Verrerie
Verreries de Grand-Croix et Lorette
1851 — env. 1900
Aussi connue sous : Verrerie Terrat fils aîné · Compagnie des verreries de Grand-Croix et d'Assailly — François Jaboulay et Compagnie · Verreries de la Loire et de la Drôme — Richarme Frères · P. Richarme et Cie
Disparue — sans vestigesNoms et raisons sociales
Histoire
Résumé
Les verreries de Grand-Croix et Lorette naissent au début des années 1850 dans un interstice industriel singulier de la vallée du Gier : ni forge, ni mine, mais un atelier verrier artisanal au service de la passementerie stéphanoise. C’est la famille Terrat qui, au hameau de la Sicarde sur la commune de Saint-Paul-en-Jarez, exploite un premier four à vitres converti en bouteillerie, produisant surtout les fuseaux, baguettes et carvagnoles en verre poli indispensables aux métiers à tisser le ruban de soie. Cet établissement modeste, évalué à peine 5 000 francs lors de sa mise aux enchères par expropriation en 1857, est déjà exploité à cette date par un certain Villard et un ambitieux entrepreneur, François Jaboulay.
C’est Jaboulay qui va transformer radicalement l’échelle du projet. En novembre 1858, il constitue une société en commandite par actions au capital de 150 000 francs, porté à 180 000 en décembre, pour bâtir ex nihilo une grande verrerie moderne de l’autre côté du ruisseau Dorlay, sur la commune de Lorette au lieu-dit Assailly ou Côte-Granger. Cette nouvelle usine, équipée de deux fours à bouteilles à huit places chacun, d’une halle en briques, d’une cheminée de vingt-trois mètres et d’une machine à vapeur, représente un saut technologique et capitalistique sans commune mesure avec l’atelier Terrat. Elle constitue l’un des rares sites industriels verriers construits ex nihilo dans cette vallée dominée par le charbon et l’acier. Mais l’ambition de Jaboulay dépasse ses moyens : confrontée à la crise financière de 1857–1858, incapable de rentabiliser un investissement colossal en moins de deux ans, la société est mise en liquidation en mars 1860, son gérant démis par les commanditaires. Les deux verreries, toujours invendues lors d’une première adjudication en août 1861, ne trouvent finalement acquéreur qu’à la troisième tentative, et seulement pour le site d’Assailly : la société Richarme Frères de Rive-de-Gier l’emporte pour 21 175 francs — soit 12 % du capital initial.
Intégrée dès 1862 dans les “Verreries de la Loire et de la Drôme”, la verrerie d’Assailly-Lorette devient le troisième pilier du groupe Richarme, aux côtés des sites d’Égarande (Rive-de-Gier) et de Bourg-lès-Valence. La petite verrerie de Grand-Croix est quant à elle abandonnée sans délai : en 1891, il n’en reste qu’un terrain ayant servi de crassier. Le site d’Assailly, maintenu en activité pendant plus de trente ans, ne bénéficie pas des investissements majeurs consentis à Égarande — les fours à fusion continue Siemens n’y sont jamais installés. Sa valeur comptable, de 20 000 francs en 1891, témoigne d’un déclassement complet. La fermeture définitive intervient avant 1900, très probablement dans le sillage de la grande grève de 1894 et des restructurations qui s’ensuivent.
Historique
La verrerie Terrat et le verre de la passementerie (1851–1857)
L’existence d’une vocation verrière dans ce secteur de la vallée du Gier précède toute trace documentaire commerciale. Le recensement de 1851 à Saint-Paul-en-Jarez révèle, dans le hameau de la Sicarde, deux familles de verriers voisines : celle de François Carron, 48 ans, et celle de Pierre Terrat, 42 ans, qui vit et travaille avec son fils Benoît, 28 ans. Au quartier de Grand’Croix, on trouve également Pierre Rousset, verrier de 42 ans.1 À la même date, aucun verrier n’est recensé à Lorette, ni à Assailly, ni au quartier Dorlay — le futur site industriel est alors occupé par des ouvriers des aciéries Jackson et des mineurs.2
La naissance, le 1er octobre 1852, de Claude Roche, fils du verrier Jean Roche “demeurant à la Sicarde”, ancre définitivement ce hameau comme point d’origine de l’aventure verrière locale.3 Les almanachs du commerce de 1853 et 1854 restent muets sur toute verrerie dans ces communes — l’établissement opère alors sans publicité officielle.4
La première mention commerciale connue date du 4 mai 1853 : dans le journal L’Industrie, une annonce informe “les passementiers” que M. Chambeyron-Moussy, propriétaire de verreries à Outrefurens, et M. Terrat fils aîné, propriétaire de verrerie à Saint-Paul-en-Jarrêt, ont établi des dépôts à Montaud et Saint-Étienne. Le tarif est précis : fuseaux bouclés à 3,50 fr. le mille, fuseaux garnis à 7 fr. le mille, baguettes de verre à 20 centimes le demi-kilo.5 L’almanach du commerce de 1855 complète ce tableau : l’établissement produit des “bouteilles de toutes qualités” et des “cruches à bières”, mais sa vocation première reste les articles pour la passementerie — “fuseaux et barres pour la rubannerie, verres de maillon, barbin, carvagnoles pour le moulinage”.6 C’est une production de niche, intimement liée au tissu économique stéphanois : le verre poli, résistant à l’abrasion du fil de soie, est indispensable au fonctionnement des métiers à tisser le ruban.
