Verrerie
Verrerie des Culattes
1826 — avant 1940
Aussi connue sous : Bulliod et Cie · Durand jeune et Bulliod · Mesmer fils et Saumont · Mesmer et Dumond · Mesmer et Cie — Verrerie de la Gare · Mesmer et Jayet (1re société) · Mesmer et Jayet (2e société) · Mesmer et Jayet Frères · Compagnie générale des Verreries du Lyonnais
Disparue — sans vestigesNoms et raisons sociales
Histoire
Résumé
La Verrerie des Culattes est l’établissement verrier le plus important et le plus durable du quartier de la Mouche, à La Guillotière (Lyon). Son histoire débute en 1826 avec la verrerie Bulliod et Cie, première installation dans ce secteur en pleine transformation, avant que Gaspard Mesmer, fils d’un exploitant de bois bugiste dont la famille venait des forêts de Savoie et du Tyrol, n’en devienne le maître incontesté à partir des années 1840. Sous sa direction, l’établissement se transforme en un pôle industriel majeur de la rive gauche lyonnaise, baptisé “Verrerie de la Gare” en référence à la gare de marchandises de La Guillotière, point d’entrée du charbon stéphanois qui rend cette révolution possible.
La verrerie produit de la gobeleterie ordinaire, de l’éclairage, de la bouffeterie et des flacons pour la pharmacie, la chimie et la parfumerie. À son apogée, sous “Mesmer et Jayet Frères”, elle exploite conjointement avec un second site à Gerland sept fours et emploie plusieurs centaines d’ouvriers. Cette concentration industrielle en fait l’épicentre des conflits sociaux qui secouent la verrerie lyonnaise dans les années 1880-1891.
La fin du contrôle familial intervient en 1894, avec la vente par licitation des deux sites Mesmer et Jayet. Le lot des Culattes, avec sa propriété foncière adjacente de 2,44 hectares, est adjugé à 256 700 francs : preuve que la valeur du terrain surpasse désormais celle de l’outil industriel. L’établissement poursuit son activité sous diverses formes jusqu’à sa fermeture définitive avant 1940.
Historique
Antécédents : la verrerie Bulliod (1826 — vers 1841)
L’histoire verrière du chemin des Culattes commence avant l’arrivée des Mesmer. En août 1826, “Bulliod et Cie” ouvre une verrerie à la Ferratière, en bordure du Rhône1. En mars 1828, une ordonnance royale autorise “Durand jeune et Bulliod” à établir une verrerie à verre blanc “près de la Vitriolerie”. La construction des fortifications lyonnaises — notamment le fort de la Vitriolerie — contraint vraisemblablement cet établissement à se déplacer vers l’est, au chemin des Culattes, où les almanachs le signalent en 1843 et 18442.
En 1839, une nouvelle autorisation est accordée à Bulliod et Lacombe pour un four de gobeletterie à l’angle du chemin de la Scaronne et de l’ancien chemin de halage — emplacement qui correspond probablement à la future verrerie de la Grosse Mouche, plus tard connue comme “verrerie Dupuis”2.
C’est dans ce contexte qu’arrive la famille Mesmer. Le recensement de 1841 mentionne Simon Pély comme “directeur de la verrerie” au chemin des Culattes, et son beau-frère Emmanuel Saumont comme verrier à la même adresse. Deux numéros plus haut dans le chemin, Philippe Mesmer, le père de Gaspard, est recensé comme cabaretier. L’implantation est mûrement préparée3.
La bataille administrative de Gaspard Mesmer (1842 — 1852)
Le 14 mai 1842, Gaspard Mesmer dépose sa demande d’autorisation pour établir une verrerie sur sa propriété au lieu-dit “la Mouche”, chemin des Culattes. Le 22 juin, le Génie Militaire s’y oppose : la propriété est contiguë au fort de la Vitriolerie, et la fumée “nuirait à la santé des citoyens et à la végétation”. Mesmer ignore les injonctions et commence les travaux. Le 18 octobre 1842, le préfet du Rhône est contraint d’informer le maire de La Guillotière que “la construction de la verrerie est déjà commencée”4.
