Verrerie
Verrerie Allimand de Combeplaine
vers 1820 — 1874 (autonome jusqu'en 1854, puis Compagnie Générale)
Aussi connue sous : Allimand, Mathieu et Donzel · Allimand Mathieu · Boichot, Aroud, Haour et Cie · Allimand (direction reprise) · Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône
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Noms et raisons sociales
Histoire
Résumé
La verrerie Allimand de Combeplaine est fondée vers 1820 par Mathieu Allimand sur des terrains acquis en 1819 au quartier de Combeplaine, Rive-de-Gier. C’est une vaste verrerie à vitres avec plusieurs fours dont trois fours à étendre — une capacité significative pour l’époque.
Au cœur de son histoire se trouve un épisode remarquable : en 1849, après la faillite de Mathieu Allimand, quatorze ouvriers et artisans constituent la société Boichot, Aroud, Haour et Cie pour louer et exploiter la verrerie à leur propre compte. Parmi eux figurent Pierre et Joseph Criner (futurs Crine de Saint-Étienne), Nicolas et Pierre Haour, Célestin Raspillaire, et Philippe Aroud fils — réunion exceptionnelle de trois familles verrières que Radix Vitri documente par ailleurs séparément.
La verrerie est apportée à la Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône en 1854. La matrice des propriétaires la mentionne « en ruines » en 1874.
Historique
Fondation et premières années (vers 1820 — 1829)
Mathieu Allimand fonde son établissement vers 1820 sur des terrains acquis en août et novembre 1819 : un tènement à Combe-Plaine, acheté à Jean-Baptiste Robert et Antoine Hervier de Saint-Paul-en-Jarrêt, et une partie de maison au lieu de la Roche, achetée à Jean-Claude Berlier, négociant à Rive-de-Gier. La première mention dans les almanachs date de 1825, sous la raison sociale « Allimand, Mathieu et Donzel ».
L’établissement est une vaste verrerie à vitres avec plusieurs fours dont trois fours à étendre — une capacité significative pour l’époque. Allimand est mentionné seul dans les annuaires à partir de 1829.
La faillite et la société ouvrière (1849 — 1852)
Le 10 avril 1849, la faillite de Mathieu Allimand est prononcée par le Tribunal de commerce de Saint-Étienne. Une vente par expropriation forcée est fixée au 22 août 1849 (mise à prix : 20 000 francs). Allimand évite cependant la maison d’arrêt.
Cinq mois après la prononciation de la faillite, le 13 septembre 1849, quatorze personnes constituent devant Me Frécon, notaire à Rive-de-Gier, la société Boichot, Aroud, Haour et Compagnie pour la fabrication de verre à vitre, dont le siège est fixé “dans l’établissement de M. Allimand, quartier de Combe-Plaine”. Parmi les neuf souffleurs associés figurent Pierre Criner et Joseph Criner — qui rejoindront leurs frères et cousins à la verrerie du Mont-Bellevue dès 1854 — ainsi que Nicolas Haour, Pierre Haour et Célestin Raspillaire. Philippe Aroud, teneur de livres, est le fils du fondateur de la verrerie de la Madeleine.
La société est constituée pour six ans, mais elle est dissoute prématurément le 14 juin 1852. L’hypothèse la plus vraisemblable est que Boichot et ses associés avaient loué la verrerie à Allimand après l’échec de la vente forcée de 1849, lui permettant de conserver son bien tout en assurant la poursuite de la production.
Reprise par Allimand, cession à la Compagnie Générale, et disparition (1852 — 1874)
Mathieu Allimand reprend la direction de son établissement après la dissolution de juin 1852. La vente de la verrerie est organisée le 10 septembre 1852 — sans suite apparente. Allimand apporte finalement son établissement à la Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône le 11 septembre 1854, alors domicilié à Rozières (Haute-Loire). La purge d’hypothèques est publiée le 18 février 1855.
Sous la Compagnie, Pelletier mentionne le four de Combeplaine « dirigé par M. Allimand » parmi ses établissements. La matrice des propriétaires (AD Loire, cote 3P1325) mentionne la verrerie « en ruines » en 1874 — terminus ante quem de toute activité sur ce site.
