Verrerie
Verrerie de la Montat
avant 1815 — 1890
Aussi connue sous : Verrerie Dumas · Verrerie Forest · Verrerie Moussy · Chambeyron-Moussy · Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône · Crine frères et Cie / Crine frères et fils · Crine et Cie · Crine et Cie (Crine-Duplat) · Verrerie Duplat
Disparue — sans vestigesNoms et raisons sociales
Histoire
Résumé
La verrerie de la Montat est la première verrerie de la région stéphanoise, et son histoire commence plus tôt qu’on ne le pensait. Avant 1815, François Dumas, propriétaire de verreries à Rive-de-Gier, y a établi un premier établissement sur un terrain au lieu des Eaux-Jaunes, commune d’Outre-Furens. C’est un réseau de maîtres verriers et de négociants actifs à Rive-de-Gier (Dumas, Fleurdelis, Chièze, Langlois) qui rend possible l’implantation industrielle dans ce bassin riche en charbon. En 1817-1818, Dominique Forest, émailleur, fait construire une seconde verrerie sur le lot adjacent, qu’il revend aussitôt sans jamais l’exploiter lui-même.
C’est Jean-Pierre Moussy et son épouse Claudine Rochette, originaires de Givors et Rive-de-Gier, qui réunissent progressivement les deux lots entre 1815 et 1821, constituant un tènement unique. Moussy en prend la direction, transforme la production du verre à vitres vers les bouteilles, vraisemblablement après 1822. La verrerie est ensuite transmise au gendre de Moussy, Pierre-Annet Chambeyron, qui l’épouse avec Marie Moussy en 1836 et en rachète la part de l’héritier en 1838.
Sous la raison Chambeyron-Moussy, la verrerie diversifie sa production vers la topetterie et le verre blanc, et dispose de deux fours au moment de son intégration dans la Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône en 1854. La Compagnie semble s’en être défait assez rapidement. La verrerie de la Montat, trop excentrée ou de faible capacité, ne correspondait sans doute pas à sa stratégie de rationalisation autour des grands sites ripagériens et de la production standardisée de bouteilles ou de verres à vitre. La famille Crine, originaire de Rive-de-Gier, présente sur le site depuis les années 1820 sous le nom Criner/Griner, reprend l’exploitation à une date non établie entre 1854 et 1859. Sous les raisons successives Crine frères et Cie, Crine frères et fils, puis Crine et Cie en association avec Charles Duplat, l’établissement poursuit son activité jusqu’à la liquidation judiciaire de 1890, soit soixante-quinze ans d’activité continue sur ce site, depuis les premiers souffleurs de François Dumas.
Historique
La verrerie Dumas : première implantation (avant 1815)
L’histoire de la verrerie de la Montat est plus ancienne qu’on ne le pensait. L’acte du 27 novembre 1815, par lequel François Dumas, propriétaire de verreries à Rive-de-Gier, vend à Claudine Rochette, femme de Jean-Pierre Moussy, tanneur, un « tènement de bâtiments et de terrains ayant servi de verreries » au territoire de la Montat, révèle l’existence d’une verrerie antérieure à cette date — et à l’arrêt au moment de la vente. François Dumas, sans doute le même que le Dumas de la verrerie Dumas / Dumas-Rochette / Dumas-Coste-Teillard active à Rive-de-Gier, en est le fondateur le plus probable. La date exacte de cette première implantation reste à établir — la consultation des actes notariaux de Me Ronat, notaire à Rive-de-Gier, permettra de la préciser.
C’est donc François Dumas qui doit être considéré comme le véritable pionnier verrier de la région stéphanoise. Parallèlement, Jean-Marie Fleurdelis, propriétaire, négociant et exploitant verrier à Rive-de-Gier, avait acquis dès le 15 septembre 1810 un terrain nu adjacent, aux Eaux-Jaunes, de la main d’Antoine-Marie Charles Dugas de Varennes, rentier à Lyon. L’intérêt convergent de ces hommes pour le potentiel industriel du bassin stéphanois — houille abondante, marchés en croissance — est manifeste : il s’en est fallu de peu que Saint-Étienne connaisse, dès les années 1810, la même fièvre de construction de verreries que Rive-de-Gier quelques décennies plus tôt.
La verrerie Forest : second établissement sur le lot adjacent (1817 — vers 1822)
Fleurdelis ne construit pas lui-même. C’est à Dominique Forest, émailleur de verre demeurant à Saint-Étienne, qu’il revend son terrain le 10 août 1817. Forest fait construire une verrerie neuve sur ce lot — distinct et adjacent au lot Dumas — et la revend dès le 20 juillet 1818 à Étienne Chièze, propriétaire-agriculteur à Saint-Genis-Terre-Noire, et Étienne Langlois, fabricant-tanneur à Givors. L’acte précise qu’il s’agit d’« immeubles comprenant une verrerie récemment construite ».
Les actes de naissance des enfants de Forest en 1817, 1818 et 1822 le domicilient rue Passerat à Outre-Furens et le qualifient systématiquement d’émailleur — pas de maître verrier. Forest a donc agi comme promoteur-investisseur, bâtissant pour revendre, sans jamais diriger l’établissement. L’identité du premier exploitant effectif de la verrerie Forest reste inconnue pour la période 1818-1821, pendant laquelle Chièze (agriculteur) et Langlois (tanneur) en sont propriétaires sans être verriers.
Une ordonnance royale du 6 février 1822 autorise officiellement « le sieur Forest à établir une verrerie de verre à vitres dans la commune d’Outre-Furens » — postérieure de plusieurs années à la construction, ce qui illustre la pratique fréquente de régularisation après coup.
Jean-Pierre Moussy réunit les deux lots (1815 — vers 1838)
L’acte de mariage de Jean-Pierre Moussy et Claudine Rochette, célébré à Givors le 15 mai 1805, révèle une donnée fondamentale pour comprendre toute la chaîne foncière : parmi les témoins figure « Étienne Langlois, tanneur à Givors, beau-frère à l’épouse ». Langlois a en effet épousé une sœur de Claudine Rochette. Et Marguerite Rochette — autre sœur — a épousé un certain Étienne Chèze le 4 juin 1793 à Rive-de-Gier. Les deux acheteurs du lot Forest en 1818 sont donc tous deux beaux-frères de Claudine Rochette. Ce n’est pas une coïncidence : c’est une stratégie familiale parfaitement coordonnée. C’est Claudine qui orchestre l’ensemble des acquisitions — elle achète le lot Dumas en 1815, ses beaux-frères achètent le lot Forest en 1818, et le revendent à son mari en 1819 et 1821.
