Verrerie

Verrerie de Villers-Cotterêts

1773 — 1780

Aussi connue sous : Verrerie Duhaut

Disparue — sans vestiges

Noms et raisons sociales

Verrerie Duhaut
Nom d'usage 1773 — 1780

Histoire

Résumé

La verrerie de Villers-Cotterêts est fondée en 1773 par Hugues Duhaut, un Lorrain originaire de Saint-Quirin passé par le commerce du verre à Paris, sous l’égide du duc Louis-Philippe d’Orléans qui lui en accorde les lettres patentes le 3 avril de cette année. Installée sur le chemin de Soissons, en face du potager du château, dans l’actuelle rue du 18-Juillet, elle fabrique principalement des vitres et des bouteilles, tirant du verre blanc ordinaire et du verre de Bohême l’essentiel de sa production. Elle emploie jusqu’à dix-huit ouvriers, dont des souffleurs spécialisés venus des Pays-Bas autrichiens et de Lorraine — parmi eux, vraisemblablement, des membres de la famille Sigwart, dont Georges-Antoine Sigwart1.

L’établissement ne fonctionne effectivement que sept ans, de 1773 à 1780. Le manque chronique de capitaux conduit Duhaut à multiplier les associations malheureuses : en 1776 avec Jean Baptiste Dubuse, puis en 1779 avec François-Pierre Charlet et Jean Baptiste Delecluze, qui s’emparent des biens fonciers de la verrerie et tentent d’en expulser le fondateur. Après une mise sous séquestre des stocks de verre par arrêt du Parlement de Paris en novembre 1779, la production est définitivement arrêtée en juin 1780.

S’ouvre alors une période de trente ans de vaines tentatives de relance : Duhaut obtient deux arrêts judiciaires en sa faveur (1782-1783) mais ne peut réunir les fonds nécessaires à la remise en état des bâtiments, très dégradés en 1787. Pendant la Révolution, il sollicite en vain la Convention pour obtenir une avance de cinquante mille livres. En 1804, le domaine est acquis aux enchères par Cécile Prevost, veuve Clop, qui obtient l’autorisation de Napoléon Iᵉʳ de relancer la fabrication (janvier 1805), avant que ce décret soit annulé en mai de la même année, la consommation de bois menaçant l’approvisionnement de Paris. En 1805, un nouvel adjudicataire, l’avocat parisien Pierre Antoine Clerambourg, achète le domaine et procède à sa liquidation complète : le matériel est vendu aux enchères en mai 1811, et le terrain loti selon un plan dressé le même mois.


Historique

Fondation et premières années

La présence d’une verrerie à Villers-Cotterêts est attestée dès le XVe siècle, rue de l’Ormay (aujourd’hui rue Alexandre-Dumas). Le matériel de cet établissement antérieur est vendu au milieu du XVIIIe siècle à un porteur de projet qui se propose d’installer ses fours sur le chemin de Soissons. Il s’agit vraisemblablement d’une « dame de Colnet », appartenant à une famille de gentilshommes verriers de Haute-Picardie implantée à Charles-Fontaine, près de Saint-Gobain, qui obtient le 17 septembre 1754 une autorisation de Louis XV en vertu des arrêts du Conseil des 9 août 1723 et 7 août 1725 relatifs aux créations de verreries. Ce projet échoue : la manufacture projetée entre en conflit avec le privilège de la verrerie de Sèvres, dont le monopole couvre l’Île-de-France et les régions voisines. L’homme d’affaires Pierre Joseph de Fouilleuse, qui avait apporté son soutien financier et engagé des dépenses préliminaires sur le terrain, subit des pertes considérables 1.

C’est finalement Hugues Duhaut qui réussit à lancer l’établissement. Natif de Saint-Quirin en Lorraine, où existait depuis 1739 une verrerie réputée, il avait appris son métier dans ce village avant de s’installer à Paris avec son frère François pour y faire le commerce du verre. Fort du développement rapide de ses affaires, il décide de créer une unité de production à faible distance de la capitale. Le 3 avril 1773, le duc Louis-Philippe d’Orléans lui accorde des lettres patentes l’autorisant à établir à Villers-Cotterêts « une verrerie et manufacture de verre pour y fabriquer […] touttes sortes de verres, tels que verres à boire, carraffes, huilliers et autres de toutes especes même ceux qui s’employent pour les vitrages des batiments et les estampes de toutes grandeurs ». Les lettres patentes sont enregistrées au greffe de la prévôté de Villers-Cotterêts le 16 décembre 1775 2.