Le recensement de 1856 à Saint-Paul-en-Jarez retrouve Benoît Terrat, désormais 34 ans, comme seul verrier identifié dans la commune — son père Pierre n’y figure plus.7 La même année à Lorette, dans le quartier Côte-Granger, on relève Charles Verzier, verrier de 43 ans, et dans le quartier d’Assailly, François Carron, pensionnaire et verrier de 50 ans : la présence de ces artisans à Lorette, quartier du futur site industriel, est un indice que des projets d’extension sont déjà à l’œuvre.8
La fin de l’aventure Terrat arrive brutalement. Le 17 juin 1857, le Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire annonce une vente par expropriation forcée des biens de “Benoît Terrat, propriétaire et maître de verreries, demeurant à la Grand’Croix, commune de Saint-Paul-en-Jarrêt”. Le premier lot comprend la maison d’habitation à la Sicarde et le bâtiment de verrerie attenant, avec son four à fondre à six places et ses fours à recuire les bouteilles — mise à prix : 5 000 francs. La description révèle une situation complexe : “la verrerie est actuellement exploitée par les sieurs Villard, Jaboulay et compagnie”.9 Jaboulay n’est donc pas un inconnu au moment de la liquidation : il opère déjà sur le site, créancier ou locataire, et connaît parfaitement l’outil de production qu’il s’apprête à dépasser.
La société Jaboulay et le rêve industriel (1858–1861)
Avec la disparition de l’entreprise Terrat, François Jaboulay passe du statut d’exploitant à celui de bâtisseur. En novembre 1858, il constitue officiellement la société en nom collectif et en commandite par actions “François Jaboulay et Compagnie”, opérant sous la raison sociale “Compagnie des verreries de Grand-Croix et d’Assailly”. L’acte initial du 20 novembre 1858, reçu par Me Guinand notaire à Saint-Genis-Terre-Noire, fixe le capital à 150 000 francs ; un acte modificatif du 18 décembre le porte à 180 000 francs, divisés en 600 actions de 300 francs. Jaboulay est “seul associé en nom collectif et seul gérant responsable indéfiniment” — il a les pleins pouvoirs, mais porte l’intégralité du risque.10
La stratégie est double. Jaboulay conserve et modernise l’ancien site de Terrat à Grand-Croix, le reconvertissant entièrement en bouteillerie. Mais son projet phare est la construction ex nihilo, de l’autre côté du ruisseau Dorlay sur la commune de Lorette au lieu-dit Assailly ou Côte-Granger, d’une verrerie entièrement nouvelle. Ce site, bâti entre la faillite Terrat et juin 1859, est conçu pour la production de masse : une grande halle en briques au milieu d’une vaste cour, abritant deux fours à bouteilles à huit places chacun, huit fours à recuire, une tamiserie, une forge de réparations, une pompe, et une cheminée en briques de vingt-trois mètres de hauteur. Une machine à vapeur et une chaudière complètent l’équipement. L’établissement bénéficie d’un droit de prise d’eau à l’écluse de Pont-Charrat sur le Dorlay, de huit heures par semaine.11
En juin 1859, les deux verreries sont opérationnelles. Les associés se réunissent en assemblée générale extraordinaire pour “aviser au moyen de donner de l’extension aux affaires de la société” — signe apparent d’une santé florissante, qui masque vraisemblablement un besoin urgent de liquidités.12 En août 1859, la société acquiert encore de nouvelles parcelles de pré au lieu-dit Dorlay, à Lorette.13
La chute est aussi rapide que l’ascension. Le 12 avril 1860, le Mémorial publie la délibération de l’assemblée générale du 28 mars : les actionnaires ont “démis de ses fonctions” le gérant François Jaboulay, nommé Jean-Baptiste Chavanne comme liquidateur, et ouvert une procédure contradictoire avec Jaboulay — formule qui trahit un conflit ouvert.14 L’effondrement en moins de deux ans, malgré un capital considérable, s’explique par la conjonction d’une construction coûteuse, d’un pivot vers un nouveau marché, et d’un contexte économique particulièrement hostile : Jaboulay a lancé son expansion dans le sillage immédiat de la crise financière mondiale de 1857, qui a raréfié le crédit et contracté la demande industrielle française.