À cette date de 1805, Jean-Pierre Moussy est tanneur, fils de cultivateur de Givors — rien ne le prédestine à la verrerie. En 1816, la naissance de sa fille Marie à Saint-Étienne le montre encore tanneur, résidant place Grenette. Ce n’est qu’à son arrivée à Outre-Furens que la transformation s’opère. En 1820, il est qualifié de « propriétaire demeurant à Bérard » dans l’acte de naissance du fils de Stingre. En 1833, il est enfin « Maître Verrier demeurant au lieu de la Verrerie ». C’est donc Claudine Rochette — et son réseau ripagérien — qui ont amené la verrerie dans la famille Moussy.
Claudine Rochette avait acquis le lot Dumas dès 1815. Jean-Pierre Moussy rachète ensuite les deux moitiés du lot Forest : la première à Étienne Chièze le 17 octobre 1819, la seconde à Étienne Langlois le 22 mars 1821. Dès cette date, le couple est propriétaire de l’ensemble du site — les deux lots adjacents ne formant plus qu’un seul tènement.
Jean-Pierre Moussy prend la direction de l’exploitation. À une date difficile à préciser mais vraisemblablement après 1822, la production passe du verre à vitres aux bouteilles. L’Almanach du commerce, dans ses éditions de 1837 et 1838, mentionne pour Outre-Furens une « verrerie à bouteilles » avec la date de 1822 — l’Almanach, comme toujours, publie l’information avec plusieurs années de retard.
À la mort de Jean-Pierre Moussy — vraisemblablement vers 1836-1837 — la succession se compose d’un « tènement de verreries, bâtiments et dépendances » : le site est désormais un tout cohérent, les deux origines foncières ne se distinguant plus.
Chambeyron-Moussy et l’intégration dans la Compagnie Générale (1838 — 1853)
Le 27 septembre 1838, Pierre-Annet Chambeyron, gendre de Jean-Pierre Moussy par son mariage avec Marie Moussy en 1836, rachète à Benoît Moussy — fils du fondateur, qualifié d’« ouvrier en verrerie » — et à son épouse Jeanne Mantelin leur part de l’héritage. Cet achat étant fait conjointement par le couple Chambeyron-Moussy, Marie Moussy se retrouve propriétaire des trois quarts de la verrerie (sa moitié héritée plus la moitié rachetée avec son époux), Chambeyron de l’autre quart.
L’acte de mariage de 1836 précise que Chambeyron est né à Rive-de-Gier le 20 octobre 1810, fils d’Annet Chambeyron, propriétaire rentier, et de Pierrette Villemagne. Il était alors « employé aux usines de Terre-Noire, commune de Saint-Jean-Bonnefonds », et muni d’une autorisation du « Général Guster » comme militaire en congé illimité — il est donc alors sous-officier ou soldat. Son entrée dans la direction de la verrerie est donc une conversion professionnelle complète, rendue possible par le mariage.
Sous la raison Chambeyron-Moussy, l’établissement diversifie sa production. Les almanachs de 1851 à 1855 le décrivent comme produisant « verre blanc et à topettes », en plus des bouteilles. La verrerie dispose alors de deux fours.
Le 15 mai 1853, Chambeyron-Moussy publie conjointement avec M. Terrat fils aîné, propriétaire d’une verrerie à Saint-Paul-en-Jarêt, un avis aux passementiers concernant des dépôts établis chez divers négociants — signe d’un réseau commercial actif.
Le 11 septembre 1854, la verrerie est cédée à la Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône par ses trois propriétaires en titre : Pierre-Annet Chambeyron, Marie Moussy son épouse, et Claudine Rochette, veuve Moussy, rentière. Le recensement de Saint-Genis-Laval de 1856 retrouve Chambeyron devenu « rentier », vivant avec sa femme et sa belle-mère Claudine Rochette — il ne dirige plus rien. La suite de l’histoire de cet établissement se déroule sans ces familles fondatrices.
La Compagnie Générale et la cession aux Crine (1854 - vers 1859)
Intégrée à la Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône en 1854, la verrerie de la Montat n’y reste pas longtemps. Excentrée, modeste (deux fours), éloignée des centres de consommation, Lyon en particulier, elle ne correspond pas à la stratégie de rationalisation de la Compagnie autour des grands sites ripagériens. La date exacte de revente est inconnue, mais en 1859 l’établissement est déjà exploité par les frères Crine.
L’article du Mémorial de la Loire du 15 octobre 1859 le confirme sans ambiguïté : un incendie vient d’éclater à la « verrerie dite de Bérard, exploitée par MM. Crine frères ». La désignation « de Bérard » ne désigne pas un établissement distinct, c’est simplement le nom du quartier où se trouve la verrerie de la Montat, utilisé de manière interchangeable avec « la Verrerie » ou « la Montat » par la presse et les officiers d’état civil depuis les années 1820.
La famille Crine (orthographiée Criner ou Griner dans les actes anciens) est présente dans la région depuis les années 1820, c’est-à-dire dès la naissance de l’industrie verrière stéphanoise. Jean-Pierre Criner, verrier à Bérard dès 1825, et ses descendants forment une lignée de verriers stéphanois enracinée sur ce site depuis la première génération. Les Almanachs du commerce confirment cette chronologie : jusqu’en 1859 seule « Hutter et Cie, siège social à Rive-de-Gier » (c’est-à-dire la Compagnie Générale) est mentionnée. En 1860, on ne trouve mention d’aucune fabrique de verre en activité. Puis à partir de 1861, seulement une : « Crine frères, gobeleterie, topetterie, flaconnerie et articles d’éclairage, rue de la Montat, 66, Bérard » 1. Cela démontre qu’il n’y a jamais eu qu’une verrerie à Bérard/la Montat, et qu’elle a été cédée aux Crine avant 1859. La verrerie de la Montat n’a donc fait partie du grand groupe des verreries de la Loire et du Rhône que cinq années tout au plus.
Crine frères et Cie / Crine frères et fils (vers 1854 — 1874)
En 1854, les frères Crine ont aussi fondé une société distincte au Mont-Bellevue (à l’époque, commune de Valbenoite). Il est probable que certains frères aient opéré les deux établissements simultanément, en plus de leur activité parallèle à Givors (une affaire de contrefaçon de flacons Crine à Givors est jugée en 1874). Les frères sont nombreux : Jean-Baptiste (né en 1817 à Rive-de-Gier), Nicolas (1819), Étienne (1823), Thomas (1836), et leurs descendants.
