Verrerie
Verrerie de Bourg-lès-Valence
1847 — avant 1907
Aussi connue sous : Verrerie de Valence — Billion-Durousset et Cie · Société Verrière de Valence — L. Morfin et Cie · Bleton et Compagnie · Verrerie Dériard · Verreries de la Loire et de la Drôme — Richarme Frères · P. Richarme et Cie · Société Anonyme des Verreries Richarme
Disparue — sans vestigesNoms et raisons sociales
Histoire
Résumé
La verrerie de Bourg-lès-Valence est fondée en 1847 sur les quais du Rhône par Pierre Billion-Durousset, négociant valentinois et adjoint au maire de Valence, et Henri Montmagnon, en association dans une société en commandite par actions au capital de 300 000 francs. Spécialisée dès l’origine dans la fabrication de verre à vitres, l’entreprise passe rapidement sous la direction de L. Morfin et Cie dès 1851, avant d’être mise en vente en 1856 alors qu’elle est à l’arrêt.
La vente de 1856, déclenchée par une créancière agissant au nom d’une héritière mineure, est remportée par Bleton et Compagnie… qui fait à son tour faillite. La verrerie est remise en vente en novembre 1859. C’est vraisemblablement à cette occasion que la famille Richarme, grands verriers de Rive-de-Gier, en prend possession, avec Louis-Barthélémy-Claude Dériard (1825–1891), époux s’une soeur de Pétrus Richarme, à sa tête. L’alliance est autant industrielle que familiale : Dériard a épousé Adeline Richarme, fille de Michel Richarme, tandis que son frère Barthélémy épousait Catherine Richarme le 7 mai 1856 : deux sœurs de Pétrus Richarme, lui-même le seul enfant mâle de Michel et unique dirigeant du groupe, célibataire sans descendance. Cette double alliance dynastique intègre de fait la verrerie valentinoise dans l’orbite du groupe Richarme dès la fin des années 1850, sous l’enseigne collective « Verreries de la Loire et de la Drôme ». En 1873, l’usine emploie près de 200 ouvriers et produit quotidiennement 8 000 bouteilles et 1 500 feuilles de verre plat, ce qui en fait le seul site vitrier d’un groupe autrement spécialisé dans la bouteillerie.
L’exploitation sous direction Dériard cesse en 1880. Les recensements de 1891 et 1896 ne signalent plus aucun verrier dans les immeubles Richarme, confirmant l’arrêt de la production entre 1886 et 1891. Le décès de Dériard en 1891 libère la propriété foncière du site, que la famille Richarme reprend formellement sous la raison sociale « P. Richarme et Cie », puis comme « Société Anonyme des Verreries Richarme » à partir de 1893. Les indices toponymiques disponibles pour 1907 (le site n’est plus désigné que par les noms de « quai de la Verrerie » et « Quartier de la Verrerie ») témoignent d’une mémoire industrielle survivant à l’activité elle-même. La rue Dériard, qui borde aujourd’hui l’emplacement de l’ancienne usine, est l’unique trace matérielle de cette histoire.
Les actes d’état civil révèlent deux périodes d’activité bien distinctes. La première (1851–1852) est brève mais intense : les familles Grin(n)er, Crin(n)er et Kopp s’installent quartier de la Verrerie, puis disparaissent toutes avant 1853. La seconde (1860–1878) correspond à l’intégration dans le groupe Richarme : la « maison Richarme » est omniprésente dans les actes à partir de 1862, et la communauté ouvrière se recompose avec des familles venues de tout le réseau ligérien. Après 1878, plus aucun acte verrier n’est documenté ; le recensement de 1881 confirme l’absence totale de verriers dans la commune. La verrerie a vraisemblablement cessé toute production à cette date, victime du transfert de main-d’œuvre vers le site d’Égarande lors de l’installation des fours Siemens.
Historique
Fondation et premières années (1846–1856)
Le projet d’une verrerie à Bourg-lès-Valence est annoncé publiquement dès le 10 mai 1846 dans le Courrier de la Drôme et de l’Ardèche : il est prévu un « four à dix creusets » et la « fabrication de verre à vitres ou tous autres verres d’assortiment ». L’article est signé « Billon-Durousset, Directeur et Montmagnon, Administrateur ». On note parmi les membres du conseil de surveillance la présence de « M. Thannaron, conseiller de préfecture », futur maire de Bourg-lès-Valence, dont le nom sera plus tard donné au quai sur lequel s’établira l’usine 1.
L’initiative revient à Pierre Billion-Durousset, négociant demeurant à Valence. Frère aîné du notaire parisien Saint-Albin Billion du Rousset (1812–1889), il a également exercé la fonction d’adjoint au maire de Valence entre 1835 et 1848 2. Son associé est Henri Montmagnon, propriétaire demeurant à la Vache, qui prend le titre d’administrateur co-gérant.
Un premier acte sous seings privés, passé le 16 avril 1846 devant Me B. Constant, notaire à Valence, pose les bases de la société. La constitution définitive intervient le 15 avril 1847 : la société, dénommée « Verrerie de Valence » sous la raison sociale « Billion-Durousset et Cie », est une commandite par actions dont l’objet est la fabrication de verre à vitres et la construction des bâtiments et fours nécessaires. Le siège est établi à Bourg-lès-Valence. Le capital social est fixé à 300 000 francs, divisé en 600 actions de 500 francs. Billion-Durousset détient la signature sociale unique en tant que directeur ; la durée de la société est fixée à trente ans.3
En 1850, un certain Montlovier apparaît comme directeur de la « Société Billion-Durousset et Cie », avec un paiement de 342 actions dû en décembre.4 Son identité exacte et son rôle par rapport aux fondateurs restent à établir.
