Verrerie
Verrerie Bolot, Neuvesel et Cie
env. 1801 — avant 1900
Aussi connue sous : Bolot et Neuvesel · Verreries de MM. Bolot · Neuvesel frères · Bolot frères · Neuvesel père et fils · Neuvesel fils et Cie · Anciennes Verreries de Givors
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Noms et raisons sociales
Histoire
Résumé
La verrerie Bolot, Neuvesel et Cie est fondée à Givors vers 1801 par Nicolas Joseph Henry Bolot (1775-1826) et Melchior Neuvesel (1752-1833), deux verriers issus du même réseau franc-comtois de Haute-Saône. L’établissement occupe un site considérable (plus de 10 000 mètres carrés dès 1808) sur le quai du Rhône, immédiatement au sud de la verrerie Robichon dont il n’est séparé que par la rue des Verreries, les portails des deux manufactures se faisant face.
Le site comprend deux ensembles industriels distincts : les fours de la Montagne, longeant la rue de l’Hôpital à l’est, et les fours du Battoir, côté rue des Verreries au nord-ouest, réunis par un segment central formant avec eux une grande parcelle en lignes brisées. Entre 1801 et 1819, les deux associés exploitent l’ensemble conjointement. En 1819, la société se divise : Melchior Neuvesel emporte les fours du Battoir pour fonder Neuvesel frères avec son frère Joseph, tandis que Bolot conserve les fours de la Montagne. Les fils d’Henri Bolot, mort en décembre 1826, poursuivent l’exploitation jusqu’en 1838, date à laquelle François Joseph Neuvesel rachète leurs fours et réunit les quatre fours de l’ancienne association sous la raison sociale Neuvesel fils et Cie, également désignée Anciennes Verreries de Givors. Cet ensemble est cédé en 1853 à la Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône. L’activité se poursuit ensuite sous différentes formes jusqu’à la fin du XIXe siècle, quand le quartier est rasé et remplacé par des immeubles d’habitation.
Historique
Fondation (vers 1801)
La date de fondation de l’association Bolot-Neuvesel est plus tardive que ne le suggèrent les sources narratives. Nicolas Joseph Henry Bolot, né à Miellin le 14 juin 1775, fils d’Ignace Bolot coseigneur d’Ancier et de Catherine Schmid (petite-fille de Michel Robichon I par sa mère Anne Marie Robichon), est sous les drapeaux jusqu’au 17 décembre 1800, date à laquelle il obtient son congé définitif. Il est de surcroît malade pendant cinq mois en 1798. La fondation ne peut donc être antérieure à 1801. À son premier mariage en février 1800, il est qualifié de « propriétaire de la verrerie de Miellin » (et non de Givors), confirmant qu’il n’est pas encore installé sur les bords du Rhône. À son second mariage en septembre 1803, il est dit « verrier demeurant à Givors » : l’installation est actée à cette date.
Melchior Neuvesel est arrivé à Givors en 1783. Directeur de la gobeleterie en verre blanc de la verrerie Robichon à partir de 1788, il s’en dégage progressivement pour constituer son propre établissement. La rencontre entre les deux hommes a vraisemblablement à l’époque du mariage d’Henri Bolot avec Émilie Pauline Robichon le 9 février 1800 : Melchior Neuvesel est qualifié ce jour-là de « propriétaire », sans précision de lieu, mais suggérant qu’il dispose déjà d’un projet d’établissement propre.
Un acte de naissance du 11 juin 1804 à Givors fournit la première attestation documentée et explicite de la copropriété : Bolot y est dit « copropriétaire des verreries de Givors », aux côtés de Michel III Robichon (« copropriétaire des dites verreries ») et de Pélisson Valancize (« copropriétaire associé dans les mêmes verreries »). La participation de Bolot dans les verreries Robichon est donc antérieure à 1806 d’au moins deux ans, elle remonte peut-être au mariage avec Émilie Robichon en 1800 et à l’héritage de sa part à sa mort en 1801. La vente de 1806 documentée par G.-J. Michel est donc une sortie des autres copropriétaires (Michel III, Valancize, filles de Marc), non une entrée de Bolot.
La mort à Seyssuel en septembre 1805 du premier fils Théodule — décédé dans le domaine des Robichon où vivaient la veuve de Marc et ses filles — révèle des liens d’intimité familiale qui dépassent les seuls intérêts commerciaux. Un second acte de décembre 1805, rédigé à Faucogney, où Bolot se désigne « associé aux verreries de Givors », confirme que ce pluriel désigne les verreries Robichon — non son association distincte avec Neuvesel. Les deux témoins présents à Faucogney sont ses deux beaux-frères : Charles Praileur (frère de son épouse Mélanie, maître de forges à Magny-Vernois, dont la caution financière facilitera les acquisitions de 1806) et Guillaume Ignace Lanoir (époux d’une sœur d’Henri, homme de loi à Faucogney, dont le fils Charles François Joseph Irénée Lanoir sera le futur associé à Miellin puis à Rive-de-Gier).