Situation géographique
Localisation
L’usine Allimand était située au quartier de Combeplaine, Rive-de-Gier, confinée au nord par la route nationale de Lyon à Toulouse et au midi par le canal de Givors, au voisinage du quartier de la Roche, sur des parcelles acquises en 1819.
À ne pas confondre avec le second établissement verrier du même quartier, spécialisé dans les bouteilles et localisé aux sections 981 et 982 du cadastre de 1811 (environ 200 mètres au nord du confluent du Gier et du ruisseau le Firgerin, en direction de Lyon) — exploité successivement par Chavas frères puis Jean Pierre Delay et Cie jusqu’en 1865. Ce second site fait l’objet d’une fiche distincte.
État actuel
Le quartier est entièrement transformé. Aucun vestige identifié.
Personnages liés
Tours Allimand — maître souffleur, né à Saint-Antoine, décédé à Rive-de-Gier le 24 mars 1811. Père de Mathieu. Pelletier le cite comme l’un des premiers maîtres souffleurs à s’installer à Rive-de-Gier.
Mathieu Allimand — fondateur de la verrerie vers 1820. Faillite en 1849, reprise en 1852, apport à la Compagnie Générale en 1854. Domicilié à Rozières (Haute-Loire) lors de la cession.
Jean-Baptiste-Florian Boichot aîné — verrier, directeur de la société Boichot, Aroud, Haour et Cie (1849-1852). Seul à avoir la signature sociale.
Pierre Criner et Joseph Criner — souffleurs en verres à vitre, associés dans Boichot, Aroud, Haour et Cie (1849). Membres de la famille Criner/Crine de Rive-de-Gier, dont plusieurs frères et cousins fondent la verrerie du Mont-Bellevue à Saint-Étienne en 1854.
Célestin Raspillaire — souffleur en verres à vitre, associé dans Boichot, Aroud, Haour et Cie (1849). De la famille Raspillaire/Raspiller documentée dans Radix Vitri depuis les verreries de la Forêt-Noire (Sankt Blasien) jusqu’à Ingrandes-sur-Loire.
Nicolas Haour et Pierre Haour — souffleurs en verres à vitre, associés dans Boichot, Aroud, Haour et Cie (1849). Membres de la famille Haour présente dans le réseau verrier de Rive-de-Gier. À rapprocher de Jean Pierre et Barthélémy Haour présents à la verrerie de la Madeleine dès 1834.
Philippe Aroud — teneur de livres dans Boichot, Aroud, Haour et Cie (1849). Fils de Jean Aroud, fondateur de la verrerie de la Madeleine. Devient ensuite fabricant de verrerie à Brassac (Auvergne) puis rachète les verreries d’Alais (Gard).
Jean-Claude Berlier — négociant à Rive-de-Gier, vend en 1819 une parcelle au lieu de la Roche à Mathieu Allimand. À rapprocher des Berlier verriers ripagériens.
Éléments techniques
La verrerie Allimand produisait exclusivement du verre à vitres — c’est sous cette spécialisation qu’elle apparaît dans les annuaires, dans l’acte de 1849 (« fabrication du verre dit verre à vitre ») et dans la description de la vente forcée (« vaste verrerie à vitres, plusieurs fours dont trois fours à étendre »).
Cette spécialité dans le verre plat la distingue nettement du second établissement du quartier de Combeplaine, tourné vers les bouteilles — ce qui constitue l’un des indices les plus solides de la distinction entre les deux sites.
Erreurs et incertitudes
Ce que dit la littérature, et ce qu’il faut corriger
La dénomination « verrerie de Combeplaine » est trompeuse. Elle recouvre en réalité deux établissements distincts dans le même quartier : la verrerie Allimand (vitres, voisinage de la Roche) et un second établissement (bouteilles, sections 981-982 du cadastre de 1811, environ 200 m plus au nord). Pelletier (1887) traite implicitement l’ensemble du quartier comme un seul établissement, ce qui a propagé la confusion dans les sources secondaires. La différence de spécialité (vitres vs bouteilles), de localisation cadastrale et de chronologie confirme qu’il s’agit bien de deux sites autonomes. Voir la fiche Chavas-Delay pour le second établissement.
