Personnalité

Jeanne Simone Fassion

22 janvier 1834 — 9 décembre 1901

Maîtresse de verrerie

Biographie

Jeanne Simone Fassion naît le 22 janvier 1834 à La Guillotière, fille d’un maître verrier dauphinois dont la famille remonte aux gentilshommes verriers de l’Époque Moderne, héritiers des grandes dynasties altaraises. Elle grandit dans un monde où le verre est à la fois métier, honneur et tradition familiale.

Une alliance qui lie deux mondes

Le 16 septembre 1852, elle épouse Joseph Barthélémy Bovagnet, fils d’un boulanger savoyard et d’une femme de La Balme (Ain). Ce mariage scelle une alliance entre sa lignée verrière et un homme dont la connexion avec le monde du verre est moins directe, mais réelle. Ce qu’on ignorait jusqu’à la découverte de l’acte de mariage d’Emmanuel-Casimir Saumont et Louise Simonne Mesmer (30 octobre 1827, La Guillotière), c’est que la mère de Joseph Barthélémy, Anne Marie Pierrette Chabaud, née à La Balme, est très vraisemblablement la sœur de Marie Rose Chabaud, mère de Louise Simonne Mesmer et de Gaspard Mesmer.

Jeanne Simone Fassion est donc, par son mari, la belle-cousine par alliance de Gaspard Mesmer — fondateur de la Verrerie des Culattes — et de Louise Simonne Mesmer — fondatrice de fait de la Verrerie du Mont-Bellevue à Saint-Étienne. La verrerie de la Mulatière, qu’elle dirigera de 1883 à 1897, est liée au réseau Mesmer-Saumont par un lien familial que personne n’avait, semble-t-il, encore établi.

Le parallèle entre Jeanne Simone Fassion et Louise Simonne Mesmer est saisissant au-delà de la seule parenté. Toutes deux héritent d’un établissement fondé par leur mari. Toutes deux prennent la direction sans y avoir été formellement désignées. Toutes deux réussissent là où des hommes extérieurs au milieu (Allouard à la Mulatière, Bertholon dans une moindre mesure au Mont-Bellevue) échoueront ou abandonneront. Toutes deux portent le prénom Simone — coïncidence que le monde verrier, où les prénoms circulent comme des héritages, rend peut-être moins fortuite qu’il n’y paraît.

La veuve qui bâtit (1883 — 1897)

À la mort de Joseph Barthélémy le 1er août 1883, Jeanne Simone prend la direction de la verrerie avec leur fils Paul. Elle vend l’établissement à Eugène Allouard en 1885 — transaction qui tourne au désastre social — puis le récupère en mars 1887 après la grève et l’attentat à la dynamite. Son retour est célébré par ses ouvriers comme une victoire.

Elle dirige la verrerie jusqu’en 1897, année où elle la refonde sous forme de Société Anonyme — la SA des Verreries de la Mulatière — en y apportant l’usine et le fonds de commerce, tandis que Paul apporte les formules et procédés de fabrication. Elle meurt le 9 décembre 1901 rue Victor Hugo à Lyon, à 67 ans.

Notes

Frise chronologique

Maître de verrerie

Jeanne Simone Fassion prend la suite de son époux Joseph Bovagnet, lorsque celui-ci décède le 1er août 1883, à l'âge de 56 ans. Elle dirige l'établissement avec beaucoup d'habileté, réussissant à se f…

1883–1897

Parcours géographique

NaissanceDécès

2 lieux biographiques

Sources

  • etat civil Acte de mariage d'Emmanuel-Casimir Somont et Louise Simonne Mesmer — 30 octobre 1827 (AM Lyon — La Guillotière — Mariages 1827 — cote 2E1409 — acte n°155 — vue 78/94)

    Révèle que Joseph Bovanier, père de Joseph Barthélémy Bovagnet, est l'oncle par alliance de Louise Simonne Mesmer. Sa femme Anne Marie Pierrette Chabaud (née à La Balme) est très vraisemblablement la sœur de Marie Rose Chabaud, mère de Louise Simonne. Ce lien fait de Jeanne Simone Fassion la belle-cousine par alliance de Gaspard Mesmer et de Louise Simonne Mesmer — une connexion insoupçonnée entre la Verrerie de la Mulatière et le réseau Mesmer-Saumont des Culattes et du Mont-Bellevue.