Pélisson Valancize précède Bolot comme maire de Givors : l’acte de décès de septembre 1805 est signé « Pélisson Valencize maire de Givors ». Bolot est nommé à ce poste le 3 avril 1805 selon G.-J. Michel — la mairie passe ainsi directement d’un gendre de Marc Robichon à l’autre, continuité institutionnelle qui prolonge la mainmise du réseau sur la vie civique givordane.
Les premiers fours — deux sur le site de la Montagne, l’un à bouteilles et l’autre à vitres — sont probablement opérationnels dès 1801. Deux autres fours sont ensuite érigés sur le site du Battoir, du nom d’un ancien moulin démoli pour les accueillir : un four à gobelets et un four à vitres. Tous sont de petite dimension, à quatre creusets, alimentés au charbon de Rive-de-Gier arrivant par le canal du Gier en bateaux se déchargeant dans le Rhône en face de l’établissement.
Rapports avec la verrerie Robichon (1801 — 1819)
L’établissement est implanté à proximité immédiate de la verrerie Robichon, dont les portails d’entrée font face aux siens sur la rue des Verreries. Cette proximité ne traduit pas une concurrence frontale mais une relation complexe d’alliance et d’intérêt. Henri Bolot est actionnaire de la verrerie Robichon via sa première épouse Émilie Robichon, fille de Marc. Il participe en 1803 au rachat de la verrerie Claudius à Rive-de-Gier avec les Robichon et leurs alliés. En 1806, selon G.-J. Michel, des parts de la verrerie Robichon sont cédées à Bolot, mais les états de section de 1808 (parcelle 84 au nom de Michel Robichon) et les actes d’état civil de 1814-1816 (voir Erreurs et incertitudes) suggèrent que cette cession n’a pas modifié de façon aussi radicale l’équilibre des propriétés que ne le laisse entendre Michel.
Scission (1819)
La dissolution de l’association initiale intervient en 1819. Melchior Neuvesel, alors âgé de 67 ans, s’associe avec son frère Joseph (qui vient de fermer le four à gobelets de Saint-Bérain-sur-Dheune (Saône-et-Loire) qu’il dirigeait depuis des années) pour fonder la société Neuvesel frères. Ils emportent les deux fours du Battoir : le four à gobelets et le four à vitres. Henri Bolot conserve les deux fours de la Montagne : le four à bouteilles et le four à vitres. En 1827, Melchior Neuvesel se retire de la société au profit de son neveu François Joseph Neuvesel, fils de Joseph. La raison sociale devient Neuvesel père et fils.
La même année, lors du partage des verreries Allimand à Rive-de-Gier, Bolot reçoit un sixième et Joseph Neuvesel un autre sixième, des fractionnements qui témoignent de leur position secondaire face au bloc Robichon-Ninquerier dominant avec les deux tiers.
Les fils Bolot (1819 — 1838)
Henri Bolot décède le 28 décembre 1826 à Givors, à 51 ans. L’acte est rédigé par Jean Claude Verrier, percepteur des contributions directes et secrétaire de la mairie, en présence de Pierre Chanson, commis aux « Verreries de M. Bolot ». Il laisse deux fils : Henri Bolot (né en 1805, mort en 1854) et Théodule Bolot (né en 1810, mort en 1862), qui reprennent l’exploitation des fours dits de la Montagne. Camille Dugas, gendre d’Augustin Malgontier et cousin par alliance des Robichon, lui succède comme maire de Givors dès janvier 1827.
Un acte d’état civil du 20 février 1838 (décès d’André Vieillard, ancien verrier domicilié « aux Verreries des Sieurs Bolot ») confirme que les fils maintiennent l’activité sous le nom paternel à cette date, soit plus d’un an après la date de 1837 avancée par Pelletier pour le rachat.
Réunification et période Neuvesel (1838 — 1853)
La transition est documentée avec une précision rare par trois actes d’état civil signés par François Joseph Neuvesel, adjoint au maire de Givors, en l’espace de douze mois. En février 1838, un décès est enregistré « aux Verreries de MM. Bolot ». En juin 1838, une naissance mentionne « les verreries de Mr. Neuvesel », au singulier, sans « et Cie », suggérant que la nouvelle société n’est pas encore constituée. En janvier 1839, un décès est enregistré « aux Verreries de MM. Neuvesel et Cie » : la raison sociale est établie.
La fondation de Neuvesel fils et Cie se situe donc entre le 25 juin et le 30 janvier 1839, donc dans la seconde moitié de 1838. La société associe François Joseph Neuvesel (fils de Joseph, mort en 1840), Joseph Raspillaire (directeur de la verrerie Neuvesel depuis 1827) et un certain Guenin, clerc de notaire à Givors. Les quatre fours sont à nouveau réunis : les deux du Battoir hérités de la scission de 1819, et les deux de la Montagne rachetés aux fils Bolot, dont le four à vitres a été converti en four à bouteilles. L’établissement comprend ainsi deux fours à bouteilles, un four à vitres et un four à gobelets, ce dernier doté de dix creusets contre huit pour les trois autres.
