Verrerie

Verrerie de la Ricamarie

1825 — vers 1900

Aussi connue sous : Verrerie Rodet · Landrin · Brûlé et Cie · Guébourg, Poulet et Cie · Verrerie Lameloise · Manufacture des Verreries de la Ricamarie, Hervier frères · Société anonyme des Verreries de la Ricamarie

Disparue — sans vestiges

Noms et raisons sociales

Verrerie Rodet
Nom d'usage 1825 — vers 1838
Landrin
Nom d'usage vers 1833 — vers 1859
Brûlé et Cie
Raison sociale 1863 — 1867
Guébourg, Poulet et Cie
Raison sociale 1867 — 1877
Verrerie Lameloise
Nom d'usage vers 1881 — 1890
Manufacture des Verreries de la Ricamarie, Hervier frères
Raison sociale 25 juin 1890 — 30 décembre 1892
Société anonyme des Verreries de la Ricamarie
Raison sociale vers 1891 — 1898

Histoire

Résumé

La verrerie de la Ricamarie est l’une des plus anciennes de la région stéphanoise. Autorisée en 1825 par ordonnance royale pour le compte de Louis Rousseau, dans sa propriété qui devient plus tard celle du sieur Patouillard sur la commune de Valbenoite, elle s’installe sur les bords de l’Ondaine, un cours d’eau qui sera cause de tous ses malheurs. L’acte de mariage du gendre de Rousseau, Antoine Rodet, en 1829, confirme que l’établissement est alors en pleine activité : Rousseau y est qualifié de « propriétaire verrier résidant à la Ricamarie ». C’est Rodet qui reprend ensuite la direction de la verrerie, produisant de la gobeleterie dans un contexte industriel dominé par le charbon des houillères voisines.

L’histoire de la Ricamarie est marquée par une fatalité hydraulique sans équivalent dans la région : la verrerie Rodet est inondée cinq ou six fois entre 1834 et 1837, jusqu’à être intégralement détruite lors de la crue du 23 août 1837. La reconstruction, sous Landrin, assure la survie de l’établissement jusqu’à la fin des années 1850, avant une longue période de latence documentée par les annonces de location infructueuses de la veuve Landrin.

En 1863, la verrerie renaît sous l’impulsion d’un réseau familial serré : François-Jules Brûlé, Delphin-Zéphirin Guébourg, son beau-frère, Auguste Poulet et Alphonse Festor, son gendre, fondent la société Brûlé et Cie. Le frère de l’épouse de Festor, Lucien Brûlé, épouse pour sa part une Grésely, famille verrière franc-comtoise présente à Rive-de-Gier depuis 1783. Ce réseau dynastique relie la petite verrerie stéphanoise à l’ensemble du monde verrier de la vallée du Gier. Cette décennie 1863-1872 est la seule véritable période d’activité pleine et continue que connaîtra jamais l’établissement. Même en ajoutant les premières années, sur soixante-quinze ans d’existence, la fabrique n’a pas eu plus de vingt-cinq ans de production effective. Ce sont finalement les frères Hervier qui, en 1890, relancent une dernière fois une manufacture de gobeleterie, pour mieux l’abandonner dès 1891, lorsqu’une opportunité plus grande s’ouvre à Rive-de-Gier.

Car c’est là le destin remarquable de la Ricamarie : avoir servi de berceau à une lignée de maîtres verriers qui, en quittant ce site contraint et sinistré, ont donné naissance aux Verreries de la Loire, puis aux Verreries Générales de la Loire, une entreprise ripagérienne qui survivra jusqu’en 1933. Le quartier dit « de la Verrerie » à la Ricamarie, aujourd’hui traversé par une ligne de bus et un arrêt portant ce nom, est la seule mémoire visible de cette histoire.


Historique

Fondation : Rousseau, puis son gendre Rodet (1825 — 1838)

Le document fondateur est une ordonnance du roi Charles X, datée de Paris le 4 mai 1825, autorisant « le sieur Louis Rousseau à établir, dans la propriété du sieur Patouillard, près du village de la Ricamarie, commune de Valbenoite (Loire), une verrerie à verre blanc, consistant en un seul four à huit pots ». Une telle autorisation ne prouve pas en elle-même que l’établissement a effectivement été créé — la preuve d’exploitation vient d’actes d’état civil.

La première attestation d’activité est antérieure au mariage Rodet-Rousseau de 1829. Le 25 avril 1826, naît à Valbenoite Marie Louise Huot, fille de Melchior Huot, verrier à la Ricamarie, âgé de trente quatre ans, et de Marie Bricot 1. Les témoins sont Étienne Raspiller, verrier à la Ricamarie, âgé de trente quatre ans, et Antoine Bonnebouche, journalier à la Ricamarie. La verrerie est donc en activité dès la première année suivant l’ordonnance royale, avec au moins deux souffleurs expérimentés. Étienne Raspiller appartient à la grande dynastie verrière Raspiller (attestée à Sankt Blasien, Miellin, Ingrandes ou Rive-de-Gier) dont la présence ici dès 1826 révèle que Rousseau a recruté d’emblée dans les filières ripagériennes. Melchior Huot est encore présent quatre ans plus tard : il figure comme témoin à la naissance d’Anaïs Rodet en mars 1830, alors qualifié de « verrier, 45 ans ».

Un second acte confirme l’étoffement de l’équipe : le 14 janvier 1829, à la naissance de son fils Melchior, Huot est assisté d’Étienne Stenger (dit « Schetingre », 43 ans) et de Victor Schmid (dit « Schemit », 37 ans), tous deux verriers à la Ricamarie 2. Quatre souffleurs sont ainsi identifiés sur le site avant même le mariage Rodet-Rousseau de juin 1829.

Le 16 juin 1829, en effet, Antoine Rodet, commis voyageur natif de Saint-Priest-la-Roche, épouse à Valbenoite Thérèse Rousseau, la fille de Louis Rousseau, qualifié dans l’acte de « propriétaire verrier résidant à la Ricamarie » (AD42, 2E 12 VALB, acte n°168). La verrerie est donc en activité à cette date, et Rousseau en est le maître. La relation entre Rousseau et Rodet s’éclaire aussitôt : Rodet est le gendre, qui prend la direction de l’affaire familiale après le mariage. La transition du beau-père vers le gendre est un schéma classique de transmission dans les familles industrielles du XIXe siècle.

Les témoins du mariage méritent attention : parmi eux figurent Dominique Jacob, négociant à Saint-Étienne, et Pierre Seychal, négociant à Lyon, deux places commerciales essentielles pour écouler la production d’une verrerie de gobeleterie. Leur présence n’est vraisemblablement pas étrangère aux affaires de la famille.

Les inondations et la ruine de Rodet (1829 — 1838)

La verrerie est exploitée sous le nom de M. Rodet. Elle apparaît également dans l’Almanach du commerce de 1838 sous ce nom, coexistant alors avec la mention Landrin, deux noms qui désignent peut-être deux exploitants distincts sur des parcelles voisines, ou plus vraisemblablement une association en cours.

La verrerie Rodet est frappée par une série de catastrophes hydrauliques. Le 27 août 1834, une inondation submerge l’établissement en soirée. Les ouvriers du rez-de-chaussée ne peuvent s’échapper qu’à l’aide de cordes ; l’un d’eux, les pieds coincés sous une porte battue par le courant, a la vie sauve mais perd deux orteils. Deux hommes et une femme périssent. Toutes les marchandises sont détruites ou avariées. M. Rodet impute la catastrophe à la chaussée et au pont construits par l’administration devant son établissement sur la route royale n° 88, et engage un recours — qui est rejeté en force majeure lors du jugement de janvier 1838, avant qu’une indemnité de 2 191 fr. 60 c. ne lui soit finalement accordée pour le préjudice causé à sa propriété.

