Verrerie

Verrerie Bessy du Mont-Bellevue

1854 — après 1902

Aussi connue sous : Crine frères et Compagnie · Saumont père et fils · Veuve Saumont et fils aîné · Durif (locataire de la verrerie Bessy) · Saumont frères · J. Saumont fils aîné

Disparue — sans vestiges

Noms et raisons sociales

Crine frères et Compagnie
Raison sociale 19 juin 1854 — vers 1863
Saumont père et fils
Raison sociale 1863 — 1872
Veuve Saumont et fils aîné
Raison sociale 5 octobre 1872 — 1er septembre 1889
Durif (locataire de la verrerie Bessy)
Nom d'usage 1888 — vers 1892
Saumont frères
Raison sociale vers 1890 — après 1900
J. Saumont fils aîné
Raison sociale vers 1900 — 1902

Histoire

Résumé

La verrerie Bessy du Mont-Bellevue tire son nom de la famille Bessy, propriétaire des parcelles 1036-1042 au lieu du Mont, commune de Valbenoite (intégrée à Saint-Étienne en 1855). Ce nom, donné par le propriétaire des murs plutôt que par les exploitants successifs, est le seul élément stable sur toute la durée du site, lequel accueille, entre 1854 et les premières années du XXe siècle, trois occupants distincts.

Les frères Crine (Melchior, Jean-Pierre, Étienne, Joseph et Jean-Baptiste, tous verriers ripagériens, frères et cousins en réalité) y fondent en 1854 une société de gobeletterie et de topetterie pour neuf ans. À l’expiration de leur bail en 1863, ils quittent le site et rejoignent la verrerie de la Montat, qu’ils exploitaient déjà depuis 1859. Emmanuel-Casimir Saumont, beau-frère de Gaspard Mesmer et ancien associé de la Verrerie des Culattes de La Guillotière, s’installe aussitôt dans les mêmes immeubles Bessy. Saumont meurt dès juin 1865, mais sa veuve Marie-Louise Simonne Mesmer et son fils Joseph tiennent l’établissement pendant près de quarante ans, traversant des décennies de conflits sociaux, jusqu’aux décès de la veuve en 1900 et du fils en 1902. Entre-temps, à l’expiration du bail Bessy en 1879, Saumont transfère son activité vers une usine construite par la société au même lieu du Mont, et la verrerie Bessy libérée est louée à G. Durif, qui s’y installe jusqu’à vers 1892 avant de s’établir sur un site propre, toujours au Mont.


Historique

Première période : les frères Crine (1854 — vers 1863)

La société Crine frères et Compagnie est constituée par acte passé devant Me Buhet, notaire à Saint-Étienne, le 19 juin 1854. Elle réunit cinq frères Crine (Melchior, Jean-Pierre, Étienne, Joseph et Jean-Baptiste) et François Vallin, tous qualifiés de « fabricants de verreries, demeurant en la commune de Valbenoite, au lieu du Mont ». L’objet est la « fabrication et la vente de la verrerie en bouféterie », c’est-à-dire de la gobeletterie fine, flacons, topettes. La durée est fixée à neuf ans à compter du 1er avril 1854.

Les Crine louent les immeubles de la famille Bessy (propriétaire des parcelles 1036-1042 au cadastre de 1864) et c’est ce bail qui donne au site son nom durable de « verrerie Bessy ». Valbenoite est encore une commune indépendante au moment de la fondation — elle sera intégrée à Saint-Étienne le 31 mars 1855.

La période 1854-1863 est peu documentée. On sait que Nicolas Crine est qualifié de verrier « au Mont (Valbenoite) » en 1856 (naissance Marie Anne Crine, cote 2E 64, acte 794), et que Jean-Pierre Criner junior (né le 9 juin 1822 à Outre-Furens) y est également verrier en 1856. Charles Mangeol, verrier, est qualifié de « verrier au Mont (Valbenoite) » à la naissance de son fils Louis en septembre 1861 (cote 2E 69, acte 2438). François Vallin, associé fondateur, est identifié comme verrier à Bérard (Outre-Furens) en 1857 — il circulait entre ce site et la verrerie de la Montat.

