Ancêtre direct · Verrier
Claude Haour
21 février 1760 — 9 novembre 1831
Tamiseur et composeur en verre à vitre à la verrerie royale de Givors
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Biographie
Portrait
Claude Haour (verrerie de Miellin, 21 février 1760 — Givors, 9 novembre 1831) est l’un des ancêtres verriers du concepteur de Radix Vitri, et le maillon par lequel la lignée Haour passe définitivement de la Franche-Comté forestière au bassin verrier du Rhône. Né à la verrerie de Miellin, fils du souffleur Jean Baptiste Haour, il fait toute sa carrière à la verrerie royale de Givors, où il est tour à tour tamiseur, composeur en verre à vitre et souffleur. Surtout, il est le père de trois ancêtres directs — Jean Claude, Joseph et Mathias Haour —, par lesquels la descendance se prolonge jusqu’à Rive-de-Gier et au-delà.
Sa vie illustre, à hauteur d’ouvrier, la grande migration qui mène les familles verrières comtoises vers le Rhône : parti de Miellin enfant, il s’établit à Givors au plus tard à vingt-trois ans, y fonde une famille, et y meurt simple journalier après près d’un demi-siècle de métier.
Un enfant de Miellin, filleul d’une Schmid
Claude naît le 21 février 1760 « à La Verrerie » de Servance, c’est-à-dire à la verrerie de Miellin, et il est baptisé le lendemain. Le détail de sa marraine n’est pas anodin : il s’agit de Marie Élisabeth Schmid, fille d’Ours Schmid et donc sœur de Catherine Schmid, la future maîtresse de Miellin. Le nouveau-né d’une famille de souffleurs est ainsi tenu sur les fonts par une fille de la maison dominante : signe de la proximité, dans cette petite communauté d’altitude, entre les maîtres et les ouvriers du verre. Marie Élisabeth épousera plus tard Jean-Baptiste Enard, neveu de Joseph Enard (cofondateur de Givors et fondateur de Pierre-Bénite), de sorte que la marraine de Claude est aussi, par alliance, au cœur du réseau qui relie Miellin à Givors et à Pierre-Bénite.
Claude perd son père Jean Baptiste Haour en 1765, à cinq ans. Sa mère, Anne Barbe Moller, issue des vieilles lignées verrières germaniques (Moller, Hug, Greiner), élèvera ses nombreux enfants ; plusieurs deviendront verriers, et trois des filles épouseront des verriers du réseau (Griner, Raspiller, Schmid).
La carrière givordine (vers 1783-1823)
Au plus tard en 1783-1784, Claude a quitté la Franche-Comté pour Givors, où se trouve la grande verrerie royale fondée en 1749 par Michel Robichon père et fils, et Joseph Enard. Il y est d’emblée qualifié de « maître tamisseur à la verrerie royale » (mariage de 1784) : le tamiseur prépare et tamise les matières de la composition (sables, fondants), fonction technique essentielle à la fabrication du verre à vitre. Les actes de ses enfants le suivent de poste en poste : « tamiseur » aux baptêmes de Jean Claude (1785), Mathias (1789) et Marie Marguerite (1792) ; « ouvrier souffleur » à la naissance de Pancrace (1798) ; puis, au tournant du siècle, « composeur en vitres », celui qui établit la composition du verre, un cran au-dessus du simple tamiseur.
Un détail de cette trajectoire mérite attention : aux mariages de ses fils Jean Claude (1807) et Mathias (1808), Claude est dit « compositeur résidant à la verrerie de Monsieur Bolot ». Il a donc suivi le mouvement qui voit, à Givors, les verreries passer dans l’orbite des Bolot-Neuvesel, ces mêmes Bolot issus de Catherine Schmid, dont la sœur fut sa marraine. Le cercle se referme : l’enfant de Miellin travaille, un demi-siècle plus tard, pour les héritiers de la maîtresse de Miellin.
La fin
En 1823, au mariage de son dernier fils Pancrace, Claude est dit « rentier », modeste aisance acquise au terme d’une vie de travail. Mais l’acte de son décès, le 9 novembre 1831, le qualifie plus humblement de « journalier » : il meurt à Givors à 72 ans, époux de Marie Vally (qui décède le 13 janvier 1837 à Givors), déclaré par deux voisins non verriers (un matelassier et un marinier). L’officier d’état civil, mal informé, lui ajoute par erreur un prénom « Jean » et estropie son lieu de naissance en « Miélain », ultimes approximations sur un homme dont toute la vie tient pourtant dans les registres, de Miellin à Givors.
Descendance : trois ancêtres directs
L’importance de Claude Haour pour Radix Vitri tient à sa descendance. De son mariage avec Marie Vally naissent au moins cinq enfants, dont trois ancêtres directs du concepteur du site :
- Jean Claude Haour (Givors, 1785 — Givors, 1837), ouvrier verrier en bouteilles, qui épouse en 1807 Marie Barbe Heitzmann, fille de verrier ; il meurt « à la verrerie de M. Neuvesel ».
- Joseph Haour (Givors, 1787 — Givors, 1833), souffleur de verre à bouteilles, qui épouse en 1813 Françoise Maillot (à Décize) et meurt « à la verrerie de MM. Robichon frères ». Sa fiche existe sur Radix Vitri.