La liquidation se déroule en deux temps. Le 17 mars 1861, les biens mobiliers sont vendus aux enchères à la requête de Pierre Melin, liquidateur judiciaire : environ 117 000 bouteilles de toutes formes (parisiennes, bordelaises, bourguignonnes, champenoises, anglaises, bombonnes), une machine à vapeur, une chaudière à calotte, un ventilateur, deux grues, trois enclumes, des outils de forge, des matières premières (terres de Bollène, calcaires, sables) et du matériel de transport.15
La vente des biens immobiliers est annoncée le 23 juillet 1861 en cinq lots. Le premier lot — la grande verrerie d’Assailly — est mis à prix 30 000 francs ; le troisième lot — la verrerie de Grand-Croix — à 5 000 francs.16 La première adjudication du 18 août 1861 est un échec : aucun acquéreur. Une seconde adjudication est organisée le 13 octobre, avec des mises à prix divisées par deux (15 000 et 2 500 francs). C’est alors qu’un acheteur stratégique entre en scène : le 10 novembre 1861, une vente par surenchère est annoncée, uniquement pour le lot n°1 — la grande verrerie d’Assailly. L’adjudication, fixée au 28 novembre au Tribunal civil de Saint-Étienne, porte la mise à 21 175 francs.17 Cet acheteur, dont la stratégie d’attente est caractéristique d’un acteur dominant, n’est autre que la société Richarme Frères de Rive-de-Gier. La verrerie de Grand-Croix, elle, ne trouve aucun preneur.
Intégration dans le groupe Richarme (1862 — avant 1900)
Dès 1862, la verrerie d’Assailly-Lorette est intégrée dans les “Verreries de la Loire et de la Drôme”, ensemble qui regroupe les sites d’Égarande (Rive-de-Gier) et de Bourg-lès-Valence sous la raison sociale Richarme Frères. Des factures datées de juin 1863 et septembre 1865 conservées dans les archives privées attestent de ce regroupement.18
L’acte notarié du 9 avril 1864, reçu par Me Frécon à Rive-de-Gier, apporte une confirmation décisive : Pierre Richarme oncle se retire de la société, et une nouvelle “Richarme frères” est constituée entre Jeanne Liottard (veuve de Michel Richarme), Pétrus Richarme, Adeline Richarme épouse Dériard, Marguerite-Pulchérie Richarme épouse Marrel, et Philomène Richarme. L’acte liste explicitement les établissements exploités : “Rive-de-Gier, Assailly, Lorette et Bourg-les-Valences”. Pétrus Richarme obtient la signature sociale unique et la gestion administrative exclusive.19
Ce même acte règle définitivement la question du sort de la petite verrerie de Grand-Croix : lorsque la société “P. Richarme et Cie” dresse l’inventaire de ses immeubles en 1891, la commune de Grand-Croix n’est plus représentée que par “un terrain ayant servi de crassier, sis à Grand-Croix, territoire du logis Fournas, contenant trois mille mètres carrés environ”.20 La petite verrerie Terrat a été démantelée dès la prise de possession, son terrain recyclé en dépotoir de scories.
La verrerie d’Assailly-Lorette est maintenue en activité pendant les décennies suivantes, mais sans bénéficier des investissements structurants réservés au site d’Égarande. En 1877, ce sont cinq fours à fusion continue Siemens qui y sont progressivement installés — l’équivalent de dix à douze fours traditionnels, permettant un fonctionnement en continu 24h/24. Assailly-Lorette ne connaîtra jamais cette modernisation. En 1877, parmi les dix fours du groupe, un seul site produit du verre à vitres — Bourg-lès-Valence ; tous les autres, dont Assailly, sont voués à la bouteillerie traditionnelle.
Lors de la restructuration du 7 avril 1891 — dissolution de “Richarme frères” et création simultanée de “P. Richarme et Cie” — la verrerie d’Assailly-Lorette figure encore parmi les immeubles apportés à la nouvelle société : “un établissement de verreries sis à Assailly ou Côte Granger, commune de Lorette, consistant en une grande halle et en constructions diverses, cour et dépendances, le tout d’un seul ténement.”21 Elle est alors valorisée à 20 000 francs — contre 2 200 000 francs pour l’usine d’Égarande. Quasi obsolète, elle est maintenue en sursis.