La transition vers une nouvelle direction est rapide. Dès le 13 janvier 1851, la société « L. Morfin et Cie » est attestée comme « Directeurs de la Verrerie de Valence (Drôme) » sur un en-tête de commande.5 La période d’implication directe des fondateurs s’étend donc d’avril 1847 à la fin de 1850 au plus tard.
Sous la direction de Morfin, l’entreprise opère sous l’appellation « Société Verrière de Valence ». Des difficultés financières conduisent à une mise en vente judiciaire : le Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire du 19 mai 1856 annonce la « revente en suite de surenchère » d’une « vaste Usine ou Verrerie » à Bourg-lès-Valence, d’une superficie totale d’environ 53 ares, dont l’entrée principale est « au couchant sur le quai du Rhône, par une grande porte en fer ». L’usine est « actuellement en chômage et ne fonctionne pas », gardée par le sieur Mayousse, en qualité de concierge. La mise à prix est de 35 000 francs 6.
L’affaire est plus complexe qu’une simple défaillance commerciale. La requérante, « dame Catherine-Adèle Chicoutel » de Haute-Loire, agit au nom de sa fille Anna Souchier, mineure, héritière de l’abbé Étienne-Auguste Souchier (†20 septembre 1855). Cet abbé tenait ses parts par cession de Félix Fortunat Bleton, directeur du Comptoir de la ville de Valence, en décembre 1852, qui les tenait lui-même des sieurs Jean-Baptiste et Charles-Auguste Roule par actes du 26 février et 4 mai 1852. La société Bleton et Compagnie était ainsi copropriétaire de la verrerie depuis 1852, et cherche en mai 1856 à acquérir l’ensemble de l’établissement. Malgré la surenchère d’un sixième de M. Bonniot, c’est bien Bleton et Compagnie qui remporte l’adjudication 7.
Première période active : la communauté Morfin (1851–1852)
Les actes d’état civil de Bourg-lès-Valence révèlent pour la première fois la réalité humaine de cet établissement. Entre mars 1851 et décembre 1852, une petite communauté de familles loiriennes s’installe quartier de la Verrerie : Frédéric Grinner (verrier, naissances en mars 1851 et décembre 1852), Alexandre Crinner (verrier, naissance d’un fils en novembre 1852), Jean Gaspard Léon Kopp (verrier, mariage en novembre 1851, naissance d’un fils en avril 1852). Ces familles se connaissent (Kopp est témoin à la naissance du fils Crinner, Grinner est témoin à la naissance de la fille Grinner) et forment un réseau soudé, typique des migrations verrières loiriennes 8. Cette première implantation est de courte durée. La vente judiciaire de mai 1856 décrit l’usine comme « actuellement en chômage et ne fonctionnant pas », gardée par le seul Laurent-Philippe Mayousse, « employé à la Verrerie », qui s’y est marié en avril 1853. Aucun verrier ne figure au recensement de 1856 à Bourg-lès-Valence. La communauté ouvrière de la période Morfin est repartie en totalité avant 1853, vraisemblablement pour Rive-de-Gier d’où elle était issue.
La faillite Bleton et l’acquisition Richarme (1856 – 1862)
L’épisode Bleton est cependant de courte durée. Dans le Courrier de la Drôme et de l’Ardèche du 30 janvier 1859, la vente d’immeubles dépendant de la faillite Bleton et Compagnie est annoncée, dont une verrerie en cinquième lot 9. Le 2 novembre 1859, le même journal annonce la « vente d’une usine ou verrerie située au Bourg-lès-Valence, dépendant de la faillite Bleton et Compagnie », avec adjudication prévue le 7 novembre 1859 et une mise à prix de 52 000 francs 10.
C’est à cette occasion, en 1860 ou 1861 au plus tard, que la famille Richarme acquiert vraisemblablement la verrerie, incluant Pétrus Richarme mais aussi ses sœurs Catherine et Adeline, donc leurs époux respectifs Barthélémy et Louis Dériard, parmi les nouveaux propriétaires. C’est ainsi que Louis Dériard devient maître de cet établissement.
L’ère Dériard (vers 1860 – 1891)
C’est dans ce contexte que Louis-Barthélémy-Claude Dériard (1825–1891) prend la direction de l’établissement. Originaire de Givors (autre grand centre verrier régional), il est à cette époque négociant et pharmacien de formation, fils du pharmacien lyonnais Antoine-Auguste Dériard (1796–1873) 11. Son arrivée à la tête de la verrerie valentinoise n’est pas le fruit du hasard : elle s’inscrit dans un réseau d’alliances familiales et capitalistiques avec la famille Richarme.