En août 1857, la disparition d’un jeune ouvrier, Joseph Crine, 25 ans, donne lieu à un avis dans le Mémorial : « Le ramener à la verrerie de Bérard. » Joseph est le fils de Jean-Pierre Crine, petit-fils de Nicolas Griner, le verrier de Clairefontaine.
La société commerciale Crine frères est dissoute le 21 avril 1874 par le tribunal de commerce de Saint-Étienne. Liquidateur : Gustave Bertholon, comptable, dont on reparlera. Un mois plus tard, en mai 1874, c’est l’immeuble lui-même sis rue de la Montat n° 64 et 66, avec « une halle à deux fours de fusion, bordée au couchant par le ruisseau l’Isérable », qui est mis en vente sur licitation et acquis par le même sieur Bertholon le 17 juin 1874.
Crine frères et fils, puis Crine et Cie avec Duplat (1874 — 1882)
En septembre 1876, les Crine régularisent une nouvelle société de fait existant depuis deux ans : Crine frères et fils, siège rue de la Montat n° 64 et 66. Associés : Jean-Baptiste Crine, Thomas Crine, Joseph-Donat Crine (fils de Jean-Baptiste, né à Rive-de-Gier le 25 mars 1844), et Gustave Bertholon avec son épouse Marie Crine. Capital : 60 000 francs. Un incendie en mai 1877 dans « les bâtiments appartenant au sieur Thomas Crine, verrier à la Verrerie » confirme que l’exploitation se poursuit.
Le 28 décembre 1878, une nouvelle société est constituée entre Thomas Crine et Charles-François-Marie Duplat : siège rue de la Montat n° 84 et 86. La renumérotation du quartier entre 1874 et 1878 explique le changement d’adresse : c’est bien le même site.
La connexion entre les Crine et Duplat est familiale autant que commerciale : Charles Duplat a épousé Antoinette Crine, fille de Thomas, le 27 décembre 1878 à Saint-Étienne, c’est-à-dire la veille de la signature du contrat de société. À 25 ans, employé de commerce né à Blida (Algérie), il entre ainsi dans la direction d’un établissement dont sa belle-famille est l’héritière directe. La séparation de biens prononcée entre les époux le 25 février 1891, quelques mois après la liquidation judiciaire, suggère qu’Antoinette Crine a voulu protéger sa part de l’héritage familial des conséquences de la faillite.
En octobre 1882, un acte confie à Duplat la gestion et l’administration de la société. Les Crine s’effacent progressivement.
Verrerie Duplat et fin d’activité (1882 — 1890)
Charles Duplat dirige désormais l’établissement, dès lors désigné dans la presse comme « verrerie Duplat, successeur de Crine ». La vie sociale est agitée : grèves en juin et octobre 1886, avec incidents graves. En mai 1889, décès de Thomas Crine, 53 ans, rue de la Montat n° 94 : la numérotation a encore évolué, mais c’est toujours le même site.
En mars 1890, la liquidation judiciaire de Charles Duplat est annoncée. La vente porte sur l’usine rue de la Montat n° 92 et 94, avec sa halle à deux fours de fusion. Mise à prix : 40 000 francs, ensuite ramenée à 20 000 faute de preneur. L’activité verrière sur ce site prend donc fin en 1890, soixante-quinze ans après les premières transactions foncières de Claudine Rochette.
Situation géographique
Localisation
La verrerie était établie sur la commune d’Outre-Furens (annexée à Saint-Étienne en 1855), au lieu dit des Eaux-Jaunes, rapidement rebaptisé quartier des Verreries puis lieu de la Verrerie dans les documents postérieurs. Le toponyme la Montat désigne dans certaines sources le même secteur ou sa partie orientale.
L’emplacement correspond aujourd’hui au carrefour du boulevard Fauriat et de la rue de la Montat, à Saint-Étienne, dans le quartier Châteaucreux. Les bâtiments de la verrerie se trouvaient vraisemblablement dans la partie sud du quartier, en bordure de l’ancienne route de Lyon à Saint-Étienne (devenue rue de la Montat puis route nationale 488), aux actuels numéros pairs 84-94 de la rue de la Montat. Le ruisseau de la Richerandière traversait le site du nord au sud, visible sur les cadastres de 1826 et 1863.
À quelques centaines de mètres à l’ouest, le quartier Bérard possède une rue de la Chance et une rue de la Verrerie qui existent toujours — mais ces deux sites sont distincts.
Sources cadastrales
Le plan cadastral de 1826 (cote 1678VT24_8, section B3 Monthieu) identifie clairement le hameau « la Verrerie » en bordure de la route royale. Les parcelles correspondant à la verrerie sont les 381 (bâti) et 382 (non bâti), à l’ouest du ruisseau de la Richerandière, et les 448 (non bâti), 449 et 450 (bâtis), à l’est du même ruisseau. La section B1-B2 (cote 1678VT24_7) montre le quartier au nord de la route, avec deux constructions bâties (parcelles 199-200 et 202-201) dont le lien avec la verrerie reste à confirmer par les états de section.
En 1863, les sections B10 et B12 du cadastre de Saint-Étienne montrent le quartier remembré, avec la mention « la Verrerie » dans la zone concernée. Le ruisseau de la Richerandière est toujours visible.
État actuel
Le site est entièrement urbanisé. Aucun vestige de la verrerie n’est identifiable. Le quartier Châteaucreux a été profondément reconfiguré par la construction du boulevard Fauriat et le développement des infrastructures ferroviaires. La rue de la Montat, ancienne route royale de Lyon à Saint-Étienne, en est la seule continuité topographique directe.
Carte du site
À venir — plan schématique d’après les sections B3 et B12 du cadastre (1826 et 1863), montrant le site en relation avec la route royale, le ruisseau de la Richerandière et le bourg de Monthieu.
Personnages liés
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François Dumas — propriétaire de verreries à Rive-de-Gier, fondateur probable de la première verrerie du site aux Eaux-Jaunes, avant 1815. Sans doute le même que le Dumas de la verrerie Dumas / Dumas-Rochette / Dumas-Coste-Teillard de Rive-de-Gier. Vend le tènement, alors à l’arrêt, à Claudine Rochette en novembre 1815.
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Dominique Forest — émailleur de verre, né à Thorens-Glières (Haute-Savoie) le 25 octobre 1785, décédé à Saint-Étienne le 31 mai 1852. Marié à Pierrette Chometon (née à Thorens le 25 août 1793, décédée à Saint-Étienne le 31 décembre 1871) le 29 juin 1814 à Saint-Étienne. Promoteur-investisseur de la verrerie construite en 1817-1818 sur le lot adjacent au lot Dumas, revendue en onze mois sans jamais être exploitée par lui. Sa biographie complète est en cours de reconstitution.