La fermeture définitive intervient entre 1891 et 1900, vraisemblablement dans le contexte de la grande grève de 1894 à Rive-de-Gier et des difficultés financières qui s’ensuivent pour le groupe. Un article de La Voix des Verriers du 1er mars 1907 mentionne “des patrons ayant une connaissance plus que médiocre du fonctionnement d’une verrerie [à Lorette]” — indice ambigu qui pourrait désigner une verrerie distincte ou un vestige d’exploitation marginale sur le même site, à confirmer.22
Situation géographique
Localisation
Les deux établissements sont séparés par le ruisseau du Dorlay, qui matérialise la frontière entre les communes de Grand-Croix et de Lorette. Ils se font face, à quelques mètres l’un de l’autre, encadrés au nord par le chemin de fer de Paris à Lyon par le Bourbonnais et au sud par la route impériale de Saint-Étienne à Lyon (aujourd’hui rue Jean Jaurès).
Verrerie de Grand-Croix (ancienne verrerie Terrat) : sise au hameau de la Sicarde, à la Grand-Croix, commune autrefois de Saint-Paul-en-Jarrêt. Coordonnées approximatives : 45.5088773, 4.5726947. Jouxtait au levant le chemin de service tendant de la route impériale au ruisseau, au couchant le chemin de Saint-Paul par Burlat (actuelle rue du Burlat).
Verrerie d’Assailly-Lorette (verrerie Jaboulay puis Richarme) : sise au lieu-dit d’Assailly ou Côte-Granger, commune de Lorette. Coordonnées approximatives : 45.5093825, 4.5733481. Confinée au nord par le chemin de fer, au midi par la route impériale, à l’ouest par la propriété Colombet, à l’est par la propriété Chatillon. Superficie de 3 700 mètres carrés environ pour le seul établissement principal, plus une parcelle de 1 400 mètres carrés servant d’entrepôt à l’ouest.
La commune de Lorette a été créée en 1847 par détachement d’une partie du territoire de Saint-Paul-en-Jarez, correspondant à la section A dite d’Assailly du cadastre napoléonien. La commune de Grand-Croix a quant à elle été fondée le 9 mai 1860, sur des territoires détachés des communes de Cellieu et Saint-Paul-en-Jarez — soit un mois après la mise en liquidation de la société Jaboulay.
Sources cadastrales
Le cadastre napoléonien de Lorette, section A dite d’Assailly, est la référence principale pour le site industriel. Les actes de vente de 1861 fournissent les mitoyennetés précises (propriétés Colombet et Chatillon, chemin de fer, route impériale, ruisseau du Dorlay). Les AD42 (Archives départementales de la Loire) conservent les matrices cadastrales et les actes notariaux correspondants.
État actuel
Les deux sites ont entièrement disparu. L’emplacement de la grande verrerie d’Assailly-Lorette est aujourd’hui occupé par un Carrefour Market, sur la rue Jean Jaurès à Lorette. Le site de Grand-Croix, converti en crassier dès les années 1860, n’a laissé aucune trace visible.
Personnages liés
Pierre Terrat (fl. 1851) — Verrier de 42 ans en 1851, résidant au hameau de la Sicarde avec son fils Benoît. Fondateur présumé de la première verrerie artisanale. Sa disparition des recensements entre 1851 et 1856 laisse supposer son décès.
Benoît Terrat (1823 – fl. 1857) — Fils de Pierre, verrier de 28 ans en 1851, marié à Antoinette Bertholon. Désigné comme “propriétaire et maître de verreries” lors de l’expropriation de 1857. Porte seul la faillite. Fiche individu à créer.
François Jaboulay (fl. 1857–1861) — Propriétaire et maître de verreries, domicilié à Grand-Croix, commune de Saint-Paul-en-Jarrêt au moment de la constitution de la société. Seul associé en nom collectif, seul gérant responsable. Démis de ses fonctions par les actionnaires en mars 1860, il engage une procédure contradictoire avec le liquidateur. Son devenir après 1861 est inconnu. Fiche individu à créer si des traces ultérieures sont retrouvées.
Jean-Baptiste Chavanne — Propriétaire, ancien maire de la commune de Saint-Genis-Terre-Noire. Nommé liquidateur judiciaire de la société Jaboulay par l’assemblée générale du 28 mars 1860.
Pierre Melin — Comptable, demeurant à Assailly, commune de Lorette. Liquidateur judiciaire lors de la vente mobilière de mars 1861.
Pétrus Richarme (1833–1892) — Successeur de la génération fondatrice des Richarme. Obtient la signature sociale unique lors de la restructuration de 1864 et dirige l’ensemble du groupe jusqu’à son décès. Lien vers fiche individu Richarme Égarande.
