Verrerie
Verrerie royale de Roanne
Privilège 1743 ; activité 1744 — 1758 (ruine) ; nouvelle tentative en 1779 (de Finance cadet)
Aussi connue sous : Verrerie du Coteau · Verrerie de Couzon · Verrerie de Rhins · Verrerie royale de Roanne
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Noms et raisons sociales
Histoire
Résumé
La Verrerie royale de Roanne (dite aussi verrerie du Coteau) est le premier établissement industriel du Coteau (rive droite de la Loire, face à Roanne, alors hameau du « Coteau Beaujolais » rattaché à la paroisse de Parigny). Fondée en 1743 par cinq gentilshommes verriers, c’est l’une des premières verreries au charbon de terre du bassin de la Loire, son privilège royal (arrêt du Conseil du 29 octobre 1743) précédant de six ans celui de la Verrerie royale de Givors (10 mai 1749), restée pour sa part le modèle durable de l’industrie verrière régionale.
Les cinq associés, Bigot de Clerbois (ou de Clairbois), Antoine Otrequin, Jacques Mertrude, Armand Leséneschal de Rivières et Claude-Louis Pigalle de Marvilly, louent au sieur Tardy un « petit vieux château appelé Couzon », au bord du Rhins, qu’ils aménagent en verrerie. Les fours sont allumés et bénits le 23 décembre 1744 ; la production débute en 1745. Elle porte principalement sur des bouteilles (verre commun), complétées d’une part de gobeleterie fine — « buires » (cruches à anse), verres colorés et incolores. L’établissement utilise le charbon de Roche-la-Molière, acheminé par la Loire depuis le port de Saint-Rambert.
L’entreprise se heurte vite à des oppositions (querelle des cendres avec les blanchisseries et l’agriculture ; refus de charbon des fermiers des mines, peut-être au profit de la manufacture royale de Sèvres) puis à un scandale : Bigot de Clerbois, accusé d’être un ancien forçat et surpris à saboter pots et matières, est déchu de son privilège en 1748 et banni à plusieurs lieues à la ronde. Sous la direction des sieurs Leséneschal de Rivières et de Cattigny, la verrerie donne d’abord « des produits estimés », mais ses dirigeants, accaparés par d’autres affaires (jusqu’à un projet de coche sur la Loire), laissent péricliter la fabrication : c’est la ruine, vers 1757-1758 — ruine que Guigue impute moins à l’incurie des associés qu’à la concurrence de la manufacture de Givors et au poids de la réglementation.
Une nouvelle tentative est lancée en 1779 par « de Finance cadet », successeur des premiers gentilshommes — sans plus de succès, « une réglementation trop étroite » étouffant l’initiative. Ce « de Finance cadet » est très probablement Claude (Marie) de Finance de Clairbois, mort à Roanne dès l’année suivante (décembre 1780). Plus rien ne subsiste aujourd’hui de ces entreprises.
Historique
Fondation et premières années (1743-1745)
À l’automne 1743, cinq gentilshommes — le sieur Bigot de Clerbois et ses associés Antoine Otrequin, Jacques Mertrude, Armand Leséneschal de Rivières et Claude-Louis Pigalle de Marvilly — sollicitent du Conseil du Roi l’autorisation de créer et d’exploiter une verrerie à Roanne. Ils l’obtiennent par arrêt du Conseil du 29 octobre 1743, suivi du privilège royal par lettre du 11 février 1744 et arrêt du Parlement du 16 mars 1744 ; le procureur fiscal de Roanne, le lieutenant général du bailliage de Montbrison et son substitut y joignent des avis favorables 1. Bigot avait précédemment travaillé à Nantes, et l’entreprise visait à fournir le Lyonnais, le Bourbonnais, le Dauphiné et la Bourgogne 2. En revanche, sa demande du titre de « manufacture royale » et d’un privilège exclusif est rejetée par le Bureau du commerce le 6 février 1744 3 (voir « Erreurs et incertitudes »).
Les associés louent au sieur Tardy, pour 800 livres par an, le « petit vieux château appelé Couzon » (ou « château du Rheins »), au bord du Rhins, « à une portée de carabine de Roanne » ; le bail comprend une trentaine de mesures de terre et une île entre deux bras du Rhins. Les premiers travaux d’aménagement, au printemps 1744, attirent la curiosité publique au point que l’intendant de la généralité de Lyon dépêche son subdélégué à Roanne, M. Hue, dresser un procès-verbal de l’établissement en chantier (voir « Éléments techniques ») 1.
Les fours sont allumés et bénits le 23 décembre 1744 — cérémonie à laquelle, sur cinquante notables roannais invités, onze seulement se présentent, en raison du « temps épouvantable » (le subdélégué Hue en rend compte à l’intendant dès le 24 décembre 1744) 1. La verrerie donne ses premiers produits en 1745. Un procès-verbal indépendant, dressé le 16 juillet 1744 pour l’érection d’une paroisse au Coteau, confirme ce calendrier : la verrerie « s’y fait depuis quelques mois », avec une trentaine d’ouvriers et un effectif projeté d’« environ deux cents » 4.