À l’expiration des neuf ans en mars 1863, les Crine quittent le site. Le cadastre de 1864 confirme qu’il n’y a plus qu’une seule verrerie au Mont — celle d’Étienne Bessy, désormais louée à Saumont. Les Crine rejoignent la verrerie de la Montat à plein temps, jusqu’à la liquidation judiciaire de 1874.

Deuxième période : Emmanuel-Casimir Saumont et ses successeurs (1863 — 1902)

Fondation et premières années (1863 — 1865)

La fondation de la verrerie Saumont au Mont-Bellevue est directement liée à la dissolution, en octobre 1857, de la société Mesmer et Saumont aux Culattes de La Guillotière. Emmanuel-Casimir Saumont (beau-frère de Gaspard Mesmer, son associé depuis 1845 environ) quitte l’établissement lyonnais après une douzaine d’années de collaboration. Mais leur association remonte bien plus loin que 1845 : l’acte de mariage du 30 octobre 1827 révèle qu’Emmanuel-Casimir est déjà “ouvrier verrier à la Ferratière, La Guillotière” à cette date, soit exactement dans le secteur où Bulliod et Cie vient d’ouvrir en août 1826. Il travaille donc très vraisemblablement chez Bulliod dès les premières heures de la verrerie lyonnaise, aux côtés de la famille Mesmer installée au même lieu. Ce n’est pas un outsider qui entre dans le monde verrier par mariage : il est lui-même fils de Jean-Baptiste Somont, verrier à Réderie (Somme), et a appris son métier dans une famille de verriers picards avant de migrer vers Lyon, probablement par le réseau des compagnons verriers.

En 1858, après la dissolution des Culattes, il est encore qualifié de “rentier” à l’acte de mariage de son fils Gaspard Casimir. En juin 1861, il se qualifie à nouveau de “fabricant de verres” et réside toujours aux Culattes dans la “maison Mesmer” — signe qu’il prépare une nouvelle implantation sans avoir encore quitté l’orbite familiale lyonnaise.

Le 21 février 1863, il signe avec Antoine Bessy, propriétaire demeurant à Saint-Étienne, un bail portant sur les immeubles composant la Verrerie du Mont, au lieu du Mont, commune de Valbenoite. L’acte, reçu par Me Laforest, notaire à Lyon, fixe un loyer annuel de 1 330 francs et une durée jusqu’au 31 mars 1879. L’almanach du commerce de 1864 référence aussitôt « Verrerie de Saint-Étienne, Saumont père et fils » — son fils Joseph (né en 1832 à La Guillotière) participe d’emblée à l’affaire.

Emmanuel-Casimir Saumont décède le 5 juin 1865 en son domicile au Mont (Valbenoite), à 63 ans. Il n’aura exploité sa verrerie que deux ans.

La société de fait (1865 — 1872)

À la mort d’Emmanuel-Casimir, ses héritiers (sa veuve Marie-Louise Simonne Mesmer, sa fille Rosalie (épouse de Victor Lecreux, garde du génie), Joseph et Gaspar) ne constituent pas immédiatement de société formelle. L’exploitation continue sous la direction de Joseph, dans un vide juridique de sept ans.

Rosalie Saumont échange sa part d’héritage (un quart) contre sa dot de 10 000 francs. Gaspard Saumont cède sa part à sa mère contre une somme d’argent, par acte reçu Me Berthon à Saint-Étienne le 7 septembre 1867 ; il est alors « négociant à Lyon », sans activité verrière propre à cette date.

La société Veuve Saumont et fils aîné (1872 — vers 1888)

La situation est régularisée le 5 octobre 1872 par acte reçu Me Berthon et son collègue, notaires à Saint-Étienne. La société est constituée entre Marie-Louise Simonne Mesmer, veuve Saumont, et Joseph Saumont, son fils aîné. L’apport de la veuve comprend 4 000 francs en espèces et « le droit à la location des baux où s’exploite la Verrerie du Mont », soit le bail Bessy expirant le 31 mars 1879, au loyer de 1 330 francs par an.

