Verrerie
Verrerie Folletête
1786 — fondue dans le complexe Robichon, cédée à la Compagnie (1853)
Aussi connue sous : Verrerie blanche de Rive-de-Gier · Mousnier · Robichon frères et Cie · Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône
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Noms et raisons sociales
Histoire
Résumé
La verrerie Folletête est la seconde verrerie de Rive-de-Gier, fondée en 1786 au quartier de Chantegraine, l’année qui suit la verrerie de Claudius. Elle produit le verre blanc d’assortiment (gobeleterie) — d’où son nom populaire de « verrerie blanche », par opposition à la « verrerie noire » des bouteilles de Claudius. Son fondateur, François Xavier Folletête, est un Lyonnais issu, comme peut-être Claudius, de la verrerie de Serin : les deux hommes montent à Rive-de-Gier au moment où Serin s’éteint, et y rouvrent chacun de leur côté le couple de productions de la fabrique lyonnaise : la bouteille d’un côté, le verre blanc de l’autre.
L’existence même de Folletête est établie par un acte décisif : le 11 mai 1786, le Bureau du commerce tranche une contestation entre Claudius (bouteilles) et Folletête (verre blanc), en faveur de ce dernier. La verrerie est installée sur la parcelle 653 de Chantegraine ; un de ses premiers ouvriers nommément connus est Louis de Belle Duplan, gentilhomme verrier savoyard, attesté à la « verrerie blanche » en 1789.
L’histoire ultérieure du site est mal documentée, c’est le point faible de cette fiche, et il s’explique : contrairement à Claudius, dont Pelletier nomme au moins le repreneur Masuyer, Folletête a été si bien effacé de la mémoire que la chaîne de propriété de sa verrerie reste inconnue sur près de quarante ans. On sait seulement qu’elle passe aux frères Robichon (qui lui adjoignent, en vis-à-vis, une verrerie à vitres entre 1812 et 1825), puis, comme tout le complexe Robichon frères et Cie, qu’elle est cédée à la Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône en 1853.
Historique
Fondation et premières années (1786)
La verrerie est fondée en 1786. Sa naissance est attestée par un acte précis et daté : le 11 mai 1786, le Bureau du commerce examine « une contestation entre le sieur Claudius, entrepreneur d’une verrerie de verre à bouteilles à Rive-de-Gier, et le sieur Folletête, qui a établi dans le même lieu une fabrique de verre blanc », et tranche en faveur de Folletête. L’acte fixe d’un coup la fondation (1786), la production (verre blanc d’assortiment, c’est-à-dire la gobeleterie), le fondateur (Folletête) et le contexte (la concurrence immédiate avec Claudius).
François Xavier Folletête est un Lyonnais, intéressé à la verrerie de Serin (Lyon) jusqu’en février 1786. Comme Claudius, il quitte Serin au moment où celle-ci décline, et monte à Rive-de-Gier — que l’ouverture du canal (1781) a rendue attractive pour le verre à charbon — y établir le pendant « verre blanc » de la fabrique lyonnaise. La dualité de Serin (assortiment légal d’un côté, bouteille de l’autre) se rejoue ainsi à Rive-de-Gier, hommes et conflit compris : la contestation de mai 1786 reproduit exactement la tension qui traversait Serin.
Son parcours antérieur est désormais documenté. L’acte de son mariage, célébré à Lyon (paroisse Saint-Pierre-le-Vieux) le 26 novembre 1763, le dit « faïencier » établi depuis plusieurs années dans la paroisse, fils de Jean François Folletête, marchand de Noirmont (diocèse de Bâle, en Suisse) — ce qui fixe l’origine suisse de la famille, dans le Jura bâlois. Il y épouse Marie Benoîte Pavailler, née en 1746, fille d’un journalier de Saint-Laurent-de-Chamousset. Détail décisif : l’un des témoins est Louis Genoud, « commis chez M. Esnard, propriétaire de la manufacture en verre à Givors ». Dès 1763, donc, Folletête le faïencier gravite déjà dans l’orbite du verre de Givors (la maison Esnard/Enard) : son installation à Rive-de-Gier en 1786 n’est pas le saut d’un novice, mais l’aboutissement d’un parcours de plus de vingt ans dans le réseau verrier Givors-Serin. L’autorisation royale lui est accordée par un arrêt du Conseil du 16 mai 1786 (AN F12/1489B), qui l’autorise à établir une verrerie à charbon de terre.
La verrerie est connue dans la population sous le nom de « verrerie blanche », par opposition à la « verrerie noire » (les bouteilles de Claudius). Cette distinction populaire, qui dit la production par la couleur du verre, est attestée par deux actes : l’un de 1787 (un forgeur « à la verrerie noire »), l’autre de 1789 (un ouvrier « à la verrerie blanche »).