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Jean-Pierre Moussy — né le 26 février 1785 à Bans, hameau de Givors, fils de Jean Moussy cultivateur. Tanneur de formation, il ne devient verrier qu’après son installation à Outre-Furens. Qualifié de « propriétaire demeurant à Bérard » en 1820, puis de « Maître Verrier demeurant au lieu de la Verrerie » en 1833. Époux de Claudine Rochette (née le 18 janvier 1786 à Rive-de-Gier, mariés à Givors le 15 mai 1805). Propriétaire du site à partir de 1819 et exploitant effectif de la verrerie. Les patronymes Moussy et Rochette sont fréquents à Givors et Rive-de-Gier, sans être spécifiquement verriers — ce sont des patronymes d’artisans et de négociants de la région.
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Claudine Rochette — épouse de Jean-Pierre Moussy, native de Rive-de-Gier (née le 18 janvier 1786). Fille de Benoît Rochette, marchand, et de Marie Bony. C’est elle qui orchestre les acquisitions foncières : achat du lot Dumas en 1815, puis ses beaux-frères Langlois et Chièze achètent le lot Forest en 1818 et le revendent à son mari. Apparaît encore comme « veuve Moussy, rentière » parmi les cédants lors de l’apport à la Compagnie Générale en 1854, et dans le recensement de Saint-Genis-Laval de 1856.
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Étienne Langlois — tanneur, né le 30 août 1774 à Seyssuel. Époux de Claudine Rochette sœur (née le 7 décembre 1778 à Rive-de-Gier), mariés à Rive-de-Gier le 16 septembre 1800 — il est donc beau-frère de Claudine Rochette épouse Moussy. Témoin au mariage Moussy-Rochette en 1805 comme « beau-frère à l’épouse ». Achète la moitié du lot Forest avec Chièze en 1818, la revend à Moussy en 1821.
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Étienne Chièze — propriétaire-agriculteur à Saint-Genis-Terre-Noire. Époux de Marguerite Rochette (autre sœur de Claudine), mariés à Rive-de-Gier le 4 juin 1793 — second beau-frère de Claudine Rochette. Achète l’autre moitié du lot Forest avec Langlois en 1818, la revend à Moussy en 1819. Leur fils Barthélémy Chaize (né le 26 avril 1800 à Saint-Genis-Terre-Noire) épouse en 1827 Anne Marie Chambeyron, tante de Pierre-Annet Chambeyron — le réseau familial se resserre encore.
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Pierre-Annet Chambeyron — né à Rive-de-Gier le 20 octobre 1810, fils d’Annet Chambeyron, propriétaire rentier, et de Pierrette Villemagne. Employé aux usines de Terre-Noire avant de diriger la verrerie. Militaire en congé illimité au moment de son mariage en 1836. Directeur sous la raison Chambeyron-Moussy jusqu’à la cession à la Compagnie Générale. Rentier à Saint-Genis-Laval dès 1856.
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Joseph Stingre — verrier, né le 9 septembre 1784 à Védrines-Saint-Loup (à la verrerie de la Margeride, Haute-Loire). L’un des premiers verriers documentés à la Montat, dès 1820. Épouse Magdeleine Jeanblanc à Rive-de-Gier le 23 octobre 1821. Décédé le 4 décembre 1828 à La Côte-Saint-André (forêt de Bonnevaux). Sa femme Magdeleine décède le 28 mai 1840 à Outre-Furens, « demeurant à la Verrerie, veuve de Stingre Joseph ».
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Étienne Stingre (Chetingre, Chetengre) — verrier, frère ou cousin de Joseph. Présent à la Montat en 1820 et 1825. Père de Melchior Stingre (né en 1820). Époux de Françoise Huot — de la famille Huot du Bugey, ce qui crée un lien avec Melchior Huot de la Ricamarie.
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Jean-Pierre Criner (Griner) — verrier à Bérard en 1825 (naissance de sa fille Jeanne Marie Barbe). Né le 13 janvier 1792 à Givors, fils de Nicolas Griner (maître ouvrier en cristal à Védrines-Saint-Loup 1783, Montcenis, Le Creusot, Givors, Rive-de-Gier) et de Catherine Schmid (née à la verrerie de Clairefontaine à Hennezel). Très probablement le même « Jean Pierre Crine, 42 ans » témoin à la Ricamarie en 1830.
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Maurice Colomb (Colon) — verrier, présent comme « verrier à Bérard » dès 1830, encore présent en 1851 comme unique compagnon de Landrin. Continuité de plus de vingt ans.
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Louis Mangeol — verrier à la Verrerie en 1833. Né le 27 novembre 1794 à Lissac-sur-Couze (Corrèze). Son fils Charles Mangeol reprend la verrerie de la rue Tréfilerie à Saint-Étienne vers 1885 — où travaille Jean-Claude Haour, ancêtre d’Arnaud, entre 1888 et 1890.
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Auguste Folland (Foland) — verrier, présent sur le site de 1830 à 1840 au moins. Déclarant à Saint-Étienne en 1830, puis à Outre-Furens (la Verrerie) en 1832 et 1840.
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Georges Pinthener (Pintener) — verrier à la Verrerie en 1840. Né le 23 avril 1784. Gendre de Simon Mesmer du Sappey (il a épousé Jeanne Marie Mesmer). Son père Michel Painthenaire était verrier à Thorens — réseau Mesmer-Sappey-Thorens directement connecté à la Montat.
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Eugène Festor — verrier à la Verrerie en 1840, 27 ans. À rapprocher des Festor/Feisthauer, famille verrière d’origine autrichienne attestée à Monthermé, Hirson et La Guillotière.
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Jean-Marie Fleurdelis — propriétaire, négociant et exploitant verrier à Rive-de-Gier, également propriétaire de mines. Acquiert le terrain des Eaux-Jaunes en 1810 (de Dugas de Varennes) et le revend à Forest en 1817 sans y avoir construit. L’Almanach du commerce le cite à Rive-de-Gier à partir de 1820 (orthographié « Fleur-de-Lys » puis « Fleurdelix ») et il disparaît des almanachs en 1825. Intermédiaire clé dans la chaîne foncière stéphanoise, il illustre l’intérêt précoce du réseau ripagérien pour le bassin de Saint-Étienne.