Éléments techniques
Verrerie de Grand-Croix (site Terrat, 1851–vers 1862)
La verrerie artisanale de la Sicarde comprend un seul four à fondre à six places et plusieurs fours à recuire. L’outil de production est modeste : maison d’habitation sur trois niveaux, cour, écurie, magasin, et bâtiment de verrerie avec petite cour en contre-bas pour descendre le sable et les matières premières. Mise à prix à 5 000 francs en 1857, puis 2 500 francs en 1861.
La production initiale (1851–1857) est avant tout tournée vers les articles pour la passementerie stéphanoise : fuseaux bouclés et garnis, baguettes de verre, verres de maillon, barbins, carvagnoles. Ce sont des pièces de verre poli sur lesquelles glissent les fils de chaîne dans les métiers à tisser le ruban de soie — une production de niche dont la verrerie Terrat semble être la seule attestée dans ce secteur de la vallée du Gier. À cette production s’ajoutent des bouteilles et cruches à bières pour le marché local.
Sous Jaboulay (1858–1861), le four à six places est reconverti à la bouteillerie pure.
Verrerie d’Assailly-Lorette (site Jaboulay puis Richarme, 1858–avant 1900)
La grande verrerie d’Assailly est construite ex nihilo entre la fin 1858 et le début 1859. Elle comprend à la date de la vente de 1861 : une vaste cour close de murs ; une grande halle de verrerie construite en briques, abritant deux fours à bouteilles à huit places chacun, munis chacun d’une cheminée en tôle ; une tamiserie contigüe ; huit fours à recuire les bouteilles ; une pompe dans la halle ; une forge de réparations avec hangar ; une cheminée en briques de vingt-trois mètres de hauteur ; et l’ensemble du matériel de fonderie et de tamiserie. La superficie totale est de 3 700 mètres carrés environ. L’établissement bénéficie d’un droit de prise d’eau à l’écluse de Pont-Charrat sur le Dorlay, de huit heures par semaine.
Lors de la restructuration de 1891, le site est décrit comme “une grande halle et constructions diverses, cour et dépendances, le tout d’un seul ténement” — aucune modernisation notable n’y est intervenue depuis 1861. Valorisé à 20 000 francs contre 2 200 000 francs pour Égarande, il représente moins de 1 % de la valeur du site principal.
Contexte social
La verrerie artisanale des Terrat s’inscrit dans un tissu social spécifique : les verriers de la Sicarde et du quartier Grand’Croix forment en 1851 un noyau familial et professionnel resserré (Terrat père et fils, Carron, Rousset), très différent de la grande masse d’ouvriers agricoles déracinés qui peuplent les aciéries et les mines voisines. La spécialisation dans les articles pour passementerie implique un savoir-faire artisanal fin, transmis en famille.
La société Jaboulay, avec son capital de 180 000 francs et ses deux sites industriels, représente une rupture brutale avec ce modèle artisanal. La nature et l’identité des commanditaires restent inconnues — l’acte notarié, qui les désigne comme “simples commanditaires”, ne les nomme pas dans la version publiée. Leur panique devant les pertes et la destitution expéditive de Jaboulay en moins de deux ans illustrent les tensions typiques du capitalisme industriel naissant entre entrepreneurs visionnaires et investisseurs frileux.
Les conditions de travail pendant la période Richarme à Assailly-Lorette ne sont pas documentées dans les sources disponibles. Le contexte du groupe Richarme est marqué par la grande grève de neuf mois à Rive-de-Gier en 1894, au cours de laquelle Auguste Dériard, neveu de Pétrus, fait recruter des verriers allemands pour remplacer les grévistes. Le retentissement de ce conflit sur le site de Lorette est inconnu.
Erreurs et incertitudes
Ce que dit la littérature, et ce qu’il faut corriger
La fiche Wikipedia sur les Verreries de Rive-de-Gier mentionne que Richarme a intégré le site de Lorette “dès 1862” dans les “Verreries de la Loire et de la Drôme”. Cette date est confirmée par les sources primaires (factures de 1863 et 1865). En revanche, la formulation habituelle qui présente ce rachat comme direct et immédiat occulte la réalité : entre la liquidation de Jaboulay (mars 1860) et le rachat définitif par Richarme (fin 1861), les deux verreries ont connu trois adjudications infructueuses sur plus de dix-huit mois, illustrant la désaffection des acheteurs industriels pour un site dont la rentabilité avait été gravement compromise.
Points non résolus
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Identité des commanditaires de Jaboulay : l’acte notarié de novembre 1858 ne les nomme pas dans la version publiée au Mémorial. La consultation de l’acte original aux minutes de Me Guinand, notaire à Saint-Genis-Terre-Noire (AD42), permettrait de les identifier — et de comprendre leur réseau.
