Verrerie

Verrerie de Gerland

1884 — après 1980

Aussi connue sous : Verreries du Rhône · Mesmer et Jayet Frères (site de Gerland) · Jayet Frères — Verrerie de Gerland · Verreries Jayet

Disparue — avec vestiges

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Noms et raisons sociales

Verreries du Rhône
Raison sociale 1884 — 1887
Mesmer et Jayet Frères (site de Gerland)
Nom d'usage 1887 — 1889
Jayet Frères — Verrerie de Gerland
Raison sociale 1887 — vers 1900
Verreries Jayet
Raison sociale vers 1900 — vers 1980

Histoire

Résumé

La Verrerie de Gerland est fondée en 1884 par les frères Joanny (prénom civil : Étienne) et Francisque (prénom civil : Henry François) Jayet, rue de Gerland (anciennement chemin de Gerland), aux numéros 61 à 71, dans le quartier industriel naissant au sud de Lyon. Spécialisée dans la gobeleterie ordinaire, l’éclairage et le flaconnage, elle compte trois fours à sa création et emploie environ 150 personnes en 1887. Elle est étroitement liée à la Verrerie des Culattes — les deux sites sont associés dans la société Mesmer et Jayet Frères (1887-1889) puis vendus ensemble par licitation en 1894, avant de poursuivre une trajectoire autonome sous la raison sociale Jayet Frères jusqu’au début des années 1930 au moins.

Seul site verrier du quartier de Gerland à avoir survécu à la vente de 1894, il diversifie sa production vers le verre en couleur vers 1900 et produit notamment les célèbres pots en opaline de la crème Simon jusqu’en 1914. Des extensions sont construites en 1909 et 1925. La dernière trace d’activité documentée est un permis de construire de 1933 ; les plans parcellaires identifient encore le site sous le nom Jayet jusqu’en 1989, laissant ouverte la question d’une éventuelle continuité de production bien au-delà de cette date.


Historique

Fondation par les frères Jayet (1884 — 1887)

La verrerie est fondée en 1884 par Joanny et Francisque Jayet, sous la raison sociale « Verreries du Rhône ». Le dossier de classement comme établissement classé (AD Rhône, sous-série 5M, dossier n°134) date de cette même année. Les frères Jayet sont issus du réseau verrier de la Guillotière : leur père Étienne Jayet père (rentier, jamais impliqué dans le commerce du verre) avait deux fils. L’aîné, Joanny (prénom civil Étienne, né en 1850), était associé de Gaspard Mesmer aux Culattes depuis 1877 et avait épousé Marie-Thérèse Mesmer, sœur de Gaspard-Philippe-Emmanuel Mesmer, maître de la verrerie des Culattes depuis le retrait de son père en 1882. Le cadet, Francisque (prénom civil Henry François, né le 16 mai 1860), épousera Elisabeth Barthe à Toulouse en 1888. La création d’un établissement complémentaire dans le quartier voisin de Gerland s’inscrit dans cette dynamique familiale et professionnelle 1.

Le site initial comprend trois fours, spécialisés dans la gobeleterie ordinaire, l’éclairage et le flaconnage. La description technique établie lors de la visite de Marius Burnier (1888-1889) détaille les procédés : soufflage, moulage et coulage, avec une gamme allant des bouteilles et bouchons colorés aux verres à pied soufflés à la main, en passant par des baguettes de verre pour les métiers à tisser Jacquard, une spécialité originale qui témoigne de la diversification précoce de la production 2.

Intégration dans Mesmer et Jayet Frères (1887 — 1889)

Le 26 février 1887, le site de Gerland est intégré dans la société Mesmer et Jayet Frères, aux côtés du site historique des Culattes. L’acte de société décrit le site comme comprenant « constructions pour usines de verreries, terrains, cours, entrepôts ». L’apport de Francisque est évalué à 40 000 francs, significativement moins que les 500 000 francs chacun de Mesmer et de Joanny, ce qui illustre la position secondaire du benjamin dans la nouvelle structure 3.