Louis Dériard a en effet épousé Adeline Richarme, fille de Michel Richarme (1783–1856) et Jeanne Lyotard, l’un des trois frères fondateurs de la verrerie de Rive-de-Gier en 1826. Simultanément, son frère Barthélémy Dériard a épousé le 7 mai 1856 Catherine Richarme (1829–1909), sœur d’Adeline et de Pétrus. Les deux frères Dériard ont donc épousé deux sœurs de Pétrus Richarme, le seul fils de Michel, célibataire sans descendance, qui avait seul la signature sociale et dirigeait le groupe. Cette double alliance n’est pas seulement affective : elle est dynastique. Pétrus n’ayant pas d’héritier direct, ses sœurs (et donc leurs époux et enfants) étaient les successeurs naturels de l’empire. Le fils de Barthélémy et Catherine, Auguste Dériard, sera précisément l’héritier désigné à la mort de Pétrus en 1892. Dès octobre 1862, le journal Le Temps mentionne « Richarme, de la maison Richarme trois frères, maître de verreries à Rive-de-Gier (Loire) et Valence (Drôme) » : l’intégration dans l’orbite Richarme est bien établie, et bien antérieure à toute formalisation juridique 12.
Dès janvier 1865, Louis Dériard est clairement désigné comme « maître de verreries » lors de sa nomination à la présidence de la « société dite la Joute », société de secours mutuels de Bourg-lès-Valence : décret du 25 février 1865 du Ministère de l’Intérieur 13.
Sous cette direction, l’usine est établie sur le quai Thannaron à Bourg-lès-Valence. Elle connaît une croissance rapide. En 1873, elle emploie près de 200 ouvriers et produit quotidiennement 8 000 bouteilles et 1 500 feuilles de verre plat, témoignage d’une activité d’envergure régionale, avec une production diversifiée que ne possède aucun autre site du groupe 14.
En 1872, la raison sociale est officiellement rebaptisée « RICHARME Frères », coïncidant avec l’installation d’une machine à vapeur, signe d’un investissement structurant. Des en-têtes commerciaux de 1871 portent déjà la mention « VERRERIES DE LA LOIRE & DE LA DROME — Richarme Frères », avec un entrepôt à Nantes, confirmant une organisation commerciale intégrée à l’échelle nationale 15. En 1877, le groupe compte au total dix fours ; le site de Bourg-lès-Valence est le seul à produire du verre à vitres 16.
La « maison Richarme » apparaît dans les actes d’état civil dès août 1862 : la naissance de Jean Bac est déclarée depuis « son habitation, maison Richarme » au quartier de la Verrerie 17. Cette mention précoce, antérieure à toute formalisation juridique connue, confirme que Richarme était propriétaire de fait bien avant d’être propriétaire de droit.
Un détail révélateur : Louis Dériard n’apparaît dans aucun acte en qualité de témoin ou de déclarant pour les ouvriers, contrairement aux pratiques paternalistes des directeurs de verrerie ailleurs. Sa seule présence dans les registres est comme maire officiant, non comme patron. C’est Gustave Berger, « contre-maître », qui déclare le décès de Joseph Simon Heitz en 1871 comme témoin 18. Dériard gérait de loin, laissant la vie quotidienne de l’usine à ses contremaîtres.
L’exploitation sous direction Dériard prend fin en 1880, pour des raisons que les sources disponibles n’explicitent pas. Dériard conserve néanmoins la propriété foncière du site, sans doute grâce à son mariage avec une soeur Richarme : à sa mort, le 14 février 1891 à Lyon, les journaux le désignent encore comme « propriétaire de la verrerie de Bourg-lès-Valence » 19. Dès 1881, en revanche, le Journal de Montélimar mentionne une réunion se tenant dans « l’ancienne Verrerie de Bourg-lès-Valence », le terme « ancienne » signalant clairement la cessation, à cette date, de l’entité productive dirigée par Dériard 20.
Restructurations Richarme et fin d’activité (1891 — avant 1907)
Le décès de Dériard en 1891 ouvre la voie à une reprise formelle du site par la famille Richarme. La société « Richarme frères », composée à cette date de Pétrus Richarme, Adeline Richarme et Étiennette-Françoise-Philomène Richarme épouse Marrel, est dissoute au 7 avril 1891. Pétrus Richarme constitue simultanément la société « P. Richarme et Cie », en commandite par actions, avec lui-même comme seul gérant responsable. L’acte de création décrit en détail l’établissement de Bourg-lès-Valence : deux fours à bouteilles et un four à vitres, comprenant halles de verreries, bâtiments pour four à réchauffer et à étendre, forges, poteries, menuiserie, magasins, hangars, écuries, fenière, et « un grand bâtiment pour les bureaux et les logements des ouvriers, composé de caves, rez-de-chaussée, deux étages et greniers ». Deux parcelles supplémentaires de terrain sont mentionnées, dont une de 1 500 mètres environ sur le quai du Rhône 21.
Cette structure est à son tour transformée, d’abord en société anonyme le 27 mars 1893, après le décès de Pétrus Richarme en 1892, qui fait d’Auguste Dériard son légataire universel en nue-propriété, puis rebaptisée « Société Anonyme des Verreries Richarme à Rive-de-Gier » le 7 juin 1895. Des dépôts sont alors faits aux greffes de nombreuses villes, dont Paris, Marseille, Nantes, Toulouse, Romans et Valence, ce qui atteste qu’il y avait encore à cette date soit une verrerie, soit un dépôt à Valence 22. La direction passe à Auguste Dériard, fils de Barthélémy Dériard et de Catherine Richarme, donc neveu à la fois de Pétrus Richarme et de Louis Dériard.