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Identité de Villard : mentionné dans l’acte de juin 1857 comme co-exploitant avec Jaboulay (“sieurs Villard, Jaboulay et compagnie”), son rôle exact reste inconnu. Est-il un associé antérieur, un créancier, ou l’initiateur de l’entreprise Jaboulay ?
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La direction de la période Richarme (1862–1900) : contrairement à Bourg-lès-Valence, aucun directeur ou gérant local n’a été identifié pour Assailly-Lorette. Les archives de la Loire (AD42, fonds judiciaires, matrices de patentes) et la presse locale (Mémorial de la Loire, Semaine religieuse de Saint-Étienne) pourraient combler cette lacune.
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La verrerie de Lorette en 1907 : La Voix des Verriers du 1er mars 1907 mentionne “des patrons ayant une connaissance plus que médiocre du fonctionnement d’une verrerie [à Lorette]”. S’agit-il d’un vestige de l’usine Richarme, d’une exploitation marginale postérieure à la fermeture formelle, ou d’un établissement distinct ? Cette piste mérite une consultation de ce numéro dans son intégralité.
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La date exacte de fermeture : la fermeture est postérieure au 7 avril 1891 (date à laquelle la verrerie est encore listée comme actif) et antérieure à 1900 selon toute vraisemblance. Les annuaires industriels de la Loire pour les années 1892–1900 et le Bottin pourraient permettre de la fixer.
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Les recensements de 1861 et 1872 : les recensements intermédiaires des communes de Lorette et Grand-Croix (AD42, cote 6M) n’ont pas encore été consultés. Ils permettraient de documenter la main-d’œuvre (effectifs, origines géographiques) et de suivre l’évolution du site sous direction Richarme.
Notes
Footnotes
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Recensement de 1851, Saint-Paul-en-Jarez, liste nominative, cote 6M553, AD42. Vue 54/120 (Pierre Rousset) et vue 63/120 (Terrat père et fils, Carron). URL : https://archives.loire.fr/ark:/51302/vta330301e52098f828/img:FRAD042_35_6M553_272_0054 et https://archives.loire.fr/ark:/51302/vta330301e52098f828/img:FRAD042_35_6M553_272_0063 ↩
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Recensement de 1851, Lorette, liste nominative, cote 6M553, AD42. Aucun verrier recensé à Assailly, Côte-Granger ou au quartier Dorlay. URL : source non publiée séparément dans les notes de recherche. ↩
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Acte de naissance de Claude Roche, 1er octobre 1852, Saint-Paul-en-Jarez. Cote 3NUMEC5/3E272_11, vue 31/106. URL : https://archives.loire.fr/ark:/51302/vta5c1689f4aba430b3/img:AD04212_3E272_011_0462 ↩
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Almanach du commerce (Didot-Bottin), 1853 et 1854, rubrique Saint-Paul-en-Jarret et Lorette. Aucune mention de verrerie. URL : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k63610835/f255.item ↩
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L’Industrie, 4 mai 1853, p. 4/4. URL : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k43038696/f4.item ↩
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Almanach du commerce, 1855, Saint-Paul-en-Jarret. URL : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6267994p/f273.image ↩
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Recensement de 1856, Saint-Paul-en-Jarez, liste nominative, cote 6M555, AD42. Benoît Terrat, 34 ans, verrier, marié à Antoinette Bertholon. URL : https://archives.loire.fr/ark:/51302/vta8d65c81ba3fe492f/img:FRAD042_35_6M555_272_0051 ↩
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Recensement de 1856, Lorette, liste nominative, cote 6M555, AD42. Charles Verzier, verrier, quartier Côte-Granger ; François Carron, verrier, quartier Assailly. URL : https://archives.loire.fr/ark:/51302/vta43701a3d06a6979f/img:FRAD042_35_6M555_124_0032 et _0035 ↩
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Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 17 juin 1857, p. 3/4. URL : https://www.retronews.fr/journal/memorial-de-la-loire-et-de-la-haute-loire/17-juin-1857/3/1079a80f-e572-4456-81b4-ca22e70a6c7a ↩
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Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 31 décembre 1858, p. 3/4. Extrait de l’acte de Me Guinand, notaire à Saint-Genis-Terre-Noire, 16 et 18 décembre 1858, enregistré à Rive-de-Gier le 28 décembre 1858. ↩
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Description du lot 1 de la vente immobilière du 23 juillet 1861. Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 23 juillet 1861, p. 4/4. URL : https://www.retronews.fr/journal/memorial-de-la-loire-et-de-la-haute-loire/23-juillet-1861/4/85bb3d5c-062e-4ca7-9387-00280fe0ec87 ↩