Le 31 mars 1879, le bail avec Bessy arrive à expiration. L’acte de prolongation de la société du 1er octobre 1879 substitue à la désignation «verrerie Bessy» celle d’«usine construite par la société», au même lieu du Mont. Cette formulation, rédigée par le notaire pour distinguer les murs (appartenant à la société) du terrain (propriété du bailleur), ne prouve pas nécessairement un déménagement : le recensement de 1886 montre encore Joseph Saumont établi dans la maison Bessy, avec une vingtaine de verriers logés sur place.

La transition semble intervenir vers 1888-1890 : en 1891, les ouvriers Saumont ne sont plus logés maison Bessy mais dispersés dans les rues voisines (rue de l’Industrie, rue Montebello). Saumont a peut-être fait construire sa propre usine sur les terrains acquis à l’angle du chemin du Mont et du chemin de Bizillon (échange avec la Ville, novembre 1877), et déménagé en fin de bail Bessy, vers 1888. Libérée par Saumont, la verrerie Bessy est alors occupée par Gabriel Durif.

L’échange de terrains avec la Ville de Saint-Étienne en novembre 1877 (portant sur un pré situé à l’angle du chemin du Mont et du chemin de Bizillon) suggère que les Saumont ont acquis des terrains adjacents à la verrerie Bessy avant l’expiration de leur bail. Il est possible que la construction de la nouvelle usine ait débuté sur ces parcelles propres dès 1877-1878, en prévision de la fin du bail Bessy. Cette hypothèse reste à confirmer par l’acte Berthon de 1879 et les états de section cadastraux postérieurs à cette date.

Paul puis Gabriel Durif sur les parcelles Bessy (vers 1888 — 1892)

Pierre-Paul dit Paul Durif, négociant, maître de verreries (juillet 1888) et propriétaire foncier des parcelles 780-787 voisines, s’installe dans la verrerie Bessy libérée par Saumont dès le printemps 1879. Il y exploite l’établissement jusqu’à son décès le 5 décembre 1888, date à laquelle son fils Gabriel lui succède.

Le recensement de 1891 montre Gabriel Durif, 26 ans, qualifié de «verrier», seul dans la maison Bessy avec sa domestique — sans ouvriers logés sur place, à l’inverse de la situation de 1886. Il est alors en cours d’aménagement de ses parcelles propres 780-787, libérées par Saumont à l’expiration du bail de neuf ans signé en juin 1883. En 1892, il demande l’autorisation d’allumer un nouveau four «en y transportant le matériel de l’ancienne verrerie Bessy dont il était locataire» — il quitte définitivement les parcelles 1036-1042 pour s’installer sur son propre foncier. Voir Verrerie Bertholon-Crine puis Durif.

Les conflits sociaux et la maturité de l’établissement (1878 — 1900)

À développer.

Fin d’activité (1900 — 1902)

Marie-Louise Simonne Mesmer décède le 9 juillet 1900 dans sa 92e année, « au Mont, maison Saumont ». Joseph Saumont décède le 22 juin 1902 à 70 ans, qualifié de « Maître de Verrerie », convoi au Mont, maison Saumont. Sa veuve est Victorine Bouchot. La fermeture définitive de l’établissement reste à documenter.


Situation géographique

Localisation

La verrerie est établie au lieu du Mont, commune de Valbenoite (intégrée à Saint-Étienne le 31 mars 1855), dans le quartier dit Bellevue. Les actes et la presse utilisent systématiquement les formulations « lieu du Mont », « au Mont près Bellevue » ou « au Mont, quartier de Bellevue ». Le site est situé à l’angle du chemin vicinal n°23 (dit du Mont, correspondant au chemin de la Béraudière à Bellevue sur le cadastre de 1863) et du chemin vicinal n°19 (dit de Bizillon, correspondant au chemin de l’Égalerie à Bizillon).