Entre 1834 et 1837, l’établissement est inondé cinq ou six fois. La crue du 23 août 1837 est la dernière et la plus dévastatrice : « il ne reste pas vestige de son établissement », rapporte Le Drapeau tricolore. La verrerie Rodet disparaît physiquement, et avec elle son propriétaire exploitant, Antoine Rodet, qui est ensuite « rentier rue du Breuil » à Saint-Étienne dès juillet 1838 et qu’on ne reverra plus à La Ricamarie.

Landrin et la reconstruction (vers 1845 — vers 1859)

Ce n’est qu’en 1845, l’année du décès de Paul Patouillard, propriétaire des lieux depuis 1839, que des travaux de construction sont signalés. Dans le recensement de 1846, on ne trouve cependant aucun verrier.

Un acte de naissance du 7 avril 1844 atteste cependant d’une activité effective sous Landrin à cette période : Pierre Michel, « verrier demeurant à la Ricamarie, âgé de vingt cinq ans, originaire d’Auberive (Haute-Marne) », déclare la naissance de son fils à Valbenoite (dans son domicile situé maison Béraud) 3. Sa présence est éloquente : Michel a épousé Adélaïde Gentil le 24 novembre 1840 à Rouelles (Haute-Marne), siège d’une manufacture de glaces fondée avant la Révolution et fermée en 1842. Il est donc l’un de ces verriers de reconversion que la fermeture d’un établissement redirige vers un site en activité, ici la Ricamarie, où Landrin cherchait des souffleurs après la reconstruction du four. L’activité entre 1838 et 1851 est donc bien réelle, même si les recensements ne la montrent que sous son aspect le plus réduit.

Barthélémy Landrin est cité comme verrier à la Ricamarie dans l’Almanach du commerce de 1833, soit antérieurement aux premières inondations. Le 13 février 1849, Landrin, désormais décrit comme « fabricant de verres demeurant à Fraisse, canton du Chambon », acquiert pour 11 000 francs un tènement de terre et un pré en la commune de la Ricamarie, dans le cadre de la succession de Jean Epalle, terrains sis au lieu dit « de la Verrerie ». La verrerie comme telle n’est pas mentionnée dans cet acte, peut-être parce qu’elle était alors à l’arrêt, ou bien parce qu’elle faisait l’objet d’un acte séparé.

La production sous Landrin est certainement très modeste : le recensement de 1851 4 ne signale que trois personnes à la Verrerie : Barthelemi Landrin, 67 ans (plutôt 61 ans a priori), maître de verrerie, son épouse Marie Lardon, 60 ans (en réalité 57 ans) et un verrier de 56 ans, Maurice Colon !

Landrin est pourtant régulièrement cité dans l’Almanach jusqu’en 1856 (dernière édition consultée). L’activité est alors réduite à néant, comme le montre le recensement de 1856 5 où n’apparait aucun verrier si ce n’est Pierre Vendrot, 24 ans, mais il est « occupé dans une autre commune », probablement Saint-Étienne. Les bâtiments hébergent des mineurs, un forgeur et même un aubergiste. Mme Veuve Landrin y réside également, probablement dans la maison de maître du domaine, avec son fidèle domestique Jean-Baptiste Tarrariat (son patronyme varie au fil du temps), 43 ans. Quelques temps après son veuvage, elle tente encore de louer l’établissement : une annonce paraît dans le Mémorial de la Loire du 6 août 1859, proposant « l’ancienne et belle Verrerie de la Ricamarie », dont le four a été « remis à neuf », vantant sa proximité de la gare du chemin de fer et de l’exploitation houillère. L’annonce est encore publiée en septembre 1860 : la verrerie reste sans preneur.

Pierre Pelletier (1887) attribue à Landrin une fondation « vers 1816 ou 1817 » et lui prête une activité itinérante de foire — un four à quatre pots sur une voiture à quatre roues, dont la femme assurait la chauffe pendant que Landrin soufflait devant le public. Ce récit pittoresque, s’il est plausible comme activité d’un verrier ambulant, est incompatible avec la date de fondation de 1825 attestée par l’ordonnance royale, et ne peut en aucun cas désigner la fondation d’un établissement fixe à la Ricamarie.

La verrerie en sommeil, puis reprise par Brûlé et Cie (vers 1860 — 1867)

L’absence de locataire après 1860, la mention d’un « ouvrier verrier » assassiné par un forgeur en décembre 1862, et celle d’une « verrerie en démolition » en octobre 1866 suggèrent une longue période d’inactivité entrecoupée de tentatives de relance. La verrerie semble avoir été partiellement démolie en 1866, ou du moins certaines dépendances si l’on en croit la matrice des propriétaires.

Pourtant, dès le 16 février 1863, une nouvelle société s’installe sur le site : Brûlé et Cie, réunissant François-Jules Brûlé, Delphin-Zéphirin Guébourg, Auguste Poulet et Alphonse Festor. La société exploite explicitement « la verrerie Landrin », confirmant la continuité du site. Les quatre associés ne sont pas des inconnus : ils forment un réseau familial serré. Guébourg est le frère d’Adèle Guébourg, épouse de Brûlé — soit le beau-frère de ce dernier. Festor, quant à lui, vient d’épouser Julie Adèle Brûlé, fille de François-Jules, le 8 novembre 1862 — trois mois avant la constitution de la société. Festor est donc à la fois le gendre de Brûlé et l’allié de Guébourg. Le frère de Julie Adèle, Lucien Brûlé, verrier lui aussi, épouse Marie Claudine Grésely, rattachant ainsi la famille au réseau des Grésely — grande dynastie verrière franc-comtoise originaire de Forêt-Noire, présente à Rive-de-Gier depuis 1783. Célestin Festor, père d’Alphonse, travaillait quant à lui à La Guillotière, dans l’orbite des verreries lyonnaises, avec un lien possible avec la verrerie Mesmer.

En février 1865, Alphonse Festor cède ses parts à Jules Brûlé fils. La société est dissoute le 16 septembre 1867.

Guébourg, Poulet et Cie et le transfert vers Saint-Étienne (1867 — vers 1879)

Le 28 novembre 1867, la société Guébourg, Poulet et Cie est constituée pour l’exploitation de la même verrerie, prévue jusqu’au 1er juin 1879. Dès cette époque, Guébourg transfère progressivement son activité au 11 rue Tréfilerie à Saint-Étienne. La dissolution, annoncée le 11 janvier 1877, le confirme explicitement : la société avait « primitivement son siège à la Brûlante, commune de la Ricamarie, et plus tard à Saint-Étienne, rue Tréfilerie, 11 ».

Poulet reste à la Ricamarie. Dès janvier 1877, il tente de louer le site (cabinet Raphanel, Saint-Étienne). En juin 1879, c’est la propriétaire elle-même, Mme Tiblier-Bonneville (héritière de la veuve Landrin), qui met la propriété aux enchères volontaires par l’étude de Me Barbier, notaire au Chambon : « un bâtiment servant de verrerie, maison d’habitation, cour, hangard et jardin clos de murs, le tout en façade sur la route nationale de Saint-Étienne au Puy ». En juillet 1881, une nouvelle annonce propose encore la verrerie « à vendre ou à louer de suite » (M. Clarard, notaire à Firminy).

C’est finalement le sieur Lameloise qui reprend l’exploitation à une date inconnue entre 1881 et 1890. En janvier 1890, sa liquidation judiciaire est annoncée dans le Mémorial de la Loire : le matériel, la clientèle et le droit au bail jusqu’au 25 décembre 1898 sont mis en adjudication pour une mise à prix de 4 000 francs.