En 1907, le Petit Marseillais ne désigne plus le site que par les toponymes « quai de la Verrerie » et « Quartier de la Verrerie », usage mémoriel plutôt qu’industriel 23. L’absence de toute mention dans les annuaires industriels du début du XXe siècle suggère que la cessation définitive de la production est intervenue avant cette date.
Situation géographique
Localisation
L’usine est établie sur le quai Thannaron à Bourg-lès-Valence (Drôme), en bordure du Rhône. Ce quai prendra ultérieurement le nom de « quai de la Verrerie », avant d’être rebaptisé quai Maurice-Barjon (partie sud) et Quai de la Liberté (partie nord), dénominations qu’il porte aujourd’hui. L’emplacement de l’ancienne usine correspond exactement à la jointure des deux dénominations actuelles. Le site borde le port fluvial de la commune, emplacement stratégique pour la réception des matières premières (sable, soude, combustible) et l’expédition des produits finis par voie d’eau vers le sud de la France et vers Marseille. Aujourd’hui, le port a été remplacé par une passerelle sur le Rhône, en face de l’emplacement de l’ancienne usine.
Le cadastre de 1853 mentionne la « Cie Verrière du Bourg Lès Valence » sur des parcelles situées le long de l’actuelle rue Dériard, dénomination qui perpétue à ce jour le souvenir du principal directeur de l’établissement.
Sources cadastrales
Le cadastre de 1853 est la principale source graphique identifiée à ce stade. Les Archives départementales de la Drôme (AD26) conservent les matrices cadastrales, les registres de patentes et les actes notariaux pour la période concernée, ces documents n’ont pas encore été consultés directement et constituent la principale piste de recherche future.
État actuel
Le site industriel a entièrement disparu. L’emplacement correspond aujourd’hui au quai Maurice-Barjon et aux abords immédiats de la rue Dériard, dans la basse ville de Bourg-lès-Valence. L’empreinte toponymique (rue Dériard, ancien quai de la Verrerie) constitue l’unique trace matérielle de cet établissement dans le paysage urbain contemporain.
Personnages liés
Pierre Billion-Durousset (fl. 1835–1851) : négociant à Valence, co-fondateur et directeur. Adjoint au maire de Valence entre 1835 et 1848. Fils d’un contrôleur des droits de navigation sur le Rhône, frère aîné de Saint-Albin Billion du Rousset (1812–1889), notaire parisien à l’étude XLVI de 1848 à 1884, dont les archives aux Archives Nationales pourraient contenir des actes relatifs à la société.
Henri Montmagnon (fl. 1847–1851) : propriétaire à la Vache, co-fondateur et administrateur co-gérant.
Albin Pierre Thannaron : conseiller de préfecture, membre du conseil de surveillance de la société fondatrice en 1846, futur maire de Bourg-lès-Valence, dont le nom sera donné au quai sur lequel s’établit l’usine.
Félix Fortunat Bleton : directeur du Comptoir de la ville de Valence. Sa société Bleton et Compagnie est copropriétaire de parts dès 1852, puis acquiert la verrerie en 1856 avant de faire faillite en 1858–1859.
Louis-Barthélémy-Claude Dériard (1825–1891) : pharmacien et négociant, originaire de Givors. Directeur puis propriétaire de la verrerie de vers 1860 à 1880 (direction), et jusqu’à sa mort (propriété foncière). Également maître de verreries à Rive-de-Gier. Président de la société de secours mutuels « la Joute » (1865). Président du conseil d’administration de la société du canal de la Bourne. Maire de Bourg-lès-Valence. Membre de la Société d’archéologie et de statistique de la Drôme depuis 1866. Décédé le 14 février 1891 à Lyon. Une fiche individu est à créer.
Pétrus Richarme (1833–1892) : successeur des trois frères fondateurs de la verrerie de Rive-de-Gier, seul fils de Michel Richarme. Principal animateur du groupe Richarme sous lequel la verrerie de Bourg-lès-Valence est intégrée. Maire de Rive-de-Gier, député de la Loire (1876–1881), chevalier de la Légion d’honneur. Célibataire sans descendance. Une fiche individu est à créer.
Auguste Dériard (fl. 1892–ap. 1895) : légataire universel en nue-propriété de Pétrus Richarme. Fils de Barthélémy Dériard et Catherine Richarme, neveu de Pétrus Richarme et Louis Dériard. Directeur de la Société Anonyme des Verreries Richarme après 1892. Une fiche individu est à créer.
Gustave Berger (fl. 1871) : contre-maître, 43 ans en 1871. Seul cadre de la verrerie identifié dans les actes. Déclare le décès de Joseph Simon Heitz en février 1871 aux côtés du maire Dériard.
Jean Pierre Griner (1801–1871) : ouvrier verrier, présent dès la première période (1851) puis revenu jusqu’à sa mort à Bourg-lès-Valence.
Charles Maison (1838–1905) : verrier à vitres, actif à Bourg-lès-Valence de 1862 à vers 1864, avant une trajectoire internationale (Viviez, Espagne).
Jean Auguste Haour (1822–1870) : verrier, décédé maison Richarme en avril 1870. Cousin des ancêtres d’Arnaud Balandras.
