Verrerie
Verreries Rondes
vers 1807 — 1854
Aussi connue sous : May frères · Teillard frères · Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône
Disparue — sans vestigesNoms et raisons sociales
Histoire
Résumé
Les Verreries Rondes sont fondées vers 1807 à Rive-de-Gier par les frères May, entre le canal de Givors et le Gier, au quartier des Verchères. Spécialisées dans les bouteilles et la topetterie, elles sont expropriées en 1824 à la suite de la faillite de la société May frères, puis rachetées en 1834 par les frères Teillard — une vieille famille ripagérienne — qui les exploitent pendant vingt ans. Cédées en 1853 à la Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône, elles s’effondrent physiquement à la suite de travaux de mines et sont éteintes définitivement en 1854. Le site est entièrement rasé dès 1887.
Cet établissement est l’origine de la famille May dans le monde verrier givordain : après la faillite et l’expropriation de 1824, Jean-Baptiste May rachète en 1855 la Cristallerie de Givors désaffectée et la transforme en verrerie à bouteilles, ouvrant la voie aux Nouvelles Verreries de Givors fondées par Neuvesel en 1864.
Historique
Les May frères et la fondation (vers 1807 — 1824)
L’établissement est fondé vers 1807 par les frères May, maîtres verriers à Rive-de-Gier. Le site est choisi au quartier des Verchères, entre le canal de Givors et le Gier — position logistique favorable, à la jonction des voies d’eau et du bassin houiller. La production porte sur les bouteilles (cinq fours) et la topetterie (petits flacons, via la verrerie des Verchères adjacente avec un four).
La société May frères connaît des difficultés financières. Par adjudication du Tribunal civil de Saint-Étienne le 25 novembre 1824, elle est expropriée et le site vendu à un groupe de quinze acquéreurs intermédiaires.
Les Teillard frères (1834 — 1853)
Le 6 juin 1834, Antoine et Étienne Teillard jeune — « vieille famille ripagérienne » selon Pelletier — rachètent les Verreries Rondes auprès des quinze vendeurs intermédiaires, avec une petite extension acquise auprès de la Compagnie du Canal de Givors en mars 1840.
En 1853, les deux établissements Teillard sont décrits comme comprenant six fours au total : cinq fours à bouteilles aux Verreries Rondes et un four à topettes à la verrerie des Verchères, voisine, située entre le chemin vieux et la rivière du Gier.
Le 11 février 1851, une crue importante du Gier endommage gravement l’établissement, avec des pertes estimées à 50 000 francs. L’article de presse qui rapporte l’événement cite également les dégâts subis par les verreries Berlier frères, Hutter, Jalabert et Robichon — panorama complet des établissements verriers ripagériens de l’époque.
La Compagnie Générale et la fermeture (1853 — 1854)
En août 1853, M. Et. Teillard-Coutéat cède les deux établissements à la Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône, dans laquelle il devient sous-gérant avec MM. Hutter et Ch. Raabe. La société Teillard frères est encore citée dans l’Annuaire du commerce de 1853.
La fermeture intervient rapidement : les Verreries Rondes s’effondrent à la suite de travaux de mines — le sous-sol de Rive-de-Gier est miné de galeries houillères qui fragilisent le bâti. La Compagnie Générale les éteint en 1854. En 1887, selon Pelletier, l’établissement est entièrement rasé et a fait place à un dépôt de scories.
En 1861, le recensement confirme qu’il n’y a plus de verriers rue des Verreries Rondes — seulement des chaudronniers et des mineurs.
Situation géographique
Localisation
Les Verreries Rondes sont situées à Rive-de-Gier (Loire), entre le canal de Givors et le Gier, en amont du pont Brunon, au quartier des Verchères. Plus précisément : au-dessus de l’usine Barthélemy Brunon, entre le canal et le quai du Moulin. La verrerie des Verchères (1 four à topettes), distincte mais appartenant aux mêmes exploitants, se trouvait entre le chemin vieux et la rivière du Gier — entre la Rue Vieille des Verchères et le canal de Givors.
En 1894, le plan de J. Jolly montre encore une Rue des Verreries Rondes partant de la hauteur du pont Brunon (en face de la gare d’Égarande, disparue) jusqu’à la Rue Déserte (disparue également), laquelle poursuivait jusqu’au pont d’Égarande.
État actuel
Entièrement rasé dès 1887, remplacé par un dépôt de scories puis par une zone commerciale. Un Bricomarché occupe aujourd’hui l’emplacement. Aucun vestige identifié.
Le lien avec Jean-Baptiste May et les Nouvelles Verreries de Givors
La faillite de la société May frères en 1824 et leur expropriation par le tribunal de Saint-Étienne constituent le point de départ d’une trajectoire familiale remarquable. Jean-Baptiste May — vraisemblablement issu de cette même famille — rachète en 1855 la Cristallerie de Givors désaffectée au quartier de la Freydière, transforme les fours à cristal en un four à bouteilles et y relance une production de verre commun. En 1864, son établissement est racheté par Jean-Baptiste de Neuvesel pour fonder les Nouvelles Verreries de Givors.
Ainsi, du désastre de 1824 à Rive-de-Gier naît, trente ans plus tard, le plus grand établissement verrier du sud-est de la France. Tout, dans ce monde verrier givordano-ripagérien, est lié.
Erreurs et incertitudes
Points non résolus
- L’identité précise de Jean-Baptiste May par rapport aux frères May des Verreries Rondes : fils, neveu, cousin ? Les actes notariaux de Rive-de-Gier et Givors (AD Loire et AD Rhône) permettraient de trancher.
- La période 1824-1834 : qui gère ou exploite l’établissement entre l’expropriation et le rachat par les Teillard ? Les quinze vendeurs de 1834 ont-ils tenté de le faire fonctionner ?
- La verrerie des Verchères : fiche distincte à créer si des sources supplémentaires permettent de la documenter séparément des Verreries Rondes.
- Les travaux de mines ayant causé l’effondrement : quelle mine, à quelle date précise ?
Personnages associés
Aucune personne liée n'a été trouvée pour cette verrerie.
Voir toutes les personnes liées →Sources
Page 206. 'MM. Teillard, vieille famille Ripagérienne, avaient acquis les Verreries rondes des frères May, qui les avaient fondées vers 1807 ; ils fabriquaient des bouteilles et de la topetterie. M. Et. Teillard-Coutéat céda, en 1853, les Verreries rondes à la Compagnie Générale de la Loire et du Rhône, dans laquelle il devint sous-gérant avec MM. Hutter et Ch. Raabe. Ces verreries s'effondrèrent à la suite des travaux des mines. La Compagnie Générale les éteignit aussitôt après, en 1854.'
11 février 1851. Crue importante du Gier endommageant plusieurs établissements verriers dont les Verreries Rondes des frères Teillard. Pertes estimées à 50 000 francs pour la maison Teillard.
12 octobre 1853. Annonce de Me Guillot, de Rive-de-Gier, de la purge d'hypothèques légales sur les Verreries Rondes, acquises par les frères Teillard le 6 juin 1834. Figurent les noms des 15 vendeurs intermédiaires, et l'information que ceux-ci avaient précédemment acquis le site 'aux termes d'une adjudication tranchée devant le Tribunal civil de Saint-Étienne, le 25 novembre 1824, ensuite d'expropriation sur la société May frères, maîtres de verreries à Rive-de-Gier'.
21 février 1855. Purge d'hypothèques suite à l'intégration dans la Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône. Décrit toutes les personnes impliquées et l'historique complet de l'établissement.