Hervier frères (1890 — 1892)

Le 25 juin 1890, une société en nom collectif est constituée à la Ricamarie : la Manufacture des Verreries de la Ricamarie, Hervier frères, réunissant Fleury-Étienne Hervier et Jean-Marie Hervier, tous deux domiciliés au lieu de la Verrerie. L’acte est enregistré à Saint-Genest-Malifaux le 3 juillet 1890 par Me Fournier, notaire. Capital de 15 000 francs, production de gobeletterie.

Le transfert vers Rive-de-Gier intervient dès mars 1891 — la société prend le nom de Verreries de la Loire et s’installe dans l’ancienne usine Berlier. La dissolution formelle de la SNC est actée le 30 décembre 1892 devant Me Darnon, notaire à Saint-Chamond : les deux frères, désormais qualifiés de « maîtres de verrerie demeurant à Rive-de-Gier », déclarent dissoudre la société « ayant eu son siège à la Ricamarie, sous la dénomination de Verrerie de la Ricamarie, puis à Rive-de-Gier, sous la dénomination nouvelle de Verrerie de la Loire ». Fleury-Étienne rachète la part de Jean-Marie et procède seul à la liquidation.

La société anonyme et la fin définitive (1891 — 1898)

Le départ des Hervier n’est pas la fin de l’activité verrière à la Ricamarie. Une société anonyme des Verreries de la Ricamarie reprend l’exploitation du site — entité distincte de la SNC Hervier frères. Elle fait l’objet d’une liquidation judiciaire dont la vente aux enchères est annoncée le 13 mai 1898 : le matériel vendu le 26 mai 1898 au lieu de la Verrerie est considérable — 158 cannes à souffler, 370 moules à bouteilles d’une gamme très étendue (bordelaises, bourgognes, biberons, flacons pharmaceutiques, bocaux, pots à moutarde…), outillage de forge et mobilier de bureau. Liquidateurs judiciaires : MM. Chassagnard et Courbis. Cette vente révèle une production bien plus diversifiée que la simple gobeleterie pratiquée sous les Hervier.

Fin d’activité

Le 3 janvier 1900, le Petit Parisien signale qu’« une verrerie de la Ricamarie a fermé ses portes hier, par suite du manque de houille ». Cette fermeture correspond vraisemblablement aux dernières activités liées à la liquidation de la SA des Verreries de la Ricamarie, dont le matériel avait été vendu en mai 1898. À partir de 1900, le nom « La Verrerie » ne désigne plus qu’un quartier et un arrêt de tramway à vapeur — confirmé par des mentions de faits divers en 1908 et ultérieurement, sans la moindre référence à une activité industrielle.


Situation géographique

Localisation

La verrerie était établie sur la commune de Valbenoite (intégrée à Saint-Étienne en 1855, après avoir été partiellement rattachée à La Ricamarie en 1843), au village de la Ricamarie. Elle correspond très vraisemblablement à la parcelle cadastrale 549 (section C1, cote 1678VT8_22) du plan de Valbenoite (1826), renommée parcelle 365 lors du rattachement à La Ricamarie en 1843. Les états de section de 1830 l’identifient comme « maison, cour et verrerie » de 720 m², propriété de Louis Rousseau. La parcelle est localisée au bord de la route royale n° 88 (Lyon–Toulouse) et de l’Ondaine, à deux pas du pont qui l’enjambe — correspondant exactement aux descriptions de la presse (« sur la route impériale de Lyon à Bordeaux ») et aux annonces de location de 1859-1860 (« à quelques mètres de la station du chemin de fer de Saint-Étienne au Puy »). La proximité immédiate des houillères de la Ricamarie, dont le premier puits remonte aux années 1820, est un argument supplémentaire en faveur de cet emplacement.

État actuel

Le site bâti a disparu. Il subsiste à la Ricamarie un quartier dit « de la Verrerie », localisé près de la mairie et de la gare, en bordure de l’Ondenon aujourd’hui entièrement enterré sous la voirie. Un arrêt de bus portant ce nom perpétue la mémoire de l’établissement. Aucune structure bâtie n’est identifiable comme vestige de la verrerie.

Carte(s) du site

Le plan cadastral de Valbenoite (1826, section C1, cote 1678VT8_22) a été consulté aux AD42. La parcelle 549 y est localisée en bordure de la grande route et de l’Ondaine, à proximité du pont. Les états de section (1830) confirment sa nature verrière et son appartenance à Rousseau. Elle devient la parcelle 365 de la section A1 de La Ricamarie en 1843. La feuille C2, qui aurait pu clarifier la localisation précise du quartier dit « La Brûlante », n’est pas disponible en ligne ; les états de section correspondants ne sont pas non plus accessibles à distance.