Sous la désignation d’Anciennes Verreries de Givors, adoptée pour souligner la continuité historique de l’établissement depuis les origines de 1749 et 1801, l’ensemble est cédé en 1853 à la Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône, fondée par l’ingénieur Penet. François Joseph Neuvesel y apporte quatre fours, Camille Dugas en apporte deux autres (ceux de la verrerie Robichon voisine).
Après la Compagnie Générale (1853 — avant 1900)
L’activité verrière se poursuit sur le site après 1853 dans le cadre de la Compagnie Générale, puis sous d’autres formes à documenter. Le site disparaît avant 1900 quand le quartier est rasé et des immeubles d’habitation sont construits à son emplacement. Cette période reste à documenter à partir des recensements, de la presse locale et des sources industrielles de la seconde moitié du XIXe siècle.
Synthèse chronologique
| Date | Événement | Source / fiabilité |
|---|---|---|
| 17 déc. 1800 | Congé militaire définitif d’Henri Bolot | G.-J. Michel, 1989 |
| 11 juin 1804 | Bolot, Michel III et Valancize identifiés comme copropriétaires des verreries de Givors | AD69, Givors, 4 E 1398 |
| 8 sept. 1805 | Décès du premier Théodule Bolot à Seyssuel (domaine Robichon) | AD69, Givors, 4 E 1409 |
| 7 déc. 1805 | Bolot se désigne « associé aux verreries de Givors » à Faucogney | AD70, Faucogney, NMD 1805 |
| env. 1801 | Fondation de l’association Bolot-Neuvesel, premiers fours de la Montagne | Déduit — borne inférieure certaine |
| 1800-1801 | Construction des fours du Battoir | Pelletier, 1887 (date vraisemblable) |
| 9 févr. 1800 | 1er mariage Bolot × Émilie Robichon, fille de Marc | AD69, Givors, Mariages 1799-1800 |
| sept. 1803 | 2e mariage Bolot × Mélanie Praileur ; Bolot dit « verrier demeurant à Givors » | AD70, Magny-Vernois, NMD 1803-1812 |
| 1808 | Cadastre napoléonien : parcelle 84 (bâtiments industriels) au nom de Michel Robichon | AD69, 3P2610 et 3P104/1 |
| 6 mai 1806 | Cession des parts Robichon (Pauline et Anne Louise) à Bolot selon Michel | AF Bolot, cité par Michel 1989 |
| 26 juin 1806 | Cession des 3/8 de Michel III Robichon pour 574 250 livres selon Michel | AF Bolot, cité par Michel 1989 |
| 1814 | Acte d’état civil : « verrerie de M. Robichon et compagnie » rédigé par Bolot lui-même | AD69, Givors, Mariages 1814 |
| 1816 | Bolot qualifie Victor Robichon de « propriétaire des verreries de Givors » | AD69, Givors, Mariages 1816 |
| 14 juin 1817 | Naissance Jean Baptiste Neuvesel ; témoin : Jean Baptiste Neuvesel grand-père, ouvrier verrier | AD69, Givors, Naissances 1817 |
| 1819 | Scission : Bolot conserve la Montagne, Neuvesel frères reprend le Battoir | Pelletier, 1887 |
| 1819 | Partage Allimand : Bolot 1/6, Neuvesel 1/6 à Rive-de-Gier, Robichon et consorts 1/3, Ninquerier père et fils 1/3 | Acte notarial du partage |
| 1827 | Melchior Neuvesel se retire ; François Joseph le remplace → « Neuvesel père et fils » | G.-J. Michel, 1996 |
| 28 déc. 1826 | Décès d’Henri Bolot, chevalier de la Légion d’Honneur, maire de Givors | AD69, Givors, Décès 1826 |
| 1826-1838 | Exploitation par les fils Bolot (Henri junior et Théodule) | Attesté par des actes et les recensements de 1836 |
| 20 févr. 1838 | Acte civil : « Verreries de MM. Bolot » encore actives | AD69, Givors, Décès 1838 |
| 25 juin 1838 | Acte civil : « verreries de Mr. Neuvesel », nouvelle société pas encore constituée | AD69, Givors, Naissances 1838 |
| 1838 | Absorption des fours Bolot ; réunification du site sous Neuvesel fils et Cie | Établi |
| juil.–déc. 1838 | Constitution de « Neuvesel fils et Cie », fenêtre probable | Déduit des actes civils, à confirmer |
| 30 janv. 1839 | Acte civil : « Verreries de MM. Neuvesel et Cie », raison sociale établie | AD69, Givors, Décès 1839 |
| 1840 | Décès de Joseph Neuvesel père | G.-J. Michel, 1996 |
| 1853 | Cession des « Anciennes Verreries de Givors » à la Compagnie Générale | Pelletier, 1887 |
| avant 1900 | Fin d’activité ; démolition du site ; immeubles d’habitation et tracé de la nouvelle rue Gambetta jusqu’au Rhône | À documenter |
Situation géographique
Localisation
L’établissement est implanté à Givors, sur le quai du Rhône, dans le quartier dit de Saint-Nicolas. Il occupe un site considérable dépassant les 10 000 mètres carrés, immédiatement au sud de la verrerie Robichon dont il n’est séparé que par la rue des Verreries — les portails d’entrée des deux manufactures se faisant face. À l’est, le site est bordé par le Rhône et le port des Verriers.
