Verrerie
Verrerie de Serin
1771 — vers 1786
Aussi connue sous : Verrerie de Serein · Verrerie royale de Serin
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Noms et raisons sociales
Histoire
Résumé
La Verrerie de Serin (ou « verrerie royale de Serin ») est une manufacture de verre établie en 1771 à Lyon, rive gauche de la Saône, « sous la Croix-Rousse », aux environs de l’actuelle place de Serin (4e arrondissement), à ne pas confondre avec la verrerie de Perrache, établissement postérieur et distinct fondé en 1787 au confluent. Elle est l’œuvre du gentilhomme verrier François Éléonore de Finance de Clairbois, qui transporte à Lyon, au bord de la Saône et au charbon de terre, l’ambition verrière de sa famille après plusieurs tentatives ratées en Dauphiné et en Beaujolais.
De Finance ne maîtrise pas la chauffe à la houille, il brûle, selon Guy-Jean Michel, autant de bois que de charbon , épuise ses fonds et fait appel à un financeur, le négociant lyonnais Pierre César Sonnerat, qui prend bientôt le contrôle de l’affaire, l’évince, et se tourne vers la production, plus rentable mais interdite, de bouteilles en verre noir. Cette fabrication illégale déclenche l’hostilité des maîtres voisins Enard (Pierre-Bénite) et Robichon (Givors), qui mènent contre Serin une guerre des prix. Minée par les dissensions entre copropriétaires (Sonnerat, l’homme de loi Le Bouteux Dumousseaux, les associés Lafitte et Folletête), la verrerie voit ses fours s’éteindre en juillet 1778, avant de reprendre. Son personnel mêle une direction de gentilshommes verriers dauphinois (de Finance, de Belle, de Virgile, de Fassion, de Breton) et un banc d’ouvriers majoritairement franc-comtois et alsaciens (Allimand, Lobre, Rogier, La Croix, Schmid, Spicher, Raspiller, Hug), ce qui constitue un cas unique dans l’histoire de la verrerie en France.
L’activité est attestée jusqu’en 1786 au moins (le dernier acte y plaçant Folletête comme associé), puis la main-d’œuvre se disperse : les Allimand gagnent Rive-de-Gier dès 1785 (où ils servent le four de Claudius), les Lobre essaiment vers Givors, Vienne et Rive-de-Gier, et Georges Lobre prend en 1787 la direction de la nouvelle verrerie de Perrache. Plus rien ne subsiste du site, depuis longtemps recouvert par l’urbanisation de la rive gauche.
L’histoire de Serin est exemplaire à plus d’un titre : premier entrant réellement extérieur au cartel Enard-Robichon après la fin du monopole de Givors (1769), elle met en scène, sur un seul site et en quelques années, la mise à mort de l’outsider par les maîtres en place, et surtout l’effondrement du modèle nobiliaire : le gentilhomme verrier dévoré par le capital marchand. L’acte de 1805, où l’ex-noble Louis de Belle Duplan est devenu simple « verrier » salarié à Perrache, ayant effacé le « noble » et altéré son patronyme, en livre l’épilogue.
Historique
Fondation et premières années (1771-1775)
La verrerie de Serin naît dans le sillage de la fin du monopole d’exclusivité accordé pour vingt ans (en 1749) à la Verrerie royale de Givors, qui interdisait toute fabrication concurrente dans un large rayon. Une fois ce monopole tombé (vers 1769), « le premier à se déclarer » est, selon Guy-Jean Michel, François Éléonore de Finance de Clairbois 1. Issu d’une lignée de gentilshommes verriers (son père Claude « l’aîné » fonda la verrerie forestière des Ardillats, François Éléonore avait déjà échoué dans « de semblables projets en Dauphiné et en Beaujolais où il a demeuré quelque temps », formule de l’intendant que l’on peut rapporter à sa direction de la verrerie de Propières (1770-1771) et, plus tôt, à une tentative dauphinoise non identifiée, probablement en forêt de Bonnevaux (il s’est marié à Primarette le 3 mai 1763) 1.
Il établit la verrerie de Serin en 1771, à Lyon, au bord de la Saône, sous la Croix-Rousse, et la chauffe à la houille 1. L’établissement est annoncé publiquement le 23 juin 1772 par la Gazette du commerce :
« On vient d’établir en Serin une Verrerie Royale où l’on fabrique à juste prix toutes sortes de verres blancs, les pièces & les vases employés en Chymie, des verres pour l’usage ordinaire, du verre noir pour les émailleurs &c. » 2
La gamme initiale est donc celle d’une verrerie d’assortiment : verres blancs, verre de chimie, verre noir pour émailleurs — la bouteille n’y figure pas. C’est qu’elle est précisément interdite à de Finance, qui n’a obtenu son privilège qu’à la condition expresse de ne produire que de la verrerie d’assortiment 1.
L’entreprise se heurte d’emblée à une double difficulté. D’une part, de Finance ne parvient pas à maîtriser la chauffe au charbon de terre : il emploie « autant de bois que de houille », ce qui ruine l’avantage économique du procédé, un obstacle technique récurrent à l’époque, auquel Michel a consacré une analyse détaillée 1. D’autre part, l’établissement est jugé illégal par l’intendant, et Joseph Enard, maître de Pierre-Bénite, y voit aussitôt une concurrence préjudiciable. L’intendant lui-même, enquête faite, doute des capacités de l’entrepreneur :
« Au surplus, c’est un Gentilhomme Verrier qui paroit avoir mal réussi dans de semblables projets en Dauphiné et en Beaujollois où il a demeuré quelque tems, et je ne vois rien encore qui lui annonce de plus grands succès à l’avenir. » 1
De Finance demeure néanmoins « maître de la verrerie de Serin » le 23 janvier 1774, lorsqu’il signe comme témoin au mariage de son confrère Claude de Virgile, gentilhomme verrier, à Saint-Nizier 3. Mais, ayant épuisé ses fonds, il a recours à un financeur.