Personnages liés

  • Louis Rousseau — fondateur de la verrerie, qualifié de « propriétaire verrier résidant à la Ricamarie » dans l’acte de mariage de son gendre en 1829. C’est lui qui obtient l’ordonnance royale de 1825 et lance l’établissement. Son prénom est confirmé par ce même acte. Il disparaît des sources après 1829 ; la propriété passe à son gendre Rodet en 1833.
  • Antoine Rodet — gendre de Louis Rousseau, époux de Thérèse Rousseau (mariage à Valbenoite, 16 juin 1829). Commis voyageur de formation, natif de Saint-Priest-la-Roche. Qualifié successivement de « négociant verrier » (1830) et « maître verrier » (1834, 1835). Après les inondations de 1837, quitte la Ricamarie et est qualifié de « rentier rue du Breuil » à Saint-Étienne dès juillet 1838. La matrice cadastrale le montre propriétaire de la parcelle 549 de 1833 à 1839.
  • Paul Patouillard — commis verrier (1834), puis serrurier, puis marchand de vins. Déjà employé dans la verrerie Rodet avant de l’acquérir en 1839 ce qui explique la continuité du site. Né le 16 février 1813 à Valbenoite, décédé le 28 juin 1845 à La Ricamarie à 32 ans. Sa veuve Jeannette Chaize reste propriétaire jusqu’en 1893.
  • Barthélémy Landrin — maître verrier, né le 3 mai 1790 à Venasque (Vaucluse) — origine provençale remarquable dans un milieu dominé par les familles germaniques. Épouse Marie Lardon à La Ricamarie le 26 novembre 1845. Cité dans les almanachs de 1833 à 1856, acquéreur de terrains à la Ricamarie en 1849. Mort avant 1859. Pelletier en donne un portrait haut en couleur de foire itinérante, à prendre avec précaution.
  • Mme veuve Landrin — Marie Lardon, née en mai 1794 à Aubeys, commune de Lapte (Haute-Loire), fille de Jean Lardon (décédé à Saint-Étienne le 19 mai 1819) et d’Élisabeth Pichon (décédée à Montfaucon, Haute-Loire, le 7 janvier 1803). Épouse de Barthélémy Landrin depuis novembre 1845 — elle avait alors 51 ans. Succède à son époux ; surveille la fabrication depuis son lit, par un judas pratiqué dans le mur de l’usine, selon Pelletier. Tente sans succès de louer l’établissement en 1859 et 1860. Décède le 3 juin 1869 à La Verrerie, commune de la Ricamarie, à 74 ans (l’acte de décès indique 80 ans par erreur d’estimation). Témoins à l’acte : Jean-Baptiste Tiblier, 47 ans, passementier rue Sainte-Barbe à Saint-Étienne, et Christophe Dausert, 44 ans, passementier à Saint-Étienne — qualifiés de « neveux par alliance de la défunte ». Ses héritiers sont Marie Bonneville, épouse Tiblier, et Jean-Baptiste Tarreria. Ni Tiblier ni Dausert n’étant verriers, l’héritage ne pouvait qu’être mis en vente — ce qui explique les longues tentatives de location infructueuses et la vente aux enchères de son mobilier, 23 jours seulement après son décès.
  • Jean-Baptiste Tiblier — passementier, domicilié rue Sainte-Barbe à Saint-Étienne. Époux de Marie Bonneville, héritière de la veuve Landrin. Témoin à l’acte de décès de Marie Lardon en juin 1869. Sa profession de passementier, sans lien avec la verrerie, explique pourquoi le site est mis en location plutôt qu’exploité par la famille.
  • Jean-Baptiste Tarreria — domicilié au lieu de la Verrerie à la Ricamarie, co-héritier de la veuve Landrin en 1869. Sa présence permanente sur le site pendant la longue période de latence (1860-1881) suggère qu’il y assurait une fonction de gardiennage ou de gérance informelle.
  • Lameloise — exploitant de la verrerie entre environ 1881 et 1890, dont la liquidation judiciaire est annoncée en janvier 1890. Prénom et biographie inconnus.
  • François-Jules Brûlé — maître verrier, né le 16 juin 1811 à Bligny (Aube), décédé vers 1883 à Bordeaux. Époux d’Adèle Guébourg (née le 4 mars 1818 à Bligny, décédée le 10 août 1902 à Sceaux), mariés le 24 juillet 1837 à Bligny. Père de Julie Adèle (épouse Festor, décédée à Barcelone en 1872), Jules Adrien (épouse Delorme), Lucien (épouse Grésely), Paul Émile.
  • Balthazard Aimé Guébourg — verrier, né le 7 septembre 1812 à Bligny (Aube), décédé le 6 janvier 1880 à Saint-Étienne. Frère d’Adèle Guébourg, donc beau-frère de François-Jules Brûlé et oncle de tous les enfants Brûlé. Témoin au mariage de Jules Adrien Brûlé en 1864 comme « oncle du futur époux ». Époux de Marie Joséphine Waltre / Valter (Spoy, Aube), fille de Simon Valter (patronyme verrier de Wildenstein). Père de Zéphirin Guébourg.
  • Delphin-Zéphirin Guébourg — verrier, né le 12 décembre 1842 à Bligny (Aube), décédé le 22 août 1908 à Oullins. Fils de Balthazard Aimé, cousin germain des enfants Brûlé. Associé de Brûlé et Cie puis de Guébourg, Poulet et Cie. Épouse Elisabeth Valter à La Ricamarie le 17 octobre 1868. Transfère son activité à Saint-Étienne, rue Tréfilerie, entre 1867 et 1876. Voir fiche verrerie-rue-trefilerie-saint-etienne.
  • Auguste Poulet — verrier, associé de Brûlé et Cie puis de Guébourg, Poulet et Cie. Reste à la Ricamarie après le départ de Guébourg et tente de louer le site en 1879.
  • Alphonse Jean Festor — verrier, né le 13 octobre 1835 à Lyon, décédé le 10 avril 1891 à Saint-Étienne. Fils de Célestin Festor (né le 21 novembre 1810 à Vonêche, Namur, décédé le 12 mars 1848 à La Guillotière), verrier chez M. Lacombe à La Guillotière depuis 1829. Épouse Julie Adèle Brûlé le 8 novembre 1862, trois mois avant la fondation de Brûlé et Cie. Cède ses parts en 1865. Les Festor (Feisthauer) sont originaires d’Autriche, région de Salzburg, et étaient scieurs et bûcherons avant de devenir verriers.
  • Fleury-Étienne Hervier et Jean-Marie Hervier — frères, maîtres de verrerie, fondateurs de la Manufacture des Verreries de la Ricamarie en 1890, puis des Verreries de la Loire à Rive-de-Gier (usine Berlier) en 1891. La dissolution de leur SNC en décembre 1892 voit Fleury-Étienne racheter la part de Jean-Marie et procéder seul à la liquidation.

Éléments techniques

L’ordonnance de 1825 décrit un établissement minimal : un seul four à huit pots, dédié à la production de verre blanc soufflé. Cette configuration modeste est typique des petites verreries de gobeleterie du premier XIXe siècle. Pelletier mentionne que Landrin fabriquait « de petits objets : chiens, chats, gobelets » — une production de fantaisie et de table, à la fois d’usage courant et à valeur décorative.

La société Hervier frères (1890) est explicitement qualifiée de « manufacture de verrerie dite gobeletterie » dans l’acte de formation, confirmant la continuité de la vocation productive du site depuis ses origines. Le capital de 15 000 francs, très modeste, témoigne de la petite échelle de l’entreprise à cette date.

L’inventaire de la vente aux enchères de mai 1898 (liquidation de la SA des Verreries de la Ricamarie) révèle cependant une production beaucoup plus diversifiée dans la dernière période : 158 cannes à souffler, 370 moules à bouteilles couvrant une gamme étendue — bordelaises, bourgognes, biberons, flacons pharmaceutiques, bocaux de conserve, pots à moutarde, flacons postaux, séries mexicaine, franco-anglaise, écossaise — ainsi qu’un équipement de forge complet (soufflet, machine à percer, tours au pied). Cette verrerie de fin de siècle était une vraie manufacture industrielle, bien éloignée du four artisanal de Rousseau.

La proximité des houillères stéphanoises — explicitement mise en avant dans les annonces de location de 1859-1860 — était l’atout principal du site pour l’approvisionnement en combustible, ainsi que la prise d’eau sur l’Ondaine (mentionnée dans l’annonce de location de 1877). La fermeture signalée en 1900 « par suite du manque de houille » rappelle que cet avantage pouvait se retourner en fragilité lors des crises d’approvisionnement.


Contexte social

La communauté verrière en 1866

Le recensement de 1866 offre une photographie saisissante de la communauté verrière installée à la Ricamarie au moment de l’exploitation par Brûlé et Cie. Toute la population verrière du lieu est regroupée à la maison 137, une seule adresse qui correspond aux logements de la verrerie elle-même — la « maison d’habitation pour maîtres et ouvriers » mentionnée dans les annonces de location. On y dénombre huit ménages consécutifs (496 à 503), soit une trentaine de personnes.

Ménage 496 : la veuve Landrin (Marie Lardon, 72 ans) vit avec son domestique Baptiste Téralia (55 ans, célibataire) — notre Jean-Baptiste Tarreria, resté sur place après la cessation d’activité et qui deviendra co-héritier à sa mort en 1869.

Ménages 497 à 503 : toute la société Brûlé et Cie est là, avec ses familles et ses ouvriers logés. On reconnaît :

  • Jules Brûlé fils (28 ans), marié à Louise Delorme, avec leur fils Émile Paul d’1 an — c’est lui qui a racheté les parts de Festor en 1865
  • Augustin Poulet (45 ans, célibataire) — notre Auguste Poulet, associé
  • Zéphirin Guébourg (35 ans), marié à Zélie Effler — attention : ce n’est pas notre Zéphirin de la rue Tréfilerie, mais son cousin, fils de Melchior Guébourg (frère de Balthazard Aimé)
  • François-Jules Brûlé (53 ans) avec Adèle Guébourg (47 ans) et leurs fils Félix et Gabriel
  • Balthazard Aimé Guébourg (54 ans) avec Joséphine Valck, leurs enfants — dont Zéphirin (23 ans, déjà verrier), Louis, Ferdinand, Auguste — et trois ouvriers logés : Olivier Fénelon et les frères Charpentier (Gustave et Édouard)
  • Alphonse Dury (32 ans), marié à Adéline Guébourg — fille de Balthazard Aimé, un gendre de plus dans le réseau
  • Eugène Effler (38 ans, célibataire) — frère de Zélie Effler, donc neveu par alliance de Balthazard Aimé

Cette communauté est issue presque entièrement de Bligny dans l’Aube, foyer verrier champenois d’où sont originaires les Guébourg, les Brûlé, les Effler et les Valck — tous interconnectés par des mariages endogames sur plusieurs générations. Melchior et Balthazard Aimé Guébourg sont frères ; leur sœur Adèle a épousé François-Jules Brûlé ; leur sœur Marie Marguerite a épousé Benjamin Effler (père de Zélie et Eugène) — si bien que Zélie Effler a épousé son propre cousin Zéphirin fils de Melchior. La verrerie de la Ricamarie était en 1866 une colonie champenoise transplantée dans le bassin houiller stéphanois.