Le site comprend deux ensembles industriels distincts, réunis dans une grande parcelle en U (parcelle 84 du cadastre napoléonien) :
- Les fours de la Montagne, dans la branche orientale de la parcelle, longeant la rue de l’Hôpital (actuelle rue de l’Égalité), sur environ 100 mètres
- Les fours du Battoir, dans la branche septentrionale, longeant la rue des Verreries côté sud, jusqu’à la rue du Battoir
- Un segment central perpendiculaire, d’environ 90 mètres, reliant les deux branches
Les logements ouvriers (parcelle 85), un grand bâtiment en L d’environ 75 mètres, sont situés à l’est du segment central, séparés par une grande cour carrée. Directement à l’est de ces logements se trouvaient la maison (parcelle 86), la dépendance (parcelle 87) et le jardin (parcelle 89) appartenant à Michel Robichon, propriétaire cadastral de la parcelle industrielle 84 elle-même en 1808.
Au-delà, vers le Rhône, plusieurs maisons riveraines s’alignent, dont celle de Juste Sigismond Ninquerier, caissier de la verrerie Robichon depuis 1758, qui possédait une grande maison et un jardin face au port des Verriers. Parmi ses voisins immédiats figuraient le notaire Gaspard Bavet, François Raspillaire et André Allimand.
Sources cadastrales
Le cadastre napoléonien de Givors, Section D dite de Saint-Nicolas (AD69, 3P2610, feuille 000849), daté de 1808, est la source iconographique principale. La parcelle 84 — bâtiments industriels en U — y est enregistrée au nom de Michel Robichon, fait qui soulève des questions sur la nature et la portée de la cession documentée par G.-J. Michel pour 1806 (voir Erreurs et incertitudes). Les états de section correspondants (AD69, 3P104/1, section D, vues 97 à 100/312) fournissent le détail des propriétaires et des contenances.
État actuel
Aucun vestige identifié. Le site a été intégré au tissu urbain givordain avant 1900, lors de la démolition du quartier et de la construction d’immeubles d’habitation.
Personnages liés
Nicolas Joseph Henry Bolot (Miellin, 14 juin 1775 — Givors, 28 décembre 1826) : cofondateur. Fils d’Ignace Bolot coseigneur d’Ancier et de Catherine Schmid (petite-fille de Michel Robichon I). Enrôlé jusqu’en décembre 1800, déjà copropriétaire de la verrerie de Miellin, puis verrier à Givors. Copropriétaire des verreries Robichon de Givors dès au moins 1804, via la part héritée de sa première épouse Émilie Robichon, fille de Marc, morte en 1801. Époux en secondes noces de Mélanie Praileur en 1803, fille du maître de forges Jacques Praileur de Magny-Vernois. Réseau de beaux-frères utiles : Charles Praileur (frère de Mélanie, caution financière des acquisitions de 1806) et Guillaume Ignace Lanoir (époux d’une sœur de Bolot, homme de loi à Faucogney, dont le fils et neveu d’Henri Bolot, Charles François Joseph Irénée Lanoir sera l’associé de la génération suivante à Miellin puis à Rive-de-Gier). Devient adjoint au maire de Givors le 3 avril 1805 au moment où Valancise y officie comme maire : deux gendres de Marc Robichon dans la même mairie. Henri Bolot officie ensuite comme maire de Givors de 1813 jusqu’à sa mort. Chevalier de la Légion d’Honneur. Premier fils Théodule (né juin 1804) mort à Seyssuel en septembre 1805, certainement dans le domaine des Robichon ; le prénom est réutilisé pour le fils né en 1810. Laisse au total deux fils survivants : Henri junior (1805-1854) et Théodule (1810-1862).
Melchior Neuvesel (Saint-Antoine, 1752 — Givors, 7 décembre 1833) : cofondateur. Directeur de la verrerie de Chézery en Bugey (1778-1783), arrivé à Givors en 1783. Directeur de la gobeleterie de la verrerie Robichon dès 1788. Associé de Bolot à partir de 1801. Fonde « Neuvesel frères » avec son frère Joseph en 1819. Se retire en 1827 au profit de son neveu François Joseph. Mort sans enfants.
Joseph Neuvesel père (Saint-Antoine, 1755 — Givors, 1840) : frère de Melchior. Directeur efficace de la verrerie de la Motte (selon Pelletier : une gobeleterie) à Saint-Bérain-sur-Dheune jusqu’en 1819, également associé à Givors dès 1806, puis seul directeur en 1819. Père de François Joseph.
François Joseph Neuvesel (Saint-Bérain-sur-Dheune, 1er octobre 1793 — Lyon, 8 février 1875) : dit « Neuvesel fils ». Épouse le 8 février 1818 de Marie Antoinette Clotilde Robichon, fille de Victor Robichon et petite-fille de Michel III, puis Louise Fleurdelix le 17 avril 1822. Adjoint au maire de Givors, signataire à ce titre des actes qui documentent la transition Bolot → Neuvesel. Fonde « Neuvesel fils et Cie » en 1838. Vend les Anciennes Verreries de Givors à la Compagnie Générale en 1853.
