Verrerie
Verrerie de Pont-de-Vivaux
vers 1860 — 1960
Aussi connue sous : Quaillard et Colombe · De Bouillanne-Colombe Joseph · 'De Bouillanne-Colombe, Joseph fils aîné (Veuve)' puis 'De Bouillanne-Colombe, frères' (1886) · Charles de Queylar et Fils
Disparue — sans vestigesNoms et raisons sociales
Histoire
Résumé
La verrerie de Pont-de-Vivaux est une création des Bouillanne-Colombe, non des du Queylar — contrairement à ce qu’affirment la plupart des sources secondaires. C’est Joseph-Stanislas de Bouillanne-Colombe et ses associés Duquaillard qui obtiennent en 1860 l’autorisation d’installer une machine à vapeur au pont de Vivaux et ouvrent la fabrique vers 1861-1867. Les Duquaillard, cousins éloignés des du Queylar de César et Charles, ne sont que des associés gérants — la direction technique et le capital majoritaire appartiennent aux Bouillanne-Colombe. Après le retrait de Duquaillard vers 1875, Joseph de Bouillanne-Colombe dirige seul jusqu’à l’expropriation forcée du 11 mai 1888 — vente aux enchères publiques au Palais de justice de Marseille, sur une mise à prix de 5 000 francs.
C’est Charles de Queylar qui acquiert le site à cette adjudication, le reconstruit entièrement en 1888-1889, et le relance en 1890 — faisant de lui le véritable créateur de la verrerie de Pont-de-Vivaux telle qu’elle existera jusqu’en 1960. En 1928, la production de Saint-Marcel est transférée ici, faisant de Pont-de-Vivaux le site unique de l’entreprise Charles de Queylar et Fils jusqu’à son intégration au groupe BSN en 1960 — absorbé par Neuvesel, l’ancien petit partenaire givordain de 1869, devenu géant industriel.
Historique
Fondation par les Bouillanne-Colombe (vers 1860 — 1867)
La fabrique de la rue Piscatoris, exploitée depuis les années 1830 par l’association Bouillanne-Colombe et Duquaillard, devient trop étroite pour l’expansion envisagée. En août 1860, une enquête comodo-incomodo est ouverte pour l’installation d’une machine à vapeur dans la verrerie des sieurs Colombe et Quaillard, au pont de Vivaux1 — c’est la première trace officielle du nouveau site, encore en phase d’autorisation.
L’Indicateur Marseillais de 1861 mentionne pour la première fois simultanément la rue Piscatoris et Pont-de-Vivaux. Les deux sites coexistent pendant plusieurs années — la rue Piscatoris continuant à fonctionner au moins jusqu’en 1863 (souscription attestée), avant de fermer entre 1867 et 1868.
La localisation de Pont-de-Vivaux est précisément décrite lors de l’incendie de décembre 1893 : « immédiatement après le pont, à la gauche de la route nationale » — c’est-à-dire sur la route de Toulon (actuelle D2), dans l’actuel 10e arrondissement de Marseille, à environ trois kilomètres du centre-ville. La Traverse de la Verrerie, anciennement appelée « Traverse du Mauvais Pas » en raison du passage difficile de l’Huveaune, tire son nom de cet établissement.
Il faut souligner que la paternité de Pont-de-Vivaux appartient aux Bouillanne-Colombe, non aux Queylar ni aux Quaillard. Les raisons sociales successives (« Colombe et Quaillard » puis « Quaillard et Colombe ») ne reflètent pas une prédominance Quaillard mais une convention de signature : dans l’acte de société de 1848, c’est Duquaillard qui signe seul, en tant que gérant technique, mais les Bouillanne-Colombe représentent la moitié du capital et sont les initiateurs du projet. Ce sont eux qui ont la terre, le projet, le site, Duquaillard en assure l’exécution commerciale.
Le déclin et l’abandon successoral (1867 — 1888)
À partir de 1867, les Indicateurs ne mentionnent plus Quaillard et portent le nom de « Bouillanne-Colombe (de), Joseph » seul pour Pont-de-Vivaux.