L’éviction de Finance et la prise de contrôle par Sonnerat (vers 1775-1778)
Le financeur est Pierre César Sonnerat, négociant à Lyon, qui « accepte d’intervenir à condition de participer pour moitié aux profits et qui, une fois dans la place, l’élimine » 1. Sonnerat se tourne alors vers la production plus rentable de bouteilles en « verre noir », « qui lui était pourtant résolument interdite » 1. Pour ce faire, il recrute un personnel qualifié, en partie débauché de Givors et de Pierre-Bénite, au premier rang duquel Tours (Ours) Allimand et ses fils 1.
La propriété de la verrerie devient alors collective et composite. Outre Sonnerat, les actes paroissiaux révèlent plusieurs « entrepreneurs » et « propriétaires » :
- Jean Baptiste Le Bouteux Dumousseaux, homme de loi (marié en 1768 à Anne Chevardin), qualifié « propriétaire de la verrerie de Serin » en janvier 1778 4. On le retrouve à Paris pendant la Révolution (carte de sûreté de 1793) ;
- Jean Baptiste Lafitte, « l’un des entrepreneurs de ladite verrerie » en février 1778 5 ;
- François Xavier Folletête (ou Foltete), marchand faïencier originaire du Noirmont (Jura suisse, 1739), « intéressé à la Verrerie de Serein » 6 et futur fondateur du second four de verrerie de Rive-de-Gier dès 1786 7. Son épouse, Benoîte Pavaillier, est marraine d’un enfant Allimand dès 1775 8.
Ce morcellement de la propriété est précisément ce qui perdra l’établissement.
Extinction des fours, chômage et reprise (1778)
Dès le début de juillet 1778, « la verrerie de Serin à Lyon chôme » : le verrier Louis Garnier réclame l’indemnité de chômage prévue par l’usage, « lorsque le maître de verrerie n’a pas prévenu trois mois auparavant, il doit payer le temps perdu à raison de 3 livres pour les verriers et 30 ou 40 sols pour les autres ouvriers » 1. Michel précise que cette extinction des fours en 1778 était due aux dissensions entre les copropriétaires 1, Sonnerat, Dumousseaux, Lafitte, Folletête, dont les intérêts divergeaient.
Mais 1778 n’est pas la fin de la verrerie : c’est une crise de transition. Les actes paroissiaux attestent une reprise et une activité continue jusqu’au milieu des années 1780 (voir ci-dessous). Le banc de souffleurs reste en place : en 1777, Georges Lobre, maître souffleur, fils de Samuel Lobre « dudit art », se marie avec, pour témoins, Pierre Rogier et Nicolas La Croix, eux aussi maîtres souffleurs à la verrerie 9. Ni les Lobre, ni les Allimand ne quittent Lyon avant 1785.
La guerre des prix Enard-Robichon
La fabrication illégale de bouteilles à Serin provoque la riposte concertée des maîtres établis. Selon la requête de Sonnerat (vers 1778) citée par Michel, Enard et Robichon, « leurs fortunes étant considérables, ils n’ont pas craint de l’altérer pour culbuter une manufacture naissante, en faisant tout à coup une diminution de 3 livres 10 sols sur chaque cent de bouteille », soit l’équivalent de leur marge bénéficiaire 1. Un mémoire d’Enard et Robichon (adressé à M. de Colonia le 30 janvier 1781) confirme le conflit par l’autre bord : la fabrication illégale de bouteilles à Serin contraignait Givors et Pierre-Bénite à envisager d’autres productions (en « verre de Bohême ») pour éviter de mettre leurs ouvriers au chômage 1. La guerre commerciale est donc frontale, et Serin y est l’agresseur autant que la victime : l’outsider qui force le marché de la bouteille, et que le cartel s’emploie à étrangler.
Apogée tardive et fin d’activité (1783-1786)
Loin de s’éteindre en 1778, la verrerie connaît ses années les mieux documentées au début des années 1780. Plusieurs actes la qualifient encore de « verrerie royale » en pleine activité :
- en 1783, Gaspard Fleury, « maître fondeur à la verrerie Royale de Serein », y meurt, en présence de Joseph Allimand, ouvrier à la verrerie 10 ; la même année, Jean François Fouillet, « tiseur à la verrerie de Serein », épouse Agathe Fleury, fille du défunt 11 ;
- le 16 novembre 1784, un acte capital réunit Joseph, Blaise, Pierre et Maurice Allimand, « tous frères de l’épouse et Verriers à la dite Verrerie de Serin », au mariage de leur sœur Marie Claudine avec Joseph Raspiller, maître verrier de Pierre-Bénite : c’est la borne haute assurée de l’activité (fin 1784 au moins) 12 ;
- le 14 février 1785, Tours Allimand est encore « Maître souffleur à la verrerie Royale de Serein » au baptême de sa fille, parrainée par Georges Lobre 13 ;
- enfin, le 11 février 1786, François Xavier Folletête est dit « intéressé à la Verrerie de Serein » : c’est le dernier acte attestant à la fois l’activité de l’établissement et la qualité d’associé de Folletête 6.
En 1786 encore, la verrerie de Serin figure, aux côtés de Givors et de Pierre-Bénite, parmi les trois verreries reconnues de la région lyonnaise dans le régime des droits de traite et de péage sur les ouvrages descendant le Rhône 14. La fermeture intervient sans doute peu après : la dispersion de la main-d’œuvre en marque le terme.
La dispersion (1785-1787)
La fin de Serin se lit dans les départs. La famille Allimand quitte Lyon courant 1785 : Tours Allimand inhume sa fille Marguerite Camille à Rive-de-Gier le 9 décembre 1785 13. Le moment coïncide exactement avec l’autorisation obtenue par M. Claudius d’installer un four à Rive-de-Gier : Allimand entre à son service et, comme Sonnerat à Serin, Claudius et Allimand ne tarderont pas à enfreindre la limitation au seul « verre blanc d’assortiment » pour produire la bouteille en verre noir, plus lucrative, au grand dam de Robichon et Enard 13. La logique de Serin se rejoue ainsi à Rive-de-Gier.