La dispersion : le recensement de 1872

Six ans plus tard, le recensement de 1872 offre un tableau radicalement différent. La grande colonie champenoise s’est dispersée — et sa décomposition date d’avant 1872, ce qui confirme que le transfert de Guébourg vers la rue Tréfilerie à Saint-Étienne est antérieur à cette date.

À l’adresse de la verrerie, on ne trouve plus qu’un seul ménage Guébourg : Zéphirin fils de Melchior (41 ans), avec son épouse Eugénie Effler (41 ans) — le prénom diffère de Zélie connu par ailleurs, peut-être une erreur du recenseur — et leurs enfants, dont Zéphir (13 ans, né en Seine-Inférieure), ce qui révèle que le couple a séjourné en Normandie vers 1859, avant d’arriver à la Ricamarie. Eugène Effler (43 ans, verrier, beau-frère) vit toujours avec eux.

Jean-Baptiste Tarria (60 ans, « rentier, parent », né dans le Puy-de-Dôme) est encore là — fidèle au site depuis la mort de la veuve Landrin dont il est l’un des héritiers.

Deux autres ménages verriers sont présents dans le voisinage immédiat : Jean-Baptiste Mayer (39 ans, verrier, né dans la Loire) avec sa femme Louise Champin et leurs quatre enfants, et Auguste Dumaine (36 ans, verrier, né dans la Loire) avec sa famille et trois jeunes enfants Bourguignon. La main-d’œuvre est désormais d’origine plus locale et diversifiée — la Loire, la Haute-Loire, la Suisse (les frères Autronas) —, bien loin de la cohésion champenoise de 1866.

Exit les Brûlé, exit Augustin Poulet, exit Zéphirin fils de Balthazard : tous sont déjà à Saint-Étienne. Il ne reste que sept verriers, contre neuf en 1866 — et la verrerie est toujours exploitée sous la raison Guébourg, Poulet et Cie jusqu’en 1877.


Erreurs et incertitudes

Ce que dit la littérature, et ce qu’il faut corriger

Pierre Pelletier (1887, p. 244-245) attribue à Landrin une fondation d’usine « vers 1816 ou 1817 » à la Ricamarie. Cette date est incompatible avec l’ordonnance royale du 4 mai 1825, qui est le premier document attestant l’existence d’une verrerie sur ce site — et qui ne mentionne pas Landrin, mais Rousseau. En 1816-1817, Saint-Étienne ne possédait pas encore la moindre verrerie, comme le relèvent les propres notes de recherche sur cette fiche. La date de Pelletier est donc à rejeter. Elle s’explique peut-être par une confusion avec l’activité itinérante de Landrin (le four ambulant de foire), qui aurait précédé l’établissement fixe, ou par la tendance habituelle de Pelletier à vieillir les fondations.

L’Almanach du commerce cite simultanément « Rodet » et « Landrin » à la Ricamarie dans plusieurs éditions (notamment 1838). L’auteur des notes de recherche estime que cette coexistence est « probablement erronée » et qu’il s’agit d’une succession ou d’une association. Cette interprétation est raisonnable mais ne peut être affirmée avec certitude : deux exploitations distinctes sur des parcelles différentes du lieu-dit « Verrerie » restent possibles, d’autant que les inondations successives de Rodet n’ont pas nécessairement affecté l’ensemble du site.

Points non résolus

  • Devenir de Louis Rousseau : fondateur attesté en 1829, propriétaire jusqu’en 1833, il disparaît ensuite des sources. Est-il décédé avant les inondations, ou a-t-il cédé sa part à son gendre de son vivant ?
  • Camille Dugas : l’acte de mariage Rodet-Rousseau mentionne un « M. Dugas, l’un des adjoints » ayant délivré un certificat à Lyon. S’agit-il de Camille Dugas, futur maire de Givors et directeur de la verrerie Robichon à Rive-de-Gier ?
  • Jean Pierre Crine : témoin verrier à la naissance d’Anaïs Rodet en 1830. Le patronyme Crine est probablement une déformation de Greiner, famille verrière germanique. Un lien avec les Criner/Greiner de Saint-Étienne mériterait vérification.
  • Chronologie Rodet / Landrin : Landrin apparaît dans les almanachs dès 1833, avant le départ de Rodet en 1838. Succession, association ou coexistence ?
  • Unicité du site : la présente fiche fusionne les anciens établissements « verrerie Rodet-Landrin » et « verrerie de La Brûlante » en partant de l’hypothèse — très probable mais non formellement démontrée — qu’il s’agit du même site géographique (parcelle 549/365). La feuille C2 du cadastre de Valbenoite, non disponible en ligne, pourrait le confirmer.
  • Lameloise : exploitant entre environ 1881 et 1890, dont on ne connaît que le nom de famille. Qui est-il ? D’où vient-il ?
  • La société anonyme des Verreries de la Ricamarie : quand a-t-elle été constituée, et par qui ? Elle est distincte de la SNC Hervier frères et reprend l’exploitation après leur départ en 1891. Sa constitution et ses actionnaires restent à documenter.
  • Célestin Festor à La Guillotière : verrier chez M. Lacombe depuis 1829. Quel établissement ?
  • Lucien Brûlé et Marie Claudine Grésely : date et lieu du mariage non retrouvés.
  • Zéphirin Guébourg à Oullins : décédé le 22 août 1908. A-t-il travaillé à la cristallerie d’Oullins ?

Notes

Footnotes

  1. Archives Municipales de Saint-Étienne, Valbenoite, Naissances-mariages-décès 1825-1827, cote 2E 11 VALB, acte n°103, vue 128/289. Naissance de Marie Louise Huot, fille de Melchior Huot, verrier à la Ricamarie (34 ans), et de Marie Bricot. Témoins : Étienne Raspiller, verrier à la Ricamarie (34 ans), et Antoine Bonnebouche, journalier (55 ans).

  2. Archives Municipales de Saint-Étienne, Valbenoite, Naissances-mariages-décès 1828-1830, cote 2E 12 VALB, acte n°168, vue 128/303. Naissance de Melchior Huot fils, fils de Melchior Huot, verrier à la Ricamarie (37 ans). Témoins : Étienne Stenger (« Schetingre »), verrier à la Ricamarie (43 ans), et Victor Schmid (« Schemit »), verrier à la Ricamarie (37 ans).

  3. Archives Municipales de Saint-Étienne, Valbenoite, Naissances-mariages-décès 1844, acte n°88, cote 2E 21 VALB, vue 25/136. Naissance de Pierre Michel, fils de Pierre Michel, verrier demeurant à La Ricamarie (25 ans, originaire d’Auberive, Haute-Marne), et d’Adélaïde Gentil (24 ans).