Oppositions, conflit du charbon, affaire Bigot (1745-1748)
Dès 1745, des oppositions se manifestent : des subdélégués voisins réclament la limitation de la fabrication, au motif que les cendres employées par la verrerie manqueraient aux blanchisseries du Rhins (qui en usaient pour blanchir les toiles) et à l’agriculture (amendement des terres du Beaujolais et du Forez), et que les convois de charbon encombreraient la Loire. On voulut imposer aux verriers de n’acheter leurs cendres qu’au nord de Roanne (Bourbonnais, Auvergne, Charollais, Saint-Haon, La Pacaudière, Marcigny, La Palisse), avec défense d’en prendre en Forez ou en Beaujolais, et de ne pas vendre leurs produits à moins de vingt lieues de Paris. L’intendant de Lyon passe néanmoins outre 1.
Survient un conflit plus grave, autour du charbon. Les verriers avaient d’abord stipulé qu’ils le tireraient de Decize, puis obtinrent de s’approvisionner au port de Saint-Rambert. Mais les sieurs Gérando et le baron de Vaux, fermiers du port de Saint-Rambert et adjudicataires (par privilège royal) d’une partie des mines de Roche-la-Molière, Saint-Étienne et Rive-de-Gier, refusent de livrer le charbon ; les fours s’éteignent. Les entrepreneurs multiplient les requêtes — jusqu’à une « instance en vers » adressée au subdélégué Pallu (« Toy dont le nom vaut un éloge entier, Pallu… »). Selon certains documents, le refus visait à favoriser la manufacture royale de Sèvres (qui tirait aussi son charbon de Saint-Rambert et voyait dans la verrerie une concurrence), au détriment du Coteau 1. S’ajoute le débauchage d’ouvriers par la manufacture de Beauregard (Dombes, face à Villefranche), qui fabriquait des glaces « qu’on peut confondre avec celles de Venise » — d’où l’obtention d’un arrêt interdisant aux gentilshommes verriers de quitter le service sans congé écrit demandé deux ans à l’avance, sous peine de 3 000 livres d’amende 1 3.
Enfin, l’affaire Bigot. Tenu à l’écart des salons nobles et bourgeois de Roanne, Bigot de Clairbois voit, à partir de 1747, courir le bruit qu’il serait un ancien forçat vu « à la chaîne » rue Ducale. Ses associés enquêtent, confirment les faits, et le surprennent en outre à détériorer les pots de fonte (en mêlant à la pâte des matières qui les font casser au feu) et à altérer les matières premières ; son fils, maître souffleur « assez mauvais sujet » et ayant fait de la prison, quitte la verrerie « avec une gueuse », et Mme de Clerbois rend la vie impossible aux quatre associés. Ils portent plainte, d’abord devant le juge de la châtellenie de Perreux (bailliage de Beaujolais), puis au Parlement de Paris, et obtiennent en 1748 la déchéance de Bigot, avec interdiction, pour lui, sa femme et ses enfants, de s’approcher à moins de trente lieues de la verrerie 1. L’inventaire du Conseil de commerce enregistre parallèlement, au 24 janvier 1748, un arrêt de déchéance et une interdiction (qu’il chiffre à « 50 » lieues — voir « Erreurs et incertitudes ») 3.
Direction Leséneschal de Rivières / de Cattigny, et ruine (1748-1758)
Après le départ de Bigot, plusieurs associés se retirent ; l’entreprise est conduite par les sieurs Leséneschal de Rivières et Henri de Cattigny, et les fours « paraissent avoir fonctionné à peu près régulièrement, jusque vers 1757 ». Un registre des conventions passées avec les gentilshommes souffleurs, tenu de 1754 à 1757 au château de Rhins, atteste cette activité régulière : on y lit, dès le 1er janvier 1754, les signatures de Boilet (souffleur), de Guérin (« pour une campagne »), du chevalier de Belleville « et autres », tous se soumettant à l’arrêt du Conseil rendu « en faveur de la verrerie royale de Roanne le 21e 7bre 1745 » et au règlement de police intérieur de la maison 1.
Mais ces gentilshommes, attirés par d’autres affaires industrielles et commerciales — jusqu’à un projet de service de coche sur la Loire et l’Allier —, laissent les ouvriers sans surveillance ; le subdélégué constate dans les bâtiments « des gentilshommes ouvriers sans travail et sans pain ». À la requête de deux d’entre eux, Guérin de Charleroy et J.-B. Boilet (venu de Carmaux), réclamant l’indemnité de chômage prévue par contrat (6 livres par semaine), les meubles et l’outillage sont saisis en gage de leur salaire : c’est la ruine de l’entreprise, vers 1757-1758 1.
