Personnalité
Gaspard Thévenot
1667 — 1729
Marchand verrier, bourgeois de Paris et maître de la verrerie du Vivier à Folembray
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Biographie
Gaspard Thévenot est un bourgeois de Paris, marchand verrier et faïencier, qui fonde en 1709 la manufacture du Vivier à Folembray (Aisne), l’une des plus anciennes verreries à bouteilles de France, en activité jusqu’en 1952. Son projet repose sur une analyse commerciale lucide : il identifie parmi les premiers le potentiel du marché parisien de la bouteille standardisée, rendu exponentiel par l’essor du champagne mousseux depuis 1690.
Propriétaire de terres au hameau du Vivier, Thévenot avait suivi avec attention la création d’une glacerie éphémère dans les ruines du château royal de Folembray vers 1700. Il choisit un emplacement à 99 mètres de la chaussée Brunehaut, à la lisière de la forêt de Coucy, combinant l’accès au sable local, au bois combustible, à l’eau et à la voie fluviale de l’Oise vers Paris. Il adresse une demande au duc d’Orléans et obtient l’autorisation royale le 31 janvier 1709 pour fabriquer « bouteilles et carafons de verre ». La manufacture prend rapidement rang parmi les meilleures verreries à bouteilles : elle obtient le titre de verrerie royale en 1715. En 1717, Thévenot est autorisé à élargir sa gamme. Vers 1720, ses forgeurs de bouteilles créent un modèle spécifique qui porte son nom : la thévenotte de Folembray, bouteille trapue à verre vert foncé dont la forme survivra à son inventeur et inspirera des contenants ultérieurs (dont, selon la tradition locale, la bénédictine). En 1725, une chapelle est construite dans l’enceinte de la manufacture, bénite par l’évêque de Laon.
Il s’entoure de spécialistes recrutés dans les Ardennes, qui effectuent d’abord des campagnes annuelles avant que certaines familles ne se fixent. Parmi ses agents figure un certain François des Rozier, 64 ans, « ancien officier dans le régiment de Champagne et bourgeois de Paris », décédé à la manufacture en 1739, preuve de la diversité sociale du petit monde du Vivier. Sa nièce, Louis Urbain Thévenot, est cité comme « marchand d’orfèvre et bourgeois de Paris », témoin à ce même décès.
Gaspard Thévenot décède en 1729. Sa veuve cède la verrerie au fils d’un de ses premiers ouvriers, Guillaume Féret, qui s’était associé avec le sieur de Saint-Mars. La thévenotte, dans sa forme originale, ne survit probablement pas à la disparition de son fondateur.
Notes
Thévenot incarne un type d’entrepreneur verrier rare à son époque : non pas un gentilhomme verrier ni un technicien issu du métier, mais un marchand parisien qui investit dans la production verrière avec un raisonnement de distributeur, en calculant les débouchés avant de construire les fours. Son positionnement sur la bouteille, au moment précis où le champagne mousseux crée une demande de contenants résistants, fait de lui un précurseur de la verrerie industrielle tournée vers le marché de grande consommation.
Frise chronologique
Obtient le 31 janvier 1709 l'autorisation royale de construire une verrerie au lieu-dit le Vivier. En 1715, la manufacture obtient le titre de 'verrerie royale'. En 1717, autorisé à étendre la fabrica…
Parcours géographique
1 verrerie
Sources
- autre Gaspard Thévenot fondateur de la Verrerie du Vivier — folembray.net https://www.folembray.net/verrerie106.html
Page détaillée sur le fondateur, son positionnement commercial et la thévenotte.
- autre Histoire de la verrerie au site du Vivier — folembray.net https://www.folembray.net/verrerie.html
Contexte général : fondation, titre royal, mort et cession à Féret.