  4. Recensement de La Ricamarie, 1851. AD42. Verrerie. Référence 2NUM35_6M498_184, cote 6M498, vue 67/82. Lien : https://archives.loire.fr/ark:/51302/vta0b08c7a9cacf07d0/img:FRAD042_35_6M498_184_0067

  5. Recensement de La Ricamarie, 1856. AD42. Le Bourg, La Verrerie. Référence 2NUM35_6M500_184, cote 6M500, vue 55/59. Lien : https://archives.loire.fr/ark:/51302/vtac5b4e54496f2472c/img:FRAD042_35_6M500_184_0055

Personnages associés

Personnalités

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Sources

etat civil Naissance de Marie Louise Huot (Archives Municipales de Saint-Étienne, Valbenoite, Naissances-mariages-décès 1825-1827, cote 2E 11 VALB, acte n°103, vue 128/289)

25 avril 1826, naissance de Marie Louise Huot, fille de Melchior Huot, 'verrier à la Ricamarie, âgé de trente quatre ans', et de Marie Bricot. Témoins : Étienne Raspiller, 'verrier à la Ricamarie, âgé de trente quatre ans', et Antoine Bonnebouche, journalier à la Ricamarie, 55 ans. Premier acte attestant une activité verrière effective à la Ricamarie — moins d'un an après l'ordonnance royale de mai 1825. Révèle la présence dès l'origine d'un Raspiller, grande famille verrière ripagérienne (Sankt Blasien, Ingrandes, Rive-de-Gier).

etat civil Naissance de Melchior Huot fils (Archives Municipales de Saint-Étienne, Valbenoite, Naissances-mariages-décès 1828-1830, cote 2E 12 VALB, acte n°168, vue 128/303)

14 janvier 1829 — naissance de Melchior Huot fils, fils de Melchior Huot, verrier à la Ricamarie, 37 ans. Témoins : Étienne Stenger ('Schetingre'), verrier à la Ricamarie, 43 ans, et Victor Schmid ('Schemit'), verrier à la Ricamarie, 37 ans. Révèle la présence d'au moins quatre souffleurs expérimentés sur le site avant le mariage Rodet-Rousseau de juin 1829 : Huot, Raspiller (1826), Stenger et Schmid.

etat civil Mariage d'Antoine Rodet et Thérèse Rousseau (AD42, Valbenoite, 2E 12 VALB, acte n°168, vue 166/303)

16 juin 1829, Antoine Rodet, commis voyageur, natif de Saint-Priest-la-Roche, épouse Thérèse Rousseau, native de Rive-de-Gier, fille de Louis Rousseau qualifié de 'propriétaire verrier résidant à la Ricamarie'. Confirme que la verrerie est en activité à cette date. Parmi les témoins : un négociant de Saint-Étienne (Dominique Jacob) et un négociant de Lyon (Pierre Seychal) — réseau commercial typique d'une verrerie de gobeleterie. Possible présence de Camille Dugas (futur directeur de la verrerie Robichon à Rive-de-Gier) comme officier signataire, à vérifier.

etat civil Naissance d'Anaïs Rodet (Archives Municipales de Saint-Étienne, Valbenoite, 2E 12 VALB, acte n°76, vue 247/303)

1er mars 1830, Antoine Rodet qualifié de 'négociant verrier'. Témoins : Melchior Huot, 45 ans, verrier, et Jean Pierre Crine, 42 ans, ouvrier verrier, demeurant tous à la Ricamarie. Confirme la présence d'ouvriers verriers sur le site à cette date. Le patronyme Crine (probablement déformation de Greiner, famille verrière germanique) est notable.

etat civil Décès d'Antoinette Julie Félicie Rodet (Archives Municipales de Saint-Étienne, Valbenoite, 2E 14 VALB, acte n°63, vue 225/249)

30 mai 1834, décès d'une fille de Rodet. Le déclarant est Paul Patouillard, qualifié de 'commis verrier, demeurant à la Ricamarie, âgé de 21 ans'. Antoine Rodet est qualifié de 'maître verrier à la Ricamarie'. Patouillard est donc déjà employé dans la verrerie Rodet avant de la racheter en 1839 — ce qui explique la transmission du site.

etat civil Naissance de Pierre Marie Auguste Rodet (Archives Municipales de Saint-Étienne, Valbenoite, 2E 15 VALB, acte n°80, vue 23/266)

12 mai 1835, Antoine Rodet qualifié de 'maître verrier demeurant à la Ricamarie, âgé de quarante deux ans'. Cet enfant sera plus tard licencié en droit ; l'un de ses fils se mariera dans le Tennessee en 1891 avant de décéder à Buffalo en 1947.

etat civil Naissance de Julie Joséphine Spératine Rodet (Archives Municipales de Saint-Étienne, 2E 46, vue 80/154)

19 juillet 1838 naissance à Saint-Étienne. Le père est qualifié de 'rentier rue du Breuil' — Rodet a donc quitté la Ricamarie et abandonné l'activité verrière après les inondations de 1837. Cette qualification de rentier confirme qu'il a reçu des indemnisations ou liquidé ses biens.

etat civil Décès de Paul Patouillard (AD42, La Ricamarie, 3NUMEC1/3E184_1, acte n°43, vue 102/119) https://archives.loire.fr/ark:/51302/vta1d389fb27a4373e2/img:AD04212_3E184_001_0103

28 juin 1845, Paul Patouillard, 'marchand de vins, âgé de trente deux ans, époux de Jeannette Chaize', décède à La Ricamarie. La propriété passe à sa veuve. Patouillard était né le 16 février 1813 à Valbenoite et s'était marié le 6 septembre 1834. La reconversion de 'commis verrier' (1834) à 'serrurier' puis 'marchand de vins' illustre la trajectoire sociale de ces petits propriétaires industriels.

etat civil Mariage de Barthélémy Landrin et Marie Lardon (AD42, La Ricamarie, 3NUMEC1/3E184_1, acte n°18, vue 86/119) https://archives.loire.fr/ark:/51302/vta1d389fb27a4373e2/img:AD04212_3E184_001_0087

26 novembre 1845, Barthélémy Landrin, 'maître verrier demeurant à la Ricamarie', né le 3 mai 1790 à Venasque (Vaucluse), épouse Marie Lardon, née en mai 1794 à Aubeys, commune de Lapte (Haute-Loire), fille de Jean Lardon (décédé à Saint-Étienne le 19 mai 1819) et d'Élisabeth Pichon (décédée à Montfaucon, Haute-Loire, le 7 janvier 1803). Marie Lardon avait 51 ans au moment du mariage. Témoins : Claude Marie Portier (teneur de livres), Jean Pierre Mure (débitant), Jean Marie Goujon (employé aux Mines), Titus Malatesta (secrétaire de la Mairie). La présence d'un employé des Mines confirme les liens entre la verrerie et les houillères voisines.

etat civil Mariage de Jules Adrien Brûlé et Marie Louise Delorme (AD42, La Ricamarie, 3NUMEC1/3E184_4, vue 64/107) https://archives.loire.fr/ark:/51302/vtad6af13c7aa6ba838/img:AD04212_3E184_004_0065

3 septembre 1864, Jules Adrien Brûlé, 'ouvrier verrier demeurant à la Ricamarie', né à Bligny (Aube) le 17 juin 1838, fils de François-Jules Brûlé (verrier) et Adèle Guébourg. Témoins : Festor Charles (verrier, 25 ans), Festor Antoine (verrier, 27 ans), et Guébourg Aimé (verrier, 52 ans, 'oncle du futur époux' : soit Balthazard Aimé Guébourg, frère d'Adèle Guébourg). La présence des deux frères Festor et de l'oncle Guébourg dessine la communauté verrière de la Ricamarie en 1864.

archive Ordonnance de Charles X autorisant l'établissement d'une verrerie à la Ricamarie

4 mai 1825, autorisation accordée au sieur Louis Rousseau d'établir, dans la propriété du sieur Patouillard, près du village de la Ricamarie, commune de Valbenoite (Loire), une verrerie à verre blanc consistant en un seul four à huit pots. Premier document attestant le projet ; l'acte de mariage Rodet-Rousseau de 1829 confirme que l'établissement est effectivement en activité.