Joseph-Philippe-Stanislas de Bouillanne-Colombe, le dernier membre de la famille réellement actif dans la direction de Pont-de-Vivaux, décède le 28 mai 1874 à Marseille, cours Julien n°12, à l’âge de 59 ans et qualifié de « fabricant verrier », fils de défunt Jacques-Philippe Sébastien 2. Il avait consacré toute sa carrière à la verrerie familiale.
Sa veuve, Thérèse-Antoinette-Louise Daumas, âgée de 50 ans, prend la direction avec le fils aîné Joseph. Loin d’un abandon immédiat, cette période est celle d’une direction active et compétente : l’ouverture d’un entrepôt rue Crudère 8 dans l’Indicateur de 1882 témoigne d’une production encore solide. La veuve avait vécu toute sa vie adulte dans ce milieu verrier et connaissait l’entreprise de l’intérieur.
La chute commence en 1885-1886, quand la raison sociale devient « Bouillanne-Colombe (de) frères, r. Crudère 8, fabriq. au Pont-de-Vivaux » : les fils seuls aux commandes, de leur vivant de leur mère. Thérèse-Antoinette-Louise Daumas, qui ne décédera qu’en mai 1905 dans sa 80e année 3, a donc assisté de son vivant à la ruine de l’œuvre familiale. Pourquoi a-t-elle cédé la direction à ses fils dès 1885 ? Éviction progressive, mauvais conseils, ambition mal placée ou brouille entre les héritiers ? On ne le saura sans doute jamais. Ce qui est sûr : le fils aîné Joseph avait moins de 20 ans à la mort de son père en 1874, et une trentaine d’années en 1885. Sans formation au métier, sans réseau dans le monde verrier, il n’avait sans doute pas les outils pour maintenir un tel établissement. Ce n’est pas un abandon délibéré : c’est une incapacité structurelle, héritée d’une succession trop précoce ou mal négociée.
En trois ans, la verrerie s’effondre. En 1888, les fours s’éteignent, les ouvriers partent, les dettes s’accumulent.
Le 8 février 1879, François du Quaillard, « ancien fabricant de verre », décède à Marseille à 67 ans 4, ultime trace de la branche Quaillard dans l’histoire de l’établissement.
Le Petit Marseillais du 17 octobre 1873 avait dressé un tableau de l’industrie verrière régionale : quatre verreries actives (Pont-de-Vivaux, Saint-Marcel, Aubagne, La Destrousse), pour 318 ouvriers, 46 femmes et 66 enfants au total 5. C’était la dernière photographie d’un Pont-de-Vivaux encore en activité sous direction Bouillanne-Colombe, l’année précédant la mort de son dernier directeur.
L’acquisition par Charles de Queylar et la reconstruction (1888 — 1889)
Le 11 mai 1888, la verrerie de Pont-de-Vivaux est vendue aux enchères publiques par expropriation forcée au Palais de justice de Marseille, sur une mise à prix de 5 000 francs 6, une somme dérisoire pour un établissement industriel, qui témoigne moins de la valeur du bien que de l’état d’abandon dans lequel il se trouve et du poids des dettes qui l’écrasent. Simultanément, l’immeuble de la rue Piscatoris 23 (l’ancien site de la fabrique, fermé depuis 1867-1868) est lui aussi mis aux enchères pour 1 000 francs. Les fils Bouillanne-Colombe n’ont pas vendu : ils ont été expropriés. Le Sémaphore de Marseille du 30 mars 1888 annonce même « la vente des objets mobiliés saisis sur le sieur de Bouillanne Colombe, demeurant à Marseille », une véritable déroute financière !
La mise à prix de 5 000 francs est éloquente. Elle ne représente pas la valeur d’une verrerie en activité : même modeste, un tel établissement aurait valu dix à vingt fois cette somme. Elle représente tout au plus la valeur du terrain diminuée du coût de démolition des installations inutilisables. Les fours étaient probablement éteints depuis un moment, les ouvriers dispersés, les équipements hors d’usage ou pillés. C’est peut-être une ruine industrielle que la justice met en vente.
