Ancêtre direct · Verrier
Nicolas Haour
13 octobre 1739 — 19 septembre 1790
Souffleur puis tamiseur en verre à vitre (Wildenstein, Miellin, verrerie royale de Givors)
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Biographie
Portrait
Nicolas Haour (verrerie de Wildenstein, Oderen, 13 octobre 1739 — Givors, 19 septembre 1790) est un ancêtre verrier du concepteur de Radix Vitri, et l’un des membres de la lignée Haour qui accomplissent, en une vie, la grande descente du berceau alsacien de Wildenstein vers le bassin verrier du Rhône. Cousin de Jean Baptiste Haour, il passe de Wildenstein à Miellin après son mariage, puis gagne la verrerie royale de Givors, où il finit ses jours. Par son fils Antoine Haour, il est l’aïeul de la branche qui s’établira la première à Rive-de-Gier.
Sa trajectoire — Wildenstein, Miellin, Givors — résume celle de tout un pan de la lignée : des souffleurs germaniques fixés dans la verrerie forestière des Vosges alsaciennes, puis attirés vers les grandes verreries urbaines du Rhône dans le dernier quart du XVIIIe siècle.
Wildenstein, le berceau (1739-1774)
Nicolas naît le 13 octobre 1739 à la verrerie de Wildenstein (la « vitriaria » d’Oderen, en allemand Glashütte), berceau de toute la lignée Haour. Il est le fils de Jean Werner Haour, lui-même fils du patriarche Jean Haour (Joannes Auwer), charbonnier et forgeur venu s’établir à Wildenstein dès l’origine de la verrerie, où il acquit deux ouvreaux en 1704 et un troisième en 1710. Le registre d’Oderen, d’une concision affligeante à cette date (un simple tableau à colonnes), donne ses parrains : Nicolas Haour, fils de Joseph, et Catherine Hug — déjà le nom des Hug, cette grande famille verrière à laquelle Nicolas s’alliera plus tard.
Il grandit et se forme au métier du verre à Wildenstein. Le 18 avril 1774, à 34 ans, il y épouse Anne Marie Hug, fille de défunt Jean Hug, « de la verrerie ». Ce mariage tardif est, comme on l’a justement noté, une remarquable entrée dans les familles verrières de Wildenstein : les Hug, venus de Forêt-Noire et du canton de Soleure, sont au cœur de l’aristocratie ouvrière du verre alsacien. (Anne Marie Hug ne doit pas être confondue avec son homonyme née en 1736, qui épousa Laurent Haour, frère de Nicolas et bûcheron de son état, demeuré à Wildenstein.)
De Miellin à Givors (1774-1790)
Après son mariage, Nicolas quitte l’Alsace pour la Franche-Comté : on le retrouve « atiseur à la verrerie de Miellin » au baptême de sa fille Anne Marie, le 11 mars 1781. L’attiseur entretient le feu des fours, fonction rude et centrale. À Miellin, il rejoint la communauté comtoise où exerce déjà la branche de son cousin Jean Baptiste Haour, et il y côtoie les Raspiller (Jean Baptiste Raspiller est parrain de sa fille).
Puis, comme tant d’autres, il descend vers le Rhône. Dès 1784, il est attesté à la verrerie royale de Givors comme « tamiseur » (baptême de son fils Antoine), la même année que son cousin Claude Haour, lui aussi tamiseur, preuve que les deux branches de la famille se retrouvent côte à côte à Givors. En 1787, il y est dit « manouvrier » : la condition reste modeste. Le parrain de sa fille Marie Françoise, cette année-là, est François Heitzmann, autre verrier de Wildenstein allié aux Haour (et autre ancêtre de l’auteur de Radix Vitri), le réseau alsacien se reconstitue à Givors.