En août 1888, lors de la grève qui paralyse l’ensemble du dispositif Mesmer-Jayet, la lettre ouverte des patrons précise l’état des deux sites : Gerland dispose de deux fours, dont un seul en activité, signe d’une sous-utilisation structurelle que la grève transforme en prétexte à restructuration. C’est précisément le projet de fermer ce four et de transférer les ouvriers aux Culattes qui déclenche le conflit de 1888 4.

La société est rapidement dissoute le 12 janvier 1889.

Sous la raison sociale Jayet Frères (1889 — 1894)

Après la dissolution de Mesmer et Jayet Frères, le site de Gerland poursuit son activité de manière autonome sous la raison sociale Jayet Frères — Verrerie de Gerland. Il emploie alors environ 150 personnes et figure dans l’Indicateur Henry de 1887.

Lors de la vente par licitation de 1894, le site est mis en vente conjointement avec les Culattes. Le lot de Gerland (2 fours, voie ferrée, 10 000 m²) est adjugé à 117 000 francs — soit une hausse de 17 % sur la mise à prix de 100 000 francs, plus modeste que la flambée observée pour les Culattes (+47 %) 5. Cette différence reflète la position secondaire du site, et surtout l’écart de superficie : le terrain des Culattes est bien plus grand.

Après le décès de Joanny : Francisque puis Henri Alexandre (1896 — après 1919)

Joanny Jayet décède le 29 mai 1896. Son frère Francisque reprend la direction de l’établissement : le recensement de 1906 le trouve au quai Claude Bernard, qualifié « maître de verreries », avec ses enfants Henry (né 1889) et Yvonne (née 1895). Comme Joanny avant lui, il ne réside pas à proximité de son usine 6.

Henri Étienne Alexandre Jayet (né le 20 novembre 1888 à Lyon, fils de Francisque) entre dans la maison familiale comme directeur. Sa fiche militaire atteste qu’il est placé en sursis d’appel le 25 mai 1919 « en qualité de directeur dans la Maison Jayet frères 41 ch. de Gerland Lyon », puis envoyé en congé illimité le 22 juillet 1919 7. C’est donc lui qui assure la continuité pendant et après la Grande Guerre.

La direction opérationnelle quotidienne est parallèlement confiée à Étienne Marius Chambon (né le 27 janvier 1872 à Lyon), verrier de formation dont le père Gilibert était comptable rue des Balançoires, à deux pas de l’usine. Chambon épouse en 1898 Claudine Marie Fontaine, de Chassieu. Il est attesté « verrier » et « Directeur » au n°41 dès le recensement de 1921, et toujours en poste en 1926 8.

Développement autonome (1894 — après 1933)

Après la vente, le site poursuit son activité sous la direction de la famille Jayet. Vers 1900, la production se diversifie vers le verre en couleur. L’établissement acquiert une notoriété particulière en produisant les petits pots en opaline de la crème Simon, le célèbre cosmétique parisien, jusqu’en 1914 1.

Publicité pour la crème Simon dans le journal L'Univers Illustré © Gallica / BnF
Publicité pour la crème Simon dans le journal L'Univers Illustré, 2 février 1889 © Gallica / BnF

Deux extensions documentées témoignent d’une activité soutenue au début du XXe siècle. En 1909, un permis de construire est accordé à l’architecte Tony Blein pour une annexe au 43 rue de Gerland. En 1925, l’architecte J. Grumaud conçoit un immeuble de rez-de-chaussée commercial avec logements ouvriers aux étages, au 51 rue de Gerland — extension sur une parcelle connexe qui élargit l’emprise du site 1.

Fin d’activité : une question ouverte

La dernière trace documentée d’activité est un permis de construire de 1933, par lequel M. Jayet demande l’autorisation d’édifier un hangar et un bureau — signe possible d’une activité en voie de reconversion, mais aussi d’un établissement qui investit encore dans son outil.