Maurice Sigward (1827–1871) : ouvrier verrier, décédé maison Richarme en mars 1871. Fils de Joseph Sigward et Marie Anne Haour.
Éléments techniques
La verrerie est fondée pour la fabrication de verre à vitres, production qui restera sa spécificité au sein du groupe Richarme : en 1877, elle est le seul des dix fours du groupe consacré au verre plat, les autres sites étant spécialisés dans la bouteillerie et le verre creux. L’annonce de 1846 prévoit un « four à dix creusets ».
Sous la direction Dériard, la production se diversifie pour inclure le verre creux (bouteilles) à l’aide de deux fours supplémentaires. Les données de 1873 font état d’une production journalière de 8 000 bouteilles et 1 500 feuilles de verre plat, avec un effectif d’environ 200 ouvriers, chiffres d’une usine régionale de taille significative pour l’époque.
En 1872, une machine à vapeur est installée, signe d’une modernisation substantielle coïncidant avec l’intégration formelle dans le groupe Richarme. Le site est localisé en bord de Rhône, ce qui facilitait l’approvisionnement en sable et l’expédition des produits finis vers le marché méridional et le port de Marseille.
En 1891, l’établissement comprend toujours deux fours à bouteilles et un four à vitres, avec l’ensemble des bâtiments annexes (forge, poteries, menuiserie, magasins, hangars, écuries, fenière, logements ouvriers).
Contexte social
La verrerie emploie jusqu’à 200 ouvriers en 1873 dans une commune qui ne compte alors que quelques milliers d’habitants. Elle constitue donc l’un des principaux employeurs de la basse ville de Bourg-lès-Valence, quartier populaire et cosmopolite concentré autour du port fluvial du Rhône.
Le recensement de 1872 révèle une présence verrière significative dans l’ensemble de la ville : dès les premières pages, on trouve des verriers ou des métiers liés au verre dans de nombreuses rues : place Cornas, rue Currière, rue Grenouillère, rue des Hoches, rue et place Saint-Pierre. Une majorité d’entre eux sont originaires de la Loire, berceau des Richarme : Louis Théollier (31 ans), Ambroise Vieillard (45 ans), Étienne Raspilaire (45 ans), Antoine Primat, Jean Marie Gillibert (50 ans), Jean Marie Versailles (25 ans, Rhône), Jean Dupuis (24 ans, Puy-de-Dôme), Jean Louis Primat (33 ans), Martin Armand (25 ans, Ardèche), Claude Jeanmouzin (36 ans), François Denuzière (41 ans), Marius Bertrand (33 ans), Jean Baptiste Selle (35 ans). On note aussi des tamiseurs locaux (Auguste Allovon, 36 ans, Jean Novat, 42 ans), des tiseurs (Jean Lambert, 34 ans), et des fondeurs dont Georges Coupot (27 ans, né en Haute-Saône). La présence d’Étienne Raspilaire, 45 ans, issu de la grande famille Raspiller/Raspilaire dont les origines remontent aux verriers de la Forêt-Noire et dont des membres sont attestés à Ingrandes-sur-Loire puis à Rive-de-Gier, est particulièrement notable 24.
En revanche, le recensement de 1886 ne signale plus que quelques verriers isolés dans la ville, Jean Perry (39 ans, quai Thannaron) et François Mayet ou Mayer (47 ans, place de la Liberté), et aucun dans les immeubles appartenant à Richarme Frères (rue de l’Égalité, quai de la Verrerie). Les recensements de 1891 et 1896 confirment cette disparition totale des métiers verriers dans les bâtiments Richarme : en 1896, le quai de la Verrerie existe toujours avec sept adresses, mais sans un seul ouvrier verrier. La production a donc définitivement cessé entre 1886 et 1891 25.
Louis Dériard s’implique par ailleurs dans la vie sociale locale : en janvier 1865, il est nommé président de la « société dite la Joute », société de secours mutuels, qualifié de « maître de verreries ». Cette fonction témoigne de l’insertion des maîtres verriers dans les réseaux de solidarité ouvrière de l’époque, un phénomène que l’on retrouve largement ailleurs (Vienne, Givors, etc.).
Les tensions sociales bien connues du groupe Richarme, en particulier la grande grève de 1894 à Rive-de-Gier, qui aboutit à la création de la « Verrerie aux Verriers », concernent principalement le site principal d’Égarande et n’ont pas trouvé d’écho documenté à Bourg-lès-Valence dans les sources consultées.
Deux périodes, deux communautés
Les actes d’état civil distinguent nettement deux vagues d’implantation ouvrière. La première (1851–1852), sous Morfin, est un noyau restreint de familles “ligériennes” ou liées entre elles ; elles repartent en bloc avant 1853. La seconde (1860–1878), sous Richarme, est plus diverse et plus durable : Griner/Criner, Rapp, Maison (francisation de “Haus”), Heitz, Lacombe, Terrat, Sigward, Haour, Chopin, Vieillard, des noms ligériens, vosgiens, alsaciens ou rhénans, jamais drômois. Des patriarches en fin de carrière (Jean Pierre Griner, 70 ans en 1871 ; Blaise Lacombe, 74 ans en 1874) côtoient de jeunes pères dont les enfants naissent dans la « maison Richarme ».