Évolutions et transferts

La verrerie fonctionne de 1773 à 1780. En 1776, confronté à des difficultés financières, Hugues Duhaut s’associe à Jean Baptiste Dubuse, qui se révèle être un associé loyal mais impuissant ; les circonstances l’obligent à rétrocéder ses droits le 15 février 1779. Duhaut s’allie alors à François-Pierre Charlet, son ancien avocat devenu procureur au Parlement de Paris, et à Jean Baptiste Delecluze, entrepreneur de bâtiments parisien. Par acte notarié du 17 février 1779, les deux nouveaux associés s’engagent à racheter la part de Dubuse, soit les deux tiers de la verrerie.

La suite tourne rapidement au conflit : Charlet et Delecluze s’emparent des registres et actifs de la manufacture sous prétexte d’en dresser l’état général, puis découvrent que Duhaut et Dubuse ne sont propriétaires ni du corps de logis ni des terrains. Ils achètent dès lors séparément la maison d’habitation, le jardin et le verger (23 juillet 1779) ainsi que le clos à herbes (9 septembre 1779), se déclarent seuls propriétaires de la manufacture le 3 août et tentent d’en expulser Duhaut. Des actes de violence opposent les associés. Le 12 novembre 1779, un arrêt du Parlement de Paris met sous séquestre les stocks de verre entreposés dans les magasins. La production cesse définitivement en juin 1780 3.

Deux arrêts du Parlement de Paris, rendus les 28 septembre 1782 et 2 juillet 1783, accordent à Duhaut la possession provisoire de l’établissement, mais il ne dispose pas des fonds nécessaires à la remise en état. En 1787, un état des lieux dressé à sa demande par un architecte juré expert confirme l’état de délabrement avancé des bâtiments, rendant impossible l’obtention du prêt qu’il sollicite.

Pendant la Révolution, Duhaut tente de rallier la Convention à sa cause. Le 2 mars 1794, le Comité d’agriculture et de commerce examine son adresse : il demande la distribution des soixante-quatorze caisses de verre mises sous séquestre depuis 1780 et sollicite une avance de fonds. La mainlevée sur les stocks lui est accordée le 19 mars 1794, mais la demande de financement est rejetée en juillet 1794, la Commission estimant qu’il s’agit moins de maintenir un établissement que d’en créer un nouveau, sans garanties suffisantes 4.

Fin d’activité

En 1804, le domaine fait l’objet d’une expropriation à la demande de Françoise Nicole Benoît, veuve d’un précédent propriétaire foncier (Jacques Pierre François Hubaut), en raison d’une rente non honorée par Charlet et Delecluze. Le 29 février 1804, Cécile Prevost, veuve de Pierre Clop (employé au ministère de la Guerre), acquiert le domaine aux enchères. Elle pétitionne aussitôt auprès du préfet de l’Aisne pour être autorisée à relancer la fabrication de « verres façons de Boheme, Bacarat, Alsace ». Elle obtient le soutien des autorités locales et du conservateur des forêts. Le préfet rend un arrêté favorable le 12 novembre 1804, et Napoléon Iᵉʳ approuve la demande le 29 janvier 1805.

Ce décret impérial est cependant suspendu le 1ᵉʳ mars 1805, puis annulé le 30 mai, au motif que la consommation de bois de la verrerie menacerait l’approvisionnement en chauffage de Paris. Cécile Prevost proteste vigoureusement, soutenue par le conseiller d’État Crété, mais sans succès. Ruinée par les frais engagés pour le redémarrage, elle cesse à son tour de verser la rente à la veuve Hubaut, ce qui provoque une nouvelle expropriation. Le 20 août 1805, l’avocat parisien Pierre Antoine Clerambourg devient propriétaire du domaine ; la veuve Clop est déboutée en appel par la cour d’Amiens le 8 août 1806.

Clerambourg ne tente pas de relancer la verrerie. Le 17 mai 1811, il fait vendre le matériel encore existant par le notaire Perrot : la vente aux enchères rapporte 350 francs et 35 centimes. Le lendemain, un cahier des charges est établi pour le lotissement du domaine selon un plan dressé quelques jours auparavant. Le premier lot, contenant la plus grande partie des bâtiments, est vendu le 5 juillet 1811 à Nicolas Charles Parisis, marchand de bois de Villers-Cotterêts, pour 3 000 francs 5.