Guigue conclut que cette ruine fut amenée « moins par l’impéritie ou la négligence des entrepreneurs que par la concurrence de la manufacture de Givors, et surtout par cette réglementation du travail et les formalités administratives » caractéristiques du XVIIIe siècle 1.
La nouvelle tentative de 1779
« Moins de sept ans après la fin lamentable de la verrerie du Coteau », d’autres industries s’installent au Coteau (quincaillerie). Mais surtout, en 1779, « de Finance cadet », successeur des gentilshommes verriers du Coteau Beaujolais, crée une installation nouvelle — sans plus de succès : « une réglementation trop étroite, un contrôle trop sévère et des exigences trop lourdes » étouffent l’initiative 4. C’est cette tentative de Finance qui a sans doute laissé le souvenir d’une verrerie « de Finance » à Roanne. Ce « cadet » est très probablement Claude (Marie) de Finance de Clairbois (né en 1704, mort à Roanne en décembre 1780, voir fiche claude-de-finance), dont le frère aîné Claude est, lui, décédé dès 1741 aux Ardillats. Reste à établir s’il s’agit du même site (Couzon / Rhins, rive droite) ou d’une implantation distincte — l’hypothèse d’une seconde verrerie dans Roanne intra muros, au bord de la Loire (suggérée par les témoins charpentiers en bateaux de l’acte de 1780) méritant alors une fiche séparée (voir « Points non résolus »).
Situation géographique
Localisation
La verrerie occupait le « petit vieux château appelé Couzon » (ou « château du Rheins »), sur la rive gauche de la rivière du Rhins (graphie aussi Reins), « à une portée de carabine de Roanne », à environ deux kilomètres du confluent Rhins-Loire, au quartier de l’Isle / Le Coteau, rive droite de la Loire — territoire de l’actuelle commune du Coteau (Loire), alors hameau rattaché à Parigny 1 5.
Le manoir Cozon / Couzon, du nom de la famille qui le possédait au milieu du XVIIe siècle (Jean Cozon, bourgeois de Saint-Étienne, vers 1649 ; puis Marguerite Cozon, veuve de Louis Miraud, qui le qualifiait déjà de « château » bien qu’il ne comprît « qu’une grande salle basse et deux petites chambres hautes »), passa par alliance à la famille du Treuil de Rhins (testament de Marguerite Cozon, 20 avril 1688). C’est Benoît du Treuil qui, abandonnant le vieux châtelet, fit bâtir auprès une résidence plus moderne, baptisée château de Rhins, où il s’installa en 1698 ; Antoine du Treuil fut plus tard propriétaire du domaine de Rhins 5. Le site de la verrerie est donc celui de l’actuel château de Rhins (remanié), le vieux manoir Couzon en étant l’ancêtre immédiat et voisin.
Le bail (au sieur Tardy) comprenait une trentaine de mesures de terre autour de la maison et une île entre deux bras du Rhins (terres, prés, bois). Le subdélégué Hue souligne l’avantage du site : voisinage de la Loire pour le transport des ouvrages, et navigabilité du Rhins « depuis ce château jusques à la Loire » en eaux hautes 1. Prajoux note que les terres alluviales resserrées entre Rhins et Loire ont gardé le nom d’« île Berthier », et que des marécages trahissaient encore au XXe siècle les anciens bras du confluent 5.
Sources cadastrales
À constituer. Le domaine de Rhins enserrait Le Coteau jusqu’à sa vente en 1886 ; son emprise (matrices et plans) devrait permettre de localiser précisément l’ancienne verrerie. À dépouiller : le cadastre napoléonien de Parigny (Le Coteau n’étant commune que depuis 1845), en repérant le château de Rhins et l’île du Rhins mentionnée en 1744. Repère chronologique décisif : Prajoux signale qu’un « plan détaillé de la terre de Rhins dressé en 1804 » ne mentionne déjà plus le nom de Cozon — le manoir-verrerie avait donc disparu avant cette date ; ce plan de 1804, s’il est retrouvé (fonds du domaine de Rhins), serait la pièce cadastrale la plus proche de l’activité verrière 5.
État actuel
Aucun vestige de la verrerie. Le château de Rhins (résidence de 1698, remaniée) occupe le site ; le vieux manoir Couzon, qui abrita la verrerie, ne subsiste pas (ses restes avaient disparu avant 1804). Note d’histoire : c’est dans cette maison Couzon que fut assassiné en 1659 un page du cardinal Mazarin, lors du passage de Louis XIV à Parigny 4.
Carte(s) du site
À venir.