La rupture de 1878 et le recensement de 1881
Après 1878, les actes d’état civil de Bourg-lès-Valence ne mentionnent plus aucun verrier. Le recensement de 1881 confirme la quasi absence de travailleurs du verre dans la commune, une rupture trop brutale pour être un artéfact statistique. La coïncidence avec l’installation des fours Siemens à Égarande (Rive-de-Gier) à partir de 1877 est probablement causale : ces fours absorbèrent les meilleurs souffleurs du groupe, laissant Bourg-lès-Valence sans main-d’œuvre qualifiée. Les états de section cadastraux signalent par ailleurs une mutation des parcelles en 1882 (changement de folio inaccessible en ligne) interprétable comme une transformation d’usage, de la production vers l’entreposage. Toutefois, l’arrêt définitif des fours a eu lieu un peu plus tard, puisque l’on signale encore une poignée de verriers dans les recensements de 1886.
Erreurs et incertitudes
Ce que dit la littérature, et ce qu’il faut corriger
Le site officiel de la ville de Bourg-lès-Valence indique que Louis Dériard est « venu de Givors ». La fiche biographique CTHS le désigne quant à elle comme pharmacien lyonnais, fils d’Antoine-Auguste Dériard, pharmacien place des Jacobins à Lyon. Ces deux formulations sont compatibles : la famille Dériard est d’origine givordine (Antoine-Auguste est né à Givors le 26 mars 1796), mais a fait carrière à Lyon. Louis est donc né lyonnais de parents givordins, et la formulation “venu de Givors” est approximative.
La même source municipale qualifie Louis Dériard d’« installateur » de la verrerie, ce qui est inexact : il en prend la direction vraisemblablement à partir de 1860, soit une quinzaine d’années après la fondation par Billion-Durousset.
Points non résolus
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L’acte de mariage de Louis Dériard et Adeline Richarme reste introuvable. L’acte de mariage de son frère Barthélémy avec Catherine Richarme est daté du 7 mai 1856. Il est probable que Louis ait épousé Adeline dans la même période. Attention aux prénoms très proches des deux frères : Louis-Barthélémy-Claude et Barthélémy-Louis-Claudius, une confusion est facile dans les sources secondaires.
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L’acquéreur exact de la vente de novembre 1859 : la verrerie est mise aux enchères le 7 novembre 1859 à 52 000 francs, à la suite de la faillite Bleton. L’identité de l’adjudicataire n’a pas été retrouvée dans les sources consultées. C’est vraisemblablement la famille Richarme/Dériard, mais cela reste à confirmer aux AD26, sous-série U (faillites et adjudications).
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Identité de Montlovier (1850) : il s’agit très vraisemblablement d’Antoine de Montlovier (27 juin 1796, Crest – 3 décembre 1866, Valence), banquier valentinois, fils de Laurent, seigneur de Roynac et conseiller du Roi, maître des comptes à la Chambre du Dauphiné. Son épouse Marie Aglaé Nugues (1809–1848) était fille d’un banquier et négociant de Romans-sur-Isère : réseau de notabilités drômoises parfaitement compatible avec un investissement dans la verrerie de Billion-Durousset. Son apparition comme “directeur” en décembre 1850 est probablement un rôle de représentation des actionnaires commanditaires plutôt qu’une direction opérationnelle. À confirmer dans les actes sociaux de la « Société Billion-Durousset et Cie » aux AD26 ou aux AN (étude du notaire parisien Saint-Albin Billion du Rousset).
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La raison sociale formelle de la période Dériard (1860–1872) : aucune société publiée n’a été identifiée pour cette période. Dériard opérait peut-être sous son nom propre ou sous une commandite non publiée au Journal officiel. Les actes notariaux de Valence et les annuaires industriels (Didot-Bottin) pourraient éclairer ce point.
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La fenêtre exacte de fermeture de la production est désormais encadrée par les recensements : entre 1886 (encore quelques verriers en ville mais aucun dans les immeubles Richarme) et 1891 (aucun verrier attesté). Les registres de patentes et la presse locale (AD26, fonds Impartial de la Drôme) pourraient permettre de la préciser davantage.
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L’identité de « dame Catherine-Adèle Chicoutel » (1856) : elle est l’épouse de Thomas Souchier d’Allex (17 février 1801, Allex – ?), docteur en médecine, qu’elle a épousé le 28 décembre 1840 à Villeneuve-d’Allier (Haute-Loire). Leur fille Marie Anna, née le 8 novembre 1845 à Villeneuve-d’Allier, est l’héritière mineure au nom de qui elle agit. L’abbé Auguste Souchier (23 février 1804, Mirmande – 22 juillet 1855, Valence), aumônier du collège de Valence et auteur littéraire, était le frère de Thomas, ce qui explique pourquoi Catherine-Adèle est l’héritière naturelle de ses parts. Les circonstances dans lesquelles un ecclésiastique valentinois a acquis des parts dans une verrerie en chômage en 1852 restent à élucider : prêt consenti à Bleton, cédé en paiement ? Placement patrimonial ? Les actes notariaux de Valence (étude de Me Clerc) pourraient répondre à cette question.
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La mutation cadastrale de 1882 : le folio de destination reste inaccessible. Un accès direct aux AD26 permettrait de confirmer le changement d’usage du site à cette date.