- Mathias Haour (Givors, 1789 — Vienne, 1877), ouvrier verrier en bouteilles, qui épouse en 1808 Marie Moussy ; passé de la verrerie Bolot à celle de Robichon/Dugas. Sa fiche existe sur Radix Vitri.
S’y ajoutent Marie Marguerite (1792, lavandière) et Pancrace (1798, ouvrier verrier). Par ces enfants, et notamment par Joseph, la lignée Haour se prolonge vers Rive-de-Gier, Couëron et l’ensemble du réseau verrier que documente le site.
Points non résolus
- La date précise du départ de Miellin : Claude est attesté à Givors dès 1783-1784, mais le moment exact de la migration familiale (lui seul, ou avec sa mère et ses frères) reste à établir.
- La distinction entre les fonctions (tamiseur, composeur, souffleur) au fil de sa carrière reflète-t-elle une progression hiérarchique, une polyvalence, ou les approximations des officiers d’état civil ? À examiner acte par acte.
- Le passage du four Robichon-Enard au four Bolot-Neuvesel : la date et les circonstances de ce changement d’employeur, à Givors même, restent à préciser.
Frise chronologique
Baptisé le lendemain ; marraine Marie Élisabeth Schmid (sœur de Catherine Schmid).
Toute la carrière de Claude se déroule à la verrerie royale de Givors (Robichon et Enard, puis Bolot-Neuvesel). Les actes le disent successivement « tamiseur » (1784, 1785, 1789, 1792), « ouvrier souf…
Épouse Marie Vally, veuve, à Givors, où il est « maître tamiseur à la verrerie royale ». Consentement maternel par procuration.
« Journalier », 72 ans, époux de Marie Vally, né à Miellin.
Sources
- etat civil Baptême de Claude Haour — Paroisse de Servance (AD Haute-Saône, Servance, BMS 1754-1760, 3 E 489 3, vue 199/230) https://archives.haute-saone.fr/ark:/77977/vta47874aa6083e8252/daogrp/0/199
21 février 1760, « Lavererie ». « Claude fils Jean Baptiste Haour ma[ître] et d'Anne Barbe Moler sa fem[me] ». Parrain le Sieur Claude Cunot, marraine demoiselle Marie Élisabeth Schmid (fille d'Ours Schmid, sœur de Catherine, future épouse de Jean-Baptiste Enard, neveu de Joseph Enard).
- etat civil Mariage de Claude Haour et Marie Vally — Paroisse de Givors (AD Rhône, Givors, BMS 1784, 91 GG 8, vue 13/31) https://archives.rhone.fr/ark:/28729/hnq32b68sx9v/db890f63-3ea0-469a-b908-8b714f53c296
25 mai 1784. « Sieur Claude Aour maître tamisseur à la verrerie royale de Gyvors, fils légitime de deffunt Jean Baptiste Haour à son décès souffleur à la verrerie de Servance en Franche-Comté et d'Anne Barbe Moler », épouse Marie Vally, veuve d'Antoine Pardon. Claude signe (non illettré). Consentement maternel : ADHS 2 E 21943, 18 avril 1784 (cité par G.-J. Michel, t. 2, p. 584).
- etat civil Baptême de Jean Claude Haour (Claude « tamiseur à la verrerie royale ») — Paroisse de Givors (AD Rhône, Givors, BMS 1785, 4 E 1396, vue 10/29) https://archives.rhone.fr/ark:/28729/jt4g7pnrfkmb/fed556e2-0807-4db3-95fe-6ebf37e11321
27 mars 1785. Acte exceptionnel : donne une bonne partie de l'équipe de souffleurs de la verrerie royale peu avant la Révolution (Jean Baptiste Raspiller, Rappe, Rerly, Thomas Grésely, François Griner), tous d'origine germanique et franc-comtoise.
- etat civil Mariage de Mathias Haour (Claude « compositeur résidant à la verrerie de M. Bolot ») — Mairie de Givors (AD Rhône, Givors, Mariages 1808, 4 E 1404, vue 13/15) https://archives.rhone.fr/ark:/28729/z41jwrps2hmv/d673a25f-f119-4f45-ae4a-05d69ed2065b
13 novembre 1808. Claude Haour y est dit « compositeur [composeur en verre à vitre] et résidant à la dite verrerie [de M. Bolot] » : atteste son passage du four Robichon-Enard au four Bolot-Neuvesel.
- etat civil Décès de Claude Haour — Mairie de Givors (AD Rhône, Givors, Décès 1831, 4 E 5628, acte n°128, vue 15/18) https://archives.rhone.fr/ark:/28729/0x47zfn23wrv/2e090c56-dd87-489b-8cbe-54f220ca4fd1
9 novembre 1831. « Claude Haour, journalier à Givors, âgé de septante deux ans, époux de Marie Vally, né à Miélain (sic) Haute-Saône, fils de défunts Jean Baptiste Haour et d'Anne Barbe Moeler. » Un prénom « Jean » a été ajouté à tort en tête.
- livre Verriers et verreries en Franche-Comté au XVIIIe siècle — Michel, Guy-Jean (tome II, p. 584)
Mentionne le consentement maternel d'Anne Barbe Moller au mariage de son fils (nommé par erreur « J.B. Haour ») à Givors en 1784.