Situation géographique

Localisation

La verrerie est installée sur le chemin de Soissons, en face du potager du château de Villers-Cotterêts, dans la commune de Villers-Cotterêts (Aisne, aujourd’hui département de l’Aisne, région Hauts-de-France). Elle occupe la rue correspondant à l’actuelle rue du 18-Juillet. La maison d’habitation (bâtiment A du plan de 1811) est identifiée par l’article de référence au n° 42 de la rue du 18-Juillet.

Sources cadastrales

Un plan du domaine est levé les 6 et 11 mai 1811 (Arch. dép. Aisne, 304 E 62, n° 163) lors du lotissement consécutif à la liquidation de l’établissement. Il distingue : la maison d’habitation (A), un fournil et une écurie en appentis, un petit magasin (M), un petit édifice (C), une grande halle à fondre (E) renfermant deux grands fourneaux et deux fourneaux à chauffer les pots, un pavillon en charpente destiné au découpage et à l’emballage du verre, une halle à aplatir le verre (H) contenant quatre fourneaux et six travées, et sept fourneaux en « carcaises » (G) pour sécher le bois.

Un état des lieux antérieur avait été dressé en 1787 (Arch. nat., Z¹ᴶ 1162) après l’arrêt de fonctionnement ; il décrit les mêmes bâtiments dans un état de délabrement avancé.

État actuel

La maison d’habitation (bâtiment A) subsistait encore à la date de rédaction de l’article de Thierry, reconnaissable au n° 42 de la rue du 18-Juillet. Tous les bâtiments de production ont disparu. Le lotissement de 1811 a transformé l’ensemble du domaine industriel.

Carte(s) du site

Le plan de 1811 (Arch. dép. Aisne, 304 E 62, n° 163) constitue la source cartographique principale. Il est reproduit dans l’article de Thierry (fig. 1, p. 210). Une annotation des points principaux (maison d’habitation, halle à fondre, halles à vitres, carcaises) serait à réaliser à partir de ce document.


Personnages liés

Hugues Duhaut : Fondateur et directeur de la verrerie de 1773 à 1780. Natif de Saint-Quirin (Moselle), Lorrain de formation, installé à Paris comme négociant en verre avant de fonder cet établissement. Figure tragique de l’entreprise artisanale confrontée aux exigences du capital industriel naissant. Aucune fiche individu n’est encore créée.

François Duhaut : Frère d’Hugues, employé comme encaisseur de verre à l’âge de quarante-quatre ans selon la liste de 1778.

Jean Baptiste Dubuse : Premier associé de Duhaut (1776-1779), décrit par ce dernier comme un homme honnête contraint par les circonstances de lui rétrocéder ses droits.

François-Pierre Charlet : Avocat puis procureur au Parlement de Paris, associé de Duhaut à partir de février 1779. Avec Delecluze, il s’empare des actifs fonciers de la verrerie et contraint Duhaut à l’abandon.

Jean Baptiste Delecluze : Entrepreneur de bâtiments parisien, associé conjointement avec Charlet à partir de 1779.

Cécile Prevost (veuve Clop) : Propriétaire du domaine de 1804 à 1805, tentative avortée de relance sous Napoléon Iᵉʳ. Épouse de Pierre Clop, « vivant employé au ministère de la guerre ».

Pierre Antoine Clerambourg : Avocat parisien, dernier propriétaire du domaine (1805-1811), procède à la liquidation complète du site.

Georg Anton Sigwart (1725–1791) : Maître souffleur de verre à vitres, ancêtre d’Arnaud. Natif de la région de Rodalben (Sarre palatine), il traverse la France du nord au sud au fil des recrutements : Merchweiler, Saint-Quirin, Fère-en-Tardenois, Villers-Cotterêts, Pierre-Bénite, Géménos. Sa présence à Villers-Cotterêts est attestée par l’acte de décès de son épouse Anne Marie Pauli, le 16 mai 1779 (AD Aisne, BMS 1771-1780, cote 5Mi0983, vue 321/378). Il est arrivé vraisemblablement en 1777-1778, après avoir quitté Fère-en-Tardenois, et repart vers Pierre-Bénite après la fermeture de la verrerie en 1780. Il est remarquable que la liste d’ouvriers de février 1778 mentionne parmi les souffleurs un certain Georges Hocquimiler, natif de Charleroi, très vraisemblablement un membre de la famille de Johann Jacob Hocquemiller, que Sigwart avait eu pour compagnon dès 1749 à Illingen et retrouvé à Saint-Quirin en 1758. Si l’identification se confirme, les deux hommes auraient voyagé ensemble pendant trente ans, de la Sarre jusqu’à l’Aisne.