Personnages liés
Fondateurs (1743), tous gentilshommes :
- François Bigot de Clerbois (ou de Clairbois) — entrepreneur principal ; avait travaillé à Nantes ; accusé d’être un ancien forçat et de sabotage, déchu de son privilège en 1748, banni à 30 (ou 50) lieues. (fiche à créer ; homonyme à écarter, voir infra ; lien probable au clan de Finance, voir infra)
- Armand Leséneschal de Rivières — co-fondateur ; codirige l’entreprise après 1748. (fiche à créer)
- Claude-Louis Pigalle de Marvilly — co-fondateur (probablement le « Claude-Louis Populle de Marolles » de Coste). (fiche à créer)
- Antoine Otrequin et Jacques Mertrude — co-fondateurs. Une notice secondaire ajoute un sieur de Raucy à la liste des associés (lecture à vérifier). (à documenter)
Direction et encadrement :
- Henri de Cattigny — codirecteur après 1748, avec Leséneschal de Rivières.
- Gosse et Corinthe — donnés comme directeurs de la verrerie par la Revue du Lyonnais ; « Gosse » est sans doute le Pierre Gosse de Maisonneuve « contrôleur » de Coste. (fiches à créer)
Maîtres et ouvriers verriers (attestés) :
- Charles de Belleville, écuyer — « chevalier de Belleville », gentilhomme souffleur, signataire d’une convention au château de Rhins le 1er janvier 1754 (Coste le dit présent en 1757). La famille de Belleville est celle qui a fondé/dirigé plusieurs verreries du Cotentin (dont Tourlaville) : filière à creuser. (fiche à créer)
- J.-B. (Baptiste) Boilet — « maître en bouteilles », natif de Normandie, « balafré au visage », venu (et déserteur) de la verrerie de Carmaux : c’est l’objet de la lettre du chevalier de Solages (1757). (fiche à créer)
- Joseph Guérin (Guérin de Charleroy) — souffleur, à « place entière » fin 1756, devant remettre un congé de la verrerie d’Apremont (maître Lafosse) ; avec Boilet, à l’origine de la saisie de 1757-1758. (fiche à créer)
- Thomas Fontaine — gentilhomme verrier, parrain au baptême de 1746 ; de Bachemin — gentilhomme verrier, témoin au mariage de 1746. (fiches à créer)
- Charles Pot — tiseur à la « verrerie de Couzon », originaire de la région de Brassac / Argonne (marié à Parigny en 1746 avec Gabrielle Ribeyre). (fiche à créer)
Reprise de 1779 :
- De Finance cadet — auteur de la nouvelle tentative de 1779 ; très probablement Claude (Marie) de Finance de Clairbois (†Roanne, 1780). (voir fiche claude-de-finance)
Autres :
- M. Hue — subdélégué de l’intendant de la généralité de Lyon, auteur du procès-verbal d’inspection (1744). Pallu — subdélégué destinataire de la requête en vers des verriers (vers 1745-1746).
- Sieur Tardy — propriétaire/bailleur du château Couzon.
Éléments techniques
Combustible : charbon de terre des mines de Roche-la-Molière (et, par privilège, Saint-Étienne et Rive-de-Gier), d’abord envisagé depuis Decize puis acheminé par la Loire via le port de Saint-Rambert — d’où le conflit avec les fermiers de ce port (Gérando et le baron de Vaux). C’est l’élément qui fonde l’intérêt historique de l’établissement et son antériorité régionale.
Aménagement (d’après le procès-verbal du subdélégué Hue, 1744) : la manufacture s’installe dans des caves croisées que l’on prépare à voûter ; quatre fourneaux de fusion sont prévus dans les quatre angles de la cave croisée. Pour la silice, des cailloux du Rhins et de la Loire sont calcinés puis pilés dans un mortier de bois doublé de lames de fer, broyés fin, tamisés, et mêlés à de la terre blanche pour composer les briques réfractaires des fourneaux (plus d’un pied de long, un demi-pied de large, plus de quatre pouces d’épaisseur). Les pots de fonte (il en faut « 150 ») sont faits d’une terre blanche tirée d’Ambert et de Charlieu ; le sieur de Clerbois les modelait lui-même. Hue note que des « épreuves » avaient déjà réussi 1.
Effectifs : une trentaine d’ouvriers à l’été 1744 ; environ 200 projetés à terme 4. Le personnel est composé de gentilshommes verriers (souffleurs) et d’ouvriers (tiseurs, paraisonniers).