Charles de Queylar saisit sûrement cette opportunité exceptionnelle, et acquiert sans doute le site dès l’adjudication du 11 mai 1888. C’est finalement lui, et non les Bouillanne-Colombe, le véritable créateur de la verrerie de Pont-de-Vivaux telle qu’elle existera jusqu’en 1960 : il achète un terrain avec des ruines, et en fait l’un des établissements verriers les plus importants de Marseille. Les Indicateurs de 1888 et 1889 confirment que Pont-de-Vivaux est fermé : une ou deux années de reconstruction complète des installations avant la relance. C’est dans ce contexte que l’ancêtre Joseph Haour travaille à Saint-Marcel en 1888 : il sera l’un des premiers souffleurs transférés à Pont-de-Vivaux une fois le site relancé.
En 1889, Pont-de-Vivaux réapparait sous la raison sociale Charles de Queylar et Fils. Joseph Haour y est attesté cette même année, « verrier au Pont-de-Vivaux, quartier Saint-Loup » 7.
A noter que la société « de Bouillanne, Colombe frères, fabricants de verres à Marseille », a été officiellement dissoute le 20 septembre 1889 seulement 8. M. Gabriel de Bouillanne reste chargé de la maison de commerce. Mais à cette date, l’usine de Pont-de-Vivaux ne leur appartient déjà plus depuis 18 mois.
L’apogée sous Charles de Queylar et Fils (1890 — 1928)
L’incendie de 1893 et les 300 ouvriers
En décembre 1893, un incendie éclate dans les ateliers de menuiserie et de caisserie du hangar arrière. Le Petit Provençal décrit l’établissement avec précision : deux corps de bâtiment distincts, les fours où s’opère la transformation du verre, et le hangar d’entrepôts et ateliers. La verrerie emploie alors 300 ouvriers environ 9. Pas de victime.
La cité ouvrière et la main-d’œuvre italienne
Un fait divers de mars 1909 révèle l’existence d’une cité ouvrière de la verrerie du Queylar à Pont-de-Vivaux : des bijoux et de l’argent sont volés dans une chambre occupée par les verriers Migliasso Léon et Scanavino Leonardo 10, deux noms italiens parmi d’autres dans la presse de l’époque. La main-d’œuvre de Pont-de-Vivaux est massivement italienne, comme dans la plupart des grandes verreries marseillaises de la Belle Époque. La cité ouvrière se trouvait vraisemblablement à l’emplacement des actuels HLM de la Verrerie au quartier Pont-de-Vivaux.
Les effectifs vers 1905-1906
Vers 1905-1906, les deux sites réunis (Saint-Marcel et Pont-de-Vivaux) emploient 1 200 ouvriers et 280 enfants, dont beaucoup dorment dans les locaux à proximité des fours11. Pont-de-Vivaux emploie à lui seul entre 300 et 400 ouvriers selon les estimations croisées des sources (300 en 1893, proportion probable du total de 1906).
La publicité et les produits
Les réclames publiées dans les journaux à partir des années 1910 présentent systématiquement : « Charles de Queylar et Fils, 18 rue des Princes, Marseille. Verreries de Saint-Marcel et du Pont-de-Vivaux. Dames-jeannes nues et clissées, bonbonnes-bouteilles à la canne et à la machine procédés Boucher et Séverin. Gobeleterie. » 12 : une gamme complète d’emballages verriers pour l’industrie agroalimentaire méditerranéenne.
Les incidents et faits divers (1915-1930)
Plusieurs incendies jalonnent la vie de l’établissement. En juillet 1915, un four à 1 800 degrés provoque un incendie dans une charpente, maîtrisé après plusieurs heures 13. En octobre 1926, un vaste hangar contenant des paillons à bouteilles est détruit par les flammes 14. Ces sinistres répétés reflètent les risques inhérents à toute grande verrerie : combustibles, matériaux d’emballage inflammables, fours en activité permanente.
Le 29 octobre 1927, le coffre-fort est cambriolé : 24 800 francs sont dérobés. L’auteur, un certain Vincenzo Bocacci, est arrêté après un échange de coups de feu, s’évade du palais de justice en décembre 1927, et devient une célébrité locale 15.