Sources cadastrales

Le cadastre de Valbenoite (feuille J12, 1863-1864, AD42) identifie les parcelles 1036 à 1042 comme appartenant à Étienne Bessy, comprenant des maisons, une verrerie (parcelle 1039) et un four à chaux (parcelle 1040). Ces parcelles correspondent à la « verrerie Bessy » louée par Saumont de 1863 à 1879. Après la construction de l’usine propre (1877-1879), les Saumont occupent des parcelles distinctes, à identifier par le bail Laforest de 1863 (AD69) et les états de section postérieurs à 1879.

L’acte de 1899 concernant la verrerie Durif voisine identifie les parcelles 780-787 comme appartenant à cet établissement, limitées au sud par le chemin vicinal n°34 (chemin du Mont à la Béraudière) et à l’est par le chemin de l’Égalerie à Bizillon — soit les mêmes axes que la propriété Saumont.

État actuel

Le quartier Bellevue est aujourd’hui entièrement urbanisé. Aucun vestige industriel n’a été identifié.


Personnages liés

Les frères Crine (Melchior, Jean-Pierre, Étienne, Joseph et Jean-Baptiste, tous nés à Rive-de-Gier entre 1817 et 1836) — fondateurs de la première période. Fils de Jean-Pierre Crine, lui-même fils de Nicolas Griner (né vers 1750 à Charmauvillers, maître ouvrier en cristal à Védrines-Saint-Loup, Montcenis, Le Creusot, Givors, Rive-de-Gier) et de Catherine Schmid (née le 28 février 1755 à la verrerie de Clairefontaine à Hennezel). Une lignée de verriers sur trois générations. Après leur départ en 1863, certains d’entre eux reviennent au Mont-Bellevue en 1874 dans un établissement distinct — voir fiche verrerie-mont-bellevue-crine-bertholon.

François Vallin (né vers 1823, orthographié « Valin » dans certains documents) — associé fondateur en 1854. Identifié comme verrier à Bérard (Outre-Furens) en 1857 (cote 2E 65, acte 1078, vue 85/301). Circulait entre le Mont-Bellevue et la verrerie de la Montat. Biographie non documentée au-delà.

Étienne Bessy — propriétaire des parcelles 1036-1042 selon le cadastre de 1864. Bailleur des locataires successifs du site. Vraisemblablement parent d’Antoine Bessy (bailleur dans le bail de 1863), de Sébastien Bessy (passementier, recensement 1876) et de Vital Bessy (voiturier, même recensement). La « Mme veuve Bessy » qui signe l’annonce de location de mai 1879 est la veuve d’Étienne ou d’Antoine.

Emmanuel-Casimir Saumont (18 octobre 1802, Senarpont, Somme — 5 juin 1865, Mont-Valbenoite, Saint-Étienne) — fondateur de la période Saumont. Fils de Jean-Baptiste Somont, verrier à Réderie (Somme). Ouvrier verrier à La Guillotière dès 1827. Beau-frère de Gaspard Mesmer, associé aux Culattes 1845-1857. Signe le bail Bessy le 21 février 1863. Décède deux ans après, en pleine activité. Fiche individu à créer.

Marie-Louise Simonne Mesmer, veuve Saumont (21 mai 1809, La Balme, Ain — 9 juillet 1900, Mont-Valbenoite, Saint-Étienne) — fille de Philippe Mesmer, verrier du Sappey, sœur de Gaspard Mesmer. Décède dans sa 92e année au Mont, maison Saumont, sans jamais avoir quitté le lieu où son mari avait fondé la verrerie en 1863.

Joseph Saumont (18 avril 1832, La Guillotière — 22 juin 1902, Mont-Valbenoite, Saint-Étienne) — fils aîné, véritable continuateur de l’établissement de 1865 à 1902. Qualifié de « Maître de Verrerie » dans son avis de décès. Vend des terrains aux Hospices en 1895. Veuve : Victorine Bouchot. Fiche individu à créer.