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François Dumas — propriétaire de verreries à Rive-de-Gier, fondateur probable de la première verrerie du site aux Eaux-Jaunes, avant 1815. L’Almanach du commerce le mentionne dès 1810 sous la raison « Rochette-Dumas » à Rive-de-Gier, aux côtés d’Allimand, May et Robichon — les grands noms verriers de la ville. La raison sociale évolue ensuite : « Dumas » seul (1820-1822), « Rochette-Dumas, bouffeterie » (1823), « Dumas, Coste et Teillard frères, bouffeterie commune et verre de couleur » (1825-1832) — ce qui le place durablement dans l’orbite du quartier des Verchères, aux côtés des familles Coste et Teillard. Il est également propriétaire de mines à Rive-de-Gier. La raison sociale initiale « Rochette-Dumas » suggère une association avec un membre de la famille Rochette — ce qui pourrait expliquer que c’est Claudine Rochette, épouse Moussy et native de Rive-de-Gier, qui rachète le tènement stéphanois en 1815 : un achat dans le réseau familial ou commercial proche. Ce lien reste à confirmer par les actes.
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Antoine-Marie Charles Dugas de Varennes — rentier à Lyon, premier propriétaire documenté du terrain des Eaux-Jaunes (vendu à Fleurdelis en 1810). Originaire de Saint-Chamond, il a participé au siège de Lyon en 1793 du côté républicain, puis a été élu député à plusieurs reprises sous l’Empire et la Restauration — propriétaire d’Ancien Régime ayant su traverser la Révolution. Ce n’est pas un verrier mais un notable foncier. Apparenté à Camille Dugas, futur maire de Givors et maître de verrerie.
Éléments techniques
La verrerie connaît deux grandes périodes de production bien distinctes.
Dans sa première phase (1817/1818 — vers 1822), la verrerie produit du verre à vitres — production attestée par l’ordonnance royale de 1822 et par les premières mentions des almanachs. L’exploitant effectif de cette période est inconnu : Forest, le fondateur, était émailleur et a agi comme investisseur, non comme directeur d’usine. La taille initiale de l’établissement est inconnue.
Dans sa seconde phase, sous Moussy puis Chambeyron-Moussy, la production passe aux bouteilles, puis s’élargit à la topetterie et au verre blanc (gobeleterie fine). L’établissement dispose de deux fours au moment de son intégration dans la Compagnie Générale en 1853, chiffre confirmé à la fois par Pelletier et par la situation lors de la liquidation de la verrerie Duplat en 1890, qui possédait le même nombre de fours. A partir de la reprise par les frères Crine, l’usine produit principalement de la gobeletterie, du verre blanc moulé, des articles d’éclairage, etc.
La proximité des mines de houille du bassin stéphanois — le Puits Thibaud n’est qu’à quelques centaines de mètres — était l’atout majeur du site pour l’approvisionnement en combustible. Un embranchement de la première ligne de chemin de fer de France (1828) aboutissait au lieu dit La Verrerie, facilitant les transports.
Contexte social
Les nouveaux actes d’état civil retrouvés permettent de reconstituer partiellement la communauté verrière de la Montat entre 1820 et 1853, une communauté plus riche et plus connectée qu’on pourrait le croire.
Les premiers verriers identifiés (1820-1833)
Joseph Stingre (né le 9 septembre 1784 à Védrines-Saint-Loup, à la verrerie de la Margeride en Haute-Loire) est l’un des tout premiers verriers documentés sur le site. Il apparaît dès 1820 comme « verrier à Bérard », puis en 1822 comme « verrier à la Montat » — même individu, désignation du quartier variable selon les officiers d’état civil. Son épouse Magdeleine Jeanblanc est fille de Joseph Jeanblanc, verrier décédé à Givors en 1807 — le réseau Stingre est entièrement ancré dans le monde verrier givordien. Joseph Stingre décède le 4 décembre 1828 à La Côte-Saint-André, en forêt de Bonnevaux — ce qui suggère qu’il a rejoint une autre verrerie avant sa mort. Son frère ou cousin Étienne Stingre est également présent sur le site.
Jean-Pierre Criner (né le 13 janvier 1792 à Givors, fils de Nicolas Griner, maître ouvrier en cristal à Védrines-Saint-Loup, Montcenis, Le Creusot, Givors et Rive-de-Gier, et de Catherine Schmid née à la verrerie de Clairefontaine à Hennezel) est verrier à Bérard en 1825. C’est très probablement le même « Jean Pierre Crine, 42 ans, ouvrier verrier » témoin à la naissance d’Anaïs Rodet à la Ricamarie en 1830 — un verrier itinérant qui a travaillé dans les deux premières verreries stéphanoises.
Maurice Colomb (Colon) apparaît dès 1830 comme « verrier à Bérard » et se retrouve encore en 1851, unique compagnon de Barthélémy Landrin à La Ricamarie, une présence continue de plus de vingt ans dans la région.
Louis Mangeol (né le 27 novembre 1794 à Lissac-sur-Couze) est verrier à la Verrerie en 1833, témoin à un acte avec Jean-Pierre Moussy. Son fils Charles Mangeol reprendra bien plus tard la verrerie de la rue Tréfilerie à Saint-Étienne vers 1885, suivie par sa veuve Jeanne Louis en 1886. C’est là que travaille Jean-Claude Haour, ancêtre d’Arnaud, entre 1888 et 1890.
Le réseau Mesmer-Sappey à la Montat (1840)
La naissance de Marguerite Folland en juin 1840 révèle une connexion remarquable : parmi les témoins figurent Georges Pinthener (Pintener), 56 ans, et Eugène Festor, 27 ans, tous deux « verriers à la Verrerie ». Georges Pinthener est le gendre de Simon Mesmer du Sappey — son père Michel Painthenaire était verrier à Thorens, d’où est issu tout le réseau Mesmer. Le réseau Mesmer-Sappey, que l’on retrouve à La Guillotière avec la verrerie des Culattes, est donc aussi passé par la Montat.
La question de la verrerie de Bérard
Les actes alternent entre « Bérard » et « la Montat » / « la Verrerie » pour désigner les mêmes individus et le même quartier. Stingre est à « Bérard » en 1820 et à « la Montat » en 1822 ; Folland est à « Chantegrillet » (Saint-Étienne) en 1830, à « la Verrerie » d’Outre-Furens en 1832 et 1840. Les plans cadastraux de 1826 et 1863 ne montrent qu’un seul hameau de la Verrerie dans ce secteur. La thèse la plus vraisemblable est qu’il n’y avait qu’une seule verrerie, désignée différemment selon les officiers d’état civil et les époques — les noms « Bérard », « la Montat », « les Eaux-Jaunes » et « la Verrerie » désignant le même quartier ou des parties de ce même quartier. La rue de la Verrerie dans le quartier Bérard actuel témoigne de cette continuité toponymique, sans nécessairement impliquer un second établissement distinct.