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Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 2 juin 1859, p. 4/4. URL : https://www.retronews.fr/journal/memorial-de-la-loire-et-de-la-haute-loire/02-juin-1859/4/3691cacf-e12d-4d0b-ac9f-e1e157514b3a ↩
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Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 8 octobre 1859, p. 4/4. Acte de Me Frécon, Rive-de-Gier, 12 août 1859. Vendeurs : Antoine Teillard aîné, et MM. Tissot, Guillemin, Baudet. URL : https://www.retronews.fr/journal/memorial-de-la-loire-et-de-la-haute-loire/08-octobre-1859/4/dd6db97d-ac1d-45d9-9e83-7d2e725add2c ↩
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Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 12 avril 1860, p. 4/4. Actes de Me Frécon (Rive-de-Gier) et Me Guinand (Saint-Genis-Terre-Noire), 10 avril 1860. URL : https://www.retronews.fr/journal/memorial-de-la-loire-et-de-la-haute-loire/12-avril-1860/4/1d46258e-4f5d-45dc-84e9-b8c6b772923c ↩
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Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 6 mars 1861, p. 4/4. Officier ministériel : A. Pervanchon. URL : https://www.retronews.fr/journal/memorial-de-la-loire-et-de-la-haute-loire/06-mars-1861/4/ebba26e5-5911-405b-be5b-630cfce50eb8 ↩
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Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 23 juillet 1861, p. 4/4. Cinq lots détaillés. Mise à prix totale : 39 700 francs. URL : voir note 11. ↩
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Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 29 septembre 1861, p. 3/4 (deuxième adjudication) et 10 novembre 1861, p. 4/4 (surenchère). URLs : https://www.retronews.fr/journal/memorial-de-la-loire-et-de-la-haute-loire/29-septembre-1861/3/47488958-d2f8-4322-9dd2-24b26f749242 ↩
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Factures des Verreries de la Loire et de la Drôme, juin 1863 et septembre 1865. Archives privées. ↩
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Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 21 avril 1864, p. 4/4. Acte de Me Frécon, notaire à Rive-de-Gier, 9 avril 1864, enregistré le 18 avril 1864, folio 122. URL : https://www.retronews.fr/journal/memorial-de-la-loire-et-de-la-haute-loire/21-avril-1864/4/07de5740-9a4b-4ce9-aa9a-c13b2e26f370 — Cet acte permet de reconstituer précisément la généalogie Richarme : les cinq associés de la nouvelle société sont tous enfants de Michel Richarme (1783–1856) et Jeanne Lyotard. Pétrus (1833–1892) est le seul fils ; ses sœurs sont Adeline (épouse de Louis-Barthélémy-Claude Dériard, directeur de Bourg-lès-Valence), Catherine (1829–1909, épouse de Barthélémy Dériard depuis le 7 mai 1856), Marguerite-Pulchérie (épouse d’Étienne-François Marrel, maître de forges à Rive-de-Gier) et Philomène. Michel était lui-même l’un des trois frères fondateurs de 1826, avec Pierre (1793–1864) et Benoît (1802–1850), tous trois fils de Jacques Richarme (1757–1838), menuisier, et Catherine Danis. Seul Michel a eu des enfants. Pétrus, célibataire et sans descendance, avait pour héritiers naturels ses sœurs et leurs enfants — au premier rang desquels Auguste Dériard, fils de Barthélémy et Catherine, qui lui succédera à la tête du groupe en 1892. ↩
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La Dépêche, 12 mai 1891, reproduisant l’acte de Me Thomasset, notaire à Lyon, 10 avril 1891. URL : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4112855n/f4.item ↩
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Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 3 mai 1891, p. 4/4. URL : https://www.retronews.fr/journal/memorial-de-la-loire-et-de-la-haute-loire/03-mai-1891/4/f806ad89-f438-41ea-9904-53508f743751 ↩
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La Voix des Verriers, 1er mars 1907. URL : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k95841514/f4.item ↩
Personnages associés
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Vue 54/120, quartier Grand'Croix : Pierre Rousset, verrier, 42 ans. Vue 63/120, quartier de la Sicarde : François Carron, verrier, 48 ans, voisin de Pierre Terrat, verrier, 42 ans, et son fils Benoît, verrier, 28 ans. Aucun verrier à Lorette en 1851.
L'Industrie, 4 mai 1853, p. 4/4. Première mention commerciale connue de la verrerie. Tarifs détaillés : fuseaux bouclés à 3,50 fr. le mille, fuseaux garnis à 7 fr. le mille, baguettes de verre à 20 centimes le demi-kilo. Dépôts établis à Montaud et Saint-Étienne.