La dynastie Lobre, elle, essaime dans toutes les directions du réseau régional : Michel Lobre cofonde la verrerie du Canal à Givors ; Samuel descend à Givors puis gagne la verrerie de Vienne de Melchior-Gaspard Enard (où il meurt en 1807) ; André et Georges se fixent à Rive-de-Gier 15. Quant à Georges Lobre lui-même, il est débauché de Serin pour prendre, en 1787, la direction de la nouvelle verrerie de Perrache, créée par les « Associés aux travaux du Midi et de la Ville de Lyon » 1 (voir « Erreurs et incertitudes » et fiche verrerie-perrache-lyon).
La dispersion ne touche pas que les ouvriers : deux négociants lyonnais, dont l’un est explicitement associé à Serin, déménagent eux aussi à Rive-de-Gier pour y rouvrir, chacun de son côté, le couple de productions même de Serin. François Xavier Folletête y est attesté dès 1786 : le 11 mai 1786, le Bureau du commerce tranche « une contestation entre le sieur Claudius, entrepreneur d’une verrerie de verre à bouteilles à Rive-de-Gier, et le sieur Folletête, qui a établi dans le même lieu une fabrique de verre blanc », décision rendue en faveur de Folletête 7. Or Claudius n’est autre que l’homme chez qui Tours Allimand et ses fils émigrent en 1785. Ainsi, à Rive-de-Gier en 1785-1786, c’est tout Serin qui se redéploie : ses ouvriers (Allimand), ses deux entrepreneurs (Folletête, Claudius) et jusqu’à sa dualité interne — le verre blanc d’assortiment (Folletête) face à la bouteille (Claudius) —, la contestation de mai 1786 rejouant exactement le conflit qui traversait la fabrique lyonnaise. Détail significatif : Folletête comme Claudius sont l’un et l’autre originaires de Lyon, ce qui n’a rien d’un hasard (voir « Contexte social »).
Situation géographique
Localisation
La verrerie était établie rive gauche de la Saône, « sous la Croix-Rousse » 1, hors les murs, dans le hameau de Serin bâti au pied des fortifications, aux environs de l’actuelle place de Serin (4e arrondissement de Lyon), au pied de la colline de la Croix-Rousse, près du quai de Serin et de l’embouchure ouest du tunnel de la Croix-Rousse.
Cette localisation est assurée par le domicile paroissial des verriers : tous les actes de baptême et de sépulture des ouvriers et maîtres de la fabrique sont dressés à la paroisse Saint-Vincent, qui s’étendait précisément le long de la rive gauche de la Saône et dont dépendait le quartier de Serin (les mariages, eux, sont parfois célébrés à Saint-Nizier ou à la Platière, paroisses de la rive droite ou de la Presqu’île, selon le domicile de l’épouse). Le secteur de Serin, alors à la lisière nord de la ville, offrait les deux atouts recherchés : la voie d’eau (la Saône, pour l’approvisionnement en charbon depuis la Loire et l’expédition des produits) et des terrains encore disponibles hors les murs.
Un témoignage judiciaire vient resserrer cette localisation, et atteste au passage la persistance du repère trente ans après la fermeture. Dans un mémoire publié en 1818 sur les troubles de Lyon de 1817, la déposition d’un témoin situe un cabaret « hors les portes de Serin, deux maisons plus loin que la verrerie », d’où l’on s’embarque aussitôt en bateau pour traverser la Saône vers Vaise 16. Trois enseignements s’en dégagent : « la verrerie » était encore, en 1817, un repère identifiable du quartier ; elle se trouvait hors les fortifications ; et elle était assez proche de la Saône pour qu’on s’y embarque dans la foulée : cohérent avec l’approvisionnement en charbon par voie d’eau d’une verrerie à la houille. La présence d’un cabaret accueillant dix-huit à vingt personnes à deux maisons de là place l’établissement dans la frange dense du hameau, juste au-delà de la porte, et non parmi les grandes bâtisses isolées et les fabriques (tullerie Gubian, constructions en cours) qui s’égrènent plus au nord le long de la Saône. La verrerie se situait donc dans la bande étroite comprise entre les fortifications et l’actuelle place de Serin, sur la portion sud de l’actuel quai Gillet ; centre de la zone probable : env. 45.772886 N, 4.813191 E.
Distinction essentielle : Serin n’est pas Perrache. Le quartier de Serin est au nord de la ville (bas de la Croix-Rousse) ; Perrache / Ainay est au sud, au confluent du Rhône et de la Saône. Les deux verreries, toutes deux sur la rive gauche et toutes deux liées à la même main-d’œuvre, sont néanmoins des établissements géographiquement distincts (voir « Erreurs et incertitudes »).
Sources cadastrales
Le cadastre est ici d’un faible secours. Le cadastre napoléonien de la Croix-Rousse et ses états de section ne datent que de 1831, soit près d’un demi-siècle après la fermeture de la verrerie : ils sont trop tardifs pour en porter trace, et ne montrent, dans le secteur hors les murs, qu’un tissu déjà recomposé (grandes bâtisses, fabriques, parcelles en cours de construction dès qu’on s’éloigne des fortifications). La Croix-Rousse n’étant rattachée à Lyon qu’en 1852 (commune autonome auparavant), c’est dans ses fonds propres qu’il faudrait chercher d’éventuels plans antérieurs ; à défaut, la localisation repose sur le faisceau convergent du domicile paroissial (Saint-Vincent) et du repère topographique de 1817 (voir « Localisation »). Le secteur a ensuite été définitivement bouleversé par l’implantation des usines Gillet sur le quai de Serin à partir de 1852.
État actuel
Aucun vestige. Le secteur a connu deux vagues de transformation radicale : les grandes usines chimiques et de teinturerie Gillet (1852-1977) sur le quai de Serin, puis le percement du tunnel de la Croix-Rousse (1952) et la réorganisation de la voirie qui ont fait disparaître l’ancien quartier sous le flot de la circulation.
Avant cela, les grands travaux dans années 1830 : construction du fort Saint-Jean, de la caserne militaire de Serin et des entrepôts de poudre, avaient déjà fortement modifié le quartier, surtout dans sa partie nord.
Carte(s) du site
À venir — sous réserve d’une localisation cadastrale plus fine.
Personnages liés
Direction et propriété
- François Éléonore de Finance de Clairbois (1739-1815) — gentilhomme verrier, fondateur (1771), évincé vers 1775. Né à Monsols pendant l’épisode de la verrerie des Ardillats (fils de Claude « l’aîné »), il avait déjà échoué à Propières (1770-1771) et en Dauphiné. Fiche individu à créer (francois-eleonore-de-finance).