La fusion avec Saint-Marcel et la longue déclin (1928 — 1960)
En 1928, la production de Saint-Marcel est transférée à Pont-de-Vivaux, qui devient le site unique de Charles de Queylar et Fils. Les fils de Charles — Pierre (1863-1946) et Jehan (1870-1958) — dirigent l’entreprise jusqu’à un âge avancé.
L’entreprise est intégrée au groupe Boussois-Souchon-Neuvesel (BSN) en 1960, mettant fin à un siècle et demi de verrerie marseillaise familiale. L’ironie de l’histoire : BSN avait absorbé Neuvesel, le petit partenaire givordain que la Veuve de Queylar représentait à Marseille en 1869 contre une commission commerciale. Le petit associé avait dévoré le grand.
Situation géographique
Localisation
10e arrondissement de Marseille, sur la route de Toulon (actuelle D2), immédiatement après le pont de l’Huveaune (pont de Vivaux), à gauche de la route nationale. À environ trois kilomètres du centre-ville. La Traverse de la Verrerie, anciennement « Traverse du Mauvais Pas » (en raison du passage difficile de l’Huveaune à cet endroit), longeait l’établissement — elle perpétue aujourd’hui le souvenir du site.
L’entrepôt commercial était partagé avec Saint-Marcel, rue Dragon (1er arrondissement) dans les années 1860-1880, puis rue des Princes 18 à partir des années 1910.
Environnement (1860-1928)
À l’ouverture, Pont-de-Vivaux est en zone semi-rurale — terrains marécageux près de l’Huveaune, habitations ouvrières éparses, quelques industries sur la route de Toulon. L’hippodrome de Pont-de-Vivaux existe déjà. L’urbanisation s’accélère au XXe siècle avec l’afflux de main-d’œuvre étrangère attirée par les grandes usines.
État actuel
Aucun vestige architectural identifié. La zone est occupée par des enseignes commerciales (Castorama, Auchan) et des immeubles résidentiels. La Traverse de la Verrerie est la seule trace toponymique de l’établissement.
Personnages liés
Joseph-Stanislas de Bouillanne-Colombe, fils de Jacques-Philippe. Représentant des héritiers dans la société de 1848, remplaçant potentiel de Duquaillard pour la signature. Vraisemblablement à l’initiative du projet Pont-de-Vivaux avec son frère Joseph.
Joseph de Bouillanne-Colombe, dernier exploitant Bouillanne-Colombe de Pont-de-Vivaux. Seul dans les Indicateurs à partir de 1875 après le retrait de Duquaillard. Exproprié par voie judiciaire — le site est vendu aux enchères le 11 mai 1888 sur une mise à prix de 5 000 francs, signe d’un établissement ruiné et probablement à l’arrêt.
Joseph-François Duquaillard fils (né à Trets), cosignataire de l’association de 1833, signataire unique de la société de 1848. Gérant technique de la fabrique rue Piscatoris puis de Pont-de-Vivaux. Se retire vers 1875.
François du Quaillard (vers 1812 — Marseille, 8 février 1879), “ancien fabricant de verre”. Dernier représentant de la branche Quaillard dans l’histoire de l’établissement.
Charles du Queylar (Marseille, 25 août 1828 — inhumé 2 mai 1904). Acquiert Pont-de-Vivaux à la vente aux enchères par expropriation forcée du 11 mai 1888 (mise à prix : 5 000 francs), reconstruit entièrement le site en 1888-1889, et le relance en 1890. Véritable créateur de la verrerie de Pont-de-Vivaux dans sa forme industrielle durable. Pour sa biographie complète, voir la fiche Verrerie de Saint-Marcel.
Pierre Marie Joseph de Queylar (1863-1946) et Jehan Marie Joseph de Queylar (1870-1958), fils de Charles. Décident la fusion à Pont-de-Vivaux en 1928, dirigent l’entreprise jusqu’à l’intégration à BSN en 1960.
Joseph Haour (Givors, 11 mars 1859 — Vernaison, 1940), ancêtre direct d’Arnaud Balandras. Verrier à Pont-de-Vivaux en 1890-1892, quartier Saint-Loup. Arrivé de Saint-Marcel où il travaillait depuis 1884. Il illustre le mouvement de main-d’œuvre des Queylar depuis Saint-Marcel vers leur nouveau site lors de la relance de 1890. Pour sa biographie complète, voir la fiche individuelle Joseph Haour (1859-1940).