Le litige s’enlise cinq ans faute de plans versés au dossier. En juin 1847, un jugement par défaut est rendu contre lui ; quelques jours plus tard, il remet enfin les plans et obtient un sursis. Le 24 mars 1852, le gouvernement autorise finalement l’établissement. Il a fallu dix ans. Entre-temps, l’activité a continué : le recensement de 1846 place déjà Gaspard Mesmer à la même adresse que son père, qualifié de “fabricant de verre et propriétaire”3.
L’ère Mesmer et Saumont (1845 — 1857)
La première raison sociale officielle associe Gaspard Mesmer à son beau-frère Emmanuel-Casimir Saumont. Dès avril 1845, la presse locale vante “MM. Mesmer fils et Saumont” et leur “bel assortiment” de gobeleterie, bouffeteries et articles de chimie5. Les annuaires du commerce confirment l’association de 1849 à 1858, au chemin des Culattes, 6. Le recensement de 1851 place à la même adresse Philippe Mesmer (64 ans, propriétaire), Gaspard Mesmer (40 ans, fabricant de verre et propriétaire), Emmanuel Saumont (48 ans, chef ouvrier logé) et sa femme Simone Mesmer — toute la famille réunie sous le même toit que les ouvriers3.
La société de fait est officiellement dissoute le 7 octobre 1857 par acte Me Laforest. Saumont se retire ; Gaspard Mesmer reste seul maître à bord.
L’affirmation de la “Verrerie de la Gare” (1860 — 1877)
Une parenthèse associative unit brièvement Gaspard Mesmer à un certain Dumond en 1858-1859, dissoute en février 18616. À partir de 1860, la raison sociale devient “Mesmer et Cie” et le nom commercial “Verrerie de la Gare” s’impose — référence directe à la gare de marchandises de La Guillotière, point névralgique pour l’approvisionnement en houille du bassin de la Loire6.
C’est l’âge d’or. La gamme s’élargit aux articles d’éclairage. Un brevet d’invention et de perfectionnement pour articles de moulinage est déposé. En novembre 1862, Mesmer signe dans le Salut Public une lettre ouverte contre la Compagnie PLM, qui menace de déplacer le fret de la gare de la Guillotière à la Part-Dieu7. Gaspard Mesmer constitue parallèlement un patrimoine foncier considérable aux abords de l’usine, dont la valeur finira par dépasser celle de l’outil industriel.
La transmission : Mesmer et Jayet (1877 — 1889)
En 1877, Gaspard Mesmer entame sa succession en associant son gendre Étienne Jayet à la direction. Ce n’est qu’en 1882, à 68 ans, qu’il se retire définitivement. La transition s’opère en deux sociétés successives documentées par un double acte exceptionnel du 1er juillet 1882 : dissolution de la première société (Gaspard père + Étienne Jayet) et formation immédiate d’une nouvelle (Gaspard-Philippe-Emmanuel Mesmer
- Étienne Jayet), au capital de 200 000 francs8.
Le 26 février 1887, la société s’élargit avec l’entrée de Francisque Jayet, frère d’Étienne. La nouvelle raison sociale “Mesmer et Jayet Frères” exploite deux sites : chemin des Culattes, 31 (4 fours) et chemin de Gerland, 41-43 (2 fours). Le fonds social atteint 1 040 000 francs9. La société est dissoute dès le 12 janvier 1889.
Les conflits sociaux (1886 — 1891)
La Verrerie des Culattes est l’épicentre des luttes ouvrières qui secouent la verrerie lyonnaise sur cette période.
La grève de 1886 est un mouvement général pour la revalorisation des salaires. L’usine Mesmer est envahie par les grévistes en juillet. L’accord final aligne les tarifs Mesmer sur ceux de la seule usine non gréviste, Sadler et Béroud10.
Les grèves de 1887-1888 sont plus ciblées. En novembre 1887, les ouvriers obtiennent le renvoi de deux manœuvres refusant de s’affilier au syndicat. En août 1888, un conflit éclate autour d’un projet de fermeture d’un four à Gerland et de fusion des effectifs aux Culattes, décision patronale vécue comme une attaque directe contre les conditions d’emploi11.
