Verrerie
Verrerie des Verchères
avant 1806 — 1853
Aussi connue sous : Dumas · Dumas, Coste et Teillard · Coste frères · Teillard frères (four à topettes) · Coste-Vignet et Clarisse Coste · Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône
Disparue — sans vestigesNoms et raisons sociales
Histoire
Résumé
La verrerie des Verchères est l’un des établissements verriers les plus anciens de Rive-de-Gier, fondée avant 1806 par Louis Coste sur un jardin situé entre le chemin vieux et la rivière du Gier, au quartier des Verchères. Elle est probablement associée dès ses débuts à François Dumas, dont le nom apparaît dans les premières raisons sociales connues — le même Dumas qui vend en 1815 le tènement de la Montat à Claudine Rochette avec sa célèbre clause de non-concurrence. Ce lien fait de la verrerie des Verchères l’un des fils conducteurs reliant le monde verrier ripagérien à la première verrerie stéphanoise.
Spécialisée en topetterie (petits flacons), elle exploite un four de taille modeste — “petit”, selon Pelletier — et passe successivement dans les mains de la famille Coste puis de la famille Teillard avant d’être intégrée à la Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône en 1853, simultanément aux Verreries Rondes voisines des mêmes frères Teillard.
Les frères Crine — Jean-Baptiste, Nicolas, Melchior et Étienne — y ont vraisemblablement travaillé dans les années 1840-1850, lorsqu’ils résidaient rue des Verchères ou rue d’Égarande à Rive-de-Gier, cette dernière donnant accès au quartier des Verchères par la passerelle des Gendarmes.
Historique
Fondation et premières années (avant 1806 — vers 1823)
Louis Coste, propriétaire à Rive-de-Gier, est l’auteur commun de cet établissement, qu’il fonde avant 1806. La raison sociale initiale associe son nom à celui de François Dumas — le même Dumas mentionné dans les Almanachs du commerce sous la raison “Rochette-Dumas” à Rive-de-Gier dès 1810, et dont la présence comme co-fondateur ou co-exploitant reste à préciser par les actes notariaux.
Le 4 juin 1806, Louis Coste vend à son fils Didier Coste (né le 25 mars 1780 à Givors) une partie des bâtiments et du sol pour 5 000 francs, par acte reçu Me Bavet à Givors. Didier épouse Françoise Laurenson une semaine plus tard — ces deux actes simultanés signalent une transmission patrimoniale planifiée.
Évolutions et transferts (1823 — 1853)
À partir de 1823, les frères Teillard développent un four à topettes adjacent, sur un jardin acquis auprès de leur père. Les deux familles Coste et Teillard coexistent donc dans ce quartier des Verchères, chacune avec ses propres installations mais dans une proximité étroite que reflète la désignation groupée “Teillard frères, verreries rondes et des verchères” dans l’Annuaire du commerce de 1847.
Du côté Coste, l’établissement connaît des turbulences successorales : une partie revient à demoiselle Jenny Mathevon, rentière à Riom, qui est contrainte de la vendre à Didier et Antoine Coste par sentence du Tribunal civil de Saint-Étienne le 17 avril 1844, pour 5 050 francs. À terme, l’usine revient à Antoine Coste-Vignet et Clarisse Coste (fille de Didier, petite-fille du fondateur Louis), propriétaires par moitié.
Fin d’activité (1853)
Le 25 juillet 1853, Antoine Coste-Vignet et Clarisse Coste cèdent leur verrerie à la Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône, par l’intermédiaire de M. Jean-Claude Penet, mandataire spécial. La purge d’hypothèques légales est publiée le 15 décembre 1855 dans le Mémorial de la Loire, en même temps que celle des Verreries Rondes Teillard — les deux établissements voisins sont absorbés simultanément. L’activité verrière cesse rapidement après l’intégration dans le grand groupe.
Situation géographique
Localisation
La verrerie était établie rue Vieille-des-Verchères, sur le canal, à Rive-de-Gier, jouxtant l’établissement des frères Teillard. Elle se trouvait entre le chemin vieux et la rivière du Gier, au quartier des Verchères — quartier verrier par excellence, où plusieurs établissements coexistaient.
La rue d’Égarande, qui longe le Gier en rive droite, donnait accès au quartier des Verchères par la passerelle des Gendarmes — ce qui explique que plusieurs membres de la famille Crine, logés rue d’Égarande dans les années 1840-1850, travaillaient vraisemblablement aux Verchères plutôt que chez Richarme frères, établissement de bouteilles situé en face mais sans rapport avec la bouffeterie.
Sources cadastrales
À rechercher — cadastre napoléonien de Rive-de-Gier (AD42). La rue Vieille-des-Verchères et le canal de Givors devraient permettre une identification précise des parcelles.
État actuel
Le quartier des Verchères a été entièrement transformé. Aucun vestige identifié.
Personnages liés
Louis Coste — fondateur de l’établissement avant 1806, propriétaire à Rive-de-Gier. Père de Didier Coste, grand-père de Clarisse.
François Dumas — propriétaire de verreries à Rive-de-Gier, vraisemblablement associé à la fondation. Même individu que le vendeur du tènement de la Montat à Claudine Rochette (1815). Voir fiche verrerie-la-montat-saint-etienne.