- Pierre César Sonnerat — négociant lyonnais, bailleur de fonds puis maître évinçant de Finance ; développe la fabrication illégale de bouteilles. Fiché comme émigré sous la Révolution. Fiche à créer.
- Jean Baptiste Le Bouteux Dumousseaux — homme de loi, « propriétaire » / associé (1778) ; retrouvé à Paris en 1793. Fiche à créer.
- Jean Baptiste Lafitte — « l’un des entrepreneurs » de la verrerie (1778).
- François Xavier Folletête (Le Noirmont, 1739 — ?) — marchand faïencier, « intéressé à la verrerie » (associé), attesté de 1775 à 1786 ; futur fondateur (selon Pelletier) du second four de Rive-de-Gier. Fiche à créer.
Maîtres et ouvriers verriers
- Georges Lobre — maître souffleur (1777-1785), fils de Samuel ; prend en 1787 la direction de la verrerie de Perrache. Fiche à créer.
- Samuel Lobre (Ribeauvillé, 1725 — Lyon, 1780) — maître ouvrier, copropriétaire de la verrerie de Clairefontaine (Belrupt) ; patriarche de la dynastie Lobre (quatre fils : Georges, Michel, Samuel, André). Fiche à créer.
- Tours (Ours) Allimand (Saint-Antoine, 1737 — ?) — maître souffleur, chef d’une nombreuse fratrie de verriers (Joseph, Blaise, Pierre, Maurice…) ; quitte Serin pour Rive-de-Gier en 1785. Fiche à créer.
- Pierre Rogier (Rozier), Nicolas La Croix, André Lehain, Pierre Manteuil — maîtres souffleurs / ouvriers en verre attestés au banc.
- Gaspard Fleury (Le Cerneux-Péquignot, 1731 — Lyon, 1783) — maître fondeur, tiseur franc-comtois.
- Jean François Fouillet — tiseur (fils d’un vigneron de Givors).
- Louis Garnier — verrier, demandeur d’une indemnité de chômage en 1778.
Gentilshommes verriers dauphinois (colonie de Saint-Vincent)
- Louis de Belle (Debelle) sieur Duplan (Les Échelles / Saint-Jean-de-Couz — Rive-de-Gier, 1814) — gentilhomme verrier, époux de Marie Marthe de Fassion (fille du maître de la verrerie de Bon Rencontre à Primarette) ; finit verrier salarié à Perrache (acte de 1805). Fiche à créer.
- Claude de Virgile — gentilhomme verrier, attesté à Saint-Vincent (1774-1778), d’une lignée verrière du Gard / de la Nièvre ; verrier à Buis (Isère).
- Marie Marthe de Fassion (Primarette, 1753 — Lieudieu, 1801) — fille du gentilhomme verrier Pierre de Fassion ; sa lignée touche la famille altaraise Barbieri/Bormioli par alliance ultérieure.
Éléments techniques
Combustible : charbon de terre (houille), acheminé par la voie d’eau — disposition caractéristique de la verrerie urbaine de la seconde moitié du XVIIIe siècle, fondée sur la houille de Rive-de-Gier, dont l’ouverture du canal (1780) facilita le transport vers Givors et la vallée du Rhône 1. Mais le fondateur ne maîtrise pas la chauffe au charbon : il « emploie autant de bois que de houille », ce qui annule l’avantage économique recherché et précipite l’épuisement de ses fonds 1. Ce point n’est pas anecdotique : la maîtrise de la chauffe à la houille — substitution complexe au bois, exigeant fours fermés à cave, creusets couverts et savoir-faire spécifique — est l’un des grands verrous techniques de l’époque, et l’une des raisons pour lesquelles les entrepreneurs recrutaient des souffleurs franc-comtois et alsaciens réputés expérimentés.
Hypothèse de travail. La vague de recrutement franc-comtois et alsacien à Serin après 1774 (Allimand, Lobre, Rogier, La Croix, puis l’entourage Schmid / Spicher / Raspiller) pourrait avoir visé, au-delà du simple besoin de bras, l’acquisition d’une expertise de la chauffe à la houille — au moment précis où Sonnerat veut passer à la bouteille en verre noir au charbon. Plusieurs établissements régionaux ont fait appel à des Francs-Comtois pour réussir ce passage, avec des fortunes diverses. Hypothèse cohérente mais non encore documentée site par site.
Production. La gamme initiale (1772) est celle d’une verrerie d’assortiment : « toutes sortes de verres blancs, les pièces & les vases employés en Chymie, des verres pour l’usage ordinaire, du verre noir pour les émailleurs » 2 — soit du verre soufflé courant, du verre technique (chimie) et du verre noir d’émaillerie, mais pas de bouteille, qui lui était interdite. C’est sous Sonnerat, à partir de 1776 environ, que se développe la bouteille en verre noir, production illégale mais lucrative, au cœur de la guerre avec Enard et Robichon 1.
Effectifs et nombre de fours : non documentés précisément. Le banc comptait plusieurs maîtres souffleurs simultanés (Lobre, Rogier, La Croix, Allimand et ses fils, Manteuil), un maître fondeur (Fleury) et des tiseurs (Fouillet), ce qui suppose un établissement de taille moyenne, mais aucun chiffre d’ouvriers ni de fours n’est attesté.
Contexte social
Serin offre un condensé des tensions du monde verrier à la veille de la Révolution industrielle.
Une hiérarchie sociale en deux strates. La propriété et l’encadrement sont tenus par une élite : des gentilshommes verriers dauphinois (de Finance, de Belle, de Virgile, et par alliance les de Fassion), un négociant (Sonnerat) et un homme de loi (Dumousseaux). Le banc, lui, est occupé par des ouvriers franc-comtois et alsaciens — Allimand, Lobre (de Ribeauvillé), Rogier, La Croix, Fleury (du Cerneux-Péquignot), Schmid, Spicher — et par des tiseurs recrutés localement (Fouillet, fils d’un vigneron de Givors). La noblesse est en haut ; le verre se souffle en bas.