Erreurs et incertitudes
Ce que dit la littérature, et ce qu’il faut corriger
L’Almanach du commerce est particulièrement peu fiable pour cet établissement. Il mentionne la verrerie Forest à vitres à partir de 1823, alors que la construction date de 1817-1818 — décalage de cinq ou six ans. Il indique une fondation de la verrerie à bouteilles en 1822, date de l’ordonnance royale et non de la construction. Il ne mentionne le nom Chambeyron-Moussy qu’à partir de 1848, alors que le rachat par Chambeyron date de 1838 — décalage de dix ans. Et il ignore entièrement la verrerie Dumas, antérieure à 1815. Ces retards et lacunes répétés illustrent le caractère très imparfait de cette source.
Pelletier (1887) indique une cession à la Compagnie Générale au 1er août 1853. Cette date est vraisemblablement une simplification : la quasi-totalité des autres verreries de la Compagnie ont été intégrées à cette date, et Pelletier a probablement ignoré le décalage particulier de la Montat, dont l’acte notarial est daté du 11 septembre 1854. Le chiffre de 2 fours, en revanche, est confirmé par les sources ultérieures.
La formulation “ayant servi de verreries” dans l’acte de 1815 (vente Dumas à Claudine Rochette) n’est plus ambiguë à la lumière de l’ensemble des actes : elle désigne bien une verrerie ayant existé et étant à l’arrêt au moment de la vente. Le fait que la verrerie Forest soit construite sur un lot distinct et adjacent confirme que le lot Dumas avait déjà accueilli un établissement verrier indépendant.
Points non résolus
- Date de fondation de la verrerie Dumas : inconnue, nécessairement antérieure à 1815. La consultation des actes notariaux de Me Ronat à Rive-de-Gier permettra de la préciser.
- Exploitation du lot Dumas après 1815 : Claudine Rochette a-t-elle relancé la verrerie Dumas après son acquisition, ou est-elle restée à l’arrêt jusqu’à ce que Moussy prenne la direction après 1821 ?
- Premier exploitant de la verrerie Forest (1818-1821) : Joseph Stingre, présent dès 1820, est-il arrivé pendant cette période ? Qui dirigeait alors l’établissement ?
- Dominique Forest : sa biographie reste à compléter.
- Activité ripagérienne de Dumas : la séquence « Dumas → Dumas-Coste-Teillard → Teillard » dans les almanachs reste difficile à rattacher à un ou plusieurs sites précis.
- La « verrerie de Bérard » : la désignation est identifiée comme une appellation du quartier de la Montat, non d’un établissement distinct. La rue de la Verrerie dans le quartier Bérard actuel reste la seule énigme topographique.
- Barthélémy Chaize et la connexion Chambeyron : le fils d’Étienne Chièze et Marguerite Rochette épouse en 1827 Anne Marie Chambeyron, tante de Pierre-Annet. Ce lien mériterait d’être approfondi.
- Date exacte de cession par la Compagnie Générale : si l’on se fie aux Almanachs, aux environs de 1859, les Crine reprennent l’exploitation. Il faudrait retrouver l’acte de cession pour avoir la date exacte.
Notes
Footnotes
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Almanachs du commerce de Paris, éditions 1859-1861. En 1861, première mention de « Crine frères, gobeleterie, topetterie, flaconnerie et articles d’éclairage, rue de la Montat, 66, Bérard », seule fabrique de verre mentionnée pour Saint-Étienne. Confirme l’unicité de la verrerie et la brièveté de la possession par la Compagnie Générale. ↩
Personnages associés
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10 août 1817 : Jean-Marie Fleurdelis, propriétaire et négociant à Rive-de-Gier, vend à Dominique Forest, émailleur de verre demeurant à Saint-Étienne, un bâtiment et partie de terrain situé au lieu des Eaux-Jaunes, commune d'Outre-Furens. Acte reçu par Me Ronat, notaire à Rive-de-Gier.
20 juillet 1818 : Dominique Forest et Pierrette Chometton, sa femme, revendent à Étienne Chièze, propriétaire-agriculteur à Saint-Genis-Terre-Noire, et Étienne Langlois, fabricant tanneur à Givors, des immeubles comprenant 'une verrerie récemment construite'. Acte reçu par Me Ronat, notaire à Rive-de-Gier.
17 octobre 1819 : Étienne Chièze et Marguerite Rochette, sa femme, revendent à Jean-Pierre Moussy, verrier, et Claudine Rochette, sa femme, 'la moitié des biens objet de la vente du vingt juillet mil huit cent dix-huit'. Acte reçu par Me Ronat, notaire à Rive-de-Gier.
22 mars 1821 : Étienne Langlois, négociant à Givors, vend à Jean-Pierre Moussy et Claudine Rochette la seconde moitié des immeubles. Le couple est désormais propriétaire de l'ensemble du site. Acte reçu par Me Ronat, notaire à Rive-de-Gier.
27 novembre 1815 — François Dumas, propriétaire de verreries à Rive-de-Gier, vend à Claudine Rochette, femme de Jean-Pierre Moussy, tanneur, 'un tènement de bâtiments et de terrains ayant servi de verreries, sis au territoire de la Montat, commune d'Outre-Furens'. Acte reçu par Me Ronat et son collègue, notaires à Rive-de-Gier. La formulation 'ayant servi de verreries' est ambiguë — voir section Erreurs et incertitudes.
27 septembre 1838 — Jean Pierre Annet Chambeyron, employé d'usine (vraisemblablement à Terre-Noire), rachète à Benoît Moussy, fils de Jean-Pierre Moussy, et Jeanne Mantelin, son épouse, 'leur part dans les immeubles dépendant de la succession dudit Jean-Pierre Moussy, se composant d'un tènement de verreries, bâtiments et dépendances'.
8 décembre 1836 : mariage à Outre-Furens de Pierre Annet Chambeyron et Marie Moussy, fille de Jean Pierre Moussy, 'maître de verreries aux Eaux-Jaunes'. Acte n°323, page 92/182. Confirme la qualité de fondateur de Jean-Pierre Moussy et la localisation de la verrerie.
15 février 1855 — annonce de la purge des hypothèques sur la verrerie Chambeyron-Moussy, suite à sa vente le 11 septembre 1854 à la Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône. Mentionne l'apport 'de l'usine que ledit sieur Chambeyron exploite et dirige en ladite commune d'Outre-Furens, au lieu des Eaux-Jaunes ou au quartier des Verreries'. Confirme que les trois propriétaires lors de la cession sont Pierre-Annet Chambeyron, Marie Moussy son épouse, et Mme Claudine Rochette, veuve Moussy, rentière.