La mort à Givors, et un acte révélateur (1790)
Nicolas Haour meurt à Givors le 18 septembre 1790 et est inhumé le lendemain dans le cimetière de l’église romane de Bans, alors seule paroisse de la ville. Son acte d’inhumation est précieux à double titre. D’abord, il rassemble la famille : parmi les présents figurent Joseph Haour, son neveu, et Claude Haour, son cousin : les Haour de Givors enterrent l’un des leurs. Ensuite, il réunit, parmi les « maîtres ouvriers à la Verrerie Royale », deux noms appelés à un grand avenir : Jean Baptiste Rerly et Michel Lobre, qui fonderont (à une date inconnue mais antérieure à 1807) la première verrerie du Bassin de Givors, à l’embouchure du canal, concurrente directe de leur employeur Robichon. En 1790, ils sont encore ouvriers chez Robichon, aux côtés des Haour ; l’acte fixe ce moment où la future émancipation se prépare.
Descendance : Antoine, premier Haour à Rive-de-Gier
De son mariage avec Anne Marie Hug, Nicolas laisse plusieurs enfants, dont Antoine Haour (Givors, 1784 — Rive-de-Gier, 1822), ancêtre direct du concepteur du site. Antoine épouse en 1804, à Oullins, Marie Barbe Sigwart, fille de Georg Anton Sigwart, souffleur en verre à vitre issu d’une illustre famille de Forêt-Noire ; une union qui noue les Haour et les Sigwart. Probablement souffleur en verre à vitre comme son beau-père, Antoine est le premier ancêtre verrier de la lignée attesté à Rive-de-Gier, où on le trouve dès 1813, au lendemain de la fermeture de Pierre-Bénite : il a vraisemblablement suivi ses employeurs Robichon de Pierre-Bénite à Rive-de-Gier, ce qui en ferait l’un des tout premiers ouvriers de la verrerie ripagérienne des frères Robichon (l’ancienne verrerie Claudius produisant des bouteilles ou la verrerie à vitres nouvellement construite, selon la spécialité d’Antoine).
Les autres enfants connus de Nicolas, Alexandre (verrier à bouteilles puis magasinier), Anne Marie (épouse du verrier Jean Baptiste Griner), Marie Françoise (épouse d’un verrier de la Margeride), restent dans le monde du verre givordin, confirmant l’enracinement de la famille dans le bassin du Rhône.
Points non résolus
- La spécialité de Nicolas à Wildenstein (souffleur en verre à vitre ?) n’est pas documentée avant son arrivée à Miellin.
- Un éventuel premier mariage : le mariage tardif de 1774 (à 34 ans) pourrait indiquer un veuvage antérieur, à vérifier.
- La date exacte du passage de Miellin à Givors (entre 1781 et 1784) reste à resserrer.
- L’acte de baptême d’Antoine Haour et la spécialité verrière exacte de ce dernier (bouteilles ou verre à vitre) demandent confirmation.
Frise chronologique
Né et formé à la verrerie de Wildenstein, berceau de la lignée Haour, jusqu'à son mariage en 1774. La spécialité exacte n'est pas documentée pour cette période.
Baptisé à Oderen. Parents : Jean Werner Haour et Anne Barbe Marbacher. Parrain sans doute Nicolas Haour, fils de Joseph (l'aîné des fils du patriarche).
Passé de Wildenstein à Miellin après son mariage. Attesté « atiseur à la verrerie de Miellin » au baptême de sa fille Anne Marie (11 mars 1781), parrain Jean Baptiste Raspiller. Il y rejoint la commun…
Épouse Anne Marie Hug, fille de défunt Jean Hug, de la verrerie de Wildenstein. Mariage tardif, entrée dans les familles verrières de Forêt-Noire et de Soleure.
Attesté à la verrerie royale de Givors dès 1784 comme « tamiseur » (baptême d'Antoine, 1784), puis « manouvrier » (baptême de Marie Françoise, 1787) ; la même année que son cousin Claude Haour, lui au…
« Tamiseur à la verrerie de Gyvors », environ 49 ans. Inhumé à l'église romane de Bans. Témoins : Joseph Haour (neveu), Claude Haour (cousin), Rerly, Lobre.