Henri Bolot (1805-1854) et Théodule Bolot (1810-1862) : fils d’Henri Bolot. Reprennent les fours de la Montagne en 1826 sous la dénomination Bolot frères, jusqu’à la cession à Neuvesel en 1838 (attestés résidant dans ou à proximité immédiate de la verrerie en 1836 1).
François Pélisson Fontanier Valancize (Vienne, 2 août 1755 — Seyssuel, 18 octobre 1826) : copropriétaire des verreries Robichon de Givors, attesté comme tel en juin 1804 aux côtés de Bolot et Michel III. Gendre de Marc Robichon (époux de Pauline Robichon, mariage Givors 22 juin 1796). Actionnaire de la verrerie Claudius à Rive-de-Gier en 1803 (1/12). Maire de Givors — prédécesseur immédiat d’Henri Bolot dans cette fonction, comme l’atteste l’acte de décès du premier Théodule Bolot en septembre 1805. Décède le 18 octobre 1826 à Seyssuel, soit dix semaines avant Bolot lui-même.
Juste Sigismond Ninquerier : neveu d’Éléosippe Ninquerier, caissier historique des verreries Robichon. Qualifié de « propriétaire à Givors » en 1805, il possède une grande maison face au port des Verriers, voisin immédiat du site Bolot-Neuvesel. Témoin au décès du premier fils Bolot à Seyssuel en septembre 1805. Signe « Ninquerier neveu » par habitude, même deux ans après la mort de son oncle. Héritier du réseau de fidélité que son oncle avait construit sur cinquante ans auprès des Robichon ; il figure parmi les copropriétaires du partage de 1819.
Joseph Raspillaire : directeur de la verrerie Neuvesel depuis 1827. Devient associé dans Neuvesel fils et Cie en 1838.
Éléments techniques
Quatre fours au total, répartis initialement sur deux sites. Tous sont, à l’origine, de petite dimension, à quatre creusets, alimentés au charbon de Rive-de-Gier arrivant par le canal du Gier. Après la réunification de 1838, l’établissement comprend deux fours à bouteilles (dont le four à vitres de la Montagne converti), un four à vitres et un four à gobelets, ce dernier doté de dix creusets contre huit pour les trois autres. Entre 1801 et 1819, la production couvre le verre à vitres (Montagne et Battoir), les bouteilles (Montagne) et la gobeleterie (Battoir). L’établissement entre donc en concurrence directe avec celui des Robichon.
Contexte social
La verrerie Bolot-Neuvesel illustre la continuité du réseau franc-comtois dans les verreries givordines. Bolot est né à la verrerie de Miellin, Melchior Neuvesel dans celle de Saint-Antoine, deux établissements de Haute-Saône distants d’une quinzaine de kilomètres, issues des mêmes dynasties verrières (Schmid, Raspiller, Robichon, Grésely). Jean Baptiste Schmid, domicilié aux « Verreries de MM. Neuvesel et Cie » à sa mort en janvier 1839, était né à la verrerie de Blancheroche dans le Doubs : il représente cette main-d’œuvre itinérante qui circule de verrerie comtoise en verrerie rhodanienne sur plusieurs générations. La présence des familles Haour dans les verreries givordines des années 1800-1850, documentée par les actes d’état civil, témoigne de l’implantation durable de ces dynasties ouvrières dans le quartier Saint-Nicolas.
Erreurs et incertitudes
Ce que dit la littérature, et ce qu’il faut corriger
Pelletier (1887) avance 1788 comme date de fondation des premiers fours : impossible, Henri Bolot avait treize ans en 1788. Il situe le décès de Bolot « vers 1822-23 » : l’acte d’état civil établit le 28 décembre 1826. La date de 1837 pour le rachat des fours Bolot est anticipée : les « Verreries de MM. Bolot » sont encore actives en février 1838, et « Neuvesel et Cie » n’est attestée qu’en janvier 1839.
G.-J. Michel (1996) affirme que Bolot et Neuvesel « profitent » de la faillite Allimand en 1818 pour s’installer à Rive-de-Gier : le partage de 1819 leur attribue un sixième chacun (fractionnements minoritaires) et Neuvesel n’obtient pas une verrerie mais un tènement de magasins à charbon. Ce n’est pas une conquête.
Le mystère de la cession de 1806 : un point non tranché
La cession des parts Robichon à Bolot en 1806 est l’un des points les plus obscurs de l’histoire des verreries givordines. G.-J. Michel la documente depuis les Archives Familiales Bolot, mais les données disponibles sont à la fois précises et insuffisantes, et elles se contredisent avec d’autres sources primaires.
Ce que Michel (1989) affirme : deux ventes successives en 1806 2 : les 2/6 de Pauline et Anne Louise Robichon le 6 mai, puis les 3/8 de Michel III le 26 juin, pour 574 250 livres. Bolot comme seul acquéreur.
