Personnalité

François-Xavier Frizon

18 germinal an XI (8 avril 1803) — 5 avril 1872

Fondateur et directeur technique de la Cristallerie de Lyon (1832–vers 1838), copropriétaire de la Cristallerie Nantaise (1839), fabricant de produits réfractaires dans le Morbihan (1843–1846+), ingénieur civil.

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Biographie

Résumé

François-Xavier Frizon (Le Creusot, 8 avril 1803 — Saint-Denis, 5 avril 1872) est un industriel verrier issu d’une lignée de tailleurs de cristaux du Creusot. Fils de Jean-Pierre Frizon, lui-même fils d’une lignée remontant à la manufacture royale de Saint-Cloud (1784), il est formé dès l’enfance à la verrerie du Creusot. À la fermeture de la manufacture en 1832, il quitte la Saône-et-Loire pour Lyon et y fonde, avec le négociant François Burdet, la Cristallerie de La Guillotière, dont il est le directeur technique et l’exploitant reconnu par l’administration sous le nom « Frizon et Cie » (autorisation du 14 novembre 1836). À la suite d’une restructuration en 1836 qui amène Paul Jacques Ackermann à la direction commerciale, Frizon quitte Lyon vers 1838-1839 et s’installe à Nantes où il cofonde une seconde cristallerie (rue des Hauts-Pavés n°99) avec un certain Picherie.

Vers 1842-1843, il se reconvertit dans la fabrication de produits réfractaires et s’installe dans le Morbihan (bourg de Guégon, puis Ploërmel), aux marges de zones industrielles potentielles. En 1846, il est toujours domicilié à Ploërmel. En 1864, il réside à Paris, rue Coquenard n°28, et se désigne comme « ingénieur civil ». Il meurt le 5 avril 1872 à Saint-Denis, rue de Paris n°92, à trois jours de son 69e anniversaire. Les témoins de son décès, de simples voisins, le décrivent comme « journalier » — désignation qui peut refléter une fin de vie difficile ou simplement l’ignorance de son parcours par des contemporains sans lien avec son monde professionnel antérieur.

Sa trajectoire — de la taille du cristal héritée de son père à la direction d’une manufacture, puis à la fourniture de matériaux industriels — illustre une forme de mobilité ascendante dans la chaîne de l’industrie verrière du XIXe siècle, suivie d’une chute dont les causes restent à documenter.


Erreurs et incertitudes

Patronyme

Le patronyme est systématiquement écorché dans les actes tiers : « Frison » dans l’acte de décès (1872), « Burdel » pour son associé dans les sources secondaires. L’orthographe Frizon est confirmée par les actes primaires en sa présence (naissance 1803, mariage 1838, naissance de sa fille 1843).

Points non résolus

  • Jeanne Nomblot (mère) : son identité complète et sa trajectoire sont inconnues. À rechercher aux AD71 (Le Creusot, état civil).
  • Jean-Pierre Frizon (père) : attesté à Paris en 1838 comme « fabricant de cristaux » ; décédé à Paris avant 1872. Trajectoire Paris–Creusot à reconstituer. → Voir future fiche jean-pierre-frizon.
  • La période 1839–1843 : la transition entre la cristallerie nantaise et l’installation morbihannaise est non documentée. A-t-il exercé ailleurs entre Nantes et Guégon ?
  • La verrerie ou fabrique morbihannaise : l’existence d’un établissement de réfractaires à Guégon ou Ploërmel entre 1843 et 1846 est suggérée par la profession déclarée mais non confirmée par des sources directes. Le registre des établissements dangereux et insalubres du Morbihan (AD56, délibérations du Conseil général) est la piste prioritaire.
  • La présence à Fournes (Nord) en 1846 : l’épouse accouche dans le Nord tandis que Frizon est domicilié à Ploërmel. Un lien professionnel avec l’industrie du Nord (grande consommatrice de réfractaires : métallurgie, verreries, céramiques) est plausible mais non établi.
  • La séparation du couple : en 1864, Suzanne Guibert est débitrice de tabac à Crest (Drôme) tandis que Frizon est à Paris. La nature juridique et les circonstances de cette séparation de fait sont inconnues.
  • “Ingénieur civil” (1864) vs “journalier” (1872) : l’écart entre ces deux désignations en huit ans est à documenter. La désignation de 1872 provient de voisins non qualifiés pour décrire son parcours ; celle de 1864 est sa propre désignation dans un acte formel.
  • “François Lazare Xavier” (acte de Fournes, 1846) : le prénom « Lazare » n’apparaît pas dans l’acte de naissance de 1803. Il s’agit vraisemblablement d’une erreur de transcription orale dans un acte d’état civil du Nord.

Frise chronologique

Co-fondateur et directeur technique

Frizon se désigne lui-même comme « auteur et fondateur des Cristalleries Lyonnaises en 1832 » (La Voix de la vérité, 1858 ; L'Hermine, 1839). L'autorisation administrative de 1836 est accordée sous le…

1832 — vers 1838
1839 — ?
Copropriétaire et directeur technique

Cristallerie établie rue des Hauts-Pavés n°99, à l'entrée de la route de Vannes, Nantes. Associé à un certain Picherie. Frizon choisit lui-même le fournisseur de minium (M. Jamet et Cie), confirmant s…

Événement

Naissance de sa fille Suzanne Marie Christine Frizon. Frizon est dit « fabricant de produits réfractaires demeurant au bourg de Guégon ». Témoins : deux laboureurs locaux, sans lien apparent avec l'in…

12 avril 1843
25 janvier 1846
Événement

Naissance d'un enfant sans vie de son épouse Suzanne Claire Guibert à Fournes-en-Weppes (près de Lille). L'acte désigne Frizon comme « François Lazare [sic] Xavier Frizon, domicilié à Proermel [Ploërm…

Événement

Mariage de sa fille Suzanne Marie Christine à Crest. Frizon est désigné « ingénieur civil, domicilié à Paris, rue Coquenard n°28, non présent mais consentant ». Son épouse Suzanne Guibert, débitrice d…

9 mai 1864

Sources