L’illégalité comme modèle économique. La verrerie était autorisée à la seule condition de produire de l’assortiment ; Sonnerat fabrique pourtant des bouteilles en verre noir, interdites mais bien plus rentables. Cette transgression assumée — qui se rejouera à l’identique à Rive-de-Gier avec Allimand et Claudius 13 — révèle l’impuissance de la réglementation royale face à la pression du marché, et place Serin au cœur d’un conflit ouvert avec le cartel Enard-Robichon (guerre des prix de 1776, mémoires de 1778-1781) 1.
La fragilité des sociétés à copropriétaires. L’extinction des fours de 1778 ne tient pas à un échec commercial mais aux dissensions entre copropriétaires 1 : Sonnerat, Dumousseaux, Lafitte, Folletête formaient un attelage instable, et le chômage qui en résulte laisse les ouvriers sans salaire — d’où la réclamation d’indemnité de Louis Garnier, conforme à l’usage verrier (3 livres par semaine pour les souffleurs).
La circulation des ouvriers est la marque de ce milieu : les Allimand viennent de Givors et Pierre-Bénite, repartent à Rive-de-Gier ; les Lobre arrivent de Clairefontaine et se dispersent vers Givors, Vienne et Rive-de-Gier ; Fleury a surtout travaillé à Givors. Serin est une station sur des trajectoires familiales qui couvrent toute la région — et, pour plusieurs lignées (Schmid, Spicher, Sigwart, Raspiller), un point de passage à Lyon. Le mariage du 16 novembre 1784, qui réunit à Saint-Vincent les Allimand, un Raspiller de Pierre-Bénite, un Schmid et un Spicher, en est l’illustration la plus dense 12.
L’épilogue d’un monde. L’acte le plus éloquent du dossier est postérieur de vingt ans à la fermeture. Le 21 août 1805, Louis de Belle Duplan — l’ancien gentilhomme verrier de Serin, jadis « noble Louis de Belle sieur Duplan » — déclare le décès de sa fille à Lyon : il est désormais « Louis Dubelle verrier, verrerie de Perrache » 17. Le « noble » a disparu, le patronyme est altéré, et l’ancien maître travaille comme simple salarié. En une signature, c’est tout le basculement de l’Ancien Régime verrier — du gentilhomme privilégié à l’ouvrier de l’industrie naissante — qui se donne à lire.
Serin, pépinière de Rive-de-Gier, et la vraie rupture du modèle verrier
Au-delà de son échec propre, Serin a joué un rôle de pépinière. Hors du verrou formé par les verreries alliées d’Enard (Pierre-Bénite) et de Robichon (Givors), c’était la seule verrerie indépendante de la région : le seul lieu où un entrepreneur lyonnais pouvait apprendre le métier, approcher la main-d’œuvre comtoise et se constituer un réseau hors du cartel. Que les deux fondateurs lyonnais des premiers fours de Rive-de-Gier (1785-1786), Folletête et Claudius, en soient précisément issus n’est donc pas une coïncidence, mais la conséquence logique de cette position : Serin échoue comme entreprise, mais réussit comme foyer d’essaimage, transmettant à Rive-de-Gier ses hommes, ses entrepreneurs et son modèle.
Cet épisode éclaire une rupture que la littérature situe mal. On présente ordinairement Joseph Enard et les Robichon comme les novateurs de la verrerie régionale : Givors en 1749, Pierre-Bénite en 1768. Sur le plan technique (passage à la houille, fours à cave, installation au plus près de la clientèle), l’innovation est réelle. Mais sur le plan économique, ils ne rompent nullement avec le mercantilisme d’Ancien Régime : ils en perpétuent même le modèle, privilège royal, exclusivité de fabrication, profit garanti sans risque de concurrence. À cet égard, ces « novateurs » sont bien davantage les héritiers des gentilshommes verriers privilégiés que les pionniers d’un capitalisme industriel. La véritable rupture (la libre concurrence) vient d’ailleurs : des tentatives extérieures au cartel, Roanne/Le Coteau (1744), Serin (1771) puis Rive-de-Gier (1785, 1786), que les maîtres en place s’emploient précisément à étouffer (guerre des prix, plaintes répétées), et elle ne s’imposera qu’après 1789, avec l’abolition des privilèges. Le réflexe d’entente n’en disparaîtra pas pour autant : il restera en toile de fond de tout le XIXe siècle verrier des vallées du Rhône et du Gier, jusqu’à la constitution de la Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône (1853), œuvre des Robichon, des Neuvesel et de leurs alliés ripagériens, ultime avatar du vieux rêve de reconstituer par le cartel ce que le privilège royal garantissait jadis. Cette lecture d’ensemble, que les spécialistes n’abordent souvent qu’incidemment, demande à être étayée site par site dans les fiches concernées.
Erreurs et incertitudes
Ce que dit la littérature, et ce qu’il faut corriger
Serin et Perrache sont deux verreries distinctes, pas un site qui se déplace. La proximité des noms et le partage de la main-d’œuvre invitent à confondre les deux établissements. Ce sont pourtant deux sites géographiquement séparés : Serin au nord (bas de la Croix-Rousse, rive gauche de la Saône, actif 1771-1786) ; Perrache / Ainay au sud (confluent, « île Perrache », « quai d’Ainay », fondée en 1787 par les « Associés aux travaux du Midi et de la Ville de Lyon » — c’est-à-dire la Compagnie Perrache, société d’aménagement du confluent). Le lien entre les deux est humain et non juridique : la direction de Perrache est confiée en 1787 à Georges Lobre, débauché de Serin 1, et l’on y retrouve Louis de Belle Duplan comme ouvrier. Perrache succède à Serin dans le rôle de verrerie urbaine de la rive gauche, sans en être la continuation juridique. Une fiche distincte verrerie-perrache-lyon est à créer.