La grande grève de 1891 est la plus dure. Déclenchée par la décision unilatérale de Gaspard-Philippe-Emmanuel Mesmer de revenir sur les tarifs de 1886, elle s’étend à toutes les verreries lyonnaises. Le 28 janvier 1891, en plein conflit, les quatre industriels forment la “Compagnie générale des Verreries du Lyonnais” — cartel défensif plus que véritable fusion12. La grève dure huit mois, plongeant plus de mille familles dans la misère. Elle se termine en octobre 1891 sur une victoire patronale sur les conditions d’embauche, avec le rétablissement des tarifs de 188613.
Le journal socialiste L’Égalité offre à cette occasion un témoignage précieux : il confirme qu’Étienne Jayet était fils d’un épicier installé près de l’usine, que Dupuis avait été simple comptable chez Mesmer, et que Philippe Mesmer avait “vécu misérablement dans sa jeunesse, couchant sous les fours de la verrerie”. L’usine Mesmer est qualifiée de “véritable pépinière à exploiteurs”13 — formule sévère, mais qui révèle la réalité d’un écosystème industriel qui a formé et lancé toute une génération de patrons verriers lyonnais.
La vente et la fin du contrôle familial (1894)
Le 20 juin 1894, les deux verreries Mesmer et Jayet sont mises en vente par licitation. Le lot du chemin des Culattes (4 fours, 11 690 m², plus une propriété adjacente de 24 400 m²) est adjugé le 4 août 1894 à 256 700 francs — soit 47 % de plus que la mise à prix, reflet de la valeur foncière d’un terrain dans un quartier en pleine expansion14. La vente signe la fin du contrôle de la famille Mesmer sur l’usine fondée par Gaspard cinquante ans plus tôt.
Étienne Jayet, qui avait vraisemblablement racheté les parts Mesmer, décède le 29 mai 1896. Ses biens sont remis en vente en décembre 1898, pour un montant de mise à prix de 300 000 francs — soit davantage que le prix d’adjudication de 189414. L’établissement continue sous d’autres formes jusqu’à sa fermeture définitive avant 1940.
Situation géographique
Localisation
La verrerie était implantée au chemin des Culattes (actuel boulevard Yves Farge), dans le quartier de la Mouche, à La Guillotière — commune indépendante jusqu’à son rattachement à Lyon en 1852, devenue le 3e arrondissement puis intégrée au 7e arrondissement actuel. L’adresse évolue au fil des sources : “chemin des Culattes, 6” dans les années 1849-1862, puis “chemin des Culattes, 31” à partir des années 1880.
La proximité du fort de la Vitriolerie (aujourd’hui Quartier Général Frère) est une constante de l’histoire de l’établissement : source d’opposition militaire en 1842, point de repère topographique dans toutes les descriptions ultérieures, et frontière symbolique entre l’espace militaire et l’espace industriel de la rive gauche.
État actuel
Le site est entièrement absorbé par le tissu urbain du 7e arrondissement. Le boulevard Yves Farge a remplacé le chemin des Culattes. Aucun vestige industriel n’a été identifié. Un plan du quartier de 1847 (Gallica, ark:/12148/btv1b53085001v) permet de situer précisément l’établissement et ses abords, notamment la “Maison de la Grosse Mouche” et l’ancien lit du Rhône.
Personnages liés
Mamert Bulliod — fondateur de la première verrerie du secteur (1826). Marchand verrier attesté dans les recensements de Lyon de 1836 et 1846, résidant rue Belle Cordière. Sa fille Marie-Françoise épouse Joseph Lacombe en 1827.
Simon Pély — directeur de la verrerie au chemin des Culattes en 1841, contremaître en 1846. Son rôle exact dans la transition vers Mesmer reste à clarifier.
Gaspard Mesmer (22 octobre 1814, La Balme — après 1882) — fondateur et âme de l’établissement pendant quarante ans. Fils de Philippe Mesmer, petit-fils de Simon Mesmer, exploitant de bois du Sappey et du Tyrol. Voir fiche individu.
