Verrerie
Verrerie Rochette-Dumas des Verchères
avant 1811 — 1836
Aussi connue sous : Rochette · Rochette-Dumas · Dumas
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Noms et raisons sociales
Histoire
Résumé
La verrerie Rochette-Dumas est le plus ancien des trois établissements verriers du quartier des Verchères à Rive-de-Gier. Elle est attestée avant 1811 par le plan cadastral, et peut-être fondée dès 1798 selon Pelletier. Propriétés des parcelles 6 et 7 (section C) de François Dumas en 1826, elle est démolie en 1836 lors du prolongement du canal de Givors — seul des trois établissements du quartier à ne pas être reconstruit, sa parcelle se trouvant dans le corridor même du canal.
Le lien entre les familles Rochette et Dumas est attesté dès 1810 (almanach) et suggéré par une vente en 1815, mais ni l’identité précise du fondateur Rochette ni celle du François Dumas propriétaire ne sont établies par source primaire.
Historique
Un établissement antérieur à 1811
Le plan cadastral de 1811 montre des constructions présentes sur les parcelles 6 et 7 de la section C — la verrerie existait donc avant cette date. Pelletier (page 208) attribue la fondation à un « nommé Rochette » en 1798, mais cette affirmation n’est pas confirmée par acte primaire.
L’almanach de 1810 mentionne la raison commerciale « Rochette-Dumas » à Rive-de-Gier, dans la catégorie « verres de couleur et bouffeterie commune », aux côtés de Coste et Teillard frères. C’est la première attestation documentée de la co-exploitation du site par les deux familles.
François Dumas, propriétaire des Verchères et d’Outrefurens
Le 27 novembre 1815 (acte Me Ronat, n°468), François Dumas — qui se qualifie de « propriétaire de verreries demeurant à Rive-de-Gier » — vend le tènement de la Montat à Outre-Furens à Claudine Rochette, épouse Moussy. Cet acte contient une clause de non-concurrence perpétuelle, signe que Dumas est encore actif dans la verrerie, vraisemblablement au site des Verchères. Claudine Rochette dit « bien connaître cet établissement ».
Cependant, son père Benoît Rochette (marchand, époux de Marie Bony, marié en 1764 à Saint-Genis-Terrenoire) n’est pas un maître de verrerie et n’entretient aucun lien identifié avec le monde verrier. Son mari Jean Pierre Moussy est un ouvrier tanneur givordin, également sans rapport avec la verrerie. Claudine achète d’ailleurs avec ses propres deniers — le produit de la vente d’une vigne héritée de son père Benoît. La source de sa « connaissance de l’établissement » d’Outrefurens reste donc entièrement inexpliquée. En tout état de cause, le « Rochette » fondateur mentionné par Pelletier est probablement un personnage distinct de la famille de Claudine, restant à identifier.
En 1826, les états de section (cote 1678VT8_30) désignent François Dumas comme propriétaire des parcelles 6 (verrerie) et 7 (maison). Ces constructions étaient déjà présentes en 1811. L’acte de mariage de Marianne Debelle (31 mai 1811) permet d’identifier deux acteurs de la verrerie à cette date : Louis de Belle, sieur Duplan (1753-1814), ouvrier verrier, et Vincent Albert, directeur. Louis de Belle est un gentilhomme verrier savoyard déclassé, dont la trajectoire de « Noble Louis de Belle sieur Duplan » (1778) à simple « verrier » (1814) constitue l’une des illustrations les plus saisissantes de la chute de la caste des gentilshommes verriers.
La démolition par le canal (1836)
Lors du prolongement du canal de Givors (autorisation royale du 5 décembre 1831, travaux jusqu’à Lorette achevés vers 1835), les parcelles 6 et 7 sont physiquement englouties. La matrice des propriétaires enregistre la démolition en 1836. Contrairement aux établissements Coste et Teillard, voisins, qui signent des accords avec la Compagnie du Canal en mai-juin 1837 et sont reconstruits, la verrerie Dumas-Rochette n’est pas rebâtie. Sa position dans le corridor même du canal ne laissait aucune marge de manœuvre.
L’emplacement actuel (rue Claude Drivon) en porte encore la trace : large voie dégagée avec bâtiments en contrebas de la route (qui couvre le Gier) de tous côtés, et la forme du virage du canal visible du ciel.
Situation géographique
Localisation
L’établissement occupait les parcelles 6 et 7 de la section C du cadastre de Rive-de-Gier, entre la route de Saint-Étienne (nord) et le Gier puis le canal (sud). C’est la plus méridionale des trois verreries du quartier des Verchères — et la plus exposée au canal. L’emplacement actuel correspond à la rue Claude Drivon, large voie dont la topographie conserve la mémoire du canal.
État actuel
Les parcelles 6 et 7 ont cessé d’exister en 1836, recouvertes par le canal. L’espace actuel (rue Claude Drivon) est une place dégagée à trois files, avec des bâtiments en contrebas de la chaussée de tous côtés — empreinte lisible du canal comblé. Aucun vestige verrier identifié.