Mousnier, exploitant-propriétaire de la verrerie blanche (vers 1786-1788)
Folletête est le fondateur-bâtisseur du site, mais il n’en reste pas longtemps le propriétaire. Deux sources concordantes le montrent : en 1788, la verrerie blanche est dite « au sieur Mousnier », « construite par un sieur Folletête, son vendeur ». Folletête bâtit donc la verrerie (1786) puis la vend à Mousnier, qui l’exploite. C’est ce Mousnier qui figure comme propriétaire dans l’état des verreries de Rive-de-Gier de 1788 — comblant les toutes premières années du site, jusque-là muettes après Folletête.
Le lien exact entre les deux hommes garde toutefois sa part d’ombre. Une pièce judiciaire conservée par la Diana montre « le sieur François-Xavier Foletête, propriétaire de la verrerie royale en verres blancs de Rive-de-Gier », en procès contre « les sieurs Moussier [Mousnier], Darblade, Garnier et Thevenet ». Folletête y est dit propriétaire, et Mousnier partie adverse — ce qui se concilie le mieux avec une chronologie en deux temps : Folletête construit et possède, vend à Mousnier, puis un contentieux les oppose. Mais l’ordre précis des événements, et le sens exact du mot « vendeur », restent à établir. Ce qui est sûr, c’est que Mousnier est l’exploitant-propriétaire de la verrerie blanche à la fin des années 1780 ; ce qu’il advient du site ensuite, jusqu’à la prise de contrôle par les Robichon (vers 1820), demeure inconnu.
Le personnel : Louis de Belle Duplan (1789)
Un des premiers ouvriers nommément connus de la verrerie blanche est Louis de Belle Duplan, attesté « ouvrier à la verrerie blanche de Rive-de-Gier » au baptême de son fils en novembre 1789. Son cas est emblématique : gentilhomme verrier savoyard, issu de la noblesse du verre (de Belle d’Allèves), il est ici réduit à la condition d’ouvrier. Comme Folletête, comme Claudius, comme les Allimand, de Belle est un homme venu de Serin. La verrerie blanche participe donc du même essaimage. La main-d’œuvre de Folletête est, du reste, distincte de celle de Claudius : on souffle ici le verre blanc d’assortiment, là les bouteilles ; les souffleurs en bouteilles attestés (Allimand, Raspiller) relèvent de la verrerie noire, à bouteilles.
Évolutions et transferts : un long blanc, puis Robichon (vers 1790-1819)
C’est ici que la documentation fait défaut. Après Mousnier (attesté en 1788) et jusqu’à l’absorption par les frères Robichon, la chaîne de propriété reste inconnue. On ignore le devenir de Mousnier, le nom des exploitants intermédiaires éventuels, et la date exacte du passage aux Robichon. Le trou documentaire ne court donc plus depuis Folletête (1786) — puisque Mousnier comble les toutes premières années — mais il subsiste pour la période 1788-1820 environ.
Ce que l’on sait, c’est l’aboutissement : la verrerie passe aux frères Robichon, qui en font la gobeleterie de leur complexe de Chantegraine (l’almanach de 1825 les montre seuls en « gobeleterie fine »). Surtout, Robichon agrandit le site : sur la parcelle 656, en vis-à-vis de 653 et dans la même cour, il crée entre 1812 et 1819 une verrerie à vitres : son apport propre, mettant à profit la spécialité du verre plat qu’il tenait de Givors. Cette extension explique que la fiche d’une « verrerie blanche » fondée par Folletête comporte aussi du verre à vitres : c’est le même site, augmenté par son repreneur.
La date du rachat de la verrerie de Folletête par les Robichon se déduit moins des almanachs (très imprécis sur la répartition des productions) que de la configuration même du site, révélée par les états de section de 1826. À cette date, la parcelle 653 (« verrerie à gobeleterie ») appartient à Michel Robichon ; mais surtout, elle est entièrement encerclée par les autres parcelles Robichon, qui forment autour d’elle un atelier à vitres complet : la verrerie à vitres (656, en vis-à-vis), son étendoir (654, four à étendre les manchons), son polissoir (651, pour polir les vitres étendues), ainsi que le bureau, les aisances, les logements d’ouvriers et la maison de maître (652, 656, 657). L’étendoir et le polissoir sont des annexes techniques qui ne servent qu’au verre à vitres : Robichon a donc déployé tout autour de la gobeleterie la chaîne complète du verre plat : fusion, étendage, polissage.