Éléments techniques
- Machine à vapeur : autorisée en 1860, installée lors de l’ouverture. Premier équipement moteur documenté dans une verrerie marseillaise de la banlieue.
- Fours : données précises non disponibles pour la période Bouillanne-Colombe. Sous les Queylar, Pont-de-Vivaux est équipé de fours modernes après la modernisation de 1888-1889.
- Production : bouteilles, bonbonnes, dames-jeannes nues et clissées, gobeleterie. Verre calco-sodique. Exportation vers l’Italie, l’Espagne, et la Méditerranée.
- Procédés : bouteilles à la canne (soufflage manuel) et à la machine (procédés Boucher et Séverin), attestés dans les publicités des années 1910.
- Combustible : charbon de houille puis gaz de houille, comme Saint-Marcel.
Contexte social
La main-d’œuvre de Pont-de-Vivaux est massivement italienne dans les années 1890-1910 — les noms des ouvriers cités dans les faits divers (Migliasso, Scanavino, Bocacci) en témoignent. La cité ouvrière de la verrerie du Queylar à Pont-de-Vivaux est attestée dès 1909. Elle accueillait des ouvriers souvent sans famille locale, qui dormaient dans les locaux de l’usine.
Joseph Haour (1859-1940), ancêtre direct d’Arnaud, est attesté à Pont-de-Vivaux en 1890-1892 comme « verrier, quartier Saint-Loup ». Son père Pancrace Haour (1827-1899) avait précédé la famille à Saint-Marcel en 1883. Joseph avait travaillé à Saint-Marcel de 1884 à 1888, faisant partie des souffleurs que Charles de Queylar transfère à Pont-de-Vivaux dès la relance du site en 1890. Sa spécialisation en verre noir (bouteilles pour vins) explique son emploi dans les deux sites successifs. En 1892, il quitte Pont-de-Vivaux pour Rive-de-Gier (1894), puis Cuffies/Vauxrot (1895-1906), avant de terminer comme manœuvre à Vernaison où il meurt en 1940.
Erreurs et incertitudes
La paternité de Pont-de-Vivaux
Toutes les sources secondaires présentent Pont-de-Vivaux comme une création des du Queylar (parfois en confondant les deux branches, parfois en les distinguant). C’est faux à double titre. D’une part, ce sont les Bouillanne-Colombe qui ont fondé et dirigé le site de sa création (vers 1860) jusqu’au rachat de 1887 — les Duquaillard/Quaillard n’en sont que les associés gérants. D’autre part, même après le rachat par Charles de Queylar, il s’agit de la branche Saint-Marcel des du Queylar, non des Quaillard de Trets.
Points non résolus
- La date précise d’ouverture : entre 1860 (enquête comodo-incomodo) et 1867 (première mention seule dans les Indicateurs). Les Indicateurs de 1861-1866 préciseraient la date exacte de mise en service.
- Les circonstances de la faillite Bouillanne-Colombe : pourquoi Joseph de Bouillanne-Colombe a-t-il été exproprié ? Endettement progressif depuis le retrait de Duquaillard vers 1875 ? Investissements non rentabilisés ? Actes notariaux et jugements AD13, années 1875-1888.
- Le prix d’adjudication effectif : la mise à prix était de 5 000 francs — quel a été le prix final d’adjudication le 11 mai 1888 ? L’acte d’adjudication chez Me Bonnefoy, avoué rue Montgrand 31 à Marseille, permettrait de le savoir.
- La modernisation de 1888-1889 : nature exacte des travaux. Nouveaux fours ? Machine à vapeur remplacée ? Reconstruction partielle ? Sources non trouvées.
- Le quartier Saint-Loup où résidait Joseph Haour en 1892 : est-ce la cité ouvrière de la verrerie, ou un logement indépendant dans le quartier adjacent ?
- La date de fermeture définitive : 1960 pour l’intégration à BSN, mais la production a-t-elle cessé immédiatement ou progressivement après ?