Gaspard Casimir Saumont (27 janvier 1836, La Guillotière — vers 1901, Oullins) — fils cadet. Cède sa part d’héritage à sa mère en 1867 et fonde ultérieurement une verrerie à Oullins avec ce capital. Verrerie Saumont d’Oullins — fiche à créer.

Antoine Bessy : propriétaire des immeubles de la verrerie du Mont, bailleur d’Emmanuel-Casimir Saumont de 1863 à 1879. Membre probable de la famille Bessy présente au Mont (Vital Bessy, voiturier, recensement 1876 ; Sébastien Bessy, passementier, même recensement ; Étienne Bessy, lui aussi propriétaire au Mont).


Éléments techniques

La société fondatrice de 1854 a pour objet exclusif la bouffeterie : gobeletterie fine, flacons et topettes. Cette spécialisation distingue initialement le site de la verrerie de la Montat, qui produit des bouteilles.

L’inventaire de la vente sur faillite de la verrerie Crine/Bertholon voisine (1883) mentionne 480 moules en fonte pour bouteilles, flacons, topettes, pots à confiture, pots à cirage, moutarde et pommade, une production diversifiée, analogue à ce qu’on peut attribuer au site Bessy dans sa phase Saumont.

En 1900, 60 ouvriers travaillent dans l’établissement Saumont, les deux tiers payés à la pièce, indicateur d’une production en série.


Contexte social

Le recensement de 1876 révèle une main-d’œuvre cosmopolite d’une vingtaine de verriers sur le site Saumont : familles Walker/Valker, Frankauzer (Prusse), Krebs, Stinger, Delannoy (Belgique), Badarello (Italie). Aucun membre de la famille Saumont ne réside sur place — contraste avec le site Crine/Bertholon voisin où Antoine Crine et Gustave Bertholon habitent leur verrerie.

Les conflits sociaux sont récurrents et intenses : grève en 1878 (simultanée avec Bertholon), grève générale des verriers en 1886 (attentat à la dynamite le 13 juillet 1886), grèves en 1888, 1890, 1895, 1899. L’enquête du Stéphanois de 1900 dresse un tableau sombre des relations entre Joseph Saumont fils et ses ouvriers, taxant le patron de « mesquinerie ». La Chambre syndicale des ouvriers verriers dénonce en 1895 des conditions de travail indignes, qualifiant les ouvriers d’« esclaves auxquels on n’épargne aucune torture morale ».

Un membre de la famille Crine est attesté comme directeur de la verrerie Saumont en 1890 (Mémorial de la Loire, mai 1890 : M. Crine, directeur de la verrerie Saumont, a trouvé un petit chien rue d’Annonay). Après la faillite Bertholon de 1883, ce Crine (vraisemblablement Étienne ou Thomas) a trouvé un emploi de direction chez le voisin survivant, phénomène courant d’absorption du savoir-faire verrier.


Erreurs et incertitudes

Ce que dit la littérature, et ce qu’il faut corriger

Cette verrerie, comme toutes les verreries de la région de Saint-Étienne, sont très mal, voire pratiquement pas documentées. Pelletier (1887) ne mentionne que « Mme Saumont » comme possédant « une verrerie en activité à Bellevue », sans date ni détail. Cette notice est cohérente avec les sources primaires mais ne rend pas compte de l’histoire complète du site.

Points non résolus

  • Bail Laforest du 21 février 1863 (AD69, minutes Me Laforest) : document clé pour identifier les parcelles exactes du site Bessy et le descriptif des immeubles. Non encore consulté.
  • Localisation de l’usine Saumont post-1888 : les recensements de 1886 et 1891 suggèrent un déménagement vers 1888-1890. Les ouvriers Saumont sont alors dispersés rue de l’Industrie et rue Montebello, des rues dont les noms actuels restent à identifier pour localiser ce nouveau site.
  • Date et conditions de fermeture définitive : inconnues. L’établissement est actif jusqu’en 1902 ; la suite reste à documenter (Victorine Bouchot, puis Marie Souteyran-Saumont selon le site des rues de Saint-Étienne, non vérifié par source primaire).
  • Verrerie Saumont d’Oullins : fondation postérieure à 1872, à documenter. Fiche distincte à créer.

