Personnalité
Simon Pély
19 septembre 1805 — inconnue (vivant et rentier en 1861)
Commis, directeur puis copropriétaire de la verrerie de la Ferratière ; fondateur de la verrerie de la Grosse Mouche
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Biographie
Simon Pély est l’un de ces hommes que l’histoire industrielle a complètement oubliés, alors qu’il en est l’un des pivots. En une vingtaine d’années, il passe de commis négociant à directeur, puis à copropriétaire d’une verrerie, et enfin à fondateur d’un établissement durable… sans avoir jamais soufflé le verre. Sa trajectoire relie les deux pôles verriers majeurs de La Guillotière : la verrerie Lacombe (à la Ferratière) et la verrerie de la Grosse Mouche, dont il est le créateur.
Un fils du Bugey verrier
Simon Pély naît le 19 septembre 1805 à Saint-Martin-du-Frêne (Ain), au Mont de Chamoise, hauteur qui surplombe la vallée et le lac de Nantua. Son père, Jean-Baptiste Pély, y est « propriétaire cultivateur » ; les Pély sont des propriétaires terriens et des cultivateurs, certains charpentiers 1. Comme Mamert Bulliod, son futur employeur à La Guillotière, né à Izenave, Pély est donc un homme de la terre, mais d’un terroir qui jouxte les verreries forestières du Bugey, et plus proche encore que ne l’est Izenave de la verrerie du Sappey (tenue par Louis de Finance de Clairbois). Deux des cadres-marchands qui fondent la verrerie lyonnaise sortent ainsi du même micro-bassin bugiste, à portée de fumée des fours de Finance : ce n’est plus une coïncidence, mais le signe d’un vivier.
De commis à copropriétaire : la verrerie Lacombe (1834-1854)
La première trace de Simon Pély date de janvier 1834 : il est témoin à la naissance de Jeanne Simonne Fassion-Labatie, fille de son futur associé, et y est qualifié de « commis négociant chez M. Lacombe, aux Rivières » 2. Il vit alors dans la verrerie « Bulliod et co. », dite verrerie Lacombe, et y gravit tous les échelons de l’encadrement : « directeur de la verrerie » au recensement de 1841, « contremaître » en 1846, enfin « propriétaire de verreries » en 1851, lorsqu’il s’associe à Joseph de Fassion-Labatie et à Barthélemy-Joseph Bovagnet pour reprendre (par achat ou par bail) la verrerie de la Ferratière (n°2 du chemin des Culattes, à l’angle du Chemin de la Scarronne) 3. Jamais souffleur, Pély est un homme du négoce et de la gestion : son qualicatif de « maître verrier » signifie maître de verrerie, pas ouvrier du four.
La société Pély-Defassion-Bovagnet sombre en 1854. Joseph de Fassion-Labatie est interdit, mis sous tutelle puis interné ; c’est Simon Pély lui-même qui requiert la licitation de la société, laquelle est dissoute et la verrerie vendue. À la fin de l’année, il est encore témoin au décès de Fassion-Labatie, où il est dit « rentier, domicilié 11 rue Perrache » 4. Mais là où Bovagnet retourne au simple négoce de verre, Pély saisit l’occasion : il monte sa propre usine.
Le fondateur de la Grosse Mouche (1855)
Dès 1855, Simon Pély fonde, avec un associé nommé Félizat, une verrerie chemin de la Scaronne (au lieu de la Mouche). L’autorisation administrative est accordée en juillet 1855 et rendue possible par une innovation technique : l’évacuation de la fumée par une cheminée haute, et non plus par des arches latérales, ce qui en atténuait les nuisances malgré le voisinage du fort de la Vitriolerie 5. Le recensement de 1856 le montre installé chemin de la Scaronne, n°4, qualifié de « maître verrier », entouré de ses anciens ouvriers de chez Lacombe (Pierry, Pintener, Foux, Rey, Chapuis, Martin…) qu’il a entraînés avec lui 3. Un brevet « Pély et Félizat » est déposé en 1857. Cet établissement est sa création : c’est la future verrerie de la Grosse Mouche.