Emmanuel-Casimir Saumont — premier associé de Gaspard Mesmer, son beau-frère (époux de Simone Mesmer). Verrier issu du même réseau bugiste, associé de 1845 à 1857.
Gaspard-Philippe-Emmanuel Mesmer (né 22 octobre 1862) — fils de Gaspard, reprend la direction en 1882 aux côtés d’Étienne Jayet. Protagoniste principal des conflits sociaux de 1886-1891.
Marie-Thérèse Mesmer (née 6 septembre 1857, légitimée le 14 août 1860) — fille de Gaspard, épouse d’Étienne Jayet. Mentionnée comme “fabricant verrier” dans le recensement de 1886 — elle détient des parts dans l’entreprise.
Étienne Jayet (19 octobre 1850 — 29 mai 1896, Fontaines-sur-Saône) — gendre de Gaspard Mesmer, associé de 1877 à 1894. Fils d’un épicier installé près de l’usine selon L’Égalité.
Francisque Jayet — frère d’Étienne, associé dans “Mesmer et Jayet Frères” (1887-1889), exploitant le site de Gerland.
Éléments techniques
L’établissement compte un four à sa création, puis quatre fours dans les années 1860. Sous “Mesmer et Jayet Frères” (1887), les deux sites réunis totalisent sept fours, dont six effectivement actifs selon la presse de 1888 : quatre aux Culattes (dont trois en fonctionnement) et deux à Gerland (dont un seul actif).
La transition technologique du bois vers la houille est au cœur de l’histoire de cet établissement. Gaspard Mesmer adapte ses fours au charbon dès l’origine. Le charbon arrive d’abord par caravanes depuis Saint-Étienne (vers 1848), puis par voie ferrée après la mise en service de la ligne (16 avril 1855) — d’où le nom commercial “Verrerie de la Gare”.
Production documentée : gobeleterie ordinaire, articles d’éclairage, bouffeterie (verre soufflé), flacons pour la pharmacie, la chimie et la parfumerie. Un brevet d’invention et de perfectionnement pour articles de moulinage est déposé dans les années 1863-1864. Des fouilles archéologiques ont retrouvé des produits de la Verrerie Jayet des années 1880, non encore consultées.
Contexte social
Le recensement de 1876 révèle la composition cosmopolite du personnel : très peu d’ouvriers originaires du Rhône, beaucoup venus de loin (Meurthe, Isère, Moselle, Ardèche, Savoie, Côte-d’Or, Var) et des étrangers de Prusse, Bade, Belgique et Italie. Parmi eux, un certain Jean Fassion, ouvrier verrier d’Isère, dont le patronyme rappelle l’ancienne dynastie verrière du Dauphiné 3.
L’article de L’Égalité du 4 mars 1891, malgré son ton polémique, constitue un document social de premier ordre sur la formation du patronat verrier lyonnais et les conditions de travail dans cet établissement 13.
Erreurs et incertitudes
Ce que dit la littérature, et ce qu’il faut corriger
Pelletier (1887) affirme que Mesmer cède son usine “en 1827” à son fils et à son gendre. Il s’agit d’une erreur manifeste : la cession intervient en 1882, confirmée par l’acte notarié du 1er juillet 1882. La confusion 1827/1882 suggère une erreur typographique jamais corrigée, reprise sans vérification dans la Revue Rive Gauche (1965).
Pelletier confond par ailleurs les deux sociétés “Mesmer et Jayet” successives : l’une avec le père Gaspard (1877-1882), l’autre avec le fils Gaspard-Philippe-Emmanuel (1882-1889). La similitude des prénoms (Philippe grand-père, Gaspard père, Gaspard-Philippe-Emmanuel fils) explique en partie ces confusions, que les actes notariés permettent de démêler avec certitude. Cela illustre néanmoins le manque de rigueur d’un historien local de cette époque, ce qui, dans le cas de Pelletier, est manifeste à plusieurs reprises dans son ouvrage. Mais ce livre constitue malgré tout une oeuvre majeure qui n’a pas d’équivalent. On doit l’accepter avec ses défauts.