Or il est matériellement impensable qu’un industriel ait enserré de la sorte (par son bureau, son étendoir, son polissoir et ses logements) la verrerie d’un concurrent encore indépendant. La cohérence de ce tènement implique qu’au moment où les Robichon créent leur atelier à vitres, ils exploitent déjà la gobeleterie de 653 (qu’ils en soient alors pleinement propriétaires ou qu’ils la louent en attendant de l’acquérir). La verrerie à vitres étant attestée dès 1820 dans l’almanach (et vraisemblablement antérieure), le rachat (ou du moins la prise de contrôle) de l’ancienne verrerie blanche de Folletête est donc acquis au plus tard vers 1820, la mention « verre blanc et vert » attribuée aux Robichon en 1822 (formule qui recouvre habituellement la gobeleterie) confirmant cette fourchette.
Fin d’identité : la Compagnie Générale (1853)
Comme l’ensemble du groupe Robichon frères et Cie, le site (gobeleterie + vitres) est cédé en 1853 à la Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône (voir groupe-robichon-freres-rive-de-gier). Fondu dans le grand regroupement, il perd toute identité propre ; la date de son extinction matérielle n’est pas connue.
Situation géographique
Localisation
La verrerie était établie au quartier de Chantegraine, dans la rangée nord de Rive-de-Gier près du bassin du canal de Givors, entre la verrerie de Claudius (au nord, parcelle 643) et le four de la Barrière (parcelle 666). Elle occupe la parcelle 653 ; la parcelle 656, en vis-à-vis dans la même cour, reçoit la verrerie à vitres créée par Robichon.
Sources cadastrales
Le plan cadastral de 1811 grise les trois verreries de Chantegraine : Folletête est la parcelle 653, au centre de la rangée. Les états de section confirment la production « gobeleterie » pour ce site, cohérente avec le « verre blanc » de 1786. La parcelle 656 (vitres), non identifiée comme une verrerie dans le plan de 1811 mais présente aux états de section de 1826, date la création Robichon entre ces deux relevés.
État actuel
Aucun vestige identifié. Le quartier de Chantegraine a été entièrement remanié par l’industrialisation puis l’urbanisation.
Carte du site
À venir — report des parcelles 653 et 656 sur le plan cadastral de 1811, annoté.
Personnages liés
- François Xavier Folletête : fondateur (1786). Lyonnais, intéressé à la verrerie de Serin jusqu’en février 1786. Il meurt avant 1799, probablement à Rive-de-Gier, où sa famille s’est fixée : deux de ses filles y sont mariées — Marguerite Camille (née à Lyon en 1774 ; épouse Jean Claude Bally, cultivateur, en 1799, son père étant alors « défunt ») et Antoinette (épouse Jean Baptiste Hullot, verrier originaire de Monthermé dans les Ardennes, † 1811). Son épouse, Marie Benoîte Pavailler, lui survit. Aucune source ne dit en revanche s’il exploitait encore sa verrerie à sa mort, ni qui la reprit.
- Louis de Belle Duplan : gentilhomme verrier savoyard, ouvrier à la verrerie blanche en 1789. Archétype de la chute de la caste verrière.
- Les frères Robichon : repreneurs au plus tard vers 1825 ; créateurs de la verrerie à vitres attenante (656).
Éléments techniques
La production fondatrice est le verre blanc d’assortiment, c’est-à-dire la gobeleterie — la vaisselle de verre, par opposition au verre creux (bouteilles) de Claudius. C’est ce que dit l’acte de 1786 (« fabrique de verre blanc »), ce que confirme le nom populaire de « verrerie blanche », et ce qu’attestent les états de section (« gobeleterie ») puis l’almanach de 1825 (« gobeleterie fine, Robichon frères »).
L’état des verreries de Rive-de-Gier de 1788 précise cette production, alors plus variée que la seule gobeleterie : l’usine, sous Mousnier, fabriquait « de la gobeleterie, la bouffeterie, comme ustensiles de chimie, bouteilles à liqueurs, topettes, etc., le tout en verre vert ». Elle comptait deux fours, allumés alternativement pour le verre blanc commun et le verre de couleur ; la valeur de sa production était estimée à 28 240 livres environ. On y soufflait donc, dès l’origine, un éventail allant de la vaisselle commune aux instruments techniques (ustensiles de chimie, premières attestations d’un verre technique à Rive-de-Gier) et aux flacons (topettes, bouteilles à liqueurs), en verre blanc comme en couleur — gamme bien plus large que ne le laisse penser la simple étiquette « verrerie blanche ».