Production : principalement des bouteilles, avec une part de gobeleterie fine. Plusieurs indices internes au dossier convergent vers une production dominée par la bouteille (verre commun) : dès 1745-1746, les entrepreneurs se plaignent que la verrerie de Beauregard (Dombes) écoule ses bouteilles à Mâcon 3 — or on ne porte plainte que sur son propre produit ; en 1757, Boilet est recruté comme « maître en bouteilles » 1 ; la concurrence de Givors, donnée par Guigue comme l’une des causes de la ruine, est une bouteillerie ; enfin le recours au charbon de terre dès 1743 est précisément le dispositif de la bouteille (verre commun, fours fermés). Guigue note d’ailleurs que « quelques milliers de bouteilles avaient été fabriquées et vendues » 1. La verrerie produisait en outre une part de gobeleterie fine — « buires » (cruches / aiguières à anse), verres colorés et incolores —, cohérente avec le profil de gentilshommes souffleurs, et avait envisagé un four à vitres (jamais réalisé, faute de charbon). La seule source affirmant une production « principalement des buires » est une notice tardive et de seconde main (Revue du Lyonnais, 1900-1901) 2 : elle atteste la gobeleterie, mais ne saurait, à elle seule, primer sur les indices « bouteille ». On retient donc : bouteille dominante, gobeleterie et verre coloré de complément.
Contexte social
La verrerie est le premier établissement industriel du Coteau, jusque-là simple hameau vivant du passage de la grande route (la route royale Paris-Lyon est réaménagée en 1755) et de son port sur la Loire.
L’épisode illustre plusieurs tensions du monde verrier d’Ancien Régime :
- le statut nobiliaire des gentilshommes verriers (Bigot, Belleville, Fontaine, de Bachemin…), caste itinérante et endogame ;
- la concurrence pour les ressources (cendres disputées aux blanchisseries et à l’agriculture ; charbon disputé, peut-être au profit de Sèvres) ;
- la concurrence industrielle (Givors, qui achève Roanne selon Guigue ; Beauregard en Dombes, qui débauche les ouvriers ; la verrerie de Dombes qui fraude sur les bouteilles via Mâcon) ;
- la fragilité des sociétés privilégiées, minées par les rivalités, les affaires parallèles des associés et les conflits sociaux (chômages, saisie de l’outillage par des maîtres-verriers impayés) ;
- la circulation des ouvriers entre verreries (Boilet venu de Carmaux, déserteur ; Guérin lié à la verrerie d’Apremont ; Charles Pot venu de la région de Brassac / Argonne), encadrée par des arrêts interdisant de débaucher ou d’embaucher sans congé écrit — d’où la lettre du chevalier de Solages (1757) dénonçant Boilet ;
- enfin, le poids de la réglementation royale, expressément désigné par Guigue comme l’une des causes premières de la ruine.
L’isolement social de la colonie verrière est lui-même un fait documenté. Sur toute la période d’activité (1744-1758), un unique acte d’ouvrier verrier a été repéré dans les registres de Parigny (mariage et légitimation de Charles Pot, tiseur, et Gabrielle Ribeyre, 7 juillet 1746 ; baptême de leur fils le 14 juin 1746, parrain Thomas Fontaine, gentilhomme verrier) 6. Aucun acte de naissance ou de décès d’enfant de gentilhomme verrier n’a été retrouvé, ni à Parigny ni (pour 1744-1745) à Roanne, et les verriers n’apparaissent pas même comme témoins dans les actes des notables roannais. Cet effacement n’est pas un simple vide d’archives : il reflète à la fois l’endogamie d’une caste qui se marie et se parraine « entre soi », la forte rotation d’ouvriers ne faisant pas souche, et le rejet social explicite après l’affaire Bigot (« toutes les portes de Roanne se fermaient devant les entrepreneurs »). À confirmer par le dépouillement des registres de Roanne, 1746-1758.
La verrerie est aussi liée à un projet avorté de paroisse propre à l’Isle / Le Coteau (1744, sous le cardinal de Tencin) : l’afflux de population ouvrière qu’elle promettait nourrissait ce projet, que sa faillite — avec « certaines influences » — fit échouer ; Le Coteau ne deviendra commune qu’en 1845 4.
Erreurs et incertitudes
Ce que dit la littérature, et ce qu’il faut corriger
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Fondation : 1743, et non « vers 1750 ». A. Coste (repris par Pelletier) date l’établissement « vers 1750 » ; or l’autorisation est un arrêt du Conseil du 29 octobre 1743 (privilège : lettre du 11 février 1744, arrêt du Parlement du 16 mars 1744), et la production débute en 1745. Le « vers 1750 » est faux. La période d’activité retenue par Guigue est 1744-1758.
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« Verrerie royale » mais titre de manufacture royale refusé. Bigot demanda le 6 février 1744 « un privilège exclusif, le titre de manufacture royale et quelques autres prérogatives » : décision négative 3. Pourtant les pièces des années 1750 parlent de « verrerie royale de Roanne » / « verrerie royalle établie au château de Reins » 1. L’établissement bénéficiait donc d’arrêts royaux protecteurs (privilège d’établissement, défense de débauchage : arrêt du 21 septembre / 16 septembre 1745) sans avoir obtenu le titre convoité de manufacture royale. Nuance à conserver dans le récit.