La Revue Rive Gauche affirme que Gaspard Mesmer “possédait une verrerie à Poncin vers 1830-1835” avant son installation à Lyon. Cette affirmation est chronologiquement douteuse : Gaspard est né en 1814, et les verreries forestières du Bugey ferment vers 1823. Il s’agit très probablement d’une confusion avec son père Philippe ou son oncle Gaspard (né vers 1791). Il ne nous a pas été possible de découvrir d’éléments concernant cet établissement.
Points non résolus
- Le lien exact entre la verrerie Bulliod-Pély des années 1826-1841 et l’installation de Mesmer reste à établir : reprise, déplacement, coexistence ou simple succession naturelle ?
- L’acquéreur de 1894 n’est pas nommé dans les sources. Étienne Jayet est le candidat le plus probable (la “Vente Jayet” de 1898 porte sur les mêmes biens), mais cela reste à confirmer par un acte notarié.
- La date exacte de fermeture définitive est inconnue. Les sources indiquent seulement “avant 1940”.
- Les fouilles archéologiques mentionnées comme ayant retrouvé des produits Jayet des années 1880 n’ont pas été consultées.
Notes
- Collection personnelle : facture Mesmer et Jayet, 17 juin 1878.
Footnotes
-
Journal du commerce de la ville de Lyon, 16 août 1826, p. 4/4. Ordonnance royale n°8448, 6 mars 1828 (Bulletin des lois de la République française, p. 432). ↩
-
Gazette nationale ou le Moniteur universel, 5 juillet 1839. Almanach des villes de Lyon, de La Guillotière, de La Croix-Rousse et de Vaise, édition 1843. Indicateur de quinze mille adresses des habitants de Lyon, la Guillotière, les Brotteaux…, 1844, p. 162. ↩ ↩2
-
Recensements de La Guillotière et de Lyon — 1841 (chemin des Culattes, ménages 6398, 6402, 6403) ; 1846 (adresses n°3 à n°5) ; 1851 (chemin des Culattes, Les Rivières, adresse n°6) ; 1876 (chemin des Culattes, 33) ; 1886 (rue Victor Hugo, 44). ↩ ↩2 ↩3 ↩4
-
Revue Rive Gauche, n°14, octobre 1965, p. 20-21 (source principale pour le détail de la procédure administrative). Gazette nationale ou le Moniteur universel, 8 décembre 1848 (autorisation intermédiaire). ↩
-
Journal de la Guillotière, 6 avril 1845. Annuaire général du commerce, de l’industrie, etc., éditions 1849 à 1858. ↩
-
Le Progrès, 11 février 1861 (dissolution Mesmer et Dumont). Annuaire général du commerce, éditions 1859 à 1866. ↩ ↩2
-
Annuaires généraux du commerce, éditions 1863-1864 (brevet de moulinage). Salut Public, 29 novembre 1862 (lettre ouverte contre la PLM). ↩
-
Salut Public, 21 juillet 1882. Le Messager de Paris, 2 août ↩
-
Salut Public, 13 mars 1887 (formation Mesmer et Jayet Frères, acte du 26 février 1887). Salut Public, 26 janvier 1889 (dissolution au 12 janvier 1889). ↩
-
Salut Public, 29 mai 1886, 5 juin 1886, 2 juillet 1886, 12 juillet 1886, 12 septembre 1886. Le Temps, 12 juillet 1886. ↩
-
Le Cri du peuple, 7 novembre 1887. Gazette nationale ou le Moniteur universel, 8 novembre 1887. Le XIXe siècle, 9 novembre 1887. Salut Public, 9 août 1888, 10 août 1888. L’Homme libre, 25 août 1888. Le Petit Journal, 10 août 1888. ↩
-
Salut Public, 13 février 1891. Courrier de Saône-et-Loire, 13 février 1891. L’Univers, 14 février 1891. Salut Public, 22 février ↩
-
L’Égalité, 4 mars 1891. Le Stéphanois, 19 octobre 1890. Salut Public, 16 octobre 1891. ↩ ↩2 ↩3
-
Salut Public, 20 juin 1894, 22 juillet 1894. Salut Public, 20 décembre 1898. Acte de décès d’Étienne Jayet, 29 mai 1896 (Lyon, 3e arrondissement). ↩ ↩2
Personnages associés
Voir toutes les personnes liées →Sources
Annonce de l'ouverture de la verrerie 'Bulliod et Cie' à la Ferratière, commune de La Guillotière, à partir du 21 août 1826. Production : articles de parfumerie, chimie, confiseurs, distillateurs.