Le nœud « de Clerbois / de Clairbois » : quatre hommes, pas un. Guy-Jean Michel, habituellement très sûr, se fourvoie ici en faisant dériver le privilège de Serin des lettres patentes de la verrerie de Roanne, qu’il croit obtenues par le père de François Éléonore « une trentaine d’années plus tôt » 1. Cette filiation est fausse, et elle naît d’une homonymie. Il faut distinguer quatre personnes :
- François Bigot de Clerbois — entrepreneur de la verrerie royale de Roanne
(privilège de 1743, déchu en 1748). Il n’est pas un de Finance de naissance, mais
une famille alliée (un mariage Bigot × de Finance est attesté à Attigny) ; il
a vraisemblablement pris le nom « de Clairbois » en passant par
Saint-Nicolas-des-Biefs, fief des de Finance. (voir fiche
verrerie-royale-de-roanne) - Claude de Finance « l’aîné » (Jaligny, 1692 — Les Ardillats, 1741) — fondateur probable de la verrerie des Ardillats et père de François Éléonore. Mort en 1741, il n’a jamais détenu de privilège à Roanne. (voir verrerie-des-ardillats)
- Claude Marie de Finance de Clairbois (1704-1780) — frère de Claude l’aîné, donc oncle de François Éléonore. C’est lui, le « de Finance cadet » de la nouvelle tentative roannaise de 1779, mort à Roanne en 1780.
- François Éléonore de Finance de Clairbois (1739-1815) — fondateur de Serin (1771), fils de Claude l’aîné, né à Monsols pendant l’épisode des Ardillats.
La résolution est donc nette : 1743 Roanne = Bigot ; 1779 Roanne = Claude Marie (l’oncle) ; 1771 Serin = François Éléonore (le neveu). Aucun privilège paternel de Roanne n’a jamais existé pour les de Finance. Michel a vu de la fumée réelle — l’alliance Bigot × de Finance et la tentative collatérale de 1779 — mais il l’a condensée en une fausse transmission de privilège de père à fils. (La démonstration complète est partagée avec les fiches verrerie-royale-de-roanne et verrerie-des-ardillats, qui se renvoient l’une l’autre sur ce point.)
Le « premier à se déclarer » de Michel demande une nuance. Michel présente de Finance / Serin comme « le premier à se déclarer » après la chute du monopole de Givors 1. C’est exact à une réserve près : la verrerie de Pierre-Bénite, fondée par Joseph Enard dès 1768, la précède de trois ans. Mais Enard est un initié — cofondateur de Givors, le monopole était le sien, et il ne fait que le prolonger à l’expiration de l’exclusivité. Serin est donc le premier entrant réellement extérieur au cartel : c’est en ce sens restreint, et non chronologiquement absolu, que vaut le « premier » de Michel.
Points non résolus
- Localisation cadastrale précise. Le secteur de Serin est assuré (paroisse Saint-Vincent, rive gauche, bas de la Croix-Rousse), mais l’emprise exacte de la verrerie reste à retrouver — cadastre napoléonien de la Croix-Rousse, plans anciens de Lyon, éventuelle survivance toponymique.
- Date de fondation exacte et privilège. Michel donne 1771 pour l’établissement et l’annonce publique date de juin 1772 ; mais la nature précise du privilège obtenu par de Finance (et ses conditions exactes) repose sur les dossiers du Bureau du commerce non consultés directement (AN F12).
- Date et modalités exactes de la fermeture. L’activité est attestée jusqu’en 1786 ; la cessation précise (et le sort des installations) reste indéterminée. La reprise par les associés du quartier de Perrache, en 1787, suggère un transfert partiel des hommes plutôt que des murs.
- La station dauphinoise de François Éléonore de Finance. Son échec « en Dauphiné » (rapport de l’intendant) n’est pas localisé. Seul élément en main : son mariage à Primarette le 3 mai 1763 — d’où l’hypothèse d’une tentative en forêt de Bonnevaux ou à proximité. À noter que Primarette est le berceau des de Fassion (verrerie de Bon Rencontre), dont Marthe de Fassion réapparaît précisément à Serin par son mariage avec de Belle Duplan : le réseau se referme sur lui-même, sans qu’on puisse encore l’affirmer comme un lien de cause à effet. (À traiter dans la fiche individu francois-eleonore-de-finance.)
- Sonnerat et Dumousseaux sous la Révolution. Tous deux fichés (Sonnerat sur la liste des émigrés ; carte de sûreté de Dumousseaux à Paris en 1793) : leur sortie de l’affaire Serin et leur devenir restent à reconstituer.
- Sources à dépouiller : Guy-Jean Michel cite des dossiers non consultés directement (AN F12/877, F12/1488 B, F12/1489 B ; ADRh 1 C 31/81-82, sur la direction de Perrache) ; l’article de Charles Martin (Revue du Lyonnais, 1980) reste à lire ; le mémoire Enard-Robichon du 30 janvier 1781 à de Colonia mériterait une transcription intégrale.