Éléments techniques

La verrerie fabrique principalement des vitres et des bouteilles. Elle travaille deux types de verre : le verre blanc ordinaire (silicate de soude et silicate de chaux) et le verre de Bohême (silicate de potasse et silicate de chaux), ce dernier plus facile à façonner et d’un aspect proche du cristal. Le cristal proprement dit ne sera produit en France qu’à partir du début du XIXe siècle.

La majorité des matières premières provient de la forêt de Villers-Cotterêts (22 à 23 000 arpents) : la silice est tirée du sable, la potasse et la soude du lessivage des cendres de bois ou de fougères, la chaux de la calcination de calcaires locaux. Seule la terre glaise nécessaire à la confection des pots de fusion est achetée dans la région de Troyes en Champagne.

Les bâtiments de production comprennent, d’après le plan de 1811 et l’état des lieux de 1787 :

  • une grande halle à fondre (bâtiment E) avec deux grands fourneaux et deux fourneaux à chauffer les pots ;
  • une halle à aplatir le verre (bâtiment H) avec quatre fourneaux et six travées ;
  • sept carcaises (fours à sécher le bois, bâtiment G) ;
  • un pavillon de découpage et emballage du verre.

La technique de fabrication du verre à vitre par soufflage en manchon est décrite avec précision : le souffleur, debout sur une estrade au bord d’une fosse de quatre mètres de profondeur, souffle et fait tourner sa canne garnie d’une masse de verre, lui imprimant un large mouvement de balancier. L’action combinée de l’air soufflé, de la pesanteur et de la force centrifuge forme un cylindre (le manchon), qui est ensuite fendu par un coupeur et aplati dans un four distinct par un étendeur.

En février 1778, la verrerie emploie dix-huit ouvriers : sept souffleurs, un aide-fondeur, un coupeur de verre, deux encaisseurs de verre, un pousseur de manchon, deux tiseurs, deux batteurs de soude et deux fendeurs de bois 6.


Contexte social

La main-d’œuvre de la verrerie de Villers-Cotterêts illustre la géographie des migrations verrières de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Les ouvriers peu qualifiés (fendeurs de bois, encaisseurs) sont locaux : François et Michel Prevost, fendeurs de bois de 29 et 18 ans, ou Pierre Turlin, encaisseur de 17 ans venu de Montgobert. Les souffleurs, spécialistes recherchés, sont tous migrants : François, Albert et Adam André, natifs de Charleroi (Pays-Bas autrichiens) ; Augustin Mayer, originaire de Waltembourg près de Phalsbourg (Lorraine) ; France Matin, né à Sarrebourg ; Antoine Cressel, venu de Saint-Quirin, issu d’une vieille famille de verriers d’origine bavaroise. La distinction entre ces deux catégories de travailleurs est d’ailleurs juridiquement codifiée : Louis XVI, répondant à la requête du duc d’Orléans en 1777, réserve l’exemption de milice aux seuls souffleurs, aide-fondeur, coupeur, encaisseur et pousseur de manchon ; les tiseurs, batteurs de soude et fendeurs de bois étant considérés comme de « simples manouvriers » 7.

Les conflits de main-d’œuvre sont fréquents et constituent un problème récurrent pour Hugues Duhaut. Les ouvriers cherchent, selon ses propres termes, « à lui faire la loy » et quittent les fours collectivement, « par mutinerie, par cabale ». Or, tant que le four est allumé, l’entrepreneur a besoin d’un nombre précis de servants pour la durée de la « réveillée » (cycle de travail) : toute désertion en cours de campagne peut entraîner sa ruine totale. C’est pour prévenir ces désertions que le duc d’Orléans sollicite en 1777 l’emprisonnement des ouvriers défaillants à la simple réquisition de l’entrepreneur, une demande traitée favorablement par Louis XVI mais restée sans effet en raison de la cessation d’activité intervenue entre-temps 7.