6 mars 1828. Autorise les sieurs Durand jeune et Bulliod à établir une verrerie à verre blanc 'près de la Vitriolerie en aval du pont de la Guillotière'. Première autorisation officielle pour une verrerie dans ce secteur.
Autorisation à Bulliod et Lacombe d'établir un four de gobeletterie 'à l'angle du chemin de la Scaronne et de l'ancien chemin de halage (Rhône)'. Emplacement correspondant probablement à la future verrerie de la Grosse Mouche (Dupuis).
Annonce publicitaire : 'MM. Mesmer fils et Saumont, dont le commerce est très étendu, tiennent un bel assortiment de toutes espèces d'objets en verrerie, gobeleterie, bouffeteries, articles chimie, flacons de tout genre.' Premier document attestant la raison sociale Mesmer et Saumont.
1841 : Simon Pély, directeur de la verrerie, chemin des Culattes ; Emmanuel Saumont, verrier, même adresse ; Philippe Mesmer, cabaretier, même chemin. 1846 : Gaspard Mesmer, 'fabricant de verre et propriétaire', 18 ans (erreur probable), même adresse que son père. 1851 : Gaspard Mesmer, 'fabricant de verre et propriétaire', 40 ans, chemin des Culattes n°6, avec Philippe Mesmer (64 ans, propriétaire) et Emmanuel Saumont (chef ouvrier logé, 48 ans). 1876 : chemin des Culattes, 33 — Gaspard Mesmer (63 ans, né en Haute-Savoie), Étienne Jayet (29 ans), Marie Mesmer (19 ans, épouse de Jayet). Personnel verrier très cosmopolite (Meurthe, Isère, Moselle, Savoie, Prusse, Bade, Belgique, Italie). 1886 : rue Victor Hugo, 44 — ménage Étienne Jayet et Marie Mesmer avec leurs enfants.
Résiliation de la société de fait entre Emmanuel-Casimir Saumont ('fabricant verrier, demeurant à Lyon, chemin des Culattes, 6') et Gaspard Mesmer. Publié dans le Salut Public du 13 octobre 1857.
Autorisation accordée à 'le sieur Mesmer' d'établir une verrerie à La Guillotière (Rhône). Confirme une activité officielle avant la légalisation de 1852.
Lettre ouverte de 'Mesmer et Cie, Verrerie de la Gare, chemin des Culattes, 6', contestant le projet de la Compagnie PLM de déplacer le fret de la gare de la Mouche à la Part-Dieu. Document confirmant le nom commercial 'Verrerie de la Gare' et la dépendance stratégique au réseau ferroviaire.
Dissolution de la 1re société Mesmer et Jayet (Gaspard père + Étienne Jayet) et formation immédiate d'une 2e société (Gaspard- Philippe-Emmanuel + Étienne Jayet), capital 200 000 francs, siège chemin des Culattes, 31. Publié dans le Salut Public du 21 juillet 1882 et Le Messager de Paris du 2 août 1882.
Publié dans le Salut Public du 13 mars 1887. Associés : Gaspard-Philippe-Emmanuel Mesmer (chemin des Culattes, 31), Étienne Jayet (rue Victor Hugo, 44) et Francisque Jayet (impasse Gerland, 26). Deux usines apportées : chemin des Culattes 31 (maison, usine, entrepôts, grande cour, jardin) et chemin de Gerland 41-43 (usine, terrains, cours, entrepôts). Apport Mesmer : 500 000 francs. Apport Étienne Jayet : 500 000 francs. Apport Francisque Jayet : 40 000 francs. Total : 1 040 000 francs.