Parcours géographique
2 verreries
Sources
- etat civil Baptême de Nicolas Haour — Paroisse d'Oderen (AD Haut-Rhin, Oderen, BMS 1723-1753, EDEPOT/252, vue 67/181) https://archives68.alsace.eu/ark:/46858/84kfj2bql3zd/faaff7ed-894c-43ac-9e67-89906b2f850c
13 octobre 1739. Registre très laconique (tableau à colonnes) : « Nicolaus legitimus — Joannes Wernerus Hauer, Barbara Marbacherin — Nicolaus Hauer, Caterina Hugin ». Parrain Nicolas Hauer (fils de Joseph), marraine Catherine Hug.
- etat civil Mariage de Nicolas Haour et Anne Marie Hug — Paroisse d'Oderen (AD Haut-Rhin, Oderen, Mariages 1759-1787, EDEPOT/252, vue 41/100) https://archives68.alsace.eu/ark:/46858/w62xkgbpsfv1/c578f737-d8f3-4151-9c81-1f0ad13a4c23
18 avril 1774. « Nicolaus hauer filius legitimus defuncti werneri hauer olim habitantis in vitriaria, et anna maria hug filia legitima defuncti joannis hug olim habitantis in vitriaria. » Témoins dont Jacob Hauer et Joannes Hug.
- etat civil Baptême d'Antoine Haour (Nicolas « tamiseur à la verrerie royale de Givors ») — Paroisse de Givors (AD Rhône, Givors, BMS 1784, 4 E 1395, vue 3/30) https://archives.rhone.fr/ark:/28729/69vhkxzm4cbq/2016237c-616e-4ab6-947c-698d16129df1
29 janvier 1784. « Nicolas Ahourd (sic) tamiseur à la verrerie royale de Givors et de d[emois]elle Marie Houc (sic) ». Parrain Antoine Riedly, maître souffleur à Pierre-Bénite ; marraine Marie Haour, fille de Joseph Haour, composeur à Givors.
- etat civil Baptême d'Anne Marie Haour (Nicolas « atiseur à la verrerie de Miellin ») — Paroisse de Servance (AD Haute-Saône, Servance, BMS 1781-1783, 3 E 489 8, vue 13/219) https://archives.haute-saone.fr/ark:/77977/vtab1c3b9d4bc9f11c6/daogrp/0/13
11 mars 1781. « Nicolas Haour atiseur à la verrerie de Miellin, paroisse de Servance, et de Anne Marie Hougue son épouse. » Parrain Jean Baptiste Raspiller.
- etat civil Baptême de Marie Françoise Haour (Nicolas « manouvrier à la verrerie royale de Givors ») — Paroisse de Givors (Bans) (AD Rhône, Givors, BMS 1787, 4 E 1396, vue 26/29) https://archives.rhone.fr/ark:/28729/5rn93d2jzslq/e22991e3-5b8e-4408-91bd-8da5d09bb984
17 novembre 1787. « Nicolas Haour manouvrier à la verrerie royale de Givors et d'Anne Marie Houc son épouse. » Parrain François Heitzmann (verrier de Wildenstein, ancêtre allié des Haour).
- etat civil Inhumation de Nicolas Haour — Paroisse de Givors (Bans) (AD Rhône, Givors (Bans), BMS 1790, 4 E 1396, acte n°222, vue 26/32) https://archives.rhone.fr/ark:/28729/pl6kzwrbgm80/99bbdc32-155e-4155-ae9e-200ab86d57b5
19 septembre 1790. « Nicolas Aour tamiseur à la verrerie de Gyvors », ~49 ans, inhumé à l'église de Bans. Témoins : Joseph Haour (neveu), Claude Haour (cousin), Joseph Rougeon, Jean Baptiste Rerly, et les signatures « Lobre » et « Richardier ».