Notes

Personnages associés

Verriers

Voir toutes les personnes liées →

Sources

article Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire — formation société Crine frères et Cie

30 juin 1854 : publication de la formation de la société Crine frères et Compagnie, acte passé le 19 juin 1854 devant Me Buhet, notaire à Saint-Étienne. Siège au Mont, commune de Valbenoite. Associés : Melchior, Jean-Pierre, Étienne, Joseph et Jean-Baptiste Crine, et François Valin, fabricants de verreries. Objet : fabrication et vente de verrerie en bouféterie. Durée : 9 ans à compter du 1er avril 1854.

archive notariale Bail de la verrerie Bessy — Me Laforest, 21 février 1863 (À rechercher — AD69, minutes Me Laforest)

Acte par lequel Emmanuel-Casimir Saumont loue les immeubles composant la Verrerie du Mont à Antoine Bessy, propriétaire demeurant à Saint-Étienne. Loyer annuel : 1 330 francs. Durée : jusqu'au 31 mars 1879. Document clé pour identifier les parcelles cadastrales précises du site. Non encore consulté. Mentionné dans l'acte de constitution de la société Veuve Saumont et fils aîné (Me Berthon, 5 octobre 1872).

archive notariale Acte de constitution de la société Veuve Saumont et fils aîné — Me Berthon, 5 octobre 1872 (À préciser — AD42, minutes Me Berthon)

Acte pivot. Mentionne le décès d'Emmanuel-Casimir Saumont au Mont (Valbenoite), le bail Bessy du 21 février 1863 (Me Laforest, Lyon), la cession de parts par Rosalie Saumont (épouse Lecreux) et Gaspard Saumont. Capital : 4 000 francs + droit au bail. Loyer annuel : 1 330 francs. Expiration du bail : 31 mars 1879.

etat civil Acte de décès d'Emmanuel-Casimir Saumont — 5 juin 1865 (AD42 — Saint-Étienne, canton nord-ouest (Valbenoite), décès 1865, acte n°1200)

Emmanuel Saumont, 63 ans, verrier, au Mont, né à Senarpont (Somme), époux de Marie Mesmer. Décédé le 5 juin 1865 à neuf heures et quart du matin en son domicile. Déclarants : Jean Mathieu Santelme, 43 ans, employé au Mont (Valbenoite), et Jean Marie Mayon, 35 ans, employé, rue Valbenoite 36.

article Almanachs du commerce — mentions Saumont

1864 : 'Verrerie de Saint-Étienne, Saumont père et fils' — sans adresse précise. 1865 : même mention, avec 'à Bellevue'. 1866 : idem. Dernière édition disponible sur Gallica pour cette région.

article Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire — mise en location de la verrerie Bessy

14 mai 1879 : annonce d'une 'verrerie à louer de suite, en fonctionnement, située au Mont, près la gare de Bellevue-Saint-Étienne — s'adresser à Mme veuve Bessy au Mont'. Document pivot : établit que les parcelles Bessy sont libres dès mai 1879, soit quelques semaines après l'expiration du bail Saumont (31 mars 1879), et avant que Durif ne s'y installe.

article Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire — prolongation société Saumont https://www.retronews.fr/journal/memorial-de-la-loire-et-de-la-haute-loire/17-octobre-1879/4/b213ffab-be9c-4705-9eae-2545185a36e3

17 octobre 1879, p. 4/4. Acte sous seing privé du 1er octobre 1879 : prolongation de la société Veuve Saumont et fils jusqu'au 1er septembre 1889. Le bail Bessy expirant le 31 mars 1879, l'acte substitue à la désignation 'verrerie Bessy' celle d''usine construite par la société', toujours au même lieu du Mont : « le siège social qui était à Saint-Étienne, lieu du Mont, verrerie Bessy, sera au même lieu dans l'usine construite par la société ». La formulation reste ambiguë : elle peut désigner une usine nouvellement construite par Saumont sur un site propre, ou simplement l'établissement existant rebaptisé du nom de l'exploitant plutôt que du bailleur. L'acte complet (AD42, minutes Me Berthon) devrait lever l'ambiguïté. Chacun des associés obtient la signature sociale.

article Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire — échange de terrains avec la Ville https://www.retronews.fr/journal/memorial-de-la-loire-et-de-la-haute-loire/09-novembre-1877/4/1e5a04dc-1401-454f-af01-6e31baad2619

9 novembre 1877, p. 4/4. Échange et contre-échange d'immeubles entre Jean-Marie Tardy, maire de Saint-Étienne et représentant la commune, et Mme veuve Saumont et Joseph Saumont fils aîné, fabricants de verreries au Mont. Parcelles situées à l'angle du chemin vicinal n°23 (dit du Mont) et du chemin vicinal n°19 (dit de Bizillon). Suggère que les Saumont sont (peut-être) propriétaires de ces terrains à cette date, au-delà du simple droit au bail initial sur les parcelles Bessy.

article Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire — grève Saumont et Bertholon

9 octobre 1878 : 'la grève persiste chez les ouvriers des maisons Saumon et Bertholon, bien qu'il semble qu'elle touche à sa fin.' Première attestation d'une grève simultanée dans les deux verreries du Mont-Bellevue.

article Salut Public — grève et attentat à la dynamite

28 mai 1886 : lettre ouverte des patrons verriers contre la grève, signée notamment 'Saumont'. 12 juillet 1886 : fin de la grève après acceptation des tarifs de la Chambre syndicale. 13 juillet 1886 : un ouvrier verrier italien soupçonné d'avoir fait exploser un bâton de dynamite contre les bâtiments de la verrerie Saumont.

archive Recensements de Saint-Étienne — secteur du Mont, 1886 et 1891 (AD42)

1886 : maison Bessy (n°10) — veuve Bessy rentière, Mathieu Bessy marchand de vins, Victor Bessy voiturier, Antoine Badin verrier et Marie Manjol, 8 ménages de verriers. Maison Saumont (n°11) — Joseph Saumont maître de verrerie 54 ans, veuve Saumont Louise rentière 77 ans, sans ouvriers logés. Maison Durif (n°14) — Gaspard Saumont verrier 59 ans (fils cadet d'Emmanuel-Casimir, gérant le site des parcelles 780-787 pour le compte de son frère Joseph), Melchior Criner verrier 40 ans, Antoine Bessy voiturier. 1891 : maison Bessy — Gabriel Durif, 26 ans, verrier, seul avec sa domestique. Maison Saumont — Joseph Saumont 59 ans verrier, veuve Marie Saumont 82 ans, fils François 25 ans verrier. Maison Roland (entre Saumont et Durif) — Melchior Crinner 44 ans, 'chef de fabrication verrier'. Les ouvriers verriers de Saumont sont dispersés dans les rues voisines(rue de l'Industrie, rue Montebello), signe d'un déménagement du site de fabrication hors de la maison Bessy.

article Stéphanois — grèves 1888-1890 et enquête 1900

23 décembre 1888 : grève, 120 ouvriers exigent que tout renvoi soit approuvé par les syndicats. 30 août 1890 : grève pour augmentation de salaires (verrerie 'Saumont frères'). 5 mai 1900 : longue enquête sur les conflits entre ouvriers et patrons, notamment M. Saumont fils, 'taxé de mesquinerie'. 60 ouvriers, les deux tiers payés à la pièce.

article Stéphanois — vente de terrains aux Hospices

31 mars 1895 : le Conseil municipal approuve l'acquisition par les Hospices civils de Saint-Étienne de terrains appartenant à Joseph Saumont (11 164 m² comprenant jardins, serres, maisons, plantations, canalisations et pièce d'eau) pour la construction d'un nouvel hôpital à Bellevue.