Formation de la Compagnie générale des Verreries du Lyonnais (28 janvier 1891). Dirigée par Philippe Mesmer (rue Henri IV, 14), Dupuis père et fils (chemin de la Scaronne, 9), Jean-Charles Béroud (route de Vienne, 15) et Henri-Francisque Jayet (rue Victor Hugo, 52). Capital : 200 000 francs.
Long article sur la grève des verriers lyonnais. Témoignage précieux sur les origines sociales des patrons : Jayet fils d'épicier, Dupuis ancien comptable chez Mesmer, Philippe Mesmer 'ayant vécu misérablement dans sa jeunesse, couchant sous les fours de la verrerie'. Qualifie l'usine de 'véritable pépinière à exploiteurs'.
Annonce la fin de la grève des verriers. Accord : tarifs de 1886 rétablis ; patrons libres d'embaucher et de licencier ; Mesmer, Jayet et Béroud rallument chacun un four. Durée de la grève : environ 8 mois.
Vente par licitation des deux verreries. Lot des Culattes (chemin des Culattes 31 : 4 fours, voie ferrée, 11 690 m² + propriété adjacente 24 400 m²) adjugé le 4 août 1894 à 256 700 francs (mise à prix : 175 000 francs, soit +47%). Lot de Gerland (41-43 : 2 fours, 10 000 m²) adjugé à 117 000 francs (mise à prix : 100 000 francs).
Vente Jayet suite au décès d'Étienne Jayet (29 mai 1896). Premier lot : usine chemin des Culattes, 104 ares 90 centiares, mise à prix 125 000 francs. Second lot : terrain avec bâtiments, 2 ha 38 ares, mise à prix 175 000 francs. Surfaces correspondant à celles adjugées en 1894, ce qui confirme que Jayet avait racheté les parts Mesmer cette année-là.
Paris, 1887, pages 246-247. Source de référence pour la période mais multiplie les inexactitudes : date de cession erronée (1827 au lieu de 1882), confusion entre père et fils Mesmer, confusion entre les deux sociétés Mesmer et Jayet successives.
Synthèse utile sur l'histoire de la verrerie, mais reprend les erreurs de Pelletier et attribue à tort l'implantation à 'Philippe Mesmer fils' (c'est Gaspard qui dépose la demande en 1842). Affirme également que Gaspard aurait possédé une verrerie à Poncin vers 1830-1835, ce qui est chronologiquement douteux.
Extrait cartographique montrant l'ancien lit du Rhône ('gare d'eau de la Vitriolerie'), le chemin de la Scaronne et la 'Maison de la Grosse Mouche'. Permet de situer précisément les différents établissements verriers du secteur et leur rapport au fleuve.
Lyon, 3e arrondissement — Mariages — 1860 — 2E878 — vue 254/413. Gaspard Mesmer qualifié de 'propriétaire et manufacturier, demeurant chemin des Culattes n°6, né à La Balme (Ain) le 22 octobre 1814'. Légitimation de Marie-Thérèse Mesmer (née le 6 septembre 1857). Témoin : François Fournier, graveur sur cristaux, rue Montesquieu, 53.
Lyon, 3e arrondissement — Décès — 1856 — 2E867 — acte n°662 — vue 87/208. 'Philippe Mesmer, rentier, soixante-dix ans, fils de défunt Simon et Marie Chemit, époux de Marie Rose Buret, domicilié chemin des Culattes.' Déclarants : un employé du chemin des Culattes et un garde du fort de la Vitriolerie. Son fils Gaspard ne s'est pas déplacé.
Facture émise par 'Verrerie de la Gare, près La Guillotière — Mesmer et Jayet'. Porte les médailles de l'Exposition universelle de Lyon 1872. Adressée à un charretier de Luy, pour 190 litres de demi-lignes à 28 francs. Premier document établissant la raison sociale Mesmer et Jayet avant la dissolution-recréation de 1882.