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Les autres métiers de la verrerie : tamiseurs, fondeurs, tiseurs, magasiniers, commis, ces professions apparaissent dans les actes mais n’ont pas été recherchées spécifiquement dans les actes, même si certains apparaissent comme témoins. Une campagne ciblée sur ces termes compléterait le tableau social de l’établissement.
Notes
Footnotes
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Courrier de la Drôme et de l’Ardèche, 10 mai 1846. URL : https://www.lectura.plus/Presse/show/?id=26COURDROMAR-18460510-P-0003.pdf ↩
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Geneanet, fiche Pierre Billion du Rousset par Pascale de Prémonville. URL : https://gw.geneanet.org/ppm?n=billion+du+rousset&oc=1&p=pierre&type=fiche ↩
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Le Courrier de la Drôme et de l’Ardèche, 2 mai 1847, extrait d’acte de société publié à la suite de la constitution définitive du 15 avril 1847 passée devant Me B. Constant, notaire à Valence. URL : https://www.lectura.plus/Presse/show/?id=26COURDROMAR-18470502-P-0004.pdf ↩
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Gazette nationale ou le Moniteur universel, 26 mars 1851 (RetroNews, ark e4b87db5). Paiement de 342 actions de 500 francs pour la « Société Billion-Durousset et Cie », dû le 9 décembre 1850. ↩
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En-tête de commande « L. Morfin et Cie, Directeurs de la Verrerie de Valence (Drôme) », daté du 13 janvier 1851. Document iconographique. © Collection privée Arnaud Balandras. ↩
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Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 19 mai 1856 (RetroNews, ark 5190fd38). Annonce de revente par surenchère. ↩
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Ibid. La chaîne de propriété est reconstituée à partir du même article : Roule → Bleton (actes du 26 février et 4 mai 1852) → abbé Souchier (cession décembre 1852) → Anna Souchier (héritière, héritage confirmé par codicile du 11 juillet 1855, Souchier décédé le 20 septembre 1855). Mme Chicoutel agit pour le compte de sa fille mineure. Bleton et Compagnie remporte néanmoins l’adjudication. ↩
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Actes d’état civil de Bourg-lès-Valence, AD26, cote 5 Mi 4/R27A (1851–1852). Naissance de Marie Berthe GRINNER, 26 mars 1851, acte n°23 ; mariage KOPP × BAISE, 15 novembre 1851, acte n°39 ; naissance de Frédéric CRINNER, 4 novembre 1852, acte n°105 ; naissance de Mariette GRINNER, 24 décembre 1852, acte n°105. ↩
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Courrier de la Drôme et de l’Ardèche, 30 janvier 1859. Vente d’immeubles de la faillite Bleton et Compagnie, verrerie en 5e lot. ↩
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Courrier de la Drôme et de l’Ardèche, 2 novembre 1859. Adjudication prévue le 7 novembre 1859, mise à prix 52 000 francs. ↩
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Bonté, Frédéric, “Les Dériard, pharmaciens et numismates lyonnais”, Revue d’histoire de la pharmacie, 84e année, n° 311, 1996, pp. 377–383. Fiche CTHS, Louis-Barthélémy-Claude Dériard (https://cths.fr/an/savant.php?id=110543). ↩
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Le Temps, 10 octobre 1862 (RetroNews, ark 34ff0045). Sur la double alliance matrimoniale et la généalogie Richarme : acte de Me Frécon, notaire à Rive-de-Gier, 9 avril 1864, publié au Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 21 avril 1864, p. 4/4 (RetroNews, ark 07de5740). ↩
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Bulletin des sociétés de secours mutuels, janvier 1865. Décret du 25 février 1865 du Ministère de l’Intérieur. Nomination de « M. Dériard Louis, maître de verreries » à la présidence de la société dite la Joute, en remplacement de M. Tâche décédé. ↩
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Ville de Bourg-lès-Valence, « Toutes les informations — Cadre de vie » (https://www.bourg-les-valence.fr/cadre-de-vie/toutes-les-informations-cadre-de-vie/). Données reprises par plusieurs sources secondaires sans indication de source primaire — à confirmer dans la presse ou les annuaires de l’époque. ↩
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En-têtes commerciaux « VERRERIES DE LA LOIRE & DE LA DROME — Richarme Frères », 1871, avec mention d’un entrepôt à Nantes. Documents philatéliques/commerciaux (Delcampe). ↩
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Fiche Radix Vitri « Verreries de Grand-Croix et Lorette » : en 1877, l’ensemble des Verreries de la Loire et de la Drôme possédait 10 fours, dont un seul (à Bourg-lès-Valence) produisait du verre à vitres. ↩
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Naissance de Jean BAC, 11 août 1862, AD26, cote 2 Mi 727/R1, acte n°68, vue 601. Premier acte mentionnant la « maison Richarme ». ↩
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Décès de Joseph Simon HEITZ, 23 février 1871, AD26, cote 2 Mi 727/R2, vue 477. Signé « Gustave Berger », « Pierry A », « Dériard ». ↩
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Journal de Montélimar, 21 février 1891 (RetroNews, ark aabd38ee). Titre complet : « président du conseil d’administration de la Bourne et propriétaire de la verrerie de Bourg-lès-Valence ». ↩
