Verrier

Mathieu Allimand

14-15 mai 1786 — après 1854, date inconnue

Maître de verreries, fondateur de la verrerie de Combeplaine à Rive-de-Gier

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Biographie

Résumé biographique

Mathieu Allimand naît le 14-15 mai 1786 à Rive-de-Gier, cadet d’une fratrie de verriers fondée par Tours Allimand, conducteur de la verrerie royale (Claudius), et Jeanne Marie Haas, fille d’un souffleur de la verrerie de Miellin (Haute-Saône). Son parrain est Mathieu Brochier, bourgeois de Rive-de-Gier et propriétaire de la verrerie royale où travaille son père — une naissance sous patronage verrier, à la lettre. En 1804, il épouse Claudine Maigre en présence de ses quatre frères, tous « manufacturiers verriers » : la fratrie Allimand forme alors déjà un bloc dans l’industrie verrière ripagérienne.

Mathieu est le seul de ses frères à avoir fondé son propre établissement après la grande faillite familiale de 1818, dont il n’était pas partie. En 1819 il acquiert des terrains à Combeplaine, et vers 1820 fait construire une vaste verrerie à vitres avec plusieurs fours. Après une longue période de maturité, la faillite de 1849 faillit tout emporter — mais quatorze ouvriers et artisans, dont des Haour, des Raspillaire et des Criner, lui permettent de conserver son bien en constituant la société Boichot, Aroud, Haour et Cie pour en assurer l’exploitation. Il reprend la direction en 1852 et cède finalement son établissement à la Compagnie Générale le 11 septembre 1854, à une date où il a déjà quitté Rive-de-Gier pour Rozières (Haute-Loire), vraisemblablement pour rejoindre sa fille Joséphine-Étiennette, épouse du notaire Bigel. Sa date de décès reste inconnue.

Contexte familial

Père : Tours Allimand (2 août 1737, Plancher-les-Mines — 24 mars 1811, Rive-de-Gier), conducteur de la verrerie royale de Rive-de-Gier (la verrerie Claudius). Illettré — il ne sait pas signer. Pelletier le cite comme « maître souffleur né à Saint-Antoine » (confusion probable avec Plancher-les-Mines).

Mère : Jeanne Marie Haas (18 décembre 1741, verrerie de Miellin — 2 août 1816, Rive-de-Gier), fille d’un souffleur du Bief d’Étoz (Haute-Saône). Ses origines ancrent la famille dans le réseau verrier franc-comtois.

Fratrie (ordre approximatif) : Joseph (~1763), Blaise (~1768), Pierre (~1770), Maurice (~1773), Claudine (épouse de Joseph Raspillaire, co-propriétaire à la verrerie de la Roche), et Mathieu (1786) — dernier né, avec plus de vingt ans d’écart avec l’aîné. Les quatre frères aînés sont témoins à son mariage en 1804, tous qualifiés de « manufacturiers verriers ».

La faillite de 1849 et la société ouvrière

L’épisode le plus remarquable de la carrière de Mathieu Allimand est la constitution, cinq mois après sa faillite, de la société Boichot, Aroud, Haour et Compagnie (13 septembre 1849). Quatorze personnes — souffleurs, emballeurs, forgeur, coupeur, teneur de livres — s’associent pour exploiter sa verrerie, lui permettant de conserver son bien. La société est dissoute prématurément en juin 1852. Allimand reprend la direction, tente une vente en septembre 1852 (sans suite), et finit par apporter l’ensemble à la Compagnie Générale en 1854.

Descendance

De son mariage avec Claudine Maigre (†10 novembre 1845), quatre filles identifiées par la purge d’hypothèques de 1855 : Mélanie (célibataire, sans domicile connu en France au moment de la purge), Adeline (épouse de M. Baudenet, négociant), Joséphine-Étiennette (épouse de M. Bigel, notaire à Rozières, Haute-Loire — lieu de retraite probable de Mathieu), et Marie (religieuse de l’ordre de Saint-Charles, sœur Saint-Félix, domiciliée à Feurs au moment de la purge). Aucun fils : la lignée Allimand à Combeplaine s’éteint avec Mathieu.

Frise chronologique

Événement

Épouse Claudine Maigre (née 3 août 1791, fille de Pierre Maigre). Témoins : ses quatre frères Joseph, Blaise, Pierre et Maurice Allimand, tous 'manufacturiers verriers'. Officier d'état civil : A. Tei…

26 novembre 1804 (5 frimaire an XIII)
v.1820 — 11 septembre 1854
fondateur et maître de verrerie

Acquiert les terrains en 1819, fait construire la verrerie entre 1820 et 1826. Faillite 1849, reprise 1852, apport à la Compagnie Générale le 11 septembre 1854. Pelletier le cite comme 'directeur' du …

Événement

Faillite prononcée par le Tribunal de commerce de Saint-Étienne. Vente par expropriation forcée fixée au 22 août 1849 (mise à prix : 20 000 francs). Évite la maison d'arrêt pour dettes.

10 avril 1849
11 septembre 1854
Événement

Apport de la verrerie de Combeplaine à la Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône. Domicilié alors à Rozières (Haute-Loire). Purge d'hypothèques publiée le 18 février 1855.

Sources