Mention : 'Verrerie à bouteilles, Terrat fils aîné, fab. de toutes qualités, cruches à bières, fuseaux et barres pour la rubannerie, verres de maillon, barbin, carvagnoles pour le moulinage.' Double production bouteillerie / articles pour passementerie.
Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 17 juin 1857, p. 3/4. Description détaillée du premier lot (maison, verrerie, four à fondre à six places, fours à recuire), mise à prix 5 000 francs. Mention capitale : 'la verrerie est actuellement exploitée par les sieurs Villard, Jaboulay et compagnie.'
Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 31 décembre 1858, p. 3/4. Extrait de l'acte passé devant Me Guinand, notaire à Saint-Genis-Terre-Noire, les 16 et 18 décembre 1858, enregistré à Rive-de-Gier le 28 décembre. Statuts initiaux du 20 novembre 1858, capital porté à 180 000 francs. Gérant unique : François Jaboulay.
Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 2 juin 1859, p. 4/4. Convocation pour le 11 juin 1859 au siège de la société, 'à la Grand-Croix-Assailly'. Confirme l'existence des deux sites à cette date.
Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 8 octobre 1859, p. 4/4. Acte reçu Me Frécon, notaire à Rive-de-Gier, le 12 août 1859. Vente par Antoine Teillard aîné et MM. Tissot, Guillemin, Baudet à François Jaboulay et Cie de deux parcelles de pré au lieu-dit Dorlay, commune de Lorette. Siège social : Lorette.
Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 12 avril 1860, p. 4/4. Délibération du 28 mars 1860 : Jaboulay démis de ses fonctions, liquidateur Jean-Baptiste Chavanne nommé. Acte déposé aux minutes de Me Frécon, notaire à Rive-de-Gier.
Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 6 mars 1861, p. 4/4. Vente le 17 mars 1861, à la requête de Pierre Melin, liquidateur judiciaire. Inventaire détaillé : 117 000 bouteilles environ, machine à vapeur, chaudière, ventilateur, serpentin, grues, enclumes, terres de Bollène et calcaires, sables, transport.
Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 23 juillet 1861, p. 4/4. Source primaire de référence pour la description physique des deux sites. Lot 1 (Assailly, mise à prix 30 000 fr.) : grande halle en briques, deux fours à bouteilles à huit places chacun, huit fours à recuire, cheminée de 23 mètres, forge, pompe, droit de prise d'eau sur le Dorlay. Lot 3 (Grand-Croix, mise à prix 5 000 fr.) : four à bouteilles à six places.
Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 29 septembre 1861, p. 3/4. Première vente du 18 août 1861 sans acquéreur. Nouvelle adjudication le 13 octobre 1861, mises à prix divisées par deux : lot 1 à 15 000 fr., lot 3 à 2 500 fr.
Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 10 novembre 1861, p. 4/4. Vente par surenchère fixée au 28 novembre 1861 sur le seul lot 1 (Assailly), sur mise à prix de 21 175 francs. La verrerie de Grand-Croix ne trouve pas acquéreur.
Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 21 avril 1864, p. 4/4. Acte de Me Frécon, notaire à Rive-de-Gier, enregistré le 18 avril 1864. Retrait de Pierre Richarme oncle. Nouvelle société en nom collectif entre Jeanne Liottard (veuve Michel Richarme), Pétrus Richarme, Adeline Richarme épouse Dériard, Marguerite-Pulchérie Richarme épouse Marrel, Philomène Richarme. Énumération explicite des sites : 'Rive-de-Gier, Assailly, Lorette et Bourg-les-Valences.' Signature sociale unique : Pétrus Richarme.
Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 3 mai 1891, p. 4/4. Dissolution du 7 avril 1891, création simultanée de 'P. Richarme et Cie'. Assailly-Lorette citée parmi les sites exploités.
La Dépêche, 12 mai 1891, reproduisant l'acte de Me Thomasset, notaire à Lyon, du 10 avril 1891. Item 9 : 'Un établissement de verreries sis à Assailly ou Côte Granger, commune de Lorette, consistant en une grande halle et en constructions diverses, cour et dépendances.' Item 12 : à Grand-Croix, uniquement 'un terrain ayant servi de crassier, sis à Grand-Croix, territoire du logis Fournas, contenant trois mille mètres carrés environ.' Valeur comptable d'Assailly-Lorette : 20 000 francs.
Source de 1891 détaillant : usine d'Assailly-Lorette, 20 000 francs ; verrerie d'Égarande (5 fours dont 4 en activité), 2 200 000 francs. L'écart illustre le déclassement complet du site lorétain par rapport au site principal.