article Journal du commerce de la ville de Lyon et du département du Rhône

3 septembre 1834, relation de l'inondation catastrophique du 27 août 1834 qui submerge la verrerie de M. Rodet : deux hommes et une femme périssent, les marchandises sont détruites, un ouvrier perd deux orteils.

article Le Drapeau tricolore

23 août 1837, nouvelle inondation dévastatrice : 'il ne reste pas vestige de l'établissement' de M. Rodet, inondé 5 ou 6 fois depuis 1834.

article Code des ponts et chaussées et des mines

Page 512, M. Rodet obtient le 17 janvier 1838 une indemnité de 2 191 fr. 60 c. pour le préjudice causé à sa propriété par la construction de la route nouvelle, après rejet initial de sa requête en force majeure.

article Almanach du commerce de Paris

Édition 1838, la Ricamarie est décrite comme ayant une 'fab. de ferrures, verrerie Rodet, Landrin'. Mention simultanée des deux noms, qui coexistent ou se succèdent selon les éditions.

article Almanach du commerce de Paris — diverses éditions

1833 à 1856, Landrin cité comme verrier à la Ricamarie dans chaque édition consultée.

article L'Avenir républicain

1er mai 1849, Barthélémy Landrin, fabricant de verres demeurant à Fraisse, canton du Chambon, acquiert des terrains au lieu de la Verrerie à la Ricamarie pour 11 000 francs, acte passé devant Me Chevaleros, notaire au Chambon, le 13 février 1849.

article Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire — annonce de location

6 août 1859, annonce de location de 'l'ancienne et belle Verrerie de la Ricamarie', four remis à neuf, bâtiments pour maîtres et ouvriers, proximité de la gare et des houillères. Le nom du vendeur est corrigé dans l'édition du 12 août : il s'agit de Mme veuve Landrin.

article Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire — annonce de location (suite)

13 septembre 1860, la verrerie est toujours à louer, toujours vantée pour sa situation 'à proximité de la gare du chemin de fer, et au centre de l'exploitation houillère'.

article Archives commerciales de la France

9 août 1890, formation de la société en nom collectif 'Hervier frères (manufacture de verrerie dite gobeletterie), à la Ricamarie'. Durée 9 ans, capital 15 000 francs, acte du 25 juin 1890.

article La Céramique, la verrerie — journal de la Chambre syndicale

Édition 1891, acte du 5 mars 1891 : modification de la raison sociale de la 'Manufacture de verreries de la Ricamarie, Hervier frères' en 'Verreries de la Loire, Hervier frères', et transfert du siège social à Rive-de-Gier dans une usine de l'ancienne Compagnie Générale des Verreries de la Loire et du Rhône (usine Berlier).

article Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire — Hervier frères https://www.retronews.fr/journal/memorial-de-la-loire-et-de-la-haute-loire/21-mars-1891/231/1751825/4

21 mars 1891, annonce de la transformation de la société Hervier frères et de son transfert à Rive-de-Gier. Confirme l'emménagement dans l'ancienne usine Berlier.

archive Recensement de La Ricamarie, 1866 — maison 137, ménages 496 à 503 (AD42, La Ricamarie, recensement 1866, réf. 2NUM35_6M502_184, cote 6M502, vue 40/73) https://archives.loire.fr/ark:/51302/vta255ef6f04d2a3382/img:FRAD042_35_6M502_184_0040

Maison 137, ménages 496 à 503 : population complète de la verrerie en activité sous Brûlé et Cie. Veuve Landrin (ménage 496) avec son domestique Baptiste Téralia. Jules Brûlé fils (497), Augustin Poulet (498), Eugène Effler (499), Zéphirin Guébourg fils de Melchior et Zélie Effler (500), François-Jules Brûlé et Adèle Guébourg (501), Balthazard Aimé Guébourg et Joséphine Valck avec leurs enfants et trois ouvriers logés (502), Alphonse Dury et Adéline Guébourg (503). Toute la communauté est originaire de Bligny (Aube). Neuf verriers en activité identifiés.

archive Recensement de La Ricamarie, 1872 — lieu de la Verrerie (AD42, La Ricamarie, recensement 1872)

Six ans après le recensement de 1866, la communauté verrière champenoise s'est dispersée. À l'adresse de la verrerie : un seul ménage Guébourg — Zéphirin fils de Melchior (41 ans) avec son épouse Eugénie Effler (41 ans), leurs enfants dont Zéphir (13 ans, né en Seine-Inférieure), Mathilde (8 ans), et Eugène Effler (beau-frère, 43 ans, verrier). Jean-Baptiste Tarria (60 ans, rentier, né dans le Puy-de-Dôme, 'parent') toujours présent. Deux autres ménages verriers voisins : Jean-Baptiste Mayer (39 ans, né dans la Loire) avec sa famille, et Auguste Dumaine (36 ans, né dans la Loire) avec la sienne. Sept verriers seulement, contre neuf en 1866. Exit les Brûlé, Augustin Poulet et Zéphirin fils de Balthazard — déjà tous à Saint-Étienne, confirmant que le transfert vers la rue Tréfilerie est antérieur à 1872.

etat civil Décès de Marie Lardon, veuve Landrin (AD42, La Ricamarie, acte de décès, 1869)

3 juin 1869, décès de Marie Lardon, veuve de Barthélémy Landrin, âgée de 80 ans, demeurant à La Verrerie, commune de la Ricamarie. Témoins : Jean-Baptiste Tiblier, 47 ans, passementier rue Sainte-Barbe à Saint-Étienne (époux de Marie Bonneville, héritière), et Christophe Dausert, 44 ans, passementier à Saint-Étienne, tous deux qualifiés de 'neveux par alliance de la défunte'. La vente du mobilier après décès est annoncée 23 jours plus tard dans le Mémorial de la Loire.

article Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire — vente après décès veuve Landrin https://www.retronews.fr/journal/memorial-de-la-loire-et-de-la-haute-loire/26-juin-1869/4/71abbdcb-5d8f-412f-82a6-c1bce8c2c7da

26 juin 1869, vente du mobilier après décès de Mme veuve Landrin, 'de son vivant rentière, demeurant à la Verrerie, commune de la Ricamarie'. Héritiers : Marie Bonneville, épouse Tiblier (Saint-Étienne) et Jean-Baptiste Tarreria (domicilié au lieu de la Verrerie). Confirme le décès de la veuve Landrin entre 1860 et 1869, et l'existence d'un habitant permanent sur le site (Tarreria) pendant la période de latence.

article Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire — verrerie à louer, La Brûlante https://www.retronews.fr/journal/memorial-de-la-loire-et-de-la-haute-loire/10-janvier-1877/4/e311fb86-0a5d-4b02-989b-9baabd83e778

10 janvier 1877 — annonce de location d'une verrerie 'située à la Brûlante, commune de la Ricamarie, près la gare, ayant une belle prise d'eau, logement pour patron et ouvriers, écurie et grange, cour, hangars et jardin'. Cabinet de M. Raphanel, agent de contentieux, rue de la Comédie, 10. Confirme la dénomination 'La Brûlante' et la présence d'une prise d'eau — l'Ondaine — comme atout du site.

archive notariale Vente aux enchères de la propriété Tiblier-Bonneville, La Brûlante https://www.retronews.fr/journal/memorial-de-la-loire-et-de-la-haute-loire/10-mai-1879/4/baa1b167-551f-4fdd-8dc1-a4a1f02e2f9e