Les plans parcellaires racontent une autre histoire. L’usine Jayet y est identifiable sans discontinuité de 1894 à 1989 : même morphologie, deux halles centrales, embranchement ferroviaire côté ouest encore visible sur le plan de 1989. Des hangars apparaissent au nord du site en 1937 : construction neuve qui suggère une activité poursuivie. Un plan parcellaire daté du 2 décembre 1980 (AML, secteur 296, lot 1, média 9, cote 1821 W 223) lève tout doute sur la pérennité juridique de l’entreprise : la société « Verreries Jayet » y apparaît nommément comme propriétaire, partie à un échange de parcelles avec la Ville de Lyon (parcelle n°896, acte référencé carton 36 dossier 1). Il ne s’agit pas d’une simple survivance cadastrale : c’est une personne morale active, qui négocie des actes fonciers en 1980, soit quatre-vingt-seize ans après sa fondation. Les parcelles 4430 et 4488, le long de la rue Abraham-Bloch, ont par ailleurs été cédées à la Ville, vraisemblablement pour l’élargissement de la rue. La question de savoir si la production verrière s’est poursuivie jusqu’à cette date, ou si la société ne gérait plus que son patrimoine foncier, reste ouverte et ne pourra être tranchée que par la consultation du carton 36 aux Archives municipales 9.

Extrait de plan parcellaire de Lyon, où est nommée la société "Verreries Jayet".
2 décembre 1980 — Extrait de plan parcellaire de Lyon, où est nommée la société "Verreries Jayet" sur la parcelle cédée à la Ville (tracé violet). La tracé en doré montre la verrerie elle-même (partie nord). © Archives Municipales de la Ville de Lyon. Secteur 296, 1821W223, lot 1, média 9.

Situation géographique

Localisation

Le site s’étirait du nord au sud le long du côté est de la rue de Gerland (anciennement chemin de Gerland), des numéros 61 au 71, dans le quartier de Gerland, Lyon 7e. Sa partie nord rejoignait l’angle avec la rue Abraham-Bloch, et faisait face à la place Jean Jaurès. Le côté ouest de la verrerie était longé par l’embranchement de chemin de fer privé qui desservait les usines du secteur. Des propriétés immobilières appartenant à la famille Jayet se trouvaient de l’autre côté, avenue Jean Jaurès. Des bâtiments annexes ou de logement se trouvaient au 51-67 rue de Gerland et rue Abraham-Bloch. Références cadastrales (1999) : BM 4, 5, 6.

En 1920, la famille acquiert une parcelle de terrain en face de la verrerie, de l’autre côté de la rue de Gerland, au sud de la place Jean Jaurès — attestée dans les plans comme « vendue à la Sté des Verreries Jayet ». Cette acquisition témoigne d’une expansion foncière dans une période de prospérité.

La position dans Gerland est stratégique : la voie ferrée privée assure l’approvisionnement en houille et l’expédition des produits finis. La rue Pierre Bourdeix actuelle suit l’exact tracé de cette voie supprimée.

Une courte rue Étienne Jayet subsiste aujourd’hui entre l’avenue Jean Jaurès et la rue de Gerland. Elle longe par le sud des propriétés qui appartenaient en partie à la famille (quatre parcelles à l’angle de l’avenue Jean Jaurès et de la rue Lortet, attestées sur le plan parcellaire de 1920). La ville a retenu le prénom civil Étienne plutôt que le prénom usuel Joanny — curiosité toponymique qui peut prêter à confusion.

État actuel

L’essentiel des bâtiments industriels a disparu, remplacé par des immeubles modernes. Deux vestiges sont identifiables : l’ancien portail d’entrée au n°63 de la rue de Gerland, avec ses deux bâtiments flanquants restaurés, et un immeuble de trois étages au n°73, sans doute anciens logements ouvriers, qui correspond à un bâtiment visible sur les plans parcellaires. L’extension de 1925 (immeuble en béton de gravier et pisé de mâchefer, toit à longs pans en métal et tuile mécanique), signalée en bon état par l’inventaire régional de 2002, subsiste au 51 rue de Gerland. L’enseigne de la Décoration Métallique était encore apparente à cette date.