Ce que Michel (1996) nuance : l’acquisition serait conjointe 3 : Bolot, Melchior Neuvesel et Joseph Neuvesel, chacun pour un tiers. Mais cette version ne repose que sur une lettre de Melchior (AD 70, 30 juin 1806), sans acte notarial indépendant. Et “un tiers” de quoi exactement ? Un tiers de la transaction globale, un tiers de la verrerie entière, un tiers de la fraction cédée ? Michel ne le précise pas.
Ce que les actes primaires montrent : en juin 1804, Bolot, Michel III et Pélisson Valancize sont explicitement désignés comme « copropriétaires des verreries de Givors » dans un acte d’état civil rédigé par le maire Chomier. La participation de Bolot dans la verrerie Robichon est donc antérieure à 1806 d’au moins deux ans : il y détient déjà la part héritée de sa première épouse Émilie Robichon (fille de Marc, morte en 1801). Valancize, en tant qu’époux de Pauline Robichon, est également copropriétaire à ce titre, ce qui est confirmé par un acte d’état civil de 1805. Les vendeuses de 1806 sont les belles-sœurs de Bolot (sœurs de sa défunte femme), et Valancize est son beau-frère : la transaction de 1806 est intra-familiale, non une acquisition extérieure.
Ce que le cadastre de 1808 révèle : deux ans après la supposée cession, les parcelles 153 à 161, c’est-à-dire l’ensemble des bâtiments industriels de l’ex-verrerie royale, sont enregistrées au nom de Michel Robichon. Le cadastre napoléonien est souvent en retard sur la réalité juridique, mais ce décalage fragilise la lecture d’une cession massive et définitive dès 1806.
Ce que les actes de 1814 et 1816 établissent : Bolot rédige lui-même en 1814 un acte désignant la verrerie concurrente comme « verrerie de M. Robichon et compagnie », formulation difficile à comprendre si les Robichon ne détenaient plus qu’une fraction négligeable. En 1816, il qualifie Victor Robichon de « propriétaire des verreries de Givors ». Un acquéreur de 60 à 70 % du capital n’écrirait pas ces formulations. Ce « M. Robichon » de 1814 semble bien être Victor Robichon, le seul à ne pas avoir revendu ses parts, au contraire de son frère qui est déjà installé à Rive-de-Gier.
Ce que l’arithmétique suggère : si les fractions mentionnées par Michel (2/6 et 3/8) sont bien des fractions de la verrerie entière et non de la seule part Robichon, la valeur totale implicite de la verrerie serait de l’ordre de 1,5 million de livres pour 574 250 livres représentant les 3/8, un montant extraordinaire pour 1806. Si ce chiffre représente au contraire le montant global réparti entre trois acquéreurs (Bolot, Melchior et Joseph Neuvesel à parts égales), chaque part revient à environ 191 000 livres, plus raisonnable, mais non documenté par un acte.
Hypothèse de travail : la vente de 1806 porterait sur des parts sociales dans une société dont Michel III reste propriétaire foncier (d’où le cadastre de 1808). Victor Robichon conserve sa propre part, distincte de celle de son frère, non cédée à Bolot. Le nom commercial « Robichon et Compagnie » perdure parce que Victor (dont la part est probablement la plus importante après la cession par Michel III) demeure le premier associé nominalement. Bolot entre dans la société comme copropriétaire minoritaire significatif, aux côtés des frères Neuvesel et de Victor Robichon. Cette hypothèse réconcilie toutes les sources disponibles, mais elle reste une déduction et non un fait établi par des sources primaires. Une autre possibilité serait que les fractions acquises par Henri Bolot en 1806 seraient calculées sur la propriété de la famille Robichon, d’autres copropriétaires (comme Claude Augustn Malgontier) conservant des parts significatives.
Seule source susceptible de trancher : l’acte notarial lui-même (AF Bolot, référencé par Michel comme daté du 26.06.1806), sans doute consultable aux Archives Départementales du Rhône dans les minutes notariales de Givors pour 1806, ou aux AD de Haute-Saône puisque les Archives Bolot y sont déposées.
Points non résolus
- La nature exacte de la cession de 1806 : parts sociales ou biens immobiliers ? L’acte notarial (AF Bolot, AD Haute-Saône ou AD Rhône, 1806) permettrait de trancher. La fenêtre de recherche aux AD du Rhône (minutes notariales de Givors, 1806) est identifiée.
- L’acte de constitution de « Neuvesel fils et Cie » : sa date exacte se situe entre le 25 juin et le 30 janvier 1839. Les registres d’enregistrement des actes de société aux AD du Rhône (série Q, second semestre 1838) devraient permettre de le localiser.
- L’identité de Guenin, clerc de notaire à Givors, troisième associé de Neuvesel fils et Cie en 1838, reste à documenter.
- La localisation cadastrale précise de la frontière entre fours de la Montagne et fours du Battoir sur le segment central de la parcelle 84, lors de la division de 1819, reste à établir depuis les états de section postérieurs à 1819. De plus, nous ne savons pas comment le bâtiment de la parcelle 85, séparé du reste par la cour centrale (et probablement un logment d’ouvriers) a été réparti entre les deux familles.