Le retrait et la rente
Pély ne s’attarde pas. Dès 1858-1860, il s’associe à un certain Vallin (« Pély et Vallin » dans les almanachs de 1860-1864), avant de disparaître complètement : en 1861, il n’apparaît plus chemin de la Scaronne, et l’établissement passe à « Vallin (F.) » seul (1865-1866) 6. Lui-même s’est embourgeoisé : il se marie tardivement, en 1859, avec Suzanne Artaud, rentière, et la naissance de sa fille Hélène Claudius, en 1861, le montre « propriétaire », cours des Brosses (actuel cours Gambetta), n°17, dans la partie déjà cossue du quartier 7. Désormais rentier, il ne s’occupe plus de verreries. La date et le lieu de sa mort restent inconnus.
Réseau
- ⬆️ Père : Jean-Baptiste Pély, propriétaire cultivateur au Mont de Chamoise. Mère : Jeanne Rosset.
- ↔️ Frères : Claude (1808-1873), Joseph (1810), Félix (1816) ; Louis Pély, teneur de livres (rue Perrache, 11), témoin avec lui en 1852.
- ⬇️ Épouse : Suzanne Artaud (Villeurbanne, 1829) ; fille : Hélène Claudius (1861).
- ↔️ Associés : Joseph de Fassion-Labatie et Barthélemy-Joseph Bovagnet (Ferratière, 1851-1854) ; Félizat (Grosse Mouche, 1855-1857, biographie à instruire) ; F. Vallin (Grosse Mouche, à partir de ~1858-1860).
- ↪️ Verreries : la Ferratière / verrerie Lacombe et la Grosse Mouche, dont il assure la jonction.
Notes
Footnotes
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AD Ain, Saint-Martin-du-Frêne, actes de naissance de la fratrie Pély (1805-1816) ; le père est dit « propriétaire au Mont de Chamoise » (1810) puis « propriétaire cultivateur » (1816). ↩
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AML, La Guillotière, Naissances 1834, 2 E 1370, acte n°53 (Simon Pély, « commis négociant chez M. Lacombe »). ↩
-
Recensements de La Guillotière et de Lyon, 1836 (verrerie Bulliod/Lacombe), 1841 (directeur), 1846 (contremaître), 1851 (propriétaire de verreries, Ferratière), 1856 (maître verrier, chemin de la Scaronne n°4, cote 6 M 150). ↩ ↩2
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AML, Lyon 3e, Décès 1854, 2 E 861, acte n°1323 (Pély témoin, « rentier ») ; Naissance Bovagnet 1852, 2 E 457, acte n°88 (Pély « maître de verrerie », quartier de la Ferratière). ↩
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Compte-rendu des travaux du Conseil d’hygiène publique et de salubrité du Rhône (1851-1859), 1860, p. 339 (autorisation Pély et Félizat, juillet 1855, cheminée haute) ; brevet de 1857 « Pély et Félizat, négociants, au lieu dit la Mouche » (Gallica). ↩
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Annuaires Firmin Didot-Bottin, 1860, 1861, 1864 (« Pély et Vallin »), 1865, 1866 (« Vallin, F. »). NB : les éditions 1860-1861 portent une adresse fautive (« chemin des Culattes ») pour la Grosse-Mouche, qui est bien chemin de la Scaronne. ↩
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AML, Lyon 3e, Naissances 1861, 2 E 880, acte n°83 (Simon Pély, « propriétaire », cours des Brosses 17, époux de Suzanne Artaud). ↩
Frise chronologique
Commis négociant chez Lacombe en 1834-1836 ; « directeur de la verrerie » en 1841 ; « contremaître » en 1846 ; copropriétaire à partir de 1851 (société Pély, Defassion et Bovagnet), au lieu-dit des Fe…
Après la faillite de la Ferratière, il fonde courant 1855 sa propre usine chemin de la Scaronne (société Pély et Félizat ; autorisation de juillet 1855 ; brevet de 1857), entouré de ses anciens ouvrie…
Parcours géographique
2 verreries
Sources
- etat civil Naissances de la fratrie Pély à Saint-Martin-du-Frêne (1805-1816) (AD Ain, Saint-Martin-du-Frêne, Naissances (cotes à préciser))
Simon (19 sept. 1805) ; Claude (4 mai 1808 — 8 août 1873) ; Joseph (8 oct. 1810, père « propriétaire au Mont de Chamoise ») ; Félix (18 août 1816, père « propriétaire cultivateur »). Le Mont de Chamoise surplombe la vallée et le lac de Nantua ; le terroir est encore plus proche de la verrerie du Sappey qu'Izenave (berceau de Mamert Bulliod).