Notes
Footnotes
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Le Sémaphore de Marseille, 10 août 1860 : https://www.retronews.fr/journal/le-semaphore-de-marseille/10-aout-1860/2/76807026-d7bb-4bc1-805e-fd4c180ed564 ↩
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Acte de décès de Joseph-Philippe-Stanislas de Bouillanne-Colombe, 28 mai 1874. Marseille, cours Julien n°12. « Fabriquant de verre, fils de défunt Jacques-Philippe Sébastien de Bouillanne-Colombe, fabricant verrier. » Lien : https://www.archives13.fr/ark:/40700/vtad9b0cbcacf3ebc71/img:AD13_201E_5065_0048 ↩
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Avis de décès de Mme veuve de Bouillanne-Colombe née Daumas, dans Le Petit Marseillais , 5 mai 1905, p. 4/6 : https://www.retronews.fr/journal/le-petit-marseillais/05-mai-1905/4/886e11f3-3c27-444e-a96b-4173f2bfc2bf ↩
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Le Petit Marseillais, 9 février 1879 : https://www.retronews.fr/journal/le-petit-marseillais/09-fevrier-1879/3/9fb704db-6918-4b75-9cec-fbcd713e4949 ↩
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Le Petit Marseillais, 17 octobre 1873 : https://www.retronews.fr/journal/le-petit-marseillais/17-octobre-1873/3/172ec754-e6e4-4c5a-b46c-353c722489cb ↩
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Le Sémaphore de Marseille, 28 avril 1888 : https://www.retronews.fr/journal/le-semaphore-de-marseille/28-avril-1888/6/9f6e061c-9c5a-42b7-82bd-c0b3328993ce. Annonce de la vente aux enchères publiques par expropriation forcée du 11 mai 1888 : verrerie de Pont-de-Vivaux (mise à prix 5 000 francs) et immeuble rue Piscatoris 23 (mise à prix 1 000 francs). Avoué poursuivant : Me R. Bonnefoy, rue Montgrand 31, Marseille. ↩
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Joseph Haour, actes d’état civil Marseille 1890-1892. Source : Geneanet / état civil AD13. ↩
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Le Petit Provençal, 19 oct. 1889, p. 4/4 : https://www.retronews.fr/journal/le-petit-provencal/19-octobre-1889/4/699a2262-66ea-4b6e-85e5-7f6707f9564d ↩
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Le Petit Provençal, 9 décembre 1893 : https://www.retronews.fr/journal/le-petit-provencal/09-decembre-1893/2/12c6d726-dd96-45ba-9afc-66459e65a86b ↩
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Le Petit Provençal, 22 mars 1909. ↩
-
Le Petit Journal, 3 février 1906 : https://www.retronews.fr/journal/le-petit-journal/03-fevrier-1906/3/ff4127c5-2d24-4c88-a281-f8e253156a93 ↩
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Le Sémaphore de Marseille, 27 septembre 1914 : https://www.retronews.fr/journal/le-semaphore-de-marseille/27-septembre-1914/6/8ddee808-cbd4-4c3a-ae09-d5f0bc3c487b ↩
-
Le Petit Marseillais, 28 juillet 1915 : https://www.retronews.fr/journal/le-petit-marseillais/28-juillet-1915/3/554edbfe-a5a5-4604-a5c9-c79be74fe878 ↩
-
Le Petit Provençal, 3 octobre 1926 : https://www.retronews.fr/journal/le-petit-provencal/03-octobre-1926/4/cff2e1d6-6e27-42b8-a40c-642ffd11e3e2 ↩
-
Le Petit Provençal, 11 juillet 1928 : https://www.retronews.fr/journal/le-petit-provencal/11-juillet-1928/3/38fff5f1-964a-4ed1-ae4a-9ec06da42c3c — Le Petit Marseillais, 21 décembre 1927 : https://www.retronews.fr/journal/le-petit-marseillais/21-decembre-1927/3/2f9904fe-a758-496f-9c4d-247a0674f090 ↩
Personnages associés
Aucun personnage notable n'est renseigné. Voici les premières personnes liées au lieu.