- La période 1853 — avant 1900 : activité verrière après la cession à la Compagnie Générale, devenir des fours, date et circonstances de la démolition du site, est à documenter depuis les recensements nominatifs, la presse locale givordine et les sources industrielles de la seconde moitié du XIXe siècle.
Footnotes
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en 1836, Thédolule Bolot, négociant de 25 ans réside avec Mélanie Praileur, rentière, 50 ans, et trois domestiques. Le ménage voisin est celui d’Henri Bolot, négociant de 30 ans, son épouse Clémentine Dufournel, 28 ans, leurs deux filles Clémentine et Clotilde, et de nouveau trois domestiques. Source : Archives départementales du Rhône et de la métropole de Lyon, recensements de la population, Givors, 1836, population éparse, cote 6 M 7, vue 11. Permalien : https://archives.rhone.fr/ark:/28729/4376qlcwjt8b/decddf94-43c9-4840-8f0d-bc85ea7b1b6b ↩
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AF Bolot 512, in « Verriers et verreries en Franche-Comté au XVIIIe siècle », Guy-Jean Michel, 1989, tome II pp. 618-619, et sources p. 623. Selon ces sources et leur intéerprétation par G.-J. Michel, Henri Bolot acquiert d’abord 2/6e détenus par Pauline (épouse de François Pélisson Valancise) et Anne Louise Robichon (épouse de Charles O’Brien) le 6 mai 1806, puis les 3/8e de leur oncle Michel Robichon le 26 juin 1806, cette dernière transaction s’élevant à la somme extravagante de 574 250 livres ! ↩
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« De la verrerie forestière à la verrerie industrielle - Du milieu du XVIIe siècle aux années 1920 », XIème rencontre de l’Association Française pour l’Archéologie du Verre, Albi, 7-8-9 novembre 1996. « Les Neuvesel », Guy-Jean Michel, p. 45. ↩
Personnages associés
Aucun personnage notable n'est renseigné. Voici les premières personnes liées au lieu.
Personnalités
Sources
Plan cadastral montrant les parcelles 84 (bâtiments industriels, en U) et 85 (logements ouvriers en L) de la verrerie Bolot-Neuvesel, ainsi que les parcelles 86-89 de Michel Robichon (maison, dépendance, jardin) attenantes à l'est. La parcelle 84 est au nom de Michel Robichon en 1808, ce qui soulève des questions sur la réalité ou la portée de la cession documentée par G.-J. Michel en 1806 (voir Erreurs et incertitudes).
Identifie Michel Robichon comme propriétaire de la parcelle 84 (bâtiments industriels principaux de la verrerie) en 1808, soit deux ans après la vente supposée de ses parts à Bolot documentée par G.-J. Michel.
29 décembre 1826 à 11h du matin. Déclarants : Jean Claude Verrier, percepteur des contributions directes et secrétaire de la mairie, et Pierre Chanson, commis aux Verreries de M. Bolot. Bolot est dit 'chevalier de l'Ordre Royal de la Légion d'Honneur, maire de Givors et propriétaire de verreries audit lieu, âgé de cinquante un ans six mois, né à Miellin département de la Haute Saône, époux de Madame Mélanie Praileur, fils de défunts Sr Ignace Bolot coseigneur d'Ancier et de dame Catherine Schmid.' Établit la date exacte de décès, contredisant Pelletier qui écrit 'vers 1822-23'.
14 juin 1817, signé par Henri Bolot maire. Témoins : Jean Baptiste Neuvesel, 'ouvrier verrier à Givors âgé de quarante neuf ans, grand-père de l'enfant' (né 1767, troisième frère de Melchior et Joseph Neuvesel, resté dans les rangs ouvriers), et Jean Claude Verrier, 'propriétaire à Givors âgé de quarante huit ans'.
20 février 1838. Déclarants : Mathias Haour, 'verrier à Givors âgé de cinquante huit ans', et Michel Roudon, 'commis magasinier aux Verreries de MM. Bolot'. Vieillard décédé 'dans son domicile aux Verreries des Sieurs Bolot'. Acte signé 'Jh Neuvesel fils'. Confirme que les fours Bolot sont encore actifs sous ce nom en février 1838.
25 juin 1838. Déclarant : Alexandre Crine, 'employé aux verreries de Mr. Neuvesel à Givors'. Acte signé 'Jh Neuvesel fils'. La désignation au singulier sans 'et Cie' indique que la nouvelle société réunissant les fours Bolot et Neuvesel n'est pas encore constituée à cette date. Borne supérieure pour la fondation de 'Neuvesel fils et Cie'.
30 janvier 1839. Déclarants : Thomas Schmid, 'ouvrier verrier à Givors âgé de trente quatre ans, fils au défunt', et François Jacquel. Schmid dit 'domicilié aux Verreries de MM. Neuvesel et Cie, né à la verrerie de Blancheroche commune de la Grand'Combe des Bois, département du Doubs.' Acte signé 'Jh Neuvesel fils'. Première attestation de la raison sociale 'Neuvesel et Cie' : constituée entre le 25 juin 1838 et le 30 janvier 1839.