- etat civil Naissance de Jeanne Simonne Fassion-Labatie (22 janvier 1834) — Pély témoin (AML, La Guillotière, Naissances 1834, 2 E 1370, acte n°53) http://www.fondsenligne.archives-lyon.fr/v2/ark:/18811/e506bb959a0d00711065e2dbe125644a
Première apparition connue de Simon Pély : témoin (28 ans), qualifié de « commis négociant chez M. Lacombe, aux Rivières ».
- archive Recensements de La Guillotière et de Lyon (1836-1856) https://archives.rhone.fr/ark:/28729/w269vbjqpn0x/563a3d51-98e8-456b-99cb-4188338c490c
1836 : Pély, commis, dans la verrerie « Bulliod et co. » (dite Lacombe). 1841 : « directeur de la verrerie ». 1846 : « contremaître ». 1851 : « propriétaire de verreries », n°2 du chemin des Culattes, lieu des Ferratières (avec Bovagnet et Joseph Defassion). 1856 : « maître verrier », chemin de la Scaronne n°4 (cote 6 M 150, vue 4/5), entouré de ses ouvriers ex-Lacombe (Pierry, Pintener, Foux, Rey, Chapuis, Martin…) — la nouvelle usine est lancée.
- etat civil Naissance de Jeanne Simonne Bovagnet (7 janvier 1852) — Pély témoin (AML, Lyon Mairie unique, Naissances 1852, 2 E 457, acte n°88) http://www.fondsenligne.archives-lyon.fr/v2/ark:/18811/3ba8d483f090f49af7c4e6d9193ec850
Simon Pély, « maître de verrerie », et son frère Louis Pély, « teneur de livres » (rue Perrache, 11), témoins. L'acte qualifie le quartier de « la Ferratière ».
- etat civil Décès de Joseph de Fassion-Labatie (26 décembre 1854) — Pély témoin (AML, Lyon 3e, Décès 1854, 2 E 861, acte n°1323)
Simon Pély, déclarant, « rentier, domicilié 11 rue Perrache, Lyon 3e ». Clôt l'épisode de la société Pély-Defassion-Bovagnet.
- archive Conseil d'hygiène publique du Rhône (1851-1859) et brevet Pély et Félizat https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6492506g/f383.image
Le Conseil d'hygiène (compte-rendu 1860, p. 339) confirme l'autorisation, en juillet 1855, de l'usine « Pély et Félizat » au lieu de la Guillotière, et précise l'innovation qui a permis cette autorisation malgré le voisinage du fort : l'évacuation de la fumée par une cheminée haute, et non par des arches latérales. Brevet de 15 ans déposé en 1857 : « Pély et Félizat, négociants, au lieu dit la Mouche » (Gallica bpt6k6365354q).
- archive Annuaires-almanachs du commerce (Firmin Didot-Bottin), 1860-1866 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k63146987/f639.item
« Pély et Vallin, verrerie de la Grosse-Mouche » en 1860, 1861 (avec adresse fautive « chemin des Culattes ») et 1864 (« chemin de la Scaronne ») ; puis « Vallin (F.), verrerie de la Grosse-Mouche » en 1865 et 1866. Documentent le retrait de Pély au profit de Vallin entre 1858 et 1860.
- etat civil Naissance d'Hélène Claudius Pély (11 janvier 1861) (AML, Lyon 3e, Naissances 1861, 2 E 880, acte n°83) http://www.fondsenligne.archives-lyon.fr/v2/ark:/18811/43f15fe57c2011f5f1d1e7eff2de62c0
Simon Pély, « propriétaire », domicilié cours des Brosses (actuel cours Gambetta), n°17 — quartier déjà embourgeoisé. Épouse Suzanne Artaud, « rentière ». Il a quitté le verre.