Verrerie
Verrerie de la Gare
vers 1837 — après 1894
Aussi connue sous : Verrerie Lobre (La Gare) · Verrerie F. Coron (La Gare) · Établissements Lobre (Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône)
Disparue — sans vestigesNoms et raisons sociales
Histoire
Résumé
La Verrerie de la Gare est un four à bouteilles fondé vers 1837 par Laurent Lobre pour son propre compte, après sa séparation d’avec ses associés Munet frères avec qui il exploitait la Verrerie du Canal. Implantée entre la gare d’eau du canal de Givors et le Gier, elle est laissée vacante à la mort de Lobre vers 1843, puis louée en 1848 aux héritiers Lobre par François Coron, ancien employé de Ninquerier à Rive-de-Gier. Coron en assure la direction jusqu’en 1856, développant pendant cette période le modèle de four à douze creusets qu’il fera breveter et reproduira à Vernaison. Le four avait été cédé à la Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône dès 1853, mais Coron conservera la direction jusqu’à la fin de son bail. La désignation « établissements Lobre » perdure longtemps après : l’établissement est encore signalé avec un embranchement ferroviaire en 1894, mais sa date de fermeture définitive est inconnue.
Historique
Fondation par Laurent Lobre (vers 1837 — vers 1843)
Vers 1837, Laurent Lobre quitte ses associés Munet pour fonder un four à bouteilles pour son propre compte, « entre la gare d’eau et le Gier » : c’est-à-dire à proximité de la gare d’eau du canal de Givors, légèrement en retrait du confluent canal-Rhône où se trouvait la Verrerie du Canal. C’est Pelletier qui fournit cette localisation et la désignation « La Gare » pour distinguer les deux établissements lors de leur cession simultanée à la Compagnie Générale en 1853 1.
Laurent Lobre meurt vers 1843 (sa mort est antérieure à 1848, date à laquelle ses héritiers louent le four à Coron ; Pelletier dit « vers 1843 »). Le four serait donc resté inoccupé cinq ans environ.
La direction Coron (1848 — 1856)
En 1848, les héritiers Lobre louent le four à François Coron, originaire de Farnay (Loire), ancien employé du maître verrier Ninquerier à Rive-de-Gier. C’est pendant cette période que Coron met au point et fait breveter son modèle de four à douze creusets (brevet de quinze ans), dont le nombre de creusets est exceptionnel pour la région, comme le confirme Pelletier en 1887. Ce four constituera l’ossature technique de sa future verrerie de Vernaison 1.
En 1853, les héritiers Lobre cèdent le four à la Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône, en même temps que les autres établissements givordins rachetés en masse cette année-là. Mais François Coron conserve son bail et continue de diriger le four jusqu’en 1856, date à laquelle il le quitte pour fonder la Verrerie de Vernaison 1.
Après Coron : la longue survie sous la Compagnie (1856 — après 1894)
Après le départ de Coron, l’établissement continue de fonctionner sous le nom de « établissements Lobre », désignation qui perdure bien au-delà de la cession de 1853 et de la mort de Laurent Lobre. En 1894, les « établissements Lobre, à Givors » figurent encore parmi les usines disposant d’un embranchement de chemin de fer — aux côtés de Neuvesel et Cie, des Verreries de Givors et de la Verrerie Mille à Vernaison. Cela confirme que la verrerie de la Gare a survécu bien plus longtemps que la Verrerie du Canal (fermée vers 1880), vraisemblablement en raison de son accès ferroviaire. La date de fermeture définitive reste inconnue 2.
Situation géographique
Localisation
La Verrerie de la Gare était implantée dans la zone industrielle gravitant autour de la gare d’eau de Givors, distincte du canal lui-même : la gare d’eau se trouve au sud du Gier, quand le canal longe sa rive nord. La carte d’état-major (1820-1866) révèle cette topographie : depuis le Rhône, la gare d’eau forme d’abord un corridor étroit passant successivement sous un pont et sous la voie ferrée P.L.M., avant de devenir à l’ouest un vaste bassin rectangulaire où s’effectuait le transbordement des marchandises. C’est autour de ce bassin, bien plus spacieux, que se concentraient les activités industrielles (entrepôts, usines, embranchements) et que la carte d’état-major laisse apparaître des bâtiments. Pelletier situe l’établissement « entre la gare d’eau et le Gier », ce qui correspond à cette zone du bassin où la bande de terrain entre les deux plans d’eau s’élargit suffisamment pour accueillir un four et ses dépendances, ainsi que d’autres usines, des entrepôts…
La dénomination « Verrerie de la Gare » désigne donc la proximité de cette gare d’eau, et non de la gare ferroviaire principale de Givors, même si l’embranchement P.L.M. attesté en 1894 confirme une connexion ferroviaire directe. La dénomination est donc trompeuse au lecteur moderne car la gare d’eau a totalement disparue aujourd’hui. Ce secteur du bassin (de la gare d’eau !) est celui qu’occupera plus tard la verrerie BSN/VMC dans son extension vers l’ouest, suggérant une absorption progressive du foncier des anciens établissements Lobre.
Sources cadastrales
Le cadastre napoléonien de Givors, antérieur à la fondation de la verrerie, montre le canal et le Gier mais pas encore la gare d’eau dans sa configuration définitive. La consultation des états de section pour les parcelles situées entre le Gier et le bassin de la gare d’eau permettrait d’identifier Lobre parmi les propriétaires successifs et de préciser l’emprise exacte de l’établissement : démarche à conduire aux Archives départementales du Rhône.
Erreurs et incertitudes
Ce que dit la littérature, et ce qu’il faut corriger
Pelletier confond par endroits la Verrerie du Canal et la Verrerie de la Gare, écrivant tantôt que les Graisely succèdent à Lobre pour le Canal, tantôt que l’une des usines cédées en 1853 s’appelle « Lobre (La Gare) ». La distinction est pourtant claire dans sa propre narration : Lobre quitte le Canal pour fonder la Gare ; les Graisely reprennent le Canal, Coron reprend la Gare.
Points non résolus
- La localisation précise de la verrerie de la Gare (entre gare d’eau et Gier) n’a pas été recoupée avec le cadastre napoléonien ou les recensements. Un travail cartographique sur les plans de Givors du XIXe siècle permettrait de la situer exactement.
- La continuité entre 1856 et 1894 : qui dirige l’établissement après le départ de Coron ? La Compagnie Générale y maintient-elle une direction permanente, ou confie-t-elle le four en location comme elle l’avait reçu ?
- La date de fermeture reste inconnue. La mention de 1894 est la dernière trace documentée.
- Le lien entre la « Verrerie du Bassin » et la Verrerie de la Gare mérite d’être vérifié : dans le recensement de 1861, Charles Haour réside à la limite entre le Quai du Bassin (du Canal) et le Quai du Canal (ou des verreries) : s’agit-il de la Verrerie du Canal ou de la Gare ?
Notes
Footnotes
Personnages associés
Personnalités
Sources
1887, pp. 180-181. Source principale sur la fondation par Lobre, l'occupation par Coron (1848-1856) et la désignation 'Lobre (La Gare)' lors de la cession de 1853.
1853-1854 : 'F. Coron' listé séparément de 'Graisely fr. et co.' — confirme deux établissements distincts. 1855 : 'Verrerie F. Coron' et 'Comp. gén. des verreries de la Loire et du Rhône, gérans' — Coron conserve son bail.
'Établissements Lobre, à Givors' encore listés en 1894, aux côtés de Neuvesel et Cie, Verreries de Givors et Verrerie Mille à Vernaison. Confirme l'activité bien au-delà de la cession de 1853.