1er octobre 1816. Officié par Henri Bolot, maire. Victor Robichon dit 'propriétaire des verreries de Givors âgé de trente six ans, oncle de l'épouse.' Acte rédigé par Jean Claude Verrier, secrétaire de mairie. Preuve que Victor Robichon conserve une part dans la verrerie Robichon en 1816, dix ans après la supposée cession de 1806.
11 juin 1804 (22 Prairial An XII). Déclarant : Nicolas Joseph Henry Bolot, dit 'copropriétaire des verreries de Givors'. Témoins : Michel Robichon père (signe 'Robichon cadet'), dit 'copropriétaire des dites verreries, âgé de cinquante neuf ans', et François Pélisson Fontanier Valencize, dit 'copropriétaire associé dans les mêmes verreries, âgé de quarante sept ans'. Acte établi par Jean Pierre Chomier, maire de Givors. Source primaire essentielle : identifie explicitement trois copropriétaires des verreries Robichon de Givors en 1804 — Bolot, Michel III Robichon, et Pélisson Valancize — et confirme que la participation de Bolot dans ces verreries est antérieure à 1806. L'enfant décède en septembre 1805 (voir acte de décès ci-dessous) ; le prénom Théodule est réutilisé pour le fils né en 1810.
9 septembre 1805 (22 Fructidor An XIII). L'enfant est décédé la veille, 8 septembre 1805, à sept heures du soir, dans la commune de Seyssuel (Isère) — domaine de la famille Robichon où Marc Robichon était mort en 1799 et où vivaient encore sa veuve et ses filles. La mort à Seyssuel atteste des liens familiaux intimes entre les Bolot et les Robichon, au-delà des seuls intérêts commerciaux. Déclarants : Nicolas Joseph Henry Bolot (père) et Juste Sigismond Ninquerier, 'propriétaire audit Givors âgé de quarante neuf ans' (neveu d'Éléosippe Ninquerier, signe 'Ninquerier neveu' par habitude alors que son oncle est décédé depuis octobre 1803). Acte établi par François Pélisson Valencize, 'maire de Givors' — confirmant qu'il précède Bolot dans cette fonction (Bolot nommé maire le 3 avril 1805). La mairie de Givors passe ainsi d'un gendre de Marc Robichon (Valancize) à l'autre (Bolot).
7 décembre 1805 (16 frimaire An 14). Déclarant : Nicolas Joseph Henry Bolot, dit 'associé aux verreries de Givors, arrondissement communal de Lyon, département du Rhône, y demeurant, âgé de trente un ans.' Ce pluriel 'verreries' désigne les verreries Robichon dont Bolot est copropriétaire depuis au moins 1804 — non son association distincte avec Neuvesel. Témoins : Charles Praileur, maître de forges à Magny-Vernois (frère de l'épouse Mélanie Praileur, beau-frère côté maternel), et Guillaume Ignace Lanoir, homme de loi à Faucogney (époux d'une sœur d'Henri Bolot, beau-frère côté paternel). Fils de Guillaume Ignace : Charles François Joseph Irénée Lanoir (né 1790 à Faucogney), futur associé de Bolot à Miellin, puis de Joseph Neuvesel à Rive-de-Gier (quartier de la Pomme), puis de Fleurdelix (quartier de la Rochefolle).
1887. Source narrative principale sur la succession des raisons sociales, la répartition des fours et les types de production. Dates à traiter avec prudence : 1788 pour la fondation est impossible (Bolot avait treize ans), 'vers 1822-23' pour le décès de Bolot est inexact (28 décembre 1826). La date de 1837 pour le rachat des fours Bolot par Neuvesel est approximative : les actes d'état civil montrent les 'Verreries de MM. Bolot' encore actives en février 1838 et 'Neuvesel et Cie' seulement en janvier 1839. Les données techniques (fours, creusets, répartition de 1819) ne sont pas contredites par d'autres sources.
1989. Portrait d'Henri Bolot, pages 618 et suivantes. Sources : Archives Familiales Bolot (AF Bolot). Documente la cession des parts Robichon en 1806 (3/8 de Michel III pour 574 250 livres, acte du 26.06.1806 ; 2/6 de Pauline et Anne Louise, acte du 6.05.1806). Présente Bolot comme seul acquéreur, ce que les états de section de 1808 (parcelle 84 au nom de Michel Robichon) et les actes d'état civil de 1814-1816 permettent de nuancer sérieusement.
1996. Portrait de Melchior Neuvesel. Contient la citation de la lettre de Melchior du 30 juin 1806 (AD 70) sur son hésitation à racheter les fours Robichon : 'c'est un grand fardaux, il faudroit aitre jeune encore et avoire l'expérience que l'on a'. Version nuançant celle du livre de 1989 en présentant l'acquisition comme conjointe Bolot-Neuvesel, mais documentée par une seule lettre sans acte notarial indépendant.