id=69SALUTPUBLI-18790501P-002.pdf ; L’Égalité, 4 mars 1891 (sur les origines de Dupuis chez Mesmer). ↩
-
Pelletier, Pierre. Les verriers dans le Lyonnais et le Forez., Paris, 1887, p. 246-247 (section « Usine de la Grosse-Mouche »). ↩ ↩2
-
Salut Public, 2 juillet 1886 (envahissement des usines). Salut Public et Le Temps, 12 juillet 1886 (accord de fin de grève). ↩
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Salut Public, 13 février 1891 (formation de la Compagnie générale) : https://www.lectura.plus/Presse/show/?id=69SALUTPUBLI-18910213P-004.pdf ; Salut Public, 29 novembre 1891 (dissolution) : https://www.lectura.plus/Presse/show/?id=69SALUTPUBLI-18911129P-004.pdf ↩ ↩2
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Salut Public, 17 avril 1893 (vente par expropriation) : https://www.lectura.plus/Presse/show/?id=69SALUTPUBLI-18930417P-004.pdf ; Salut Public, 7 août 1900 (ancienne verrerie Dupuis reconvertie en corderie) : https://www.lectura.plus/Presse/show/?id=69SALUTPUBLI-19000807P-002.pdf ↩ ↩2
Personnages associés
Aucun personnage notable n'est renseigné. Voici les premières personnes liées au lieu.
Personnalités
Sources
Confirme l'autorisation, en juillet 1855, de l'usine « Pély et Félizat » au lieu de la Guillotière, ainsi que de celles de Bovagnet-Pély-Defassion (juin 1853) et Mesmer-Saumont (octobre 1854). Précise l'innovation qui a rendu ces autorisations possibles malgré le voisinage du fort : l'évacuation de la fumée par une cheminée haute, et non par des arches latérales. Brevet de 15 ans déposé en 1857 : « Pély et Félizat, négociants, au lieu dit la Mouche » (Gallica bpt6k6365354q).
Simon Pély, « maître verrier », chemin de la Scaronne n°4 (cote 6 M 150), entouré de ses anciens ouvriers de chez Lacombe (Pierry, Pintener, Foux, Rey, Chapuis, Martin…). Atteste le lancement de la nouvelle usine dès 1855-1856.
« Pély et Vallin, verrerie de la Grosse-Mouche » en 1860 (p. 2038), 1861 (p. 2089) et 1864 (p. 2354) ; « Vallin (F.), verrerie de la Grosse-Mouche » en 1865 (p. 2524) et 1866 (p. 2863). Documentent la séquence Pély-Vallin puis Vallin que Pelletier donnait pour invérifiable. NB : 1860-1861 portent une adresse fautive (« chemin des Culattes »).
Annonce de la formation de la société Curtillet et Dupuis, « ayant pour objet le commerce et la fabrication de la verrerie », au lieu de la Grosse-Mouche, chemin de la Scaronne, La Guillotière. Premier document nominatif sur cet établissement.
Annonce de vente par licitation mentionnant « Pierre-Marie Monin, manœuvre à la verrerie Félizat-Pély, y demeurant, chemin de Scarolles [sic], Grosse-Mouche ». Document attestant l'existence de la verrerie sous la raison sociale Félizat-Pély.
Dissolution de la société Curtillet et Dupuis au 3 août 1874. Jean-François-Marie Dupuis reprend seul l'exploitation de la verrerie de la Grosse-Mouche.
Fait divers tragique : un homme se tire deux coups de revolver « chemin de la Scaronne, lieu désert, situé entre la verrerie de M. Meysmer [Mesmer] et celle de M. Dupuy [Dupuis] ». Document confirmant la proximité immédiate des deux établissements et la topographie du secteur.
Formation de la Compagnie générale des Verreries du Lyonnais (28 janvier 1891). Dupuis père et fils, chemin de la Scaronne, 9. Apport : 53 000 francs. Document listant l'ensemble des verreries du sud de Lyon à cette date.
Dissolution de la Compagnie générale des Verreries du Lyonnais, effective au 20 novembre 1891 — moins d'un an après sa création.
Vente par expropriation forcée de la « Verrerie de la Grosse Mouche », chemin de la Scaronne, 9. Comprenant bâtiments d'habitation de maître, maison d'ouvriers, hangars, fours, terrain et dépendances, d'un seul ténement clos de murs (2 343 m², section G du cadastre, n°511 P.). Second lot : immeuble rue ou chemin des Verriers. Mise à prix : 40 000 francs. Adjudication au 20 mai 1893. Clôture de l'histoire industrielle du site.
Mention de 'l'ancienne verrerie Dupuis, chemin de la Scaronne, 9', dont les locaux abritent désormais des ateliers de corderie. Confirme la fin de toute activité verrière sur le site.
Paris, 1887, p. 246-247. Section « Usine de la Grosse-Mouche ». Pelletier retrace la chaîne Lacombe-Labatie → Lacombe-Labatie-Pély → Pély et Félizat (déménagement chemin de la Scaronne) → Pély et Vallin → Vallin et Soulard → Curtillet et Dupuis → J. Dupuis. Source essentielle mais confuse sur les dates et les adresses (l'histoire de la période la plus ancienne est fausse ; la partie postérieure au transport chemin de la Scaronne est à peu près correcte).