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Antériorité sur Givors (six ans) — mais Givors la tue. Le privilège de Roanne (29 octobre 1743) précède de six ans celui de la Verrerie royale de Givors (10 mai 1749), habituellement présentée comme la première verrerie durable au charbon de la région. La verrerie du Coteau est donc, à ce jour, la plus ancienne verrerie au charbon de terre attestée du bassin de la Loire — mais une tentative éphémère et ratée (1743-1758). Ironie soulignée par Guigue lui-même : c’est la concurrence de Givors qui compte parmi les causes de sa ruine. Nuance à conserver : « première » s’entend à l’échelle du bassin de la Loire ; à l’échelle de la généralité de Lyon, une verrerie « de Lyon, 1727 » est citée par la littérature (Wienin 1998) comme antérieure encore.
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Production : la bouteille domine — peser les sources, non les compter. Une lecture rapide retient le « principalement des buires » de la Revue du Lyonnais (1900-1901) pour faire de Roanne une gobeleterie. Mais cette mention est unique, tardive et de seconde main, tandis que plusieurs indices internes et datés pointent vers la bouteille comme produit dominant : la plainte de 1745-1746 contre les bouteilles des Dombes (on ne se plaint que de son propre marché) 3, le recrutement de Boilet comme « maître en bouteilles » en 1757 1, la concurrence fatale de Givors (bouteillerie), et l’emploi du charbon dès 1743 (dispositif de la bouteille). On retient donc : bouteille dominante, gobeleterie (buires, verres colorés/incolores) en complément, four à vitres resté à l’état de projet. La gobeleterie n’est pas effacée — elle est réordonnée.
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« Claude-Louis Populle de Marolles » (Coste) vs « Claude-Louis Pigalle de Marvilly » (Guigue). Même prénom, deux patronymes : il s’agit très probablement du même co-fondateur, dont Coste a déformé le nom. Guigue, archiviste du Rhône travaillant sur pièces, est la source la plus fiable : retenir Pigalle de Marvilly sous réserve de vérification. De même, Coste en fait le « seigneur de Rhins » propriétaire exploitant en 1754, alors que le château Couzon était loué au sieur Tardy et relevait de la famille du Treuil de Rhins : la qualité de « seigneur de Rhins » est donc douteuse, ou relève d’une confusion avec les propriétaires du manoir.
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Directeurs : Gosse et Corinthe. La Revue du Lyonnais nomme « Gosse et Corinthe » comme directeurs 2 ; « Corinthe » est un nom à documenter, et « Gosse » est sans doute le « Pierre Gosse de Maisonneuve, contrôleur » de Coste.
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Motif et modalités de la déchéance de Bigot (1748). L’inventaire du Conseil de commerce résume la déchéance comme une simple « contestation entre les entrepreneurs » (24 janvier 1748) ; Guigue en donne la cause réelle (scandale du forçat + sabotage des pots et des matières + comportement du fils et de l’épouse). Deux divergences à arbitrer : (a) l’instance (l’inventaire et une partie du récit parlent d’un arrêt du Conseil ; un autre passage évoque le Parlement de Paris, après actions devant le juge de Perreux — peut-être des étapes successives) ; (b) la distance d’exclusion : 30 lieues (Guigue) contre « 50 » lieues (inventaire Bonnassieux, lecture OCR « 5o » à vérifier).
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Chronologie du blog d’après J. Chabrol : fausse. Il place l’arrivée des verriers de Saint-Nicolas (« François De Bigot ») à Roanne après ~1773 ; or Bigot de Clerbois y est entrepreneur dès 1743. Le blog télescope deux moments (la verrerie de 1743 et, peut-être, la reprise de Finance de 1779).
Points non résolus
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« de Finance cadet », 1779 : même site ou fiche distincte ? Prajoux le dit « successeur » des gentilshommes du Coteau et auteur d’« une installation nouvelle ». Hypothèse de travail : ce « cadet » est Claude (Marie) de Finance de Clairbois (1704-1780), seul candidat survivant en 1779 (son frère aîné Claude étant mort dès 1741 aux Ardillats). Les témoins charpentiers en bateaux de son acte de décès (Roanne, 1780), dont le monde est la rive roannaise et le port, suggèrent un décès intra muros et donc, peut-être, une seconde verrerie dans Roanne même, au bord de la Loire (et non au Coteau) — ce qui justifierait une fiche distincte. À confirmer impérativement : un acte de décès ne prouve pas l’atelier. Pistes : autorisation/bail de 1779 ; registres de Roanne 1779-1780 ; mention de de Finance « maître de verrerie » à Roanne.