Erreurs et incertitudes

Ce que dit la littérature, et ce qu’il faut corriger

L’article d’Alexandre Michaux (Bulletin de la Société archéologique historique et scientifique de Soissons, t. VI, 1896, p. 128-13) avait esquissé une première évocation de l’histoire de cet établissement, sur laquelle s’appuie partiellement Thierry. Cependant, les cotes d’archives données par Michaux pour les manuscrits de la collection Joly de Fleury (Bibliothèque nationale) avaient été modifiées depuis sa publication, rendant ces documents non retrouvables par Thierry au moment de la rédaction de l’article de référence.

Ernest Roch (Bulletin de la Société historique régionale de Villers-Cotterêts, 1909) signale une verrerie antérieure rue de l’Ormay dès le XVe siècle, d’après des documents dont la cote n’est pas précisée et que Thierry qualifie d’« inconnus ».

Points non résolus

Georg Anton Sigwart dans la liste de souffleurs du 7 février 1778. La liste d’ouvriers dénombre sept souffleurs (Arch. dép. Aisne, C 68, liasse 66, 3e dossier). L’article de Thierry en nomme six explicitement : François, Albert et Adam André (de Charleroi), Augustin Mayer (de Waltembourg), France Matin (de Sarrebourg) et Antoine Cressel (de Saint-Quirin). Le septième souffleur n’est pas cité dans le texte publié. La chronologie de Georg Anton Sigwart rend sa présence dans ce groupe très vraisemblable : il quitte Fère-en-Tardenois vers 1777, et son épouse Anne Marie Pauli décède à Villers-Cotterêts le 16 mai 1779 : la liste de février 1778 se situe précisément au cœur de cette fenêtre. Il pourrait être ce septième souffleur, ou être arrivé à la verrerie quelques mois après l’établissement de la liste. La consultation directe de l’original aux Archives départementales de l’Aisne permettrait de trancher.

La dame de Colnet. L’identité précise de la « dame de Colnet » qui obtient l’autorisation de 1754 reste à clarifier. Son lien avec la famille de gentilshommes verriers de Charles-Fontaine est probable mais non documenté ici autrement que par renvoi à Hennezel d’Ormois.

La verrerie du XVIIe siècle. L’existence d’un établissement antérieur rue de l’Ormay, cité par Roch d’après des documents non retrouvés, mériterait vérification dans les archives locales.

Clientèle et réseaux de distribution. Un document de novembre 1779 (Arch. dép. Aisne, B 1888, n° 2) mentionne deux clients pour les vitres : le sieur Pasquier, maître vitrier à Meaux, et les religieux mathurins de Cerfroid près de Neuilly-Saint-Front. Le réseau commercial complet de Duhaut reste à documenter.


Notes

Footnotes

  1. Sur le projet avorté de la dame de Colnet et les pertes de Fouilleuse : Bibl. nat., ms Joly de Fleury 346, fol. 28 ; Comte de Hennezel d’Ormois, Gentilshommes verriers de la Haute-Picardie. Charles-Fontaine…, Nogent-Le-Rotrou, 1933, p. 260-281 ; P.-M. Bondois, « La verrerie à Fère-en-Tardenois au XVIIIe siècle », Nouvelle Revue de Champagne et de Brie, janvier 1932, p. 26. Sur la verrerie de Saint-Quirin dont est originaire Duhaut : Antoine Stenger, Verreries et verriers au Pays de Sarrebourg, Sarrebourg, 1988, p. 162-226. 2

  2. Lettres patentes : Arch. nat., F¹² 1490 ; enregistrement au greffe : ibid.

  3. Sur les péripéties judiciaires et la mise sous séquestre : Arch. dép. Aisne, B 1888, nos 1 et 2 ; Arch. nat., F¹² 1492 ; Arch. nat., minutier central, Et. XLIV, 537 ; Arch. dép. Aisne, 304 E 63, n° 216. Aucun des ouvriers figurant sur la liste du 7 février 1778 n’était encore employé à la verrerie en juin 1780, lors de l’arrêt de fonctionnement (Arch. nat., minutier central, Et. XI, 746, acte du 24 juillet 1787).

