Verrerie
Verrerie de la Chaléassière
vers 1883 — après 1893
Aussi connue sous : Verrerie Vellin · Usine Lionard et Pelletier
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Noms et raisons sociales
Histoire
Résumé
La verrerie de la Chaléassière est un site stéphanois tardif, connu en deux phases distinctes :
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Période Vellin (1886-1892) : une exploitation familiale attestée par le recensement de 1886 (Michel Vellin, maître verrier ; son épouse Antoinette Vallin ; leur fils François) et confirmée par une vente aux enchères par licitation en mars 1892. Raison sociale : « Vellin et Cie ».
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Période Lionard-Pelletier (1892+) : après la licitation, MM. Lionard frères s’associent à Pierre Pelletier, ancien représentant à Paris des verreries de Saint-Just-sur-Loire. L’article de décembre 1892 révèle un changement radical de production : abandonnant les bouteilles de Vellin, la nouvelle Société se propose de fabriquer des verres à vitres blancs et colorés, ainsi que des vitraux artistiques — une spécialité nouvelle pour Saint-Étienne jusqu’alors.
Les actes d’état civil et les recensements suggèrent un noyau familial verrier concentré route de Roanne, sur la bande de terrain comprise entre la route et le Furan. Le devenir ultérieur de l’établissement reste à documenter.
Historique
Période Vellin (1886-1892)
Première attestation connue (1886)
Le recensement de 1886 place Michel Vellin, maître verrier âgé de 68 ans, route de Roanne n°86, avec son épouse et son fils François âgé de 30 ans. Les folios 170 à 174 regroupent les verriers de l’usine ; la disposition des numéros de maisons permet de replacer le site juste au sud de la rue des abattoirs / du marché (future rue Jackson), entre la route de Roanne et le Furan.
Licitation de la verrerie (1892)
Le 6 mars 1892, le Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire publie la vente aux enchères par licitation de la verrerie. L’article fournit une description utile pour la localisation et confirme que l’établissement est encore présent au début de 1892. La raison sociale était Vellin et Cie.
Reprise par Lionard et Pelletier (1892+)
Après la licitation de mars 1892, l’usine est acquise par MM. Lionard frères, qui s’associent à M. Pierre Pelletier, ancien représentant à Paris des verreries de Saint-Just-sur-Loire. En décembre 1892, le Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire décrit l’usine comme « en ce moment en création », signalant que des travaux de réaménagement et d’installation de nouveaux équipements sont en cours.
La nouvelle Société se propose de fabriquer des verres à vitres blancs et colorés, ainsi que des vitraux artistiques — une spécialité jusqu’alors nouvelle pour Saint-Étienne, restée jusque-là une quasi-prérogative des verreries de Saint-Just et de la famille Pelletier. L’installation bénéficie d’une localisation favorable pour la production et l’écoulement régional du verre à vitre, qui s’écoule facilement en Auvergne-Rhône-Alpes.
Contexte social et conflits du travail
La fin de la période Vellin (1886-1892) a été marquée par des tensions sociales et des conflits du travail. Le 1er juillet 1890, les ouvriers verriers de l’usine Vellin et Cie se mettent en grève, décision prise par la chambre syndicale de verriers de France, dont le siège était situé à Penchot (Aveyron). Cette grève révèle des promesses non tenues que Vellin et Cie aurait faites au cours de l’année 1888.
Cette mobilisation syndicale nationale, deux ans avant la licitation de l’usine, suggère une dégradation des conditions de travail et des relations patronales-ouvrières chez Vellin. Elle intervient dans un contexte plus large de structuration du syndicalisme verrier français, dont l’action à Saint-Étienne reflète la capacité d’organisation des ouvriers verriers à cette époque.