Sources consultées
Sources primaires — actes (Archives municipales de Lyon, état civil en ligne)
Sources primaires — réglementation et presse
Source secondaire de référence
Source secondaire à consulter
Footnotes
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Guy-Jean Michel, Verriers et verreries en Franche-Comté au XVIIIe siècle, 1989 (Serin : p. 241, 482-526 ; Perrache : p. 534 ; chômage et indemnité Garnier : p. 167). Citant ses propres sources : AN F12/877 (chômage de Serin, juillet 1778) ; F12/1488 B (requête de Sonnerat, guerre des prix de 1776) ; F12/1489 B ; ADRh 1 C 31/81-82 (direction de Perrache confiée à Georges Lobre, 1787). Ces dossiers d’archives n’ont pas été consultés directement : ils sont connus par les citations de Michel. Michel se fourvoie par ailleurs sur la verrerie de Roanne (homonymie Clerbois/Clairbois) — voir « Erreurs et incertitudes ». ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5 ↩6 ↩7 ↩8 ↩9 ↩10 ↩11 ↩12 ↩13 ↩14 ↩15 ↩16 ↩17 ↩18 ↩19 ↩20 ↩21 ↩22 ↩23
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Gazette du commerce, 23 juin 1772, f. 5 : annonce de fondation de la verrerie royale de Serin. Gallica : ark:/12148/bpt6k97482120. ↩ ↩2
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Paroisse Saint-Nizier, Lyon, BMS 1774, AML 1 GG 202, vue 26/260 : mariage de Claude de Virgile, 23 janvier 1774, témoin François Éléonore de Finance « maître de la verrerie de Serin ». ↩
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Paroisse Saint-Vincent, Lyon, BMS 1778, AML 1 GG 257, vue 5/53 : baptême de Jean Baptiste de Virgile, 24 janvier 1778, parrain Jean Baptiste Le Bouteux Dumousseaux « propriétaire de la verrerie de Serin ». ↩
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Paroisse Saint-Vincent, Lyon, BMS 1778, AML 1 GG 257, vue 8/53 : baptême de Marguerite Camille Allimand, 8 février 1778, marraine épouse de Jean Baptiste Lafitte « l’un des entrepreneurs de ladite verrerie ». ↩
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Paroisse Saint-Pierre Saint-Saturnin, Lyon, BMS 1786, AML 1 GG 645, acte n°719, vue 6/99 : mariage de Louis Folletête, 11 février 1786, fils de François Xavier Folletête « intéressé à la Verrerie de Serein ». Dernier acte attestant l’activité. Folletête est attesté à Rive-de-Gier dès 1786 : « 11 mai. — Contestation entre le sieur Claudius, entrepreneur d’une verrerie de verre à bouteilles à Rive-de-Gier, et le sieur Folletête, qui a établi dans le même lieu une fabrique de verre blanc. Décision en faveur du sieur Folletête.» Source : Conseil de commerce : 1700-1791 : inventaire analytique des procès-verbaux, année 1786, page 442. ↩ ↩2
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Pierre Bonnassieux, Conseil de commerce et Bureau du commerce (1700-1791). Inventaire analytique des procès-verbaux, 1900, année 1786, p. 442 : contestation du 11 mai 1786 entre Claudius (bouteilles) et Folletête (verre blanc) à Rive-de-Gier, tranchée en faveur de Folletête. Gallica : ark:/12148/bpt6k70630. ↩ ↩2
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Paroisse Saint-Vincent, Lyon, BMS 1775, AML 1 GG 256, vue 23/44 : baptême d’Antoine Allimand, 28 juin 1775, fils de Tours Allimand « maître souffleur à la Verrerie de Serein » ; marraine Marie Pavaillier, épouse de F. X. Folletête. ↩
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Paroisse Saint-Nizier, Lyon, BMS 1777, AML 1 GG 205, vue 113/258 : mariage de Georges Lobre, 21 mai 1777, « maître souffleur à la verrerie de Serrein », fils de Samuel Lobre ; témoins Pierre Rogier et Nicolas La Croix, maîtres souffleurs. ↩
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Paroisse Saint-Vincent, Lyon, BMS 1783, AML 1 GG 258, acte n°64, vue 30/54 : sépulture de Gaspard Fleury, 5 juillet 1783, « maître fondeur à la verrerie Royale de Serein ». ↩
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Paroisse Saint-Vincent, Lyon, BMS 1783, AML 1 GG 258, acte n°64, vue 37/54 : mariage de Jean François Fouillet, « tiseur à la verrerie de Serein », et Agathe Fleury, 19 août 1783. ↩
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Paroisse Saint-Vincent, Lyon, BMS 1784, AML 1 GG 259, acte n°51, vue 44/49 : mariage de Joseph Raspieler (Pierre-Bénite) et Marie Claudine Allimand, 16 novembre 1784 ; témoins Joseph, Blaise, Pierre et Maurice Allimand, « Verriers à la dite Verrerie de Serin », Thomas Schmid, Jean Baptiste Hilaire Spicher. ↩ ↩2
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Paroisse Saint-Vincent, Lyon, BMS 1785, AML 1 GG 259, acte n°26, vue 8/44 : baptême de Marie Claudine Allimand, 14 février 1785, Tours Allimand « Maître souffleur à la verrerie Royale de Serein ». Départ de la famille daté par l’inhumation de Marguerite Camille Allimand à Rive-de-Gier le 9 décembre 1785. ↩ ↩2 ↩3 ↩4
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Recueil alphabétique des droits de traites uniformes…, douane de Lyon et de Valence, t. 2, 1786, p. 425 : « la verrerie de Serin » citée avec Givors et Pierre-Bénite. Gallica : ark:/12148/bpt6k97355686. ↩
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Paroisse Saint-Vincent, Lyon, BMS 1780, AML 1 GG 258, vue 3/51 : sépulture de Samuel Lobre, 15 janvier 1780, « Maître ouvrier à la Verrerie de Serin », en présence de ses quatre fils. ↩
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Comte de Fargues, La Vérité sur les événemens de Lyon en 1817, réponse au mémoire de M. le colonel Fabvier, 1818, p. 50 : déposition situant un cabaret « hors les portes de Serin, deux maisons plus loin que la verrerie ». Gallica : ark:/12148/bpt6k6136684w. ↩
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Lyon, division du Midi, Décès an XIII, AML 2 E 112, acte n°2218, vue 205/224 : décès de Jeanne Marie Debelle, 21 août 1805 ; déclarant Louis Dubelle « verrier, verrerie de Perrache » (ancien gentilhomme de Serin). ↩
Personnages associés
Verriers
Sources
« On vient d'établir en Serin une Verrerie Royale où l'on fabrique à juste prix toutes sortes de verres blancs, les pièces & les vases employés en Chymie, des verres pour l'usage ordinaire, du verre noir pour les émailleurs &c. » Première annonce publique : situe l'ouverture peu avant juin 1772 et donne la gamme initiale (verres blancs, verre de chimie, verre noir pour émailleurs) — la bouteille n'y figure pas encore.
23 janvier 1774. François Éléonore de Finance de Clerbois signe comme « maître de la verrerie de Serin » ; André Lehain, « maître ouvrier en verre », est l'autre témoin verrier. Confirme de Finance à la tête de la fabrique en janvier 1774 (avant son éviction par Sonnerat), et donne deux premiers noms d'ouvriers.
28 juin 1775. Tours (Ours) Allimand « maître souffleur » ; parrain Pierre Rogier (Rozier), souffleur ; marraine Marie Pavaillier, épouse de François Xavier Folletête, marchand faïencier (futur associé de la verrerie). Plus ancien acte de la famille Allimand à Lyon : ancre l'arrivée de la fratrie vers 1775.