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Identité de « Bigot de Clerbois / de Clairbois ». « de Clairbois » est le nom d’une branche de Finance de Clairbois. Un mariage Baptiste-Charles de Bigot × Anne-Élisabeth de Finance est attesté à Attigny (Vosges) : les deux familles sont donc alliées, ce qui rend probable que François Bigot soit passé par Saint-Nicolas-des-Biefs (fief verrier des de Finance) et y ait pris le nom de Clairbois. Hypothèse renforcée mais non encore démontrée pour le François Bigot de Roanne lui-même. Homonyme à écarter : aucun rapport avec François Bigot (1703-1778), intendant de la Nouvelle-France.
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Personnages introuvables à ce jour (recherches A. Balandras) : François Bigot de Clerbois, les sieurs Fontaine et de Bachemin, Guérin de Charleroy, Boilet (Normand), et Charles de Belleville n’ont, pour l’instant, pas été retrouvés dans les sources généalogiques — ce qui conforte l’image d’une colonie verrière itinérante et isolée. Filière prometteuse : la famille de Belleville des verreries du Cotentin (Tourlaville).
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Réseau Saint-Nicolas-des-Biefs (verrerie au bois, future fiche) : nœud des familles de Finance, Bigot (par alliance), et même des Robichon. En effet, on y relève Ours Joseph Robichon (frère de Michel, père du fondateur de la verrerie royale de Givors avec Joseph Enard), né à Ligsdorf en 1691 et mort très jeune à Saint-Nicolas en 1721. Lien indirect, mais éclairant pour comprendre d’où venaient les gentilshommes de Roanne. Et Les Ardillats (Haut-Beaujolais), où meurt le Claude aîné en 1741 : possible verrerie « fantôme » à explorer.
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Type de production fine, capitaux, nombre de fours effectivement construits (quatre projetés), date précise et modalités exactes de la ruine.
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Sources à dépouiller : l’étude de G. Guigue (Revue du Lyonnais) — désormais lue ; Bonnassieux p. 90 (arrêt fondateur du 29 octobre 1743) ; Archives nationales, fonds du Bureau du commerce (F12 91, l. 84 ; F12 93, f. 229) ; Bibl. nat., Joly de Fleury 806, p. 245-247 ; Arch. du Rhône, C. 14 (dossier de la verrerie) ; plan de la terre de Rhins, 1804 ; registres paroissiaux de Roanne (1746-1758) et de Parigny (1754-1758).
Sources consultées
Footnotes
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Georges Guigue (archiviste du Rhône), « La verrerie de Roanne (1744-1758) », Revue du Lyonnais, t. 30-31, 1900-1901 (n° 4, oct. 1900, p. 241-251). Monographie d’archives, lue intégralement ; contient le P.-V. du subdélégué Hue (Arch. Rhône, C. 14), le registre des conventions de souffleurs (1754-1757), la lettre du chevalier de Solages (1757), et le verdict sur la ruine. ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5 ↩6 ↩7 ↩8 ↩9 ↩10 ↩11 ↩12 ↩13 ↩14 ↩15 ↩16 ↩17
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Revue d’histoire économique et sociale, 1936, p. 257 : François de Bigot de Clairbois, ayant travaillé à Nantes, s’établit à Roanne ; titre de « manufacture royale » non obtenu ; associés (Otrequin, de Raucy, Mertrud, Pigalle de Marville, Leséneschal de Rivières, Guérin de Charleroi, Balet/Boilet de Carmaux) ; directeurs Gosse et Corinthe ; production « principalement des buires » ; concurrence de Sèvres et des Dombes (Beauregard). Cotes : Arch. nat. F12 91 (l. 84), F12 93 (f. 229) ; Bibl. nat., Joly de Fleury 806, p. 245-247 ; Arch. Rhône C. 14. Gallica : ark:/12148/bpt6k156361. ↩ ↩2 ↩3
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Pierre Bonnassieux, Conseil de commerce et Bureau du commerce (1700-1791). Inventaire analytique des procès-verbaux, Paris, Impr. nationale, 1900 : p. 316-317 (6 fév. 1744, manufacture royale refusée), p. 332 (16 sept. 1745, défense aux ouvriers, V. p. 591), p. 334 (9 déc. 1745, verrerie de Dombes), p. 338 (4 mai 1746, verrerie de Beauregard, F12 93 p. 229), p. 356 (24 janv. 1748, déchéance de Bigot, « 50 » lieues, V. p. 90). Gallica : ark:/12148/bpt6k70630. ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5 ↩6
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Abbé J. Prajoux, Roanne et ses environs, 1922 : récit de la verrerie du Coteau d’après Guigue ; procès-verbal du 16 juillet 1744 (érection de la paroisse de l’Isle / Le Coteau) ; mention de la tentative de « de Finance cadet » en 1779. ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5
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Abbé J. Prajoux, Histoire du Coteau depuis son origine jusqu’à nos jours…, 1924, p. 12-16 (« Le fief et le château de Rhins ») : histoire du manoir Cozon/Couzon et du château de Rhins (du Treuil, 1698), localisation (rive gauche du Rhins, ~2 km du confluent), « île Berthier », disparition du manoir avant 1804. Gallica : ark:/12148/bpt6k165433d. ↩ ↩2 ↩3 ↩4
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Paroisse de Parigny, BMS 1725-1757, AD Loire, 2NUM9_167_32, vues 51-52/101 : mariage et légitimation de Charles Pot (tiseur à la « verrerie de Couzon ») et Gabrielle Ribeyre (7 juillet 1746) ; baptême de leur fils Charles (14 juin 1746), parrain Thomas Fontaine, gentilhomme verrier ; témoin de Bachemin, gentilhomme verrier. ↩
Personnages associés
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SOURCE DE RÉFÉRENCE (monographie d'archives, lue intégralement). Donne la genèse (arrêts de 1743-1744), le procès-verbal du subdélégué Hue (déc. 1744), le conflit du charbon, le poème au subdélégué Pallu, l'affaire Bigot, le registre des conventions de souffleurs (1754-1757), la lettre du chevalier de Solages (1757), les directeurs Gosse et Corinthe, la production (« buires », verres colorés/incolores), et le verdict sur la ruine (concurrence de Givors + réglementation). Pièces tirées des Archives du Rhône, C. 14.