6 février 1822 — ordonnance royale autorisant 'le sieur Forest à établir une verrerie de verre à vitres dans la commune d'Outre-Furens'. Postérieure de plusieurs années à la construction effective (1817-1818), ce qui était fréquent pour les autorisations industrielles de l'époque.
1823 : première mention de la verrerie Forest à vitres. 1837-1838 : 'Verrerie à bouteilles. N.' avec date de fondation 1822. 1851-1855 : 'Chambeyron-Moussy, verre blanc et à topettes'. 1856 : Outre-Furens n'est plus mentionnée (annexée à Saint-Étienne en 1855) ; apparition de 'Hutterer (P.) et Cie, Compagnie générale des Verreries de la Loire et du Rhône, siège social à Rive-de-Gier'.
Mentionne la cession de la verrerie Chambeyron-Moussy à la Compagnie Générale le 1er août 1853, avec 2 fours à cette date. Source à croiser avec l'acte notarial de 1854 — écart possible entre la date comptable d'intégration et la date juridique de la vente.
En 1859, seule la Compagnie Générale ('Hutter et Cie, siège social à Rive-de-Gier') est mentionnée pour la région stéphanoise. En 1860, aucune fabrique de verre en activité. À partir de 1861 : 'Crine frères, gobeleterie, topetterie, flaconnerie et articles d'éclairage, rue de la Montat, 66, Bérard'. Confirme qu'il n'y a jamais eu qu'une seule verrerie à Bérard/la Montat, et qu'elle a été cédée aux Crine avant 1859 : la Compagnie Générale ne l'a donc possédée que cinq ans au plus.
25 floréal an XIII (15 mai 1805) — Jean Pierre Moussy, 20 ans, ouvrier tanneur, né le 26 février 1785 à Bans hameau de Givors, fils de Jean Moussy cultivateur. Claudine Rochette, 19 ans, née le 18 janvier 1786 à Rive-de-Gier, fille de Benoît Rochette marchand et de Marie Bony. Témoin notable : Étienne Langlois, tanneur à Givors, 31 ans, qualifié de 'beau-frère à l'épouse' — ce qui établit qu'il a épousé une sœur de Claudine Rochette. Révèle que Moussy est tanneur à cette date, non verrier, et que les acquisitions foncières de 1815-1821 sont orchestrées par Claudine Rochette via son réseau familial.
28 octobre 1816 — naissance de Marie Moussy à Saint-Étienne, fille de Jean Pierre Moussy, tanneur, demeurant Place Grenette, et de Claudine Rochette. Témoins : Jean Baptiste Begon, aubergiste, et Léonard Fréron, armurier rue Valbenoite. Un an après l'acquisition du terrain de la Montat (novembre 1815), Moussy est toujours tanneur et vit en plein centre-ville de Saint-Étienne. Confirme que la verrerie n'est pas encore en activité à cette date.
9 février 1820 — naissance de Melchior Stingre (orthographié 'Cheting'). Père : Étienne Stingre (Stenger), 'verrier à Bérard', 34 ans. Mère : Françoise Huot — de la famille Huot du Bugey. Témoin : Jean Pierre Moussy, 'propriétaire demeurant à Bérard', 35 ans. Premier acte attestant la présence de Jean-Pierre Moussy à Bérard/Outre-Furens, et d'un verrier Stingre/Stenger sur le site dès 1820. Moussy est encore qualifié de 'propriétaire', pas encore de 'maître verrier'.
26 juillet 1822 — naissance d'Étienne Stingre (orthographié 'Chetingue'). Père : Joseph Stingre, 'verrier à la Montat', 38 ans (né le 9 septembre 1784 à Védrines-Saint-Loup, à la verrerie de la Margeride). Mère : Magdeleine Blanc. Témoin : Étienne Stingre ('Chetingue'), 'verrier à la Montat', 36 ans. Joseph Stingre est l'un des tout premiers verriers identifiés à la Montat. Il épouse Magdeleine Jeanblanc à Rive-de-Gier le 23 octobre 1821. Décédé le 4 décembre 1828 à La Côte-Saint-André (en forêt de Bonnevaux).
19 décembre 1825 — décès de Marie Perier, 58 ans, épouse de François Rey, 'tiseur à la verrerie de Bérard', 51 ans. Témoin : Antoine Stingre (Chetengre), 22 ans, 'verrier à la même verrerie'. Antoine signe 'Chetengre'. Atteste l'existence d'un tiseur et d'un verrier à la verrerie dite 'de Bérard' en 1825.
20 décembre 1825 — naissance de Jeanne Marie Barbe Criner. Père : Jean Pierre Criner (Griner), verrier demeurant au lieu de Bérard. Mère : Marianne Richard. Déclarant : François Richard, 58 ans, verrier demeurant à Bérard. Témoin : Antoine Stingre (Chetengre), 22 ans, verrier à Bérard. Jean Pierre Criner est né le 13 janvier 1792 à Givors, fils de Nicolas Griner (maître ouvrier en cristal à Védrines-Saint-Loup 1783, Montcenis, Le Creusot 1787-1788, Givors 1790-1792, Rive-de-Gier 1805) et de Catherine Schmid (née le 28 février 1755 à la verrerie de Clairefontaine à Hennezel, décédée le 30 juillet 1805 à Rive-de-Gier). C'est très probablement le même Jean Pierre Crine, témoin à la naissance d'Anaïs Rodet à la Ricamarie en 1830.
17 avril 1830 — naissance de Françoise Foland. Père : Auguste Foland, 24 ans, 'verrier à Chantegrillet'. Témoin : Maurice Colomb (Colon), 25 ans, 'verrier à Bérard'. Maurice Colomb est le même verrier que celui qui travaille encore avec Landrin en 1851 — continuité de présence sur le site sur plus de 20 ans.
11 octobre 1832 — naissance de Marie Folland. Père : Auguste Folland, 26 ans, verrier, 'demeurant en cette commune au lieu de la Verrerie'. Confirme qu'Auguste Folland, qui déclarait en 1830 à Saint-Étienne comme 'verrier à Chantegrillet', réside désormais à Outre-Furens au lieu de la Verrerie — même individu, même verrerie.