À cette production s’ajoute, sous Robichon, le verre à vitres (parcelle 656, créé 1812-1819), une production technique alors rare dans la région (la seule attestée à Rive-de-Gier), que les Robichon tenaient de leur expérience givordine. Le nombre de fours n’est pas documenté pour la période Folletête ; sous Robichon, le site porte la gobeleterie et, en vis-à-vis, la ou les halles à vitres.
Le combustible est la houille du bassin stéphanois, acheminée par le canal de Givors ouvert en 1781 jusqu’à Givors et au-delà. La proximité des puits du Mouillon offrait un avantage majeur au quartier de Chantegraine, et le canal permettait d’exporter la production jusque dans le Midi de la France.
La configuration du site sous les Robichon, révélée par le plan du cadastre de 1811 et les états de section de 1826, donne une image précise de l’outillage du verre plat déployé autour de la gobeleterie. La chaîne de production des vitres y est complète et lisible parcelle par parcelle : la verrerie à vitres proprement dite, où l’on souffle et ouvre les manchons (parcelle 656) ; l’étendoir attenant (parcelle 654), four à étendre où les manchons fendus sont aplatis à plat sur une dalle ; et le polissoir (parcelle 651), où les feuilles étendues sont dressées et polies. S’y ajoutent les communs d’une verrerie intégrée : bureau (651), logements d’ouvriers (656), aisances (652) et maison de maître ouvrant sur la Rue de Lyon (657). Cet ensemble — fusion, étendage, polissage — fait de l’atelier à vitres de Chantegraine une unité technique aboutie, enveloppant l’ancien four à gobeleterie de Folletête, qui en occupe le cœur (parcelle 653).
Contexte social
La verrerie blanche illustre, par son personnel, l’essaimage de Serin vers Rive-de-Gier et la composition sociale contrastée de la main-d’œuvre verrière. On y trouve un gentilhomme verrier déclassé (Louis de Belle Duplan, ouvrier en 1789), signe que la fabrique recrutait dans le vivier serinois sans égard au rang d’origine : la concurrence naissante du verre nivelait les statuts, précipitant d’anciens nobles du verre dans la condition ouvrière (voir louis-de-belle-duplan). Le reste du personnel de Folletête n’est pas documenté.
Erreurs et incertitudes
Ce que dit la littérature, et ce qu’il faut corriger
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Pelletier ignore totalement Folletête. Dans son histoire des verreries ripagériennes, il ne mentionne ni le fondateur, ni la verrerie blanche : il attribue aux frères Robichon la création du verre à vitres « les premiers à Rive-de-Gier », sans voir que le site préexistait depuis 1786 comme gobeleterie de Folletête. L’acte du Bureau du commerce du 11 mai 1786 (Bonnassieux) rétablit cette antériorité et rend à Folletête son existence. La présente fiche est, pour partie, une réhabilitation d’un fondateur effacé.
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La verrerie à vitres n’est pas une fondation Robichon ex nihilo. Elle est un agrandissement (parcelle 656) d’un site préexistant (la gobeleterie de Folletête, 653), réalisé entre 1812 et 1819. La présenter comme une création autonome des Robichon — ce que suggère Pelletier — efface le site fondateur.
Points non résolus
- La date exacte de la mort de François Xavier Folletête : il est mort avant le 17 avril 1799 (sa fille le dit alors « défunt »), probablement à Rive-de-Gier où sa famille résidait. L’acte de décès, à situer entre 1786 et 1799, reste à retrouver.
- La chaîne de propriété de la parcelle 653 entre Mousnier (attesté 1788) et les Robichon (gobeleterie attestée ≤1825) : une trentaine d’années non documentées. Le premier maillon après Folletête est désormais connu — Mousnier, exploitant-propriétaire en 1786-1788 — mais ce qu’il advient ensuite reste obscur. Hypothèses (aucune tranchée) pour la suite : rachat Robichon précoce (avant 1810, fondu dans « Robichon frères » de l’almanach), exploitant intermédiaire non identifié, ou mise en sommeil temporaire.
- La nature exacte du lien Folletête-Mousnier. Folletête est dit « vendeur » de la verrerie à Mousnier (1788), mais une pièce de la Diana le montre « propriétaire » en procès contre Mousnier et consorts : vente suivie d’un litige ? L’ordre des faits reste à établir.
- Le personnel de Folletête : seul Louis de Belle Duplan est nommément attesté (1789). Les souffleurs de gobeleterie de la verrerie blanche ne sont pas autrement identifiés (mais il ne s’agit probablement pas des Allimand/Raspiller, très certainement des souffleurs en bouteilles de la verrerie noire de Claudius).
