Personnalité

Simon Mesmer

vers 1758 — inconnue, entre 1808 et 1856

Entrepreneur d'exploitation de forêt à la verrerie du Sappey

Biographie

Simon Mesmer est l’une des figures centrales de la verrerie du Sappey sous le Premier Empire. Originaire de Hautole, dans le diocèse de Brixen en Tyrol, il appartient à cette diaspora d’artisans verriers ou de bûcherons germanophones — Tyroliens, Alsaciens, Francs-Comtois — qui ont essaimé dans les verreries d’Europe occidentale du XVIe au XIXe siècle.

Il arrive à la verrerie de Thorens-Glières (Haute-Savoie) vers 1780, et y épouse le 22 janvier 1782 Anne Marie Schmid, fille de George Schmid et Anne Keller, elle-même née à la verrerie et y habitant depuis vingt-quatre ans. L’acte de mariage est un document exceptionnel : pour attester que le premier mari d’Anne Marie est bien décédé à Bastia en septembre 1776, le vicaire fait appel à plusieurs verriers présents à son enterrement, dont Pierre Joseph Hintzy, qui l’a vu dans la bière à l’hôpital, et Michel Singre, qui l’a appris de François Hug et Alexis Schmit. En un seul acte, tout le réseau verrier germanophone de la région est convoqué : Hintzy, Hug, Schmid, Sigwart (marraine du fils Philippe). Ces familles se connaissent, se témoignent, se marient et se parrainent de verrerie en verrerie depuis des générations.

À une date inconnue, Simon Mesmer quitte Thorens pour le Bugey. On le retrouve à la verrerie du Sappey (La Balme-les-Grottes, Ain) comme “entrepreneur d’exploitation de forêt”, un prestataire indépendant responsable de l’approvisionnement en bois, ressource vitale sans laquelle aucun four ne peut fonctionner. C’est l’une des rares occurrences connues de ce titre dans les sources verrières françaises de cette époque. À 55 ans environ en 1807, il dirige un clan familial soudé : ses enfants Philippe, Jeanne Marie et Balthazar travaillent au Sappey, tout comme son gendre George Pinthener et son neveu Antoine Schmitt. Son épouse Anne Marie, encore vivante en février 1808, décède avant mai de la même année — vraisemblablement à la verrerie.

Son destin après mai 1808 reste inconnu. Sa descendance, par son fils Philippe puis son petit-fils Gaspard, fondera la Verrerie des Culattes à la Guillotière (Lyon), perpétuant sur trois générations une tradition familiale du verre qui prendra fin vers 1940.

Enfants connus :

  • Philippe Mesmer (9 décembre 1786, Thorens-Glières — 23 juin 1856, Lyon, 3e arrondissement) — ouvrier verrier au Sappey, puis “majors ouvrier verrier” (maître ouvrier), puis cabaretier et propriétaire au chemin des Culattes (La Guillotière). Père de Gaspard Mesmer, fondateur de la Verrerie des Culattes. Son acte de décès le dit “fils de défunt Simon et Marie Chemit” — Simon était donc décédé avant 1856.
  • Jeanne Marie Mesmer (15 octobre 1793 — ?) — épouse de George Pinthener, verrier au Sappey, marié à Vieu-d’Izenave le 23 février 1808.
  • Balthazar Mesmer — verrier au Sappey, date de naissance inconnue, témoin au mariage de son frère Philippe en mai 1808.
  • Gaspard Mesmer (vers 1791 — ?) — fils probable, parfois confondu dans les sources avec son neveu homonyme né en 1814.

Frise chronologique

Verrier

Habitait la verrerie de Thorens depuis deux ans au moment de son mariage en janvier 1782. C'est là qu'il rencontre Anne Marie Schmid.

attesté 1780-1782
attesté vers 1807-1808
Entrepreneur d'exploitation de forêt

Qualifié ainsi dans l'acte de mariage de sa fille Jeanne Marie (février 1808). Responsable de l'approvisionnement en bois de la verrerie, poste stratégique. Âgé de 55 ans environ en 1807.

Sources

  • etat civil Acte de mariage de Simon Mesmer et Anne Marie Schmid (Thorens-Glières - Mariage - EDEPOT 282 GG 13 - 1779-1793 - vue 12 sur 47)

    22 janvier 1782. Source primaire fondamentale. Révèle l'origine tirolienne de Simon (Hautole, diocèse de Brixen), son séjour à la verrerie de Thorens depuis deux ans, et l'ancrage de la famille Schmid à cette verrerie depuis 24 ans. Parmi les témoins attestant du décès du premier mari d'Anne Marie à Bastia : Pierre Joseph Hintzy, Michel Singre, François Hug et Alexis Schmit — tout le réseau verrier germanophone de la région.

  • etat civil Acte de baptême de Philippe Mesmer (Thorens-Glières - Baptêmes - EDEPOT 282 GG 3 - 1744-1791 - vue 473 sur 579)

    9 décembre 1786. Le vicaire inscrit par erreur 'Simon Schmid' pour le père — confusion fréquente avec les patronymes germaniques. La marraine est 'Jeanne Siguevard' (Sigwart), patronyme verrier majeur, confirmant l'appartenance des Mesmer au réseau verrier germanophone.

  • etat civil Acte de mariage de George Pinthener et Jeanne Marie Mesmer (Vieu-d'Izenave - 1807-1810 - vue 15 sur 35)

    23 février 1808. Simon Mesmer, 55 ans, 'entrepreneur d'exploitation de forêt', demeurant à la verrerie du Sappey. Sa femme Marie Schemitte est encore vivante à cette date.

  • etat civil Acte de mariage de Philippe Mesmer et Marie Rose Chaboud (Labalme - Mariages - 1807-1810 - vue 8 et 9 sur 14)

    10 mai 1808. Simon Mesmer présent comme témoin. Sa femme est désormais décédée ('défunte Marie Shemit').