Personnages liés

Joanny Jayet (prénom civil Étienne, né en 1850 — décédé le 29 mai 1896) — cofondateur du site en 1884 et directeur jusqu’à sa mort. Fils aîné d’Étienne Jayet père (rentier) et de Joséphine Luthringer. Époux de Marie-Thérèse Mesmer, sœur de Gaspard-Philippe-Emmanuel Mesmer. Associé de Gaspard Mesmer père aux Culattes depuis 1877. Le prénom Joanny le distingue de son père homonyme dans les sources.

Francisque Jayet (prénom civil Henry François, né le 16 mai 1860 à Lyon) — cadet de Joanny, cofondateur, associé dans Mesmer et Jayet Frères (1887-1889). Son apport de 40 000 francs dans la société commune illustre sa position dans le réseau Jayet-Mesmer. Après le décès de Joanny en 1896, il reprend la direction et est qualifié « maître de verreries » en 1906. Il réside quai Claude Bernard, à distance de son usine. Il avait épousé Elisabeth Marie Louise Barthe à Toulouse le 7 février 1888.

Henri Étienne Alexandre Jayet (né le 20 novembre 1888 à Lyon 2e) — fils de Francisque, « industriel verrier », placé en sursis d’appel en 1919 comme directeur de la Maison Jayet Frères. Il incarne la troisième génération de la direction familiale.

Étienne Marius Chambon (né le 27 janvier 1872 à Lyon) — directeur opérationnel de l’établissement, attesté dès 1921. Fils de Gilibert Chambon, comptable rue des Balançoires (à deux pas de l’usine), et d’Antoinette Chambon, ouvrière en soie. Verrier de formation, il épouse en 1898 Claudine Marie Fontaine, de Chassieu. Son frère André Chambon (né le 21 octobre 1874) est également verrier sur le site, attesté en 1911. La famille Chambon illustre le modèle du directeur technique issu du voisinage immédiat de l’usine, dont la carrière s’est construite sur le terrain même de la verrerie.

Étienne Jayet (Joanny, 1850-1896) — associé des Mesmer aux Culattes, cofondateur de Gerland. Son décès précipite la succession familiale et la prise en main par Francisque.


Éléments techniques

À sa création, le site compte trois fours. En 1888, deux fours sont recensés, dont un seul en activité. La description de la visite Burnier (1888-1889) détaille une production diversifiée 2 :

Matières premières :

  • Verre ordinaire : sable, calcaire, carbonate de soude
  • Cristal : sable, carbonate de potasse et minium
  • Verre de bohème : sable, calcaire, carbonate de potasse

Procédés : soufflage, moulage, coulage

Productions :

  • Bouteilles et bouchons de couleurs variées (blanc, rouge, jaune, opale)
  • Verre ordinaire moulé
  • Verre à pied et verres de lampe soufflés à la main
  • Baguettes de verre pour métiers à tisser Jacquard

Vers 1900, diversification vers le verre en couleur. Production des pots en opaline de la crème Simon jusqu’en 1914.


Contexte social

Le recensement de la rue de Gerland de 1926 (AML, cote 6 M 631) révèle une composition du personnel identique, à trente ans de distance, à ce que le recensement de 1896 montrait aux Culattes : les verriers sont italiens (Angelo Cioffi, né à Cassano en 1905), les manœuvres espagnols (José Diaz et Domingo Sanchez, tous deux de Carthagène), et leurs enfants apprentis verriers. Les adultes nés en France et de nationalité française sont devenus l’exception — Émile Pichard, verrier né à Saint-Étienne en 1879, fait figure d’anachronisme 10. La relève des anciennes familles verrières par l’immigration méditerranéenne, amorcée dans les années 1890, est ici consommée.


Erreurs et incertitudes

Ce que dit la littérature, et ce qu’il faut corriger

L’inventaire régional (IA69000946, 2002) attribue la fondation aux « frères Joanny et Francisque Jayet » en 1884 et mentionne leur spécialisation dans « la gobeleterie ordinaire, l’éclairage et le flaconnage ». Ces informations sont cohérentes avec les autres sources. En revanche, l’inventaire ne mentionne pas le lien avec la Verrerie des Culattes ni les péripéties de la société Mesmer et Jayet Frères (1887-1889) — lacune compréhensible compte tenu de son angle d’approche patrimonial. L’inventaire indique une fermeture « au début des années 1930 » : cette date correspond à la dernière trace documentée d’activité (permis de 1933), mais les plans parcellaires jusqu’en 1989 invitent à ne pas tenir cette date pour définitive.