Points non résolus
- Le sort de la vente forcée de 1849 : la vente du 22 août 1849 a-t-elle abouti ou échoué ? L’hypothèse d’une location par Boichot et associés reste à confirmer par les actes notariaux.
- Les conditions de la dissolution de juin 1852 : la société Boichot, Aroud, Haour et Cie est dissoute trois ans avant son terme sans que les conditions soient connues.
- Le devenir de la verrerie entre 1854 et 1874 : sous la Compagnie Générale, l’établissement est « dirigé par M. Allimand » selon Pelletier. La date d’arrêt effectif de la production et les circonstances de la mise en ruines (abandon progressif, incendie ?) restent à documenter.
- Pierre et Joseph Criner : leur lien précis avec la famille Nicolas/Jean-Baptiste Crine reste à établir formellement par les actes d’état civil de Rive-de-Gier.
- Célestin Raspillaire : son lien avec la lignée Raspillaire/Raspiller de la Forêt-Noire et d’Ingrandes reste à documenter.
Personnages associés
Verriers
Sources
Pages 208, 210-211. Attribue la fondation à Mathieu Allimand « vers 1820 », fils de Tours Allimand, maître souffleur né à Saint-Antoine, décédé à Rive-de-Gier le 24 mars 1811. Précise que les fils Allimand « ont été les premiers à diriger des verreries dans cette commune ». Mentionne le four de Combeplaine parmi ceux intégrés à la Compagnie Générale en 1853-1854. À utiliser avec les précautions habituelles.
Publié dans L'Avenir républicain du 21 septembre 1849, p. 4. Quatorze associés : Boichot aîné (directeur), Frantz, Waible (x2), Pierre Criner, Joseph Criner, Célestin Raspillaire, Nicolas Haour, Pierre Haour (tous souffleurs en verres à vitre), Bonnard (coupeur), Bouilloux et Payre (emballeurs), Richard (forgeur), Philippe Aroud (teneur de livres). Document exceptionnel réunissant dans une même société les Criner (futurs Crine stéphanois), les Haour et les Raspillaire. Siège : « dans l'établissement de M. Allimand, quartier de Combe-Plaine ». Durée : 6 ans depuis le 10 septembre 1849.
Dissolution anticipée de la société, trois ans avant son terme prévu (10 septembre 1855). Conditions non connues à ce jour.
Annonce de la vente par expropriation forcée de la verrerie de Mathieu Allimand, quartier de Combeplaine, fixée au 22 août 1849. Mise à prix : 20 000 francs. Description : « vaste verrerie à vitres, plusieurs fours dont trois fours à étendre ». Confinée au nord par la route nationale de Lyon à Toulouse, au midi par le canal de Givors. Faillite prononcée le 10 avril 1849.
18 février 1855 : purge d'hypothèques suite à l'apport par Mathieu Allimand, « ancien maître de verrerie à Rive-de-Gier, actuellement domicilié à Rozières (Haute-Loire) », de son établissement à la Compagnie Générale le 11 septembre 1854. Précise les deux acquisitions foncières de 1819 : tènement de Combe-Plaine (27 août 1819, vendeurs Robert et Hervier de Saint-Paul-en-Jarrêt) et partie de maison au lieu de la Roche (2 novembre 1819, vendeur Jean-Claude Berlier, négociant à Rive-de-Gier).
Plan cadastral de référence pour localiser les deux établissements du quartier de Combeplaine. La verrerie Allimand occupe un tènement acquis en 1819 au voisinage du quartier de la Roche, à distinguer du site Chavas-Delay (sections 981 et 982, environ 200 mètres au nord du confluent du Gier et du ruisseau le Firgerin).
La verrerie Allimand est mentionnée « en ruines » en 1874. Terminus ante quem de toute activité sur le site. Source déterminante pour fixer la date de disparition effective de l'établissement sous la Compagnie Générale.