L’arrivée de Lionard frères et de Pierre Pelletier en 1892 s’accompagne d’un changement de production complet (abandon des bouteilles pour les verres à vitres et vitraux), ce qui aurait inévitablement bouleversé l’organisation du travail et la composition de la main-d’œuvre. Le nouvel établissement est décrit comme « en ce moment en création » (décembre 1892), impliquant un réaménagement et des installations neuves.
Situation géographique
Le site occupait une étroite bande de terre à Saint-Étienne, entre la route de Roanne et le Furan, au nord du quartier de la Chaléassière et juste au sud de la rue dite sud des abattoirs ou du marché, aujourd’hui rue Jackson.
Personnages liés
Période Vellin
Michel Vellin : maître verrier, attesté route de Roanne n°86 en 1886, âgé de 68 ans au moment du recensement. Selon Pelletier (1887, p. 244), il aurait été autrefois « ancien coupeur chef de la maison Richarme ».
Antoinette Vallin : épouse de Michel Vellin, 60 ans au recensement de 1886 ; née Vallin, sœur de Jean François Vallin, maître verrier à Givors.
François Vellin : fils du couple, négociant âgé de 30 ans en 1886, décédé à 31 ans le 18 août 1887 à Saint-Étienne.
Période Lionard-Pelletier
MM. Lionard frères : acquéreurs de l’usine Vellin après licitation en 1892.
Pierre Pelletier : ancien représentant à Paris des verreries de Saint-Just-sur-Loire, associé aux Lionard pour la nouvelle Société. Apporte son expertise en verres colorés et vitraux artistiques, et jouit d’une réputation solide dans le monde des artistes peintres-verriers. Directeur de la nouvelle usine de la Chaleassiere selon l’article de décembre 1892.
Incertitudes
- Date de fondation : la première preuve actuellement disponible est le recensement de 1886.
- Transmission familiale : il faudra encore distinguer les rôles précis de Michel, de son fils François et des éventuels autres Vellin du même secteur.
- Devenir de l’usine Lionard-Pelletier après 1893 : l’article de décembre 1892 indique que la production s’amorce. Le devenir ultérieur de l’établissement reste à documenter.
Personnages associés
Aucune personne liée n'a été trouvée pour cette verrerie.
Voir toutes les personnes liées →Sources
Route de Roanne n°86 : Michel Vellin, maître verrier de 68 ans, avec son épouse Antoinette Valla/Vallin (erreur de transcription probable) âgée de 60 ans, et leur fils François, négociant âgé de 30 ans. Les folios 170 à 174 concentrent les verriers de l'usine ; la numérotation montre que les abattoirs et le marché aux bestiaux de la Mottetière se situent juste au nord du site. Première preuve d'un noyau Vellin à la Chaléassière.
6 mars 1892, p. 3/4. Vente aux enchères par suite de licitation de la verrerie, avec description détaillée. Confirme la survie du site jusqu'au début de 1892 et donne un cadre topographique précis entre route de Roanne et Furan.
9 décembre 1892. Article offrant un panorama régional des verreries de la Loire et de Rive-de-Gier. Révèle que MM. Lionard frères, acquéreurs de l'ancienne usine Vellin, s'associent à M. Pierre Pelletier pour former une Société à but de fabrication de verres à vitres blancs et colorés, ainsi que de vitraux artistiques. Décrit l'usine comme « en ce moment en création » (travaux en cours). Pelletier est décrit comme ancien représentant à Paris des verreries de Saint-Just-sur-Loire, et apporte avec lui sa réputation et ses connexions. Cette fabrication des verres colorés est présentée comme « nouvelle pour Saint-Étienne ».
7 juillet 1890. Rapporte une grève des ouvriers verriers de l'usine Vellin et Cie depuis le 1er juillet 1890, déclenchée par la chambre syndicale de verriers de France (siège à Penchot, Aveyron). La grève est basée sur des promesses non tenues par Vellin et Cie au cours de l'année 1888. Révèle les tensions sociales et les conflits patronaux-ouvriers ayant marqué la dernière décennie d'exploitation Vellin avant la licitation de 1892.