« Le fief et le château de Rhins » : histoire du manoir Cozon/Couzon (Jean Cozon, bourgeois de Saint-Étienne, v. 1649 ; Marguerite Cozon, veuve Miraud, testament 1688 ; du Treuil de Rhins ; Benoît du Treuil bâtit le château de Rhins en 1698 ; Antoine du Treuil propriétaire du domaine). Précise la localisation (rive gauche du Rhins, ~2 km du confluent, près du château actuel), l'« île Berthier » entre Rhins et Loire, et la disparition du manoir avant 1804.
Reprend Guigue. Cite le procès-verbal du 16 juillet 1744 (enquête pour l'érection de la paroisse de l'Isle / Le Coteau, cardinal de Tencin), et signale la nouvelle tentative de « de Finance cadet » en 1779.
Précise que François de Bigot de Clairbois « avait travaillé à Nantes » avant Roanne, et qu'il visait à fournir le Lyonnais, le Bourbonnais, le Dauphiné, la Bourgogne. Donne des cotes primaires : Arch. nat. F12 91 (l. 84) et F12 93 (f. 229) ; Bibl. nat., Joly de Fleury 806, p. 245-247 ; Arch. Rhône C. 14. Mentionne aussi que le titre de « Manufacture royale » ne fut PAS obtenu, les contestations avec les associés, les directeurs Gosse et Corinthe, et la production (« principalement des buires »).
7 juillet 1746 : mariage (et légitimation d'enfant) de Charles Pot, tiseur à la « Verrerie de Couzon » (originaire de la région de Brassac / Argonne, bans de Clermont-en-Argonne, diocèse de Verdun), et de Gabrielle Ribeyre ; témoins Fontaines et de Bachemin, gentilshommes verriers ; le 14 juin 1746, baptême de leur fils Charles, parrain Thomas Fontaine gentilhomme verrier. À ce jour, le SEUL acte d'ouvrier verrier repéré à Parigny sur toute la période — indice fort de l'isolement social de la colonie verrière.
Source primaire (procès-verbaux). p. 316-317 : 6 fév. 1744, Bigot demande un privilège exclusif et le titre de manufacture royale → DÉCISION NÉGATIVE. p. 332 : 16 sept. 1745, défense aux ouvriers de quitter la verrerie (V. p. 591). p. 334 : 9 déc. 1745, plainte contre la verrerie de Dombes (bouteilles passées à Mâcon). p. 338 : 4 mai 1746, plaintes contre la verrerie de Beauregard, Dombes (F12 93, p. 229). p. 356 : 24 janv. 1748, déchéance de Bigot de Clerbois, interdiction d'approcher à « 50 » lieues (V. p. 90 ; renvoi probable à l'arrêt fondateur du 29 oct. 1743 ; « 50 » à confronter aux 30 lieues de Guigue).
Mentions secondaires recensant la verrerie ; à exploiter ponctuellement.
À MANIER AVEC PRUDENCE. Donne fondation « vers 1750 » (FAUX : 1743), un « Claude-Louis Populle de Marolles, seigneur de Rhins » exploitant en 1754 (à confronter au « Claude-Louis Pigalle de Marvilly » de Guigue — même prénom : probable déformation), le contrôleur Pierre Gosse de Maisonneuve, et Charles de Belleville souffleur en 1757.
Tertiaire ; utile pour le réseau de Finance, mais chronologie fautive (voir « Erreurs et incertitudes »).
Château de Rhins (XVIIe-XVIIIe s.) ; domaine de Rhins enserrant Le Coteau jusqu'à sa vente en 1886.