Points non résolus

  • La durée réelle d’activité verrière : le permis de 1933 est la dernière trace documentée d’activité industrielle, mais la société « Verreries Jayet » existe encore comme personne morale propriétaire en décembre 1980, avec des transactions foncières actives (AML, secteur 296, lot 1, média 9, plan du 2 décembre 1980 ; échange parcelle n°896, carton 36, dossier 1). La continuité ou non de la production verrière entre 1933 et 1980 ne pourra être tranchée que par la consultation du carton 36 et des archives notariales correspondantes.
  • Le devenir après 1894 : les acquéreurs lors de la licitation de 1894 ne sont pas nommés dans les sources consultées. La famille Jayet semble avoir racheté ou conservé le site, mais cela reste à confirmer par acte notarié.
  • Le courrier commercial de 1907 (AM Lyon, 1124 WP 57), qui contient une représentation du site, n’a pas encore été consulté, document iconographique potentiellement précieux.
  • Les archives AD Rhône 5M/134 (dossier de classement 1884) n’ont pas été consultées directement.

Notes

Footnotes

  1. Inventaire général du patrimoine culturel — Région Rhône-Alpes, dossier IA69000946, 2002 (Nadine Halitim-Dubois). Indicateur Henry 1887, p. 413 ; 1901, p. 2392 ; 1910, p. 500 ; 1926, p. 298. Indicateur Fournier 1895, p. 311. 2 3

  2. AM Lyon, 0001 II 0014 1, Visite de la verrerie de la Mouche par Marius Burnier, 1888-1889. Annexe technique reproduite dans le dossier d’inventaire régional. 2

  3. Salut Public, 13 mars 1887 (acte de société Mesmer et Jayet Frères, 26 février 1887). Salut Public, 26 janvier 1889 (dissolution au 12 janvier 1889).

  4. Salut Public, 9-10 août 1888 (déclaration de grève et lettre ouverte de MM. Mesmer et Jayet). Le Petit Journal, 10 août 1888.

  5. Salut Public, 20 juin 1894 et 22 juillet 1894.

  6. Recensement quai Claude Bernard n°34, Lyon, 1906, cote 6 M 631. Acte de mariage d’Henry François Jayet, 7 février 1888, Toulouse.

  7. Fiche militaire d’Henri Étienne Alexandre Jayet, 1909 (mise à jour 1919).

  8. Acte de mariage d’Étienne Marius Chambon, 12 février 1898, Lyon 3e (AML, cote 2 E 1799, vue 63/201). Recensement rue de Gerland, 1921 (cote 6 M 582). Recensement rue de Gerland, 1926 (cote 6 M 631).

  9. Relevés parcellaires AML, secteur Gerland, plans de 1894, 1910, 1920, 1937, 1952, 1955, 1976, 1981 et 1989.

  10. Recensement rue de Gerland, 1926, AML, cote 6 M 631.

Personnages associés

Personnalités

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Sources

archive AD Rhône — sous-série 5M, dossier n°134 — établissements classés, verrerie Jayet

1884. Dossier de classement de l'établissement. Date de fondation de référence.

archive AM Lyon — 0001 II 0014 1 — Visite de la verrerie de la Mouche par Marius Burnier

1888-1889. Description technique de l'établissement, incluant le détail de la fabrication du verre ordinaire : ingrédients (sable, calcaire, carbonate de soude pour le verre ; sable, carbonate de potasse et minium pour le cristal ; sable, calcaire, carbonate de potasse pour le verre de bohème), procédés (soufflage, moulage, coulage) et productions (bouteilles et bouchons de couleurs variées, verre ordinaire moulé, verre à pied et verres de lampe soufflés à la main, baguettes de verre pour métiers à tisser Jacquard).