10 mai 1879, vente volontaire aux enchères par Me Barbier, notaire au Chambon, le 2 juin 1879, de la propriété Tiblier-Bonneville (héritiers de la veuve Landrin), 'sise au lieu de la Brûlante, commune de la Ricamarie, comprenant un bâtiment servant de verrerie, maison d'habitation, cour, hangard et jardin clos de murs, le tout en façade sur la route nationale de Saint-Étienne au Puy'. Confirme définitivement que La Brûlante = lieu de la Verrerie = même site que la parcelle 549/365.

article Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire — verrerie à vendre ou à louer https://www.retronews.fr/journal/memorial-de-la-loire-et-de-la-haute-loire/21-juillet-1881/4/3956fa99-0b0c-4777-9f49-773d6f116e4f

21 juillet 1881, 'À vendre ou à louer de suite, la verrerie de la Ricamarie'. S'adresser à M. Clarard, ancien notaire à Firminy. Dernière annonce avant la reprise par Lameloise.

article Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire — liquidation judiciaire Lameloise https://www.retronews.fr/journal/memorial-de-la-loire-et-de-la-haute-loire/19-janvier-1890/4/bcba3df3-f239-44d5-be28-a656b2852957

19 janvier 1890, adjudication du matériel de la verrerie exploitée à La Ricamarie, lieu de la Verrerie, dépendant de la liquidation judiciaire du sieur Lameloise. Comprend : clientèle, matériel, droit au bail jusqu'au 25 décembre 1898 avec promesse de vente. Mise à prix : 4 000 francs. Liquidateur : M. Delarue. Juge-commissaire : M. Mehier.

article Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire — formation société Hervier frères https://www.retronews.fr/journal/memorial-de-la-loire-et-de-la-haute-loire/23-juillet-1890/4/f115d8c7-e42c-4844-9321-eed0ab57efba

23 juillet 1890, publication de la formation de la société Hervier frères par acte sous seing privé du 25 juin 1890, enregistré à Saint-Genest-Malifaux le 3 juillet 1890. Associés : Fleury-Étienne Hervier et Jean-Marie Hervier, tous deux demeurant à la Ricamarie, lieu de la Verrerie. Notaire instrumentant : Me Fournier, Saint-Genest-Malifaux. Dépôt au greffe du tribunal de commerce de Saint-Étienne et à la justice de paix du canton du Chambon-Feugerolles.

article Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire — dissolution société Hervier frères https://www.retronews.fr/journal/memorial-de-la-loire-et-de-la-haute-loire/19-janvier-1893/4/d2360df1-636f-42a2-b07d-3b4bb49fc668

19 janvier 1893, dissolution de la société Hervier frères par acte devant Me Darnon, notaire à Saint-Chamond, le 30 décembre 1892. Les deux associés, 'tous deux maîtres de verrerie, demeurant à Rive-de-Gier', déclarent dissoudre la société 'ayant eu son siège à la Ricamarie, sous la dénomination de Verrerie de la Ricamarie, puis à Rive-de-Gier, sous la dénomination nouvelle de Verrerie de la Loire'. Fleury-Étienne Hervier rachète la part de Jean-Marie et procède seul à la liquidation.

article Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire — liquidation SA Verreries de la Ricamarie https://www.retronews.fr/journal/memorial-de-la-loire-et-de-la-haute-loire/13-mai-1898/4/83a85a9e-0059-45af-94e7-aa9dc3f3c929

13 mai 1898, vente aux enchères publiques du matériel de la 'société anonyme des verreries de la Ricamarie', le 26 mai 1898, au lieu de la Verrerie. Liquidateurs judiciaires : Chassagnard et Courbis. Juge-commissaire : M. Cros. Le matériel comprend 158 cannes à souffler, 370 moules à bouteilles (gamme très étendue : bordelaises, bourgognes, biberons, flacons pharmaceutiques, bocaux, pots à moutarde...), outillage de forge et de soufflage, mobilier de bureau. Cette SA est distincte de la SNC Hervier frères et témoigne d'une reprise de l'activité après leur départ.

article Le Petit Parisien

3 janvier 1900, 'par suite du manque de houille, une verrerie de la Ricamarie a fermé ses portes hier'. Cette fermeture correspond vraisemblablement à la fin des activités liées à la liquidation de la SA des Verreries de la Ricamarie, dont le matériel avait été vendu en mai 1898. À partir de 1900, le nom 'La Verrerie' ne désigne plus qu'un quartier et un arrêt de tramway à vapeur, sans activité industrielle.

livre Verriers et verreries de la région lyonnaise — Pelletier, Pierre

Pages 244-245, récit pittoresque de M. Landrin partant à Lyon avec un four à quatre pots sur une voiture à quatre roues pour vendre ses productions dans les foires. Fondation attribuée à 'vers 1816 ou 1817'. Source à traiter avec prudence : aucune autre source ne confirme cette date de fondation.

etat civil Mariage d'Alphonse Jean Festor et Julie Adèle Brûlé (AD42, La Ricamarie, acte de mariage, 8 novembre 1862)

Alphonse Jean Festor, verrier, fils de Célestin Festor (verrier à La Guillotière), épouse Julie Adèle Brûlé, fille de François-Jules Brûlé et Adèle Guébourg. Ce mariage — trois mois avant la fondation de Brûlé et Cie — noue les liens familiaux qui structurent la société : Festor devient le gendre de Brûlé, et Delphin-Zéphirin Guébourg est l'oncle maternel de l'épouse. Le père de Festor, Célestin, travaillait à La Guillotière, dans l'orbite des verreries lyonnaises (lien possible avec la verrerie Mesmer).

etat civil Mariage de Lucien Brûlé et Marie Claudine Grésely

Lucien Brûlé, verrier, frère de Julie Adèle Brûlé, épouse Marie Claudine Grésely. Les Grésely (Graizely, Grazelet, Gresely...) sont une grande dynastie verrière originaire de Forêt-Noire, attestée au Bief d'Étoz et à Blancheroche, puis à Givors et Rive-de-Gier dès 1783 (Thomas Grésely s'associe à Michel Robichon). Ce mariage connecte la famille Brûlé au réseau verrier franc-comtois et ripagérien.

article Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire — Brûlé et Cie / Guébourg Poulet et Cie

14 février 1865, cession des droits d'Alphonse Festor à Jules Brûlé fils. 16 septembre 1867 — dissolution de Brûlé et Cie. 30 novembre 1867 — formation de Guébourg, Poulet et Cie. 11 janvier 1877 — dissolution de Guébourg, Poulet et Cie, avec mention du transfert 'primitivement à la Brûlante, commune de la Ricamarie, et plus tard à Saint-Étienne, rue Tréfilerie, 11'. 28 février 1879 — verrerie à louer à La Brûlante. 25 février 1881 — verrerie Landrin à vendre.

cadastre Plan cadastral de Valbenoite, section C1, parcelle 549 ; matrice La Ricamarie, parcelle 365 (AD42, plan cadastral de Valbenoite, section C1, cote 1678VT8_22, 1826 ; états de section, 1830 ; matrice des propriétaires, La Ricamarie, section A1, 1843-1895)

Parcelle 549 (Valbenoite) = parcelle 365 (La Ricamarie après 1843) : 'maison, cour et verrerie', 720 m², propriété de Louis Rousseau à la Ricamarie (états de section, 1830). Passage à Antoine Rodet en 1833 ; à Paul Patouillard, serrurier, en 1839 ; à Jeannette Chaize, femme Patouillard, en 1845. Adjonctions de construction : 1847 (parcelle 365) ; 1857 (parcelles 364 et 365) ; 1859 (parcelle 364, anciennement jardin). En 1893, la parcelle 365 devient propriété de la commune de La Ricamarie ; en 1895, elle passe en 'non imposable'. Les exploitants Brûlé, Guébourg et Hervier étaient donc locataires de la veuve Patouillard, puis de ses ayants droit.