Erreurs et incertitudes
Ce que dit la littérature, et ce qu’il faut corriger
Pelletier (page 208) dit que les verreries des Verchères « furent exploitées successivement par les Coste et par les Dumas ». C’est inexact sur deux points : l’exploitation était simultanée (trois sites coexistant dans le même quartier), non successive ; et Pelletier amalgame trois établissements distincts en un seul (avec deux fours). Il a probablement cru que l’association “Dumas, Coste et Teillard” née vers 1825 était une même verrerie, mais dès 1832 “Coste et co.” et “Teillard frères” sont bien deux raisons sociales séparées. Dans l’intervalle, Dumas a disparu des Almanachs.
La date de 1798 et le fondateur Rochette (Pelletier) ne sont pas confirmés par source primaire. Le plan de 1811 établit que la verrerie existait avant cette date, mais n’en précise pas l’origine.
Points non résolus
- L’identité du fondateur Rochette : Pelletier lui attribue la fondation en 1798. Le père de Claudine Rochette épouse Moussy (l’acheteuse d’Outrefurens en 1815) est Benoît Rochette, marchand marié en 1764 à Saint-Genis-Terrenoire — sans lien identifié avec la verrerie. Le fondateur Rochette de 1798 est donc probablement une autre branche, à identifier dans les registres de Rive-de-Gier et des communes voisines (1770-1800).
- L’identité précise de François Dumas propriétaire : le François Dumas tamiseur né en 1794 est trop jeune pour avoir vendu une verrerie en 1815 ou monté une association en 1810. Il existe presque certainement un François Dumas père (né vers 1760-1775) qui est le propriétaire des Verchères et l’auteur de la vente de 1815, dont le fils homonyme sera le tamiseur retrouvé dans les actes.
- La nature exacte du lien Rochette-Dumas : associés fondateurs ? Successeurs ? Gendres ?
Personnages associés
Voir toutes les personnes liées →Sources
Les parcelles 6 et 7 (section C) portent des constructions dès 1811 — la verrerie est donc antérieure à cette date. Élément fondamental pour corriger ou nuancer la date de 1798 donnée par Pelletier.
Parcelle 6 : verrerie, propriétaire François Dumas. Parcelle 7 : maison, propriétaire François Dumas. Seule source primaire identifiant formellement Dumas comme propriétaire du site des Verchères.
Les parcelles 6 et 7 sont démolies en 1836, conformément au prolongement du canal de Givors. Contrairement aux établissements Coste et Teillard, qui signent des accords avec la Compagnie du Canal et sont partiellement reconstruits, le site Dumas-Rochette n'est pas reconstruit — la parcelle étant dans le corridor du canal.
François Dumas, 'propriétaire de verreries demeurant à Rive-de-Gier', vend le tènement de la Montat à Outre-Furens à Claudine Rochette, épouse de Jean Pierre Moussy, ouvrier tanneur givordin. L'acte contient une clause de non-concurrence perpétuelle. Claudine achète avec ses propres deniers : le produit de la vente d'une vigne héritée de son père Benoît Rochette, marchand, le même jour. Elle dit 'bien connaître cet établissement', sans que ni son père (sans lien verrier) ni son mari (tanneur) ne puissent expliquer cette connaissance.
Mention de 'Rochette-Dumas' à Rive-de-Gier, catégorie 'verres de couleur et bouffeterie commune', en association commerciale avec Coste et Teillard frères. Premier acte attestant la co-exploitation du site par les deux familles.
31 mai 1811. Marianne Debelle épouse Pierre Antoine Alin, ouvrier aux carrières. Son père est désigné (avec une erreur de prénom) 'Benoit [lire : Louis] Debelle verrier à la verrerie Dumas et Rochette de cette ville'. Parmi les témoins : Vincent Albert, directeur de la verrerie. Seul acte connu nommant explicitement un ouvrier et le directeur de cet établissement. Le père, Louis de Belle Duplan (1753-1814), gentilhomme verrier déclassé, signe l'acte — les époux ne savent pas signer.
Naissance de Jean Baptiste, fils de François Dumas 'propriétaire verrier' et de Pierrette Aroud. Témoins : Jean Louis Imbert, meunier, et Louis Auguste Boisson, tailleur d'habits. Acte signé par Joannès Fleurdelix, maire depuis le 26 octobre 1808. Confirme l'existence d'un François Dumas propriétaire verrier à Rive-de-Gier dès 1809 — cohérent avec l'almanach 1810 et la vente d'Outrefurens en 1815. Son épouse Pierrette Aroud appartient à la famille Aroud présente dans le milieu verrier ripagérien : Philippe Aroud (fils de Jean Aroud, fondateur de la verrerie de la Madeleine) est teneur de livres dans la société Boichot-Aroud-Haour et Cie à Combeplaine en 1849.
Page 208. 'Les verreries des Verchères, qui avaient été créées, en 1798, par un nommé Rochette, furent exploitées successivement par les Coste et par les Dumas.' Trois imprécisions : (1) la date de 1798 et le fondateur Rochette ne sont pas confirmés par source primaire ; (2) l'exploitation était simultanée, non successive ; (3) Pelletier ne distingue pas les trois sites du quartier.