  4. Délibérations du Comité d’agriculture et de commerce : Fernand Gerbeaux et Charles Schmidt (éd.), Procès-verbaux des comités d’agriculture et de commerce de la Constituante, de la Législative et de la Convention…, t. IV : Convention nationale (2e partie), Paris, 1910, p. 328 ; pièces administratives : Arch. nat., F¹² 1492.

  5. Expropriation de 1804, adjudication à Cécile Prevost, décret impérial et annulation : Arch. dép. Aisne, 304 E 63, n° 216 ; Arch. dép. Aisne, 2 K 29, p. 29-30 ; Arch. nat., AF IV, 151-2 (microfilm). Liquidation de 1811 : Arch. dép. Aisne, 304 E 62, nos 162 et 163. Sur Nicolas Charles Parisis et ses liens avec Lavoisier : Maurice Dommanget, « Lavoisier à Crépy-en-Valois et à Villers-Cotterêts », Annales historiques de la Révolution française, n° 164, avril-juin 1961, p. 267-269.

  6. Liste des ouvriers : Arch. dép. Aisne, C 68, liasse 66, 3e dossier (7 février 1778). Caractéristiques techniques des verres : Fernand Meyer et Pierre Grivet, Le Verre, Paris, 1947, p. 30-31 et 49-52. Matières premières : Arch. nat., F¹² 1490 et 1492.

  7. Requête du duc d’Orléans et réponse de Louis XVI : Arch. nat., F¹² 1490. Comparaison avec Saint-Gobain : Augustin Cochin, La Manufacture des glaces de Saint-Gobain de 1665 à 1865, Paris, 1865, p. 91. 2

Personnages associés

Verriers

Voir toutes les personnes liées →

Sources

etat civil Acte de décès d'Anne Marie Pauli, épouse de Georges-Antoine Sigwart (AD Aisne, Villers-Cotterêts, BMS, 1771-1780, cote 5Mi0983, vue 321/378)

16 mai 1779. Établit la présence de Georges-Antoine Sigwart à Villers-Cotterêts en qualité de verrier durant la période de fonctionnement de la verrerie Duhaut.

article La verrerie à Villers-Cotterêts au XVIIIe siècle — Éric Thierry

Article de référence principal. Publié dans les Mémoires de la Fédération des sociétés d'histoire et d'archéologie de l'Aisne, tome 40, p. 207-218. Très documenté, fondé sur des sources d'archives primaires exhaustives.

archive Lettres patentes accordées par le duc Louis-Philippe d'Orléans à Hugues Duhaut (Arch. nat., F¹² 1490)

3 avril 1773. Acte fondateur de la verrerie. Contient l'autorisation d'établissement et la liste des privilèges accordés.

archive État des lieux de la verrerie dressé après l'arrêt de fonctionnement (Arch. nat., Z¹ᴶ 1162)

1787. Description détaillée de tous les bâtiments, utilisée pour la demande de prêt d'Hugues Duhaut.

archive Plan du domaine de la verrerie de Villers-Cotterêts (Arch. dép. Aisne, 304 E 62, n° 163)

Levé les 6 et 11 mai 1811, à l'occasion du lotissement du domaine par Pierre Antoine Clerambourg. Reproduit dans l'article de Thierry (fig. 1).

archive Liste des ouvriers de la verrerie (Arch. dép. Aisne, C 68, liasse 66, 3e dossier)

7 février 1778. Dénombre 18 ouvriers avec leurs noms, origines et fonctions.

archive Acte de société avec Jean Baptiste Dubuse (Arch. nat., F¹² 1492)

1776. Premier contrat d'association d'Hugues Duhaut.

archive Acte de société avec François-Pierre Charlet et Jean Baptiste Delecluze (Arch. nat., minutier central, Et. XLIV, 537)

17 février 1779. Contrat d'association avec les deux associés qui évinceront Duhaut.

archive Vente aux enchères du matériel de la verrerie (Arch. dép. Aisne, 304 E 62, n° 162)

17 mai 1811. Liquidation finale du matériel par le notaire Perrot, pour le compte de Pierre Antoine Clerambourg. Produit : 350 francs et 35 centimes.

archive Arrêté préfectoral autorisant Cécile Prevost à remettre la verrerie en activité (Arch. dép. Aisne, 2 K 29, p. 29-30)

12 novembre 1804. Soutien du préfet de l'Aisne à la demande de la veuve Clop.