Personnalité

Pierre Billon du Rousset

2 mai 1796 — 16 novembre 1864

Négociant valentinois, adjoint au maire de Valence, commissaire aux chemins de fer, fondateur et directeur de la verrerie de Bourg-lès-Valence

Biographie

Pierre Billon du Rousset (ou Billion-Durousset selon les graphies) naît le 2 mai 1796 à Bourg-lès-Valence, dans une famille de notables dauphinois enracinée depuis plusieurs générations dans les villes du couloir rhodanien. Il est le fils de Pierre Billion du Rousset (21 mai 1754, Coublevie, Isère – 12 mai 1825, Valence), contrôleur des droits de navigation sur le Rhône, et de Jeanne Marthe Roche (31 décembre 1766, Valence – 30 avril 1815, Valence), fille de Jean Louis Claude François Roche, négociant de Bourg-lès-Valence, et petite-fille de Claude Roche, receveur des péages, et de Suzanne Starot de Saint-Germain, issue d’une famille de bourgeois de Romans dont certains fils portaient le titre d’écuyer.

Liens familiaux et réseau valentinois

La famille Roche est au cœur du réseau de notabilités qui entoure la fondation de la verrerie. La sœur de Jeanne Marthe Roche, Marie Marthe Christine Roche (1748–1826), a épousé Pierre Thannaron, receveur de péages, dont elle a eu Albin Pierre Thannaron (1788–1874 environ), plusieurs fois maire de Bourg-lès-Valence entre 1830 et 1875 et membre du conseil de surveillance de la verrerie dès son annonce publique en mai 1846. Pierre Billon du Rousset et Albin Pierre Thannaron étaient donc cousins germains, ce qui éclaire d’un jour nouveau la présence de Thannaron dans l’affaire : il n’était pas un notable coopté, mais le cousin du fondateur, engagé dans le projet dès son origine.

Un acte d’état civil exceptionnel confirme et matérialise ce réseau. Le 2 décembre 1831, Pierre Billion Durousset, « négociant en cette ville », déclare la naissance de son fils Pierre Émile à la mairie de Valence devant l’officier d’état civil Delacroix. Les deux témoins qui l’accompagnent sont Claude Falcon, propriétaire, grand-père maternel de l’enfant, et Pierre Albin Thannaron, maire du Bourg-lès-Valence, son cousin germain, déjà maire depuis un an. Les deux hommes signent ensemble l’acte. Ainsi, quinze ans avant la fondation de la verrerie, la structure du futur projet est déjà là, en germe dans cet acte de naissance : le négociant, son réseau de notables valentinois, et son cousin le maire de Bourg-lès-Valence, futur membre du conseil de surveillance.

Pierre a un frère cadet, Pierre Jules Billion du Rousset, prêtre, aumônier du couvent du Saint-Sacrement à Alixan (Drôme), décédé le 5 décembre 1859. C’est à l’occasion de ce décès que Pierre est désigné comme « commissaire administratif des chemins de fer domicilié à Lyon ».

Carrière

Négociant à Valence, Pierre Billon du Rousset exerce la fonction d’adjoint au maire de Valence de 1835 à 1840. En 1842, il est qualifié de « négociant » lors de la naissance de sa fille Marie Marthe Henriette Amélie à Valence, en présence de Claude Falcon, ex-payeur du département de la Drôme (grand-père maternel de l’enfant), et d’Étienne-André Javelas, architecte-voyer de la ville de Valence, deux figures de l’establishment valentinois.

En 1851, il est « commissaire de surveillance administrative du Chemin de fer de Dijon–Châlons-sur-Saône, domicilié à Châlons-sur-Saône » lors du mariage de sa fille Marie-Amélie à Valence. Sa carrière suit ainsi la trajectoire de nombreux notables de la monarchie de Juillet et du Second Empire, qui s’engagent dans les grandes entreprises d’infrastructure de la seconde moitié du XIXe siècle : après le commerce et l’administration locale, les chemins de fer.

Il décède le 16 novembre 1864 à Lyon, à 68 ans, « chemin des grandes terres 31 ». Il demeurait au « 7 rue Duhamel, Lyon » et était alors « propriétaire » 1.

La fondation de la verrerie

C’est Pierre Billon du Rousset qui annonce publiquement, le 10 mai 1846 dans le Courrier de la Drôme et de l’Ardèche, le projet d’une verrerie à Bourg-lès-Valence : « un four à dix creusets » pour la fabrication de verre à vitres. La société « Verrerie de Valence — Billion-Durousset et Cie » est constituée le 15 avril 1847 avec un capital de 300 000 francs en 600 actions de 500 francs. Il en est le directeur avec signature sociale unique.

Son associé co-gérant est Henri Montmagnon, propriétaire à la Vache. Le conseil de surveillance comprend notamment son cousin Albin Pierre Thannaron, alors conseiller de préfecture. Dans les commanditaires figure probablement Antoine de Montlovier (1796–1866), banquier valentinois, dont le nom apparaît comme directeur en 1850 dans un document sur le paiement des actions.

La direction effective de l’usine passe à L. Morfin et Cie dès le 13 janvier 1851. Pierre Billon du Rousset s’en était peut-être éloigné dès la fin de 1850, à la faveur de ses nouvelles fonctions dans les chemins de fer qui l’éloignent progressivement de Valence pour le mener à Châlon-sur-Saône puis à Lyon.

Il a un frère aîné célèbre : Saint-Albin Billion du Rousset (1812–1889), notaire parisien à l’étude XLVI de 1848 à 1884, dont les archives aux Archives Nationales pourraient contenir des actes relatifs à la société verrière.

Footnotes

  1. acte de décès de « Billon du Rousset (Pierre) âgé de soixante-huit ans », Archives municpales de Lyon, 5e arrondissement, Décès 1864, cote 2E1173, acte n°1129, vue 217 / 251. Permalien

Frise chronologique

Événement

Adjoint au maire de Valence.

1835–1840
1846 — vers 1851
Directeur fondateur

Initiateur et directeur de la société « Verrerie de Valence — Billion-Durousset et Cie » (1847). Signature sociale unique. Quitte la direction fin 1850 au plus tard.

Événement

Commissaire de surveillance administrative du Chemin de fer de Dijon–Châlons-sur-Saône, domicilié à Châlons-sur-Saône lors du mariage de sa fille Amélie à Valence (3 février 1851).

1851
1859
Événement

Qualifié de 'commissaire administratif des chemins de fer domicilié à Lyon' lors du décès de son frère l'abbé Pierre Jules Billion du Rousset à Alixan (5 décembre 1859).

Parcours géographique

1 verrerie

Sources