Voir toutes les personnes liées →Sources
28 avril 1888. 'Le vendredi onze mai mil huit cent quatre-vingt-huit, dans la salle des criées, au Palais de justice, à Marseille, à deux heures du soir, il sera procédé à la vente aux enchères publiques, par expropriation forcée [...] : 1. D'un grand immeuble à usage de FABRIQUE DE VERRERIE à Marseille, au Pont de Vivaux, quartier de Saint-Loup, sur la mise a prix de cinq mille francs. 2. D'un grand immeuble, sis à Marseille, rue Piscatoris 23, sur la mise à prix de mille fr.' Signé : Me R. Bonnefoy, avoué poursuivant, rue Montgrand, 31. Établit que l'acquisition par Charles de Queylar n'est pas un rachat amiable mais une vente aux enchères par expropriation forcée. La mise à prix de 5 000 francs pour une verrerie industrielle trahit un établissement ruiné, probablement à l'arrêt.
10 août 1860. Première mention officielle du site de Pont-de-Vivaux : enquête pour l'installation d'une machine à vapeur dans la 'verrerie des sieurs Colombe et Quaillard, au pont de Vivaux'. La fabrique est en phase d'autorisation — elle n'est pas encore opérationnelle.
Série consultée. 1861 : première mention de Pont-de-Vivaux dans les Indicateurs, simultanément avec la rue Piscatoris. 1867 : Pont-de-Vivaux seul (la rue Piscatoris a fermé). 1875 : Joseph de Bouillanne-Colombe seul à Pont-de-Vivaux. 1876 : Veuve de Queylar à Saint-Marcel et 'Givors' (partenariat Neuvesel). 1887 : dernière année où Bouillanne-Colombe apparaît. 1888-1889 : seul Saint-Marcel mentionné — Pont-de-Vivaux en travaux après rachat. 1890 : Pont-de-Vivaux réapparaît sous Queylar. Lien édition 1862 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9687567j/f946.image — lien édition 1875 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k96851078/f1028.item.zoom
17 octobre 1873. Quatre verreries dans la région : Pont-de-Vivaux, Saint-Marcel, Aubagne et La Destrousse, pour 318 ouvriers, 46 femmes et 66 enfants au total.
9 décembre 1893. 'Immédiatement après le pont, à la gauche de la route nationale, se dressent les immenses bâtiments et les hautes cheminées de la verrerie, l'une des plus importantes de Marseille. La verrerie Queylar, qui n'occupe pas moins de 300 ouvriers environ, est divisée en deux corps de bâtiment : les fours d'un côté, un immense hangar d'entrepôts et ateliers de l'autre.' Localisation précise et description architecturale.
10 août 1888. Confirme que Pont-de-Vivaux est en travaux à cette date — seul Saint-Marcel est mentionné. Joseph Haour, ancêtre d'Arnaud, travaille à Saint-Marcel à ce moment.
3 février 1906. 1 200 ouvriers et 280 enfants pour les deux sites réunis (Saint-Marcel et Pont-de-Vivaux). Saint-Marcel seul compte trois fours (verre vert, blanc, clair).
22 mars 1909. 'Une certaine somme d'argent et divers bijoux ont été volés dans une chambre de la cité de la verrerie du Queylar, au Pont-de-Vivaux, occupée par les verriers Migliasso Léon et Scanavino Leonardo.' Confirme l'existence d'une cité ouvrière à Pont-de-Vivaux et la prédominance d'une main-d'œuvre italienne.
11 juillet 1928. Cambriolage du coffre-fort de la verrerie Queylar à Pont-de-Vivaux : 24 800 francs dérobés. Vincenzo Bocacci arrêté après échange de coups de feu.
24 septembre 1943. 'Quartier Pont-de-Vivaux, traverse de la Verrerie (verrerie du Queylar).' Confirme que la traversée porte ce nom dès les années 1940.
Source touristique locale sur l'histoire de la verrerie Queylar à Pont-de-Vivaux. À utiliser avec précaution — confond les deux branches de la famille et présente Pont-de-Vivaux comme une création des Queylar de César, ce qui est faux.