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Journal de Montélimar, 9 juillet 1881 (RetroNews, ark c0355877). Réunion se tenant à « l’ancienne Verrerie de Bourg-lès-Valence », présidée par un M. Bontoux dont le rôle exact reste indéterminé. ↩
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Le Sémaphore de Marseille, 26 avril 1891 (RetroNews, ark e537baf0) pour la dissolution. La Dépêche, 12 mai 1891 (RetroNews, ark 13b846b2) pour la création de « P. Richarme et Cie » et la description détaillée de l’établissement. ↩
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Le Petit Marseillais, 20 juin 1895 (RetroNews, ark 492e2a03). Conversion en SA le 27 mars 1893, dénomination définitive « Société Anonyme des Verreries Richarme à Rive-de-Gier » le 7 juin 1895. Auguste Dériard, légataire universel en nue-propriété de Pétrus Richarme (†1892). ↩
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Le Petit Marseillais, 16 février 1907 (RetroNews, ark d28865ef). Mentions toponymiques « quai de la Verrerie » et « Quartier de la Verrerie » — usage mémoriel plutôt qu’industriel actif. ↩
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Recensement de 1872, Bourg-lès-Valence, Archives départementales de la Drôme, cote 6 M 209. La liste n’est pas exhaustive — seuls les verriers et métiers directement liés au verre ont été retenus. Étienne Raspilaire appartient à la grande famille Raspiller/Raspilaire, dont les origines remontent aux verriers de la Forêt-Noire et dont des membres sont attestés à Ingrandes-sur-Loire puis à Rive-de-Gier (voir fiche Radix Vitri « Verrerie de Jalabert, Rive-de-Gier »). ↩
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Recensements de 1886, 1891 et 1896, Bourg-lès-Valence, Archives départementales de la Drôme, cote 6 M 209. ↩
Personnages associés
Aucun personnage notable n'est renseigné. Voici les premières personnes liées au lieu.
Verriers
Sources
Courrier de la Drôme et de l'Ardèche, 10 mai 1846. Première annonce publique, antérieure à la constitution formelle. Mentionne un 'four à dix creusets', la 'fabrication de verre à vitres ou tous autres verres d'assortiment', et la composition du conseil de surveillance dont M. Thannaron, conseiller de préfecture et futur maire de Bourg-lès-Valence.
Le Courrier de la Drôme et de l'Ardèche, 2 mai 1847. Source primaire de référence sur la fondation : raison sociale, capital, durée, objet social, dirigeants.
Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 19 mai 1856. Annonce judiciaire : superficie de 53 ares, entrée principale sur le quai du Rhône par une grande porte en fer, usine en chômage gardée par le sieur Mayousse, concierge. Mise à prix : 35 000 francs. Mme Chicoutel (de Haute-Loire) agit au nom de sa fille Anna Souchier, mineure, héritière de l'abbé Étienne-Auguste Souchier (†20 septembre 1855). Bleton et Compagnie remporte l'adjudication.
Courrier de la Drôme et de l'Ardèche, 30 janvier 1859. Annonce de la vente d'immeubles dépendant de la faillite Bleton et Compagnie, dont une verrerie (5e lot).
Courrier de la Drôme et de l'Ardèche, 2 novembre 1859. Adjudication prévue le 7 novembre 1859, mise à prix 52 000 francs. Vraisemblablement le moment d'acquisition par la famille Richarme/Dériard.
Le Temps, 10 octobre 1862. Première attestation publique du nom Richarme associé à Valence.
Gazette nationale ou le Moniteur universel, 13 novembre 1868. Désigne explicitement Louis Dériard comme directeur.
Journal de Montélimar, 21 février 1891. Dériard désigné "président du conseil d'administration de la Bourne et propriétaire de la verrerie de Bourg-lès-Valence" au moment de son décès. Décédé le 14 février 1891 à Lyon.
La Dépêche, 12 mai 1891. Description détaillée de l'établissement de Bourg-lès-Valence repris dans la nouvelle société.
Le Petit Marseillais, 20 juin 1895. Approbation de la transformation en SA le 7 juin 1895. Dépôts aux greffes de Paris, Marseille, Nantes, Toulouse, Romans et Valence.
Fiche biographique CTHS. Confirme les dates 1825–1891, le titre de "maître de verreries à Rive-de-Gier", le mandat de maire de Bourg-lès-Valence, et l'appartenance à la Société d'archéologie et de statistique de la Drôme (membre depuis 1866). Mentionne la nécrologie dans le Bulletin de ladite société, 1891, p. 231.
Archives départementales de la Drôme, cotes 5 Mi 4/R27A (1851–1852) et 2 Mi 727/R1 (1852–1863) et 2 Mi 727/R2 (1864–1876). Naissances, mariages et décès constituant la principale source primaire sur la communauté ouvrière de l'établissement.
Archives départementales de la Drôme, cote 6 M 209. Recensement de 1872 : nombreux verriers loiriens dans toute la ville. Recensement de 1886 : quelques verriers isolés mais aucun dans les immeubles Richarme (rue de l'Égalité, quai de la Verrerie). Recensement de 1891 : aucun verrier ni métier lié au verre quai de la Verrerie ou rue de l'Égalité. Recensement de 1896 : aucun ouvrier verrier recensé, mais le quai de la Verrerie existe toujours avec 7 adresses.
Revue d'histoire de la pharmacie, 84e année, n° 311, 1996, pp. 377–383. Biographie des deux générations Dériard (père et fils). Source de référence sur l'origine familiale lyonnaise et givordine.