- La date exacte de la création de la verrerie à vitres (parcelle 656), dans la fourchette 1812-1825.
Sources consultées
L’existence et la fondation de la verrerie reposent sur l’acte du Bureau du commerce du 11 mai 1786 (Bonnassieux), complété par les actes paroissiaux de Rive-de-Gier (verrerie noire/blanche, 1787-1789), les almanachs du commerce (gobeleterie Robichon, 1825) et le plan cadastral de 1811. Pelletier (1887) n’est utile ici que par son silence, qu’il s’agit de corriger. Le détail des cotes et liens figure dans les sources.
Personnages associés
Voir toutes les personnes liées →Sources
11 mai 1786 : « Contestation entre le sieur Claudius, entrepreneur d'une verrerie de verre à bouteilles à Rive-de-Gier, et le sieur Folletête, qui a établi dans le même lieu une fabrique de verre blanc. Décision en faveur du sieur Folletête. » Acte fondateur de la verrerie : atteste la fondation (1786), la production (verre blanc), et le nom du fondateur.
Guy-Jean Michel cite un arrêt du Conseil du 16 mai 1786 autorisant le sieur Folletête à établir une verrerie à charbon de terre à Rive-de-Gier. Confirme Folletête comme fondateur-bâtisseur du site.
26 novembre 1763. « Sieur François Xavier Folletête, faïencier » demeurant depuis plusieurs années dans la paroisse, fils de Jean François Folletête, marchand de Noirmont (diocèse de Bâle, Suisse), décédé, épouse Marie Benoîte Pavailler (née le 3 mars 1746), fille de Simon, journalier de Saint-Laurent-de-Chamousset. Témoin : Louis Genoud, « commis chez M. Esnard, propriétaire de la manufacture en verre à Givors ». Établit l'origine suisse de Folletête et son ancrage dans le réseau verrier de Givors (Esnard) dès 1763.
« En 1788, il existait deux verreries à Rive-de-Gier, l'une au sieur Claudius […], l'autre au sieur Mousnier. […] L'usine de Mousnier, construite par un sieur Folletête, son vendeur, fabriquait de la gobeletterie, la bouffeterie, comme ustensiles de chimie, bouteilles à liqueurs, topettes, etc., le tout en verre vert ; l'usine comptait deux fours pour le verre blanc commun et le verre de couleur, alternativement allumés ; le produit s'élevait à 28 240 livres environ. » Source de la production détaillée (1788) et de l'exploitation par Mousnier.
« Sieur François-Xavier Foletête, propriétaire de la verrerie royale en verres blancs de Rive-de-Gier, intervenant, contre les sieurs Moussier [Mousnier], Darblade, Garnier et Thevenet. » Atteste un litige opposant Folletête à Mousnier et consorts ; éclaire (sans la trancher) la nature du lien Folletête-Mousnier.
16 octobre 1787. Mention de la « verrerie noire » de Rive-de-Gier : confirme, par opposition, l'existence d'une « verrerie blanche » (Folletête). La distinction noire/blanche était la façon populaire de nommer les deux premières verreries (bouteilles / verre d'assortiment).
19 novembre 1789. « Louis Debelle ouvrier à la verrerie blanche de Rive-de-Gier et Marie Marthe Fassion. » Premier ouvrier nommément attesté de la verrerie de Folletête.
30 germinal an VII (17 avril 1799). L'épouse, Marguerite Camille Folletête, 25 ans, née à Lyon le 2 décembre 1774, est dite fille de « défunt François Xavier Folletête » et de Marie Benoîte Pavailler (vivante). Atteste que le fondateur est mort avant 1799. Le mariage se tient à Rive-de-Gier, où la famille s'est fixée.
2 mars 1811. Jean Baptiste Hullot, originaire de Monthermé (Ardennes), « époux d'Antoinette Folletête », 63 ans. Atteste une seconde fille Folletête mariée à Rive-de-Gier. Déclaré notamment par Jean Baptiste Criner, verrier (lignée Raspiller/Criner). Acte signé « Fleurdelix Jn. maire ».
« Robichon frères » figurent seuls en gobeleterie fine dès 1825 — production de l'ex-verrerie Folletête (653). En 1825, Robichon est présent dans les trois catégories (bouteilles, vitres, gobeleterie fine), correspondant aux sites Claudius (643), vitres (656) et Folletête (653).
Pelletier IGNORE totalement Folletête : il attribue aux Robichon la création du verre à vitres « les premiers à Rive-de-Gier », sans voir que le site préexistait comme verrerie blanche de Folletête. Omission majeure, corrigée par l'acte de 1786 (Bonnassieux).