archive AM Lyon — 1124 WP 57 — courrier commercial de la verrerie Jayet

1907. Courrier commercial avec représentation du site — document iconographique non encore consulté.

archive AM Lyon — 0344 WP 190 — demande d'autorisation de construction (PCA 19251103)

1925. Demande de construction d'un immeuble en rez-de-chaussée (magasins + logements ouvriers aux étages) au 51 rue de Gerland, par l'architecte J. Grumaud. Extension du site sur une parcelle connexe.

archive AC Lyon — 339WP17-18 — permis de construire pour une usine

1909. Permis accordé à l'architecte Tony Blein pour la construction d'une annexe au 43 rue de Gerland.

archive AM Lyon — 344 WP 1933-874 — demande de permis de construire

1933. M. Jayet demande l'autorisation de construire un hangar, un bureau et d'ouvrir un portail sur la rue de Gerland et la rue Abraham-Bloch. Dernière trace d'activité documentée sur le site.

archive AC Lyon — 2S 456 — Les cartes industrielles de France : le Rhône

1932. Relevé effectué par M. Saint-Denis, géomètre à Lyon, 1:10 000. Permet de situer le site dans le tissu industriel de Gerland à cette date.

archive Relevés parcellaires — Archives municipales de Lyon, secteur Gerland

Plans parcellaires de 1894, 1910, 1920, 1937, 1952, 1955, 1976, 1981 et 1989. L'usine Jayet y est identifiable à chacune de ces dates, ce qui est exceptionnel pour un site industriel. La disposition des bâtiments (deux halles centrales, embranchement ferroviaire côté ouest) reste stable sur l'ensemble de la période. Des hangars apparaissent au nord du site en 1937. L'embranchement ferroviaire est encore visible sur le plan de 1989. Le plan de 1920 signale une parcelle acquise de l'autre côté de la rue, 'vendue à la Sté des Verreries Jayet'. Le plan de 1937 porte la mention 'Société des Verreries Jayet' sur cette parcelle ; les anciennes parcelles portent simplement 'Jayet' jusqu'en 1989.

archive notariale Acte de formation de la société Mesmer et Jayet Frères, 26 février 1887 https://www.lectura.plus/Presse/show/?id=69SALUTPUBLI-18870313-P-004.pdf

Publié dans le Salut Public du 13 mars 1887. Décrit le site de Gerland (chemin de Gerland, 41 et 43) comme comprenant « constructions pour usines de verreries, terrains, cours, entrepôts ». Apport de Francisque Jayet : 40 000 francs.

article Salut Public, 10 août 1888

Lettre ouverte de MM. Mesmer et Jayet précisant le nombre de fours sur chaque site : Culattes, 4 fours dont 3 fonctionnent ; Gerland, 2 fours dont un seul en activité.

article Salut Public, 20 juin 1894 et 22 juillet 1894 https://www.lectura.plus/Presse/show/?id=69SALUTPUBLI-18940620-P-004.pdf

Vente par licitation du site de Gerland (chemin de Gerland, 41-43 : 2 fours, voie ferrée, 10 000 m²). Mise à prix : 100 000 francs. Adjugé à 117 000 francs le 4 août 1894 (soit +17% sur la mise à prix).

etat civil Acte de mariage d'Henry François Jayet, 7 février 1888, Toulouse https://www.geneanet.org/cercles/ancestry/view/colgnecactoulousem/I3200268/40?from_releve=1

Henry François Jayet, 'maître de verreries, né à Lyon (Rhône) le seize mai mil huit cent soixante', fils d'Étienne Jayet père et Joséphine Luthringer, épouse Elisabeth Marie Louise Barthe, née à Toulouse le 9 mars 1867. Confirme le prénom civil et la profession.

archive Recensement quai Claude Bernard n°34, Lyon, 1906 — cote 6 M 631 https://www.geneanet.org/cercles/ancestry/view/colgnecac69r/LYO1906496_V01/23?from_releve=1

François Jayet (prénom usuel de Henry François), né en 1860 à Lyon, 'maître de verreries', avec son épouse Elise (Barthe), née en 1868 à Toulouse, leurs enfants Henry (1889) et Yvonne (1895). Confirme que Francisque a repris la direction après le décès de Joanny en 1896, et qu'il ne réside pas à proximité de son usine.