archive Cadastre de Valbenoite — feuille J12, 1863-1864 (AD42)

Parcelles 1036-1042 appartenant à Étienne Bessy, comprenant des maisons, une verrerie (parcelle 1039) et un four à chaux (parcelle 1040). Seule verrerie recensée au Mont en 1864. Ces parcelles sont la 'verrerie Bessy', louée successivement aux Crine (1854-1863) puis à Saumont (1863-1879) puis à Durif (1879-vers 1892). Situation sur la feuille J12, en face des parcelles 780 et suivantes de l'autre feuille.

etat civil Acte de mariage d'Emmanuel-Casimir Somont et Louise Simonne Mesmer — 30 octobre 1827 (Archives Municipales de Lyon — La Guillotière — Mariages 1827 — cote 2E1409 — acte n°155 — vue 78/94)

Document pivot pour l'histoire des deux familles. Emmanuel-Casimir Somont est qualifié d''ouvrier verrier, domicilié à la Guillotière à la Ferratière' — il travaille donc dès 1827 dans le secteur de la future Verrerie des Culattes, très probablement chez Bulliod et Cie qui vient d'ouvrir en août 1826. Louise Simonne Mesmer est 'née à La Balme, arrondissement de Nantua, département de l'Ain', fille de Philippe Mesmer, verrier, et Marie Rose Chabaud. Cet acte établit qu'elle est la sœur de Gaspard Mesmer (né lui aussi à La Balme en 1814), et qu'Emmanuel-Casimir est donc le beau-frère de Gaspard, pas un simple associé. Parmi les témoins figure Joseph Bovanier (Bovagnet), maître boulanger place de la Charité n°4, 'oncle de l'épouse par alliance' — père de Joseph Barthélémy Bovagnet (né le 11 janvier 1827), futur fondateur de la Verrerie de la Mulatière en 1875. Sa femme Anne Marie Pierrette Chabaud est très vraisemblablement la sœur de Marie Rose Chabaud, mère de Louise Simonne — lien qui fait de Joseph Barthélémy Bovagnet le cousin germain de Gaspard et Louise Simonne Mesmer.

archive Recensement de Saint-Étienne — secteur du Mont, 1876 (AD42)

Identifie une vingtaine de verriers au Mont, dont plusieurs familles d'origine étrangère (Walker/Valker, Frankauzer, Krebs, Stinger, Delannoy, Badarello). Aucun membre de la famille Saumont ne réside sur le site — Joseph Saumont loge vraisemblablement ailleurs dans Saint-Étienne. Contraste avec le site Crine/Bertholon voisin où Antoine Crine et Gustave Bertholon résident sur place.

article Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire — avis de décès de Mme veuve Emmanuel Saumont https://www.retronews.fr/journal/memorial-de-la-loire-et-de-la-haute-loire/11-juillet-1900/3/75a00534-3b3e-42e1-9232-19ce36fd6f3e

11 juillet 1900, p. 3/4. Décès de Marie-Louise Simonne Mesmer, veuve d'Emmanuel-Casimir Saumont, le 9 juillet 1900 dans sa 92e année, au Mont, maison Saumont. Confirme le prénom complet et la date de décès. Familles signataires incluant Bovagnet — confirmation du lien établi par l'acte de mariage de 1827.

article Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire — avis de décès de Joseph Saumont https://www.retronews.fr/journal/memorial-de-la-loire-et-de-la-haute-loire/24-juin-1902/3/0ae25373-52ed-4ab5-8436-71683f55be42

24 juin 1902, p. 3/4. 'Monsieur Joseph Saumont, Maître de Verrerie, décédé le 22 juin 1902, à l'âge de 70 ans.' Convoi le 25 juin à 9h30 au Mont, maison Saumont. Raison sociale mentionnée : 'J. Saumont fils aîné'. Familles signataires : Saumont, Souteyran, Lecreux, Chatagnier-Bouchot, Vergnette, Mesmer, Muyard, Chabaud, Bovagnet. Veuve : Victorine Bouchot.