Didier Coste (25 mars 1780, Givors — ?) — fils de Louis, acquiert une part de la verrerie en 1806. Époux de Françoise Laurenson. Exploite l’établissement jusqu’en 1844 au moins.
Antoine Coste-Vignet — frère probable de Didier, co-propriétaire de 1844 à 1853.
Clarisse Coste — fille de Didier, petite-fille de Louis. Co-propriétaire avec Antoine Coste-Vignet de 1844 à 1853. Cède l’établissement à la Compagnie Générale.
Les frères Crine — Jean-Baptiste, Nicolas, Melchior et Étienne Crine/Criner, verriers en bouffeteries, résident rue des Verchères ou rue d’Égarande à Rive-de-Gier dans les années 1840-1850. Leur spécialité (bouffeterie) et leur localisation suggèrent un engagement à la verrerie des Verchères plutôt qu’aux établissements voisins spécialisés en bouteilles ou en cristal. Voir fiches nicolas-crine et jean-baptiste-crine.
Éléments techniques
La verrerie des Verchères produit essentiellement de la topetterie — petits flacons soufflés, dits “topettes”. Pelletier la qualifie de “petite” en référence à son four unique, par contraste avec les cinq fours à bouteilles des Verreries Rondes Teillard voisines. L’Annuaire du commerce de 1847 regroupe les deux établissements Teillard (Verchères et Rondes) sous la désignation “gobeleterie, boufferie et articles de chimie, verrerie en bouteilles, verres noirs, verres clairs et autres” — la gamme est donc diversifiée au niveau du groupe, mais le four des Verchères reste spécialisé en topetterie.
Contexte social
À documenter — peu de sources disponibles à ce jour sur la vie sociale de cet établissement.
Erreurs et incertitudes
Ce que dit la littérature, et ce qu’il faut corriger
Pelletier (1887) évoque le four à topettes des Teillard aux Verchères comme “petit”, sans mentionner l’établissement Coste qui lui est adjacent. Il traite les deux verreries Teillard (Rondes et Verchères) comme un ensemble homogène, ce qui masque la distinction entre les deux propriétaires (Coste d’un côté, Teillard de l’autre) et les deux histoires distinctes.
Points non résolus
- Le rôle exact de François Dumas dans la fondation : fondateur, co-exploitant, bailleur ? Les actes notariaux de Me Bavet ou Me Ronat antérieurs à 1806 permettraient de le préciser.
- La raison sociale “Dumas, Coste et Teillard” mentionnée dans le titre du document de synthèse : cette association tripartite est-elle documentée par un acte formel, ou est-ce une reconstruction ? À confirmer par les sources primaires.
- La période 1806-1823 : quelle est la structure exacte de l’exploitation entre la transmission à Didier Coste et la fondation du four Teillard adjacent ?
- L’identité de Jenny Mathevon, rentière à Riom, qui détenait une part de l’établissement avant 1844 : comment cette part lui est-elle parvenue ?
- Les parcelles cadastrales : identification à faire dans le cadastre napoléonien de Rive-de-Gier (AD42).
- La durée exacte de la présence des Crine aux Verchères : leur engagement est inféré de leur adresse et de leur spécialité, non confirmé par un acte les nommant explicitement comme employés de cet établissement.
Personnages associés
Aucun personnage notable n'est renseigné. Voici les premières personnes liées au lieu.
Verriers
Sources
Louis Coste, propriétaire à Rive-de-Gier, vend à son fils Didier une partie des bâtiments et du sol de la verrerie des Verchères pour 5 000 francs. Acte pivot établissant que Louis Coste est 'l'auteur commun' de cet établissement, fondé avant 1806. Didier Coste épouse Françoise Laurenson une semaine plus tard (11 juin 1806).
François Dumas se qualifie de 'propriétaire de verreries demeurant à Rive-de-Gier'. La verrerie des Verchères est vraisemblablement l'une de ces verreries. Cet acte est le point d'articulation entre le réseau verrier ripagérien (Dumas, Coste) et le réseau stéphanois (Rochette, Moussy, puis Crine). Voir fiche `verrerie-la-montat-saint-etienne`.
Mention : 'Teillard frères, verreries rondes et des verchères, gobeleterie, boufferie et articles de chimie, verrerie en bouteilles, verres noirs, verres clairs et autres.' Confirme la désignation groupée des deux établissements Teillard (Verreries Rondes et four aux Verchères) sous une même raison commerciale.
15 décembre 1855 : acte de purge d'hypothèques légales suite à la vente du 25 juillet 1853 à la Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône. Cite l'apport de M. Jean-Claude Penet, mandataire spécial d'Antoine Coste-Vignet et de Mlle Clarisse Coste, 'de la verrerie qu'ils possèdent par moitié à Rive-de-Gier, rue Vieille-des-Verchères, sur le canal, et joignant celle de MM. Teillard'. Document source principal pour l'historique de l'établissement.
11 avril 1857 : mentionne 'Clarisse Coste, rentière à Rive-de-Gier, héritière de Laurenson, sa mère, décédée épouse Coste Didier'. Confirme la filiation : Clarisse est la fille de Didier Coste, petite-fille de Louis Coste le fondateur.
Mentionne le four à topettes des Teillard aux Verchères comme 'petit' — indication sur la taille modeste de cet établissement par rapport aux Verreries Rondes voisines (cinq fours à bouteilles). À utiliser avec les précautions habituelles quant aux imprécisions de Pelletier.