archive Fiche militaire d'Henri Étienne Alexandre Jayet, 1909 https://www.geneanet.org/registres/view/182037/779?individu_filter=7286832

Henri Étienne Alexandre Jayet, né le 20 novembre 1888 à Lyon 2e, demeurant quai Bernard 34, Lyon 3e, 'industriel verrier', fils de Henry François et Elisabeth Barthe. Placé en sursis d'appel le 25 mai 1919 'en qualité de directeur dans la Maison Jayet frères 41 ch. de Gerland Lyon'. Envoyé en congé illimité le 22 juillet 1919.

etat civil Acte de mariage d'Étienne Marius Chambon, 12 février 1898, Lyon 3e http://www.fondsenligne.archives-lyon.fr/v2/ark:/18811/a203fb86410f245f0e21cd7bbdd08ff8

Archives municipales de Lyon 3e, Mariages 1898 (janvier-mai), cote 2 E 1799, vue 63/201. Étienne Marius Chambon, 'verrier, demeurant à Lyon Chemin de Gerland, 17', fils de Gilibert Chambon, comptable rue des Balançoires, et Antoinette Chambon, ouvrière en soie. Épouse Claudine Marie Fontaine, originaire de Chassieu (Isère).

archive Recensement rue de Gerland, 1921 — cote 6 M 582 https://archives.rhone.fr/ark:/28729/0klsfhzn7vgw/e3ac7709-af05-4327-9acd-82c0b4813332

Étienne Marius Chambon, au n°41, qualifié 'verrier' et 'Directeur'. Première attestation documentée de son titre de directeur.

archive Recensement rue de Gerland, 1926 — cote 6 M 631

Au n°41 : Louis Auguste Chappuis (1900, chauffeur chez Jayet), Jean Baptiste Pichot (1862, chauffeur chez Jayet), Alphonse Couet (1899, ouvrier verrier chez Jayet), Étienne Chambon (1872, directeur de verrerie chez Jayet). Au n°47 : Angelo Cioffi (1905, Cassano, ouvrier verrier) ; José Diaz (1882, Carthagène, manœuvre chez Jayet), Domingo Sanchez (1902, Carthagène, manœuvre). Émile Pichard (1879, Saint-Étienne, verrier), époux de Suzanne Joséphine Schmitt (1884, Lyon). Atteste la composition internationale du personnel : verriers italiens, manœuvres espagnols, Français de souche devenus rares.

livre Crises et croissance de l'industrie lyonnaise, 1850-1900 — Cayez, Pierre

Paris, éd. du CNRS, 1980, p. 59 et p. 310-312. Cadre économique général de l'industrie lyonnaise.

livre Gerland que j'aime : La vie du quartier 1803-1983 — Vasquez, Emile

Collection quartier Lyonnais, 1968, p. 91. Histoire locale du quartier de Gerland.

livre Le développement d'un quartier industriel à Lyon : Gerland de 1852 à 1914 — Aucourd, Nicolas

Université Lumière Lyon 2, maîtrise d'histoire contemporaine, 1996 (BU Diderot), p. 119-121. Étude académique sur l'industrialisation du quartier.

article Inventaire général du patrimoine culturel — Région Rhône-Alpes (IA69000946)

Enquête thématique régionale Patrimoine industriel, 2002. Auteur : Nadine Halitim-Dubois. Références cadastrales 1999 : BM 4, 5, 6. Source secondaire de référence pour l'histoire du site après la période verrière.

archive Plan parcellaire — Archives municipales de Lyon, secteur 296, lot 1, média 9

Plan daté du 2 décembre 1980. Identifie la société 'Verreries Jayet' comme propriétaire active du site, partie à un échange de parcelles avec la Ville de Lyon (parcelle n°890A contre parcelle n°896, acte référencé carton 36). Les parcelles 4430 et 4488 le long de la rue Abraham-Bloch ont été cédées à la Ville, vraisemblablement pour l'élargissement de la rue. Document établissant l'existence juridique de la société au moins jusqu'à cette date.