21 mai 1777. Georges Lobre, maître souffleur, fils de Samuel Lobre « dudit art » ; témoins Pierre Rogier et Nicolas La Croix, maîtres souffleurs à la verrerie. Atteste la dynastie Lobre au banc dès 1777.
24 janvier 1778. Jean Baptiste Le Bouteux Dumousseaux, homme de loi (marié en 1768 à Anne Chevardin ; retrouvé à Paris en 1793, carte de sûreté), est qualifié « propriétaire de la verrerie de Serin » : copropriétaire/associé, vraisemblablement avec Pierre César Sonnerat.
8 février 1778. Parrain Pierre Manteuil, de la même verrerie ; marraine Marguerite Camille Perrin, épouse de Jean Baptiste Lafitte, « l'un des entrepreneurs de ladite verrerie ». Donne un nom d'entrepreneur de plus (Lafitte) et confirme la fratrie Allimand au travail.
10 février 1778. Louis de Belle sieur Duplan (gentilhomme verrier dauphinois, domicilié paroisse Saint-Vincent), épouse Marie Marthe de Fassion, fille de Pierre de Fassion, maître de la verrerie de Bon Rencontre à Primarette. Témoins : Dumousseaux, Claude de Virgile. Confirme la présence à Serin d'une colonie de gentilshommes verriers du Dauphiné.
15 janvier 1780. Samuel Lobre (Ribeauvillé, 1725 — Lyon, 1780), copropriétaire de la verrerie de Clairefontaine (Belrupt), inhumé en présence de ses quatre fils Georges, Michel, Samuel et André. Patriarche d'une dynastie qui essaime ensuite vers Givors (Canal), Vienne et Rive-de-Gier.
5 juillet 1783. Gaspard Fleury (Le Cerneux-Péquignot, 1731 — Lyon, 1783), tiseur et fondeur franc-comtois, principalement à Givors ; présents Étienne Jonet, serrurier, et Joseph Allimand, ouvrier à la verrerie. Atteste la verrerie « royale » en activité en 1783.
19 août 1783. Jean François Fouillet, tiseur, fils d'un vigneron de Givors ; Agathe Fleury, fille de Gaspard. Confirme le recrutement local (Givors) au banc des ouvriers non nobles.
16 novembre 1784. Joseph Raspieler (Raspiller), maître verrier de la verrerie royale de Pierre-Bénite, épouse Marie Claudine Allimand, fille de Tours ; témoins Joseph, Blaise, Pierre et Maurice Allimand, « tous frères de l'épouse et Verriers à la dite Verrerie de Serin », ainsi que Thomas Schmid et Jean Baptiste Hilaire Spicher. BORNE HAUTE de l'activité de Serin (fin 1784 au moins) et nœud du réseau franc-comtois (Raspiller, Allimand, Schmid, Spicher).
14 février 1785. Parrain Georges Lobre, souffleur ; marraine Marie Claudine Allimand, épouse de Joseph Raspiller (Pierre-Bénite). Dernier acte plaçant Tours Allimand à Serin : sa fille Marguerite Camille est inhumée à Rive-de-Gier le 9 décembre 1785 — d'où la datation du départ de la famille Allimand courant 1785.
11 février 1786. François Xavier Folletête (Le Noirmont, Jura suisse, 1739) est dit « intéressé à la Verrerie de Serein » : DERNIER acte attestant l'activité et confirmant Folletête comme l'un des associés. Folletête sera, d'après Pelletier, le second à installer un four de verrerie à Rive-de-Gier.
21 août 1805 (3 fructidor an XIII). Louis de Belle Duplan, ancien gentilhomme verrier de Serin (1778), est ici « Louis Dubelle verrier, verrerie de Perrache » : il a effacé le « noble », altéré son patronyme et travaille comme salarié. Acte-emblème de la bascule de l'Ancien Régime verrier vers l'industrie.
11 mai 1786 : « Contestation entre le sieur Claudius, entrepreneur d'une verrerie de verre à bouteilles à Rive-de-Gier, et le sieur Folletête, qui a établi dans le même lieu une fabrique de verre blanc. Décision en faveur du sieur Folletête. » Atteste le transfert à Rive-de-Gier, dès 1786, de deux entrepreneurs lyonnais issus de Serin (Folletête, et Claudius — l'employeur de transfert de Tours Allimand), reproduisant la dualité verre blanc / bouteilles de Serin. Pièce-clé du fil Serin → Rive-de-Gier.
Mentionne « la verrerie de Serin » aux côtés de Givors et de Pierre-Bénite dans le régime de perception des droits de traite et de péage sur les ouvrages descendant le Rhône : confirme que Serin était, en 1786, l'une des trois verreries reconnues de la région lyonnaise.
Source secondaire de référence (citant ses propres sources primaires : AN F12/877, F12/1488 B, F12/1489 B ; ADRh 1 C 31/81-82). Donne la genèse (de Finance établit Serin en 1771, chauffe au charbon mal maîtrisée, recours à Sonnerat qui l'évince et produit de la bouteille noire illégale ; extinction des fours en 1778 pour dissensions entre copropriétaires ; chômage et indemnité du verrier Louis Garnier ; itinéraire de Tours Allimand ; direction de Perrache confiée à Georges Lobre en 1787). NB : Michel se fourvoie sur la verrerie de Roanne (homonymie Clerbois/Clairbois) — voir « Erreurs et incertitudes » et la fiche [verrerie-royale-de-roanne](/verreries/verrerie-royale-de-roanne/).
NON CONSULTÉS DIRECTEMENT — connus par les citations de Michel (1989). F12/1488 B : requête de Sonnerat (sd, 1778) sur la guerre des prix Enard-Robichon (baisse de 3 l. 10 s. au cent de bouteille en 1776). F12/877 : chômage de Serin depuis juillet 1778, indemnité réclamée par le verrier Louis Garnier. ADRh 1 C 31/81-82 : direction de la verrerie de Perrache (1787) confiée à Georges Lobre — pièce à consulter pour la fiche Perrache.
NON CONSULTÉ. Seule synthèse secondaire couvrant exactement la période et le territoire ; à dépouiller pour confirmer/compléter Michel sur Serin et Perrache.