25 janvier 1833 — naissance d'Antoine Mangeol. Père : Louis Mangeol, verrier, 'demeurant en cette commune au lieu de la Verrerie'. Témoin : Jean Pierre Moussy, 'âgé de quarante huit ans, Maître Verrier, demeurant au dit lieu de la Verrerie'. Première occurrence de Moussy qualifié de 'Maître Verrier' dans un acte d'état civil. Louis Mangeol (né le 27 novembre 1794 à Lissac-sur-Couze) est le père de Charles Mangeol qui reprendra la verrerie de la rue Tréfilerie vers 1885 — Jean-Claude Haour, ancêtre d'Arnaud, y travaille entre 1888 et 1890.
18 juin 1840 — naissance de Marguerite Folland. Père : Auguste Folland, 34 ans, verrier à la Verrerie. Témoins : Georges Pintener (Pinthener), 56 ans, et Eugène Festor, 27 ans, 'verriers à la Verrerie'. Georges Pinthener est le gendre de Simon Mesmer du Sappey — son père Michel Painthenaire était verrier à Thorens, d'où est issu le réseau Mesmer. Ce document révèle la présence du réseau Mesmer-Sappey à la verrerie de la Montat en 1840.
8 décembre 1836 — Jean-Pierre Annet Chambeyron, 26 ans, né à Rive-de-Gier le 20 octobre 1810, 'employé aux usines de Terre-Noire, commune de Saint-Jean-Bonnefonds', fils d'Annet Chambeyron, propriétaire rentier, et de Pierrette Villemagne, tous demeurant à Rive-de-Gier. Épouse Marie Moussy, 20 ans, née à Saint-Étienne le 28 octobre 1816, fille de Jean Pierre Moussy, 'maître de verrerie', et de Claudine Rochette, demeurant 'en cette commune au lieu des Eaux-Jaunes'. Témoins : Benoît Moussy (frère de l'épouse, 30 ans, rentier), Jean Marie Mantelin (menuisier), Jean Reynard (boulanger à Rive-de-Gier, beau-frère de l'époux), Charles Mantelin (menuisier).
Vue 21/117, adresse 72, ménage n°263 : Chambeyron Jean Pierre Annet, rentier, 46 ans ; Moussy femme Chambeyron, Marie, épouse, 40 ans ; Rochette veuve Moussy, Claudine, mère de la précédente, 70 ans ; Grenouillez Marie, domestique, 16 ans. Un an après la cession à la Compagnie Générale, Chambeyron est devenu rentier à Saint-Genis-Laval (Rhône) — il n'est plus impliqué dans la direction de l'ancienne verrerie. Claudine Rochette, veuve Moussy, vit avec sa fille.
Le hameau 'la Verrerie' est clairement identifié en bas à droite du plan, le long de la route de Lyon à Saint-Étienne (le nord est en bas dans ce plan). Les parcelles correspondant à la verrerie sont : 381 (bâti) et 382 (non bâti) à l'ouest du ruisseau de la Richerandière ; 448 (non bâti), 449 et 450 (bâtis) à l'est du même ruisseau.
Second extrait du même cadastre, montrant le même quartier au nord de la route royale. Deux constructions bâties seulement, avec chacune un terrain non bâti (199-200 et 202-201). Lien avec la verrerie à confirmer par consultation des états de section.
Le quartier 'la Verrerie' apparaît remembré dans la section B12. Le ruisseau de la Richerandière est toujours visible, identique à celui de 1826. Les bâtiments de la verrerie se trouvaient vraisemblablement dans la partie sud du quartier (numéros pairs 84-86 puis 92-94, rue de la Montat). À cette date, le site est intégré à la Compagnie Générale.
9 avril 1843, extrait du Mercure Ségusien du 7 avril : 'la verrerie de Bérard est la seule qui fabrique les fuseaux dont se servent les passementiers'. Première attestation de la désignation 'verrerie de Bérard' — qui désigne le quartier de la Montat, non un établissement distinct.
15 octobre 1859 — commencement d'incendie le 8 octobre 1859 à la 'verrerie dite de Bérard, exploitée par MM. Crine frères'. Confirme que les frères Crine exploitent la verrerie de la Montat à cette date. La désignation 'de Bérard' est celle du quartier, non d'un établissement distinct.
9 août 1857 — avis de disparition de Joseph Crine, 25 ans, verrier. 'On présume qu'il est du côté de Lyon, on l'a vu prendre la route neuve à la Montat. Le ramener à la verrerie de Bérard.' Joseph Crine, né le 20 décembre 1832, est fils de Jean-Pierre Crine — petit-fils de Nicolas Griner. Confirme la présence des Crine à la verrerie de la Montat en 1857.
30 juin 1854 — formation de la société Crine frères et Compagnie le 19 juin 1854, au Mont, commune de Valbenoite, entre Melchior, Jean-Pierre, Étienne, Joseph et Jean-Baptiste Crine et François Valin, fabricants de verreries. Objet : fabrication et vente de verrerie en bouféterie. Durée : 9 ans. Cette société désigne un établissement DISTINCT au Mont-Bellevue — voir fiche distincte verrerie-mont-bellevue.
21 avril 1874 — dissolution judiciaire de la société Crine frères (commerce de verrerie, siège rue de la Montat, Saint-Étienne). Frères : Jean-Baptiste, Étienne, Thomas et feu Nicolas. Liquidateur : Gustave Bertholon, comptable.
24 mai 1874 — vente sur licitation du tènement rue de la Montat n° 64 et 66, comprenant une verrerie à deux fours de fusion, bordée au couchant par le ruisseau l'Isérable. Acquis par Gustave Bertholon le 17 juin 1874. La description correspond à l'ancienne verrerie Chambeyron-Moussy.
17 septembre 1876 — formation de la société Crine frères et fils, rue de la Montat n° 64 et 66 (renumérotation probable vers 84-86 ultérieurement). Régularisation d'une société de fait existant depuis deux ans. Associés : Jean-Baptiste Crine, Thomas Crine, Joseph-Donat Crine, Gustave Bertholon et Marie Crine son épouse. Capital : 60 000 francs.
Acte du 24 décembre 1878 — société en nom collectif entre Thomas Crine et Charles-François-Marie Duplat. Siège : rue de la Montat n° 84 et 86. Capital : 50 000 francs issu de l'ancienne société Crine frères.
2 juin 1886 — grève des verriers à la verrerie Duplat, successeur de Crine, avec incidents graves. Stéphanois du 11 octobre 1886 : nouveau conflit dans la 'maison Duplat et Crine (verrerie de la Montat)'.
23 mars 1890 — vente sur liquidation judiciaire de Charles Duplat, rue de la Montat n° 92 et 94. Halle à deux fours de fusion. Mise à prix 40 000 francs, ramenée à 20 000 faute de preneur le 14 mai 